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Hurts en live : roses blanches pour piano noir
mercredi 2 mars 2011

Bruxelles, mardi soir. Je remonte le boulevard Anspach en charmante compagnie, chaudement enveloppé dans mon long manteau de cashmere. La nuit est froide, une brise glaciale caresse nos visages radieux. D’humeur rêveuse, je chantonne naïvement mon air favori des Wombats, Let’s dance to Joy Division, parce qu’il résume à merveille cet instant : ‘Let’s dance to Joy Division and celebrate the irony, everything is going wrong but we are so happy’. Il n’y a pourtant point de Wombats ou d’avatars de Ian Curtis au programme ce soir, nous nous rendons à l’Ancienne Belgique pour le concert sold-out de Hurts.

Les plus fidèles et assidus d’entre vous se souviennent que leur premier album, l’ensorcelant Happiness, figurait à la troisième place du classement de mes disques préférés de l’année 2010 (devant Bryan Ferry, excusez du peu). Il me reste ce soir à découvrir si l’enchantement provoqué par le fringant duo anglais sera aussi au rendez-vous en live.
Arrivé dans le hall d’entrée de l’AB, je repère un portier que je connais ; c’est un fan de Front 242 avec qui j’ai jadis passé quelques soirées. Je me dirige vers lui, on se fait la bise, ce qui m’évite la fouille corporelle. Et cela tombe vraiment bien car j’ai oublié de laisser mes bombes lacrymos dans la voiture.
Comme à chaque concert en ce lieu, c’est le même rituel : je commence par scanner la foule du regard, car elle est chaque fois différente. Ce soir, le public est particulièrement éclectique. Beaucoup de jeunes filles sont venues pour crier leur amour à Theo Hutchcraft et Adam Anderson, mais l’on croise aussi des BCBG (merci au tube Wonderful life), ainsi que quelques beaux spécimens de dandys ; le complet anthracite a particulièrement la cote cette saison, dirait-on. De petits défilés de mode improvisés se déroulent entre le bar et les vestiaires. Tout le monde s’est fait beau pour Hurts, c’est la moindre des choses.

Des tonnes de souvenirs de moments vécus dans cette salle – la meilleure du monde – me passent un moment par la tête. Je repense à cette sensation étrange, comme d’être en apesanteur, que j’ai ressentie devant Bauhaus. Je revis dans un petit coin de ma tête les pics d’intensité du concert triomphal de Morrissey, sold-out en vingt minutes et qui fut simplement envoutant ; je me souviens de la magie de Kraftwerk, de mon admiration devant les prodiges d’Einstürzende Neubauten, des délires alcoolisés dans le backstage de Front. Mais aussi de ce funeste soir où, pendant un concert de Killing Joke, je cherchai partout mon ami le plus cher sans savoir que je ne le reverrais plus jamais…
Et puis, les lumières s’éteignent, la foule gronde, Hurts monte sur scène et m’extirpe de mes rêveries. Il ne me faut que quelques instants pour comprendre que ce que je suis sur le point de vivre trouvera bientôt sa place dans ma collection de souvenirs émus de concert goer.
Tant musicalement que visuellement, Hurts est ce qui s’est fait de plus élégant depuis la période Station to station de David Bowie. Lui-même, d’ailleurs, n’aurait sans doute pas renié ce bouquet de roses blanches posées sur un grand piano noir, parfait symbole d’un groupe d’une grâce insondable. Le sommet de la pop.

J.D.



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Hurts en live : roses blanches pour piano noir

4 mars 2011, par kozmik [retour au début des forums]

Hors-sujet. Personne n’y pense mais c’est le moment de réactualiser Funkahdafi.

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Hurts en live : roses blanches pour piano noir

3 mars 2011, par Abdul Dull [retour au début des forums]

Embellir de la merde sans intérêt par des hyperboles ridicules, vanter sa pauvre vie banale, perclue de fantasmes démesurés et d’hypocrisies consommées. Telle est la BO du rédacteur en chef.

Dérisoire, un souffle de ténia.

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Tiche Hurts

3 mars 2011, par tiche hurts [retour au début des forums]

Ha,ha,

J’imagine bien Delvaux s’émouvoir tout seul devant son article tout pourri dont personne n’a rien à caler....

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Hurts en live : roses blanches pour piano noir

3 mars 2011, par kozmik [retour au début des forums]

Beau billet d’ambiance.

"chaudement enveloppé dans mon long manteau de cashmere"

Pour coller parfaitement à l’attitude jeune homme chic en vogue au début des eighties et te démarquer du tout venant le temps est peut être venu d’adopter la jupe comme Maneval ou le style total crado à la Alain pacadis. Réfléchis-y.

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Hurts en live : roses blanches pour piano noir

2 mars 2011, par Mary [retour au début des forums]

Décevant !!
A lire les premiers mots de la deuxième ligne, je m’attendais à un tout autre récit... :(
Deux fois par semaine, c’est trop ?? :)

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