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Soldes chez Pop-Rock aussi...
lundi 8 janvier 2007

C’est l’époque des fermetures pour inventaire, des liquidations de stock, des soldes irrésistibles. Pareil chez Pop-Rock qui profite de l’occasion pour se débarrasser de quelques albums encombrants et faire place neuve sur les platines de ses rédacteurs pour accueillir les nouveautés de 2007.

- The Mars Volta - Amputechture

Voilà un album difficile à chroniquer. Bien que n’ayant rien à voir avec son prédécesseur, Frances the mute, un simple lien vers la chronique de ce précédent album aurait suffi tant le sentiment de désorientation qui s’empare de l’auditeur est similaire : ça secoue, ça part dans tous les sens, la guitare est hallucinée, ça saoule, ça prend aux tripes, le chant est vigoureux, puissant et habité, etc. Et au final, dur de dire si on aime ou pas. Il y a trop de choses là-dedans pour qu’on en retienne quoique ce soit. Lancer un CD de The Mars Volta sans s’impliquer totalement dans l’écoute est une entreprise vouée à l’échec. Pour apprécier à sa juste valeur cet album, il faut non seulement disposer d’un solide background musical, mais également rentrer dans le trip rocambolesque des musiciens. Quant à ceux qui n’auront pas été débarqués sur le bas-côté, mais n’auront pas non plus pu accéder au Walhalla, ils auront de The Mars Volta l’image d’un groupe impressionnant, qui impose le respect, mais qui ne squattera pas leur platine pendant des semaines.

- Trust - Soulagez-vous dans les urnes

Un live (un de plus) pour le plus populaire des groupes de hard français. En forme de best-of, celui-ci couvre essentiellement trois albums, L’élite (1979), Répression (1980) et Europe et haines (1996). Tous les classiques de la formation sont présents (Antisocial, Police milice, Le mitard) et on termine sur trois titres inédits, dont l’inévitable chanson pré-électorale, Sarkoland. Le tout est correctement, proprement, professionnellement exécuté (ça sent bon les overdubs) mais pour un live de Trust, ça manque cruellement de panache et d’énergie. Ce disque reste toutefois un bon moyen de découvrir le groupe. Quant aux inédits, Chaude est la foule fait penser à du Silmarils, les deux autres, sans être mauvais, restent assez anecdotiques.

- Meat Loaf - Bat out of Hell III

Faisons un inventaire de tout ce que nous n’aimons pas chez Meat Loaf. Les arrangements grandiloquents ? Ils sont là. Les ballades sirupeuses qui causent tant de dégâts chez les diabétiques ? Elles sont là. Les titres kilométriques bien bêtes ? Ils sont là (The future ain’t just what it used to be). Steinman et Desmond Child ? Ils sont là. Les trucs carrément honteux ? Ils sont là (It’s all coming back to you, titre composé par Steinman et dont l’interprète la plus célèbre est… Céline Dion). On serait donc près à décharger notre bile habituelle s’il n’y avait quelques éléments positifs tout à fait notables. Tout d’abord, la présence de musiciens de talent, d’horizons différents et qui donnent un ton réellement éclectique et rock à l’ensemble (Brian May, Nikki Sixx, Steve Vai et John 5 qui a gratté pour Marilyn Manson). Ensuite, et surtout, certaines compositions diablement énergiques et secouantes, plus proches du metal progressif (The monster is loose évoque furieusementDream Theater) que de l’opera-rock. Même si on opère encore de fréquents sauts de plage en plage, il y a indubitablement de bonnes choses à retenir de cet album. Vous ne nous le ferez pas répéter trop souvent…

- Deicide - The stench of redemption

Fleuron du death-metal américain, Deicide a réussi le tour de force de s’imposer comme un référence inattaquable sur le plan musical en dépit des contorsions pathétiques de Glen Benton pour démontrer – scarification à l’appui – qu’il est bel et bien un méchant sataniste. Malgré le départ brutal des frangins Hoffman (heureusement remplacé par les pointures Jack Owen (Cannibal Corpse) et Ralph Santolla (Iced Earth), Deicide se montre aussi percutant et dévastateur que de coutume, et on pourra même remarquer une évolution notable vers quelque chose de plus mélodique, avec des soli et des mélodies (oui, madame, des mélodies !) plus proches du Heavy classique. On ne sort pas indemne d’un album qui déploie une telle puissance et une telle soif de destruction. Ceux qui n’accrochaient pas ne seront pas davantage séduit par ce metal plus qu’extrême. Mais après autant d’années de bons et loyaux service, un tel condensé de sauvagerie et de virtuosité impose un respect inné.

- Body Count - Murder 4 Hire

La moitié du line-up a passé l’arme à gauche, les émeutes de Los Angeles sont loin mais dix ans après sa dernière réalisation studio, Ice-T relance néanmoins la machine Body Count. Premier problème : Murder 4 hire sonne hyper daté et la production est lamentable. Pas grave : dans un sursaut de nostalgie, on passerait l’éponge sans problème rien que pour avoir le plaisir de ré-écouter l’un des cross-over rap/metal les plus probants des années 90. Second problème : les morceaux sont à chier. Oh, il y a bien l’une ou l’autre poussée d’adrénaline au fil des plages et l’inimitable phrasé d’Ice-T sauve un rien les meubles, mais pas moyen de s’ôter l’idée qu’on a affaire ici à un groupe en roue libre, qui n’a plus rien à dire et si peu à jouer. Autant retourner écouter Cop Killer et Born dead.

- Take That - Beautiful world

Rien que le fait que ce disque nous soit parvenu en dit long sur le sérieux tout relatif de certains attachés de presse et sur la manière dont ils réalisent leurs ciblages. Mais qu’espérait-il donc celui-la ? Que l’on chronique cette daube ? Que l’on traite l’album avec tous les égards dus à son rang, comme nous avons l’habitude de le faire (ce qui serait d’autant plus confortable que, contrairement à certains groupes belges, Gary Barlow, Mark Orange et les autres ne risquent pas de venir nous trouver en boîte à Bruxelles pour nous demander des explications…) ? Que l’un de nous réitère le Kinito Incident de 2004 ? Que l’on prenne la peine d’en faire le Flop de l’année ? Tsss… De toute façon, comme le dit très bien ma petite cousine, Take That sans Robbie, c’est plus vraiment Take That. Mais franchement, avouez qu’un boys-band des années 90 qui se reforme en 2006, ça sent vraiment mauvais. A quand le retour de G-Squad, Worlds Apart et 2Be3 (avec Philiiiiiipe) ? Et c’est pas en se coiffant comme les Strokes qu’ils vont faire oublier leur passé. Ah oui, j’allais oublier de parler de l’énorme autocollant sur la pochette qui invite les gnomes à acheter les sonneries de GSM Take That en envoyant des SMS au prix de 1,50 euro l’unité... C’est sûr, c’est pas Etron et Sport Doen qui feraient ça.

G.B., M.L. & J.D.



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8 janvier 2007, par T’es gentil, mon grand




Soldes chez Pop-Rock aussi...

8 janvier 2007, par T’es gentil, mon grand [retour au début des forums]

à propos de The Mars Volta : "Pour apprécier à sa juste valeur cet album, il faut non seulement disposer d’un solide background musical..."

— -> c’est pour ça que vous le soldez ? :)

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