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Les invendus de Geoffroy
samedi 25 février 2006

Il y a pas mal de choses qui nous tombent dans les oreilles en une année. Tant et si bien qu’il nous est impossible sur Pop-Rock de tout chroniquer. C’est aussi sans compter les CD que, pour une raison ou une autre, nous ne parvenons pas à présenter sous le format d’un grand article complet avec introduction, biographie de l’artiste, contextualisation et tout ce genre de blabla que nous chérissons tant. C’est pour ces raisons que Geoffroy Bodart a décidé d’organiser une petite séance de rattrapage avec quatre albums injustement passés à la trappe.

- Tanita Tikaram : Sentimental

En 1988, Tanita Tikaram sortait son premier album et l’écoulait à quatre millions d’exemplaires. Le secret ? un single magnifique et indémodable : Taste in my sobriety. Après ça, quatre autres albums se sont succédés, ne parvenant jamais à renouer avec ce fulgurant succès, la grâce des débuts n’ayant jamais été recouvrée. Affirmer que ce n’est pas avec cet album que Tanita Tikaram renouera avec le succès populaire ne tient pas de la prédiction divinatoire. N’allez pas en déduire que cet album est mauvais, au contraire. Mais l’accession aux plus hautes places des charts ne semble pas être la priorité de cette charmante chanteuse allemande qui a manifestement voulu se faire plaisir avec cet album tout en retenue. Sur fond de musique jazzy se pose une voix suave et délicate, véritable incitation au repos et à la détente. Au final, l’album ne laissera pas un souvenir impérissable. Il coule nonchalamment, sans heurts, sans jamais lasser mais sans qu’une mélodie ou un passage plus inspiré ne nous fasse jamais tendre l’oreille (à l’exception toutefois du glacial Got to give you up et du sensuel Play me again). Il se révèle donc un fond sonore idéal pour des soirées aux ambiances feutrées et intimes.

- Principles of Geometry : Principles of Geometry

Duo lillois, Principles of Geometry nous offre un premier album instrumental où se côtoient tant le magnifique que l’horripilant. Pratiquant une musique électro-ambiante, le groupe semble avoir passé des heures à triturer ses claviers, rajouter une couche par-ci, saturer un son par-là, jusqu’à, par moments, aller trop loin. Si Arp Center est une ouverture à la mélodie imparable, il sera par contre impossible de ne pas skipper Omagh, dont le processus de composition semble avoir été le suivant : « tiens, écoute cette mélodie au piano », « Ah, ouais, pas mal, tu me laisses y chipoter une heure ou deux ? », « Qu’est-ce que tu vas faire ? », « Oh, trois fois rien, rajouter des bips, des tûûts, des myorks, des florps, ce genre de choses », « Trop cool, et on ne mettrait un sample vocal aussi ? », « Bonne idée, mais tu n’aurais pas un programme pour le rendre inaudible ? ». Et entre ces deux extrêmes, les autres titres déversent leurs ambiances et leurs mélodies chaleureuses, propices au cocooning.

- Monsoon : The weird zoo

Farouchement indépendant, ce combo carolo-bruxellois nous livre avec ce troisième opus un disque haut en couleurs qui brasse sans vergogne de nombreux genres différents. Jazz, rock’n’roll, pop alternative, psyché se mélangent et s’entrecroisent sans jamais se marcher sur les pieds, pour donner naissance à un album dont la grande variété n’entache en rien la profonde unicité, dont la voix de Delphine Gardin n’est pas étrangère. Avec son chant très typé, sensuel et énergique, elle accaparerait presque toute l’attention si ses camarades ne se démêlaient pas comme des beaux diables pour créer ces nombreuses ambiances qui méritent chacune qu’on s’y plonge avec appétit et attention pour en saisir toutes les nuances. A noter un deuxième CD bonus (The acoustic zoo qui propose certains vieux titres du groupe en version acoustique. Idéal pour les découvrir.

- Galatasaray : Boxing camp for blues oriented snack heads

Album quasi instrumental faisant cohabiter metal et modern-jazz (au fait, quelqu’un peut-il expliquer à l’inculte que je suis la différence entre le jazz et le modern-jazz, si ce n’est que ce dernier est joué par des jeunes blancs intellos alors que le premier était l’apanage des noirs qui jouaient plus avec leurs tripes qu’avec leur tête ?), cet album offre une palette assez inégale de compositions, où se côtoient le meilleur comme le pire. En passant l’éponge sur les quelques morceaux plus dispensables, on s’attardera tout de même sur la fusion bluffante de ces deux styles pour offrir une gamme de sons qui, à défaut d’être inéditre, reste trop rare et fort intéressante.

G.B.



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Les invendus de Geoffroy
25 février 2006, par Lennox




Les invendus de Geoffroy

25 février 2006, par Lennox [retour au début des forums]

Bravo pour votre site (rares sont les sites francophones parlant de Gary Numan ou de John Foxx...).

Une petite remarque (amicale) : le classique de Tanita Tikaram s’intitule "Twist In My Sobriety".

Bon courage et bonne continuation.

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