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Le vinyle contre-attaque
lundi 4 octobre 2010

Ce n’est pas un scoop, la bonne vieille galette noire a retrouvé ces dernières années un succès inattendu. Bien aidé un temps par la masse DJ-teuse pour sa facilité d’usage [1] (alors que le changement de face pour le quidam moyen peut se révéler pénible...), il profite désormais de toute la publicité autour de sa qualité sonore (jugée plus précise et au rendu moins étouffé) et du cassage de gueule du CD pour voir ses ventes en constante progression.

Voici les chiffres de vente de ce support aux Etats-Unis entre 2006 et 2009 :

  • 2006 : 858.000
  • 2007 : 990.000
  • 2008 : 1.880.000
  • 2009 : 2.500.000 [2]

Certes, cela reste anecdotique face aux chiffres de vente des CD, mais c’est moins le volume des ventes que son augmentation qui impressionne. Entre 2008 et 2009, il faut noter une augmentation de 33% des ventes. C’était de l’ordre de 50% entre 2007 et 2008.

Le champion 2009 du genre étant Radiohead qui, avec 47.500 galettes de ce format vendus l’an dernier peut se vanter d’avoir - un peu - contribué à la résurrection de ce support. Plus intéressant encore, l’achat de bons vieux 33 tours est pour les 2/3 effectué dans des magasins indépendants (les gros supermarchés culturels commencent à en inclure dans leurs rayons à doses homéopathiques).

Pour un amoureux de ce support, ces chiffres sont évidemment une bonne nouvelle. Car le disque vinyle est sorti des clubs (qui ont contribué à sa seconde jeunesse) pour retrouver une place dans les foyers et les platines de salon. Et nous ne parlons ici que des ventes d’exemplaires neufs, il faudrait ajouter à cela le marche de l’occasion, certes plus difficile à quantifier mais tout aussi actif.

Voila un phénomène curieux dans le monde de l’industrie, soit qu’un artefact, peu pratique selon nos critères modernes, revienne au gout du jour. C’est comme si l’on revendait nos Boeing 747 pour se remettre à voler en Latécoère 35, juste parce que l’on aime le bruit des hélices fouettant l’air, les effluves de gazole, les fauteuils en osier, et traverser l’Atlantique à 230 km/h...

Il est donc moins question de l’objet que de son usage, premier ou secondaire. Le disque vinyle ne satisfait pas à tous les usages, mais le CD non plus finalement, et chaque support parvient un jour aux limites de ses propriétés. Le vinyle n’a de fait pas été remplacé ni par la cassette (autre artefact bel et bien mort celui-là) ni par le CD, il a juste été relégué, le temps de lui trouver un successeur valable...

Ce qui joue probablement plus que l’aspect sonore, c’est son attrait visuel, ces pochettes de grande taille qui en font non seulement un matériel musical (usage premier), mais également un objet artistique ou pour le moins décoratif (usage secondaire devenant parfois désormais l’usage premier). C’est un aspect que n’a jamais pu égaler le petit CD, compactant tout, même l’image, cherchant tardivement à bricoler des digipacks, de grosses boxes et autres coffrets pour pallier cette déficience. Mais trop tard.

Le disque microsillon se veut plus contemporain que jamais, ce qui est une belle prouesse pour un truc qui se raye, se casse, vieillit, nécessite des manipulations délicates et un entretien régulier. Anachronisme dites-vous ? N’empêche que je n’échangerai pour rien au monde mes 33 tours de Creedence Clearwater Revival pour des CD...

V.O.


[1] Chose plus si vraie aujourd’hui, la nouvelle génération préférant le MP3, seuls les pionniers du genre conservent leurs gros casiers remplis de 33 tours.

[2] Source : The Nielsen Company.



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Le vinyle contre-attaque
6 octobre 2010, par lkj
Le vinyle contre-attaque
6 octobre 2010, par Phil Dantachambre
Le vinyle contre-attaque
5 octobre 2010, par Nicograeb
Le vinyle contre-attaque
4 octobre 2010, par alain




Le vinyle contre-attaque

6 octobre 2010, par lkj [retour au début des forums]

Aujourd’hui, le vinyle c’est un peu comme un nouveau support. Et il devient quand même très pertinent car dans bien des cas un coupon de téléchargement est offert voir même de temps en temps la version de l’album en CD (exemple avec le dernier Grinderman). Et souvent l’objet est magnifique c’est vrai (les derniers Eighties matchbox b-line disaster et Black Angels). Pour la qualité audio il faut voir car les vinyles c’est un peu le bordel : mauvais pressage, disques voilés et même source numérique que le CD pour les nouveautés (il y a encore des studios équipés analogiques ?). Donc pour le charme c’est moyen. Et puis il faut une bonne platine et une bonne cellule avec ça. Tout un charme. J’adore.
Merci pour cet article.

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    Le vinyle contre-attaque

    6 octobre 2010, par Fabrice V [retour au début des forums]


    Enfin ! Quelqu’un dissocie enregistrement (source numérique ou analogique) et support (cd ou vinyle). Une source numérique (cf. Radiohead, Grinderman, ...) sur vinyle ne peut se targuer du charme des "disques" de notre enfance ...
    La question de la qualité du son est un faux débat. La qualité numérique est supérieure. Prétendre le contraire relève de l’hérésie. N’oublions pas que les premiers rayons cds étaient ceux réservés à la musique classique, soit le genre le plus exigeant lorsqu’il est question de fidélité.
    Il est plutôt question de plaisir. Je ne peux ici qu’abonder dans le sens de l’auteur de l’article. La pochette, la manipulation, le contact physique, l’entretien, etc. Mais, avant toutes autres autres choses, le fait d’écouter un album de A à Z, déplacer le bras d’une platine nécessitant un effort tout autre que le zapage sur chaîne numérique. En gros, vinyle vs CD, c’est un peu Lambretta 125 LD vs Honda PCX 125. Le Honda est de qualité supérieure. Plus rapide. Plus stable. Plus maniable. La Lambretta est à mille lieues de ces perfromances et tombera en rade si tu ne lui réserves soins et attention (+temps et argent). La réelle différence ? Le plaisir pardi ! Rien à voir avec la nostalgie, le pure plaisir.
    Dernière remarque : l’auteur a tort sur un point. La cassette "autre artefact bel et bien mort celui-là" revient en force ! Nombre de shops à Londres comme Rough Trade ou Sister Ray proposent à nouveau boîtiers maxwell ou Sony XLIIS en vente, les groupes indie (retour au sens propre du terme) sortant leurs démos sur ce support. Ici, il est question de pure nostalgie mais "so what.".

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Le vinyle contre-attaque

6 octobre 2010, par Phil Dantachambre [retour au début des forums]

Ca fait vraiment plaisir, j’ai toujours aimé ce support. Mes premiers disques (fin 70-début 80), étaient vraiment des disques.
Je dis ça car aujourd’hui les gens achètent des CD mais j’ai toujours dit que j’achetais des disques, mêmes quant il s’agit de CD, hé oui ça reste un disque malgré sa petite taille.
Quoi de mieux pour admirer une pochette que le format 33t ?
Et puis j’aimais bien le fait qu’il soit séparé en deux (face A-face B). Aujourd’hui quand je vois des CD avec parfois 14 ou 16 morceaux à s’enfiler d’une traite, je frole l’indigestion.
Mais voilà, l’avantage du CD, c’est qu’on a pas à le retourner, et ça j’apprécie énormement, surtout quand j’ai les mains dans la vaisselle. Et puis le vinyl réclame une attention particulière ; faut virer la poussière, et veiller à ne pas le rayer. Puis faut le ranger dans une pochette, qui faudra elle même ranger dans une autre pochette.
Quant à le trimballer et à l’écouter dans la voiture alors là...
Mais bon l’objet est magnifique, j’en achete toujours de temps en temps, et je me suis procurer un des ces cadres spéciaux mensionnés + bas. Il y en a toujours 4 ou 5 exoposés dans mon salon. Quant à son prix élévé, il est je crois justifié car les coûts de fabrication sont supérieurs aux CD. Je ne comprend d’ailleurs pas les prix des CD. 20 ans après, paye t’on encore l’innovation technologique ?
Une rondelle en plastique, un boîtier du même tonneau et un livret minuscule ne justifient en aucun cas le prix actuel d’un CD neuf.

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    Le vinyle contre-attaque

    6 octobre 2010 [retour au début des forums]


    Le prix des CD a bien baissé quand même ? 10-12€ la nouveauté et entre 3 et 7 pour les albums plus anciens...

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      7 octobre 2010, par Phil Dantachambre [retour au début des forums]


      Ah peut-être, c’est vrai que depuis 10 ans je suis + dans le marché de l’occasion.
      Mais il n’y a pas si longtemps, on avait des nouveautés jusqu’à 14-15€, et une fois la nouveauté passée, le même CD pouvait aller jusqu’à 16-18€.
      Et si les prix ont baissés, c’est surement pour essayer de contrer le téléchargement.

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        Le vinyle contre-attaque

        8 octobre 2010, par lkj [retour au début des forums]


        Non non c’est toujours pareil. Une nouveauté c’est en moyenne 15 à 17 € en prix nouveauté. Ensuite c’est vers les 23 €. Maintenant les nouveauté peuvent vite passer à 7 ou 10 € quelques mois plus tard lors d’opération commerciales qui s’enchaînent toute l’année (ex avec le Gorillaz). Le prix du disque, même s’il peut paraître élevé, est un faux problème. On veut bien payer plus cher le vinyle car il n’est pas vu comme un simple support destiné à écouter de la musique (comme dit dans l’article). Je pense que c’est de toute façon plus lié à un phénomène de goût pour le vintage.

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          Le vinyle contre-attaque

          9 octobre 2010 [retour au début des forums]


          J’ai acheté - neufs- le dernier Black Angels 9€ (moins cher qu’au concert au bota !), le dernier Harlem 7€, et la liste est encore longue. Faut pas faire ses courses à la Fnac hein...

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            Le vinyle contre-attaque

            9 octobre 2010, par lkj [retour au début des forums]


            Tu as raison, moi aussi j’achète à ce niveau de prix. Je ne fais pas mes courses à la Fnac mais je constate qu’une nouveauté est vendu plus de 15€ en magasin. Les ventes se font encore en majorité dans les grandes enseignes et non sur internet.

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              Le vinyle contre-attaque

              9 octobre 2010 [retour au début des forums]


              En effet...

              Pour avoir de bons prix, il n’y a pas de secret : il faut acheter directement aux labels et donc réduire les intermédiaires.

              En plus l’Euro fort face aux dollars permet de faire de très bonnes affaires !

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Le vinyle contre-attaque

5 octobre 2010, par Nicograeb [retour au début des forums]

Tout à fait d’accord.
En plus, on peut désormais exposer ses pochettes préférées grâce à des cadres spéciaux qui permettent d’accéder au disque sans avoir à tout démonter.
La trilogie Weezer - le vert, le bleu, le rouge - c’est du bonheur pour les yeux en plus d’en être pour les oreilles !

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Le vinyle contre-attaque

4 octobre 2010, par alain [retour au début des forums]

merci pour cet article
ça fait plaisir !

d’autant que dans les nouveaux vinyles, paraît-il, on propose un lien pour télécharger les morceaux en .mp3 - que demande donc le peuple ? (hé bien curieusement, que les prix baissent _ parfois 22 €, ça refroidit un peu

moi, si le dernier Tricky était sorti également en vinyle, je l’aurais pris, pareil pour le Massive Attack _ ils étaient entre 8 et 13 € ; ça joue

pour le son, on ne va pas débattre. vous avez proposez de très beaux articles sur la question _ par contre, pour les amateurs de beaux objets, la version vinyle s’impose, c’est lourd, c’est bon et beau à manipuler

le CD est froid et impersonnel _ le booklet s’abîme très vite et la pochette du disque (pas rien quand même pour le marketing), y a pas photos, mdr

al.

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