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Nous avons bavardé avec Phoenix...
jeudi 27 juillet 2006

Amitié, dynamique de groupe, composition en commun : Phoenix joue collectif, loin du narcissisme courant de la rock star attitude. A tel point que lorsqu’il cite son film préféré, Il était une fois la révolution, Christian, l’un des deux guitaristes, souligne que c’est avant tout une belle histoire d’amitié. Après un dernier disque simple et direct, It’s never been like that, enregistré en trois mois à Berlin, le plus international des groupes français est en tournée pour encore quelques mois. C’est au cours d’une de leurs haltes à Paris que nous avons pu réaliser cette brève interview, au milieu d’une véritable armée de journalistes qui avaient pris d’assaut le siège de Virgin.

- Comment s’est passé l’enregistrement de votre nouvel album ?

- C’était très très rapide, on a tout fait le plus vite possible en trois mois, pour changer des albums précédents, qu’on avait mis deux ans à faire. On l’a enregistré à Berlin pour quitter Paris, histoire de se retrouver face à nous-mêmes, la peur au ventre, dans un studio de la radio communiste allemande. C’était très intense !

- Comment définiriez-vous votre style ?

- On s’est toujours approprié plein de genres. Quand on était ados, on écoutait du rock mais aussi plein de hip-hop. On n’a jamais aimé les limites. On est plus inspirés par des groupes comme le Velvet Underground, My Bloody Valentine, des groupes anglais... mais après on est ouverts à tout.

- Et cela se ressent-il dans votre public ?

- Oui, je crois. On a des gens qui viennent de tous horizons, notamment une bonne partie qui écoute de la house. Ce sont des gens de tous milieux, en fait. Et ça nous convient parfaitement. Ce sont souvent des aficionados, des découvreurs, des amoureux de musique qui ont des goûts assez pointus.

- Vous composez tous ensemble, comment ça s’est passé pour cet album ?

- On était tous ensemble dans une pièce devant la Spree, la rivière qui traverse Berlin, avec deux guitares acoustiques très rudimentaires. On écrit tout le disque comme ça... C’est dans l’esprit de Phoenix : on joue ensemble depuis qu’on a 15 ans, c’est notre premier et unique groupe. On a appris la musique ensemble et il n’y a pas de leader chez nous : on est tous au même niveau.

- Vous avez des projets solo ?

- Non, on est tous très dépendants les uns des autres. Aucun d’entre nous ne voudrait faire ce qu’on fait seul. Le but, c’est de partager les choses. Ça ne sert à rien de faire le meilleur concert du monde, si c’est pour se retrouver seul après !

- Qu’est-ce que vous pensez de l’évolution du rock en ce moment ?

- Il y a huit ans, le rock, ça ne valait rien, c’était zéro... A partir du milieu des années 90, je n’écoutais presque plus de rock parce qu’il n’y avait rien à écouter : que des clichés, rien d’excitant. Je trouvais plus mon compte dans la musique électronique et le hip-hop. Mais depuis le début des années 2000, c’est à nouveau dans le rock que je retrouve cette fraîcheur qui me plaît. Maintenant, il commence à y avoir beaucoup de groupes, peut-être un peu trop... mais il y a un retour aux chansons. Dans les années 90, avec la musique électronique, on était plus dans l’innovation en termes de production, au niveau de la texture du son. Avec le rock, on revient à l’essence même de la musique : la chanson.

- Quels sont les derniers disques qui vous ont plu ?

- Clap Your Hands Say Yeah, les Strokes, Sebastien Tellier... Sinon, dans un registre plus ancien, j’écoute beaucoup un vieil album de Jane Birkin, en ce moment : Di Doo Da, qui a dû sortir en 1972 ou quelque chose comme ça. Tout l’album est magnifique : ce sont des chansons assez peu connues, finalement, extrêmement stylées et remplies d’émotions.

- Et si je te demande ton film préféré ?

(Sans hésiter) C’est Il était une fois la révolution, de Sergio Leone ! J’adore ce film. Il est superbement filmé, la musique d’Ennio Morricone est une des plus belles de l’histoire du cinéma à mon avis. Et l’histoire est fabuleuse : ça parle de la Révolution Mexicaine, mais c’est aussi une belle histoire d’amitié.

- Il y a des choses que tu regrettes, dans les choix que vous avez pu faire avec Phoenix ?

- (Il réfléchit) Non... Je suis toujours avec mes copains d’enfance et on poursuit dans notre voie, au feeling, en faisant le moins de compromis possible. Notre dernier album a des défauts, je le sais. Mais c’est pas grave, on voulait juste faire quelque chose de vrai, qui nous représente tels qu’on est. Donc les défauts font partie du charme.

- De quelle évolution rêves-tu, pour Phoenix ?

- J’aimerais qu’on continue comme ça : avancer, sans faire de compromis. Mon rêve, ce serait d’avoir une carrière comme celle de Dylan, Bowie ou Gainsbourg, ces mecs qui ont su traverser les époques, en s’imprégnant, mais en gardant leur ligne... Mais pour l’instant, on va se concentrer sur notre tournée : c’est notre programme jusqu’à Noël prochain !

- Tu te rappelles de comment vous avez trouvé le nom du groupe ?

- On avait quinze ans, j’ai oublié...

- Ce n’est pas en hommage au personnage de Phoenix dans Phantom of The Paradise, de Brian de Palma ?

- Ah, non ! (rires) Mais ça aurait pu ! C’est un nom qui peut évoquer plein de choses, dont Brian de Palma. On adorait ce film.

Propos recueillis par Pauline Ryczek



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Nous avons bavardé avec Phoenix...
28 juillet 2006, par Mellotronic




Nous avons bavardé avec Phoenix...

28 juillet 2006, par Mellotronic [retour au début des forums]

"Phoenix, French Kicks Shill for Camel Smokes
Hey kids ! Want to see Phoenix and the French Kicks rocking up close and personal ? Well, you better start smoking. That’s right— the bands’ current U.S. shows, which kicked off last night in Minneapolis, are being billed as "invite only," and passes can allegedly only be obtained via reps for Camel Cigarettes.
The whole thing seems kinda fishy, though, since you can buy tickets for most of the shows on Ticketmaster. And they’re only five bucks. Ah well, logic was never a smoker’s specialty."

SUCKERS !

in Pitchfork mediaTue : 07-25-06

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