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Le chroniqueur a la flemme
jeudi 9 novembre 2006

De nombreux disques défilent sur notre platine. Certains refusent obstinément de la quitter durant de nombreux mois. Mais la plupart n’ont pas droit à ce séjour prolongé et en sont éjectés endéans un délai variable qui peut aller de trois minutes à quelques jours. Tous ces disques vite écoutés, vite oubliés ne sont pas forcément mauvais et il est certain qu’il s’y trouve certainement de quoi combler, ou du moins intéresser, un grand nombre d’auditeurs curieux. Petite séance de rattrapage pour quelques-uns de ces disques.

- William Elliott Whitmore : The song of the blackbird

Imaginez un fermier perdu dans l’Iowa, avec sa salopette de travail bleue, son chapeau de paille, en train de mâchonner un épi en grattant une guitare ou un banjo au sommet d’une meule de foin. Ca vous donnera déjà une bonne idée du style du bonhomme. Maintenant, imaginez que ce fermier de 27 ans aie perdu ses parents quelques années auparavant et que, au-travers des trois albums qu’il a composés, il conte son chemin de croix solitaire, son travail de deuil, ses pertes de repères, sa colère, la découverte d’un nouvel équilibre et ses nouveaux espoirs. Voilà le programme de ce disque qui clôt une trilogie entamée il y a trois ans. Le propos est fort, perturbant, intime, et porté par une voix rauque et chaleureuse, même si on reste parfois perplexe devant les comptines au banjo dont la légèreté tranche radicalement avec les ambiances plombées des textes et du reste des compositions.

- Eagles of Death Metal : Death by sexy

Le groupe de Josh Homme (Queens of The Stone Age) pour rire. Le clip de I want you so hard résume à lui-seul tout l’album : rire bien gras, lunettes noires, un bar miteux, fausse blonde à l’air pas très malin, une guitare en guise de substitut phallique. Tout y est. Oui, tout, même la musique, catchy, clichée, rigolote, mais toujours bien foutue (et parfois diversifiée). Le problème de cet album, c’est que, tout comme une blague de cul ou un pack de Budweiser, ça fait bien marrer un coup entre copains, mais ça ne laisse pas un souvenir impérissable. Ce n’est pas non plus l’objectif…

- Peter Von Poehl : Going where the tea trees are

Il est bien sympa, ce Peter. Il a un joli CV (A.S. Dragon, Alain Chamfort), une voix chaleureuse, et il compose de bien sympathiques petites chansonnettes. Mais le problème, c’est que ce genre d’album, t’en as entendu un, tu les as tous entendus. Pareil pour les chroniques, t’en as rédigée une, tu les as toutes rédigées. En l’espèce, Pop-Rock vous a présenté il y a quelque temps le premier album de Florian Horwarth (ici), produit par Von Poehl, justement, et il se trouve que les similitudes entre les ambiances, le son et le ressenti général sont trop frappantes pour qu’il y ait quoique ce soit de particulier à signaler à propos de cet album gentil et agréable, sans plus.

G.B.



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