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Finalement quelques lignes sur "Control"...
samedi 20 septembre 2008

Control, j’en attendais beaucoup et me voilà au final terriblement déçu, pour des raisons subjectives difficilement explicables. Tout aurait pourtant du se dérouler à merveille. J’apprécie Joy Division. Je ne me considère pas pour autant comme un fan absolu et un collectionneur compulsif de tout ce qu’ils ont réalisé mais ce groupe m’a toujours semblé au dessus de la mêlée, et il ne me viendrait pas à l’idée de réfuter leur rôle de trait d’union entre le punk et la new wave. Et si l’idée d’avoir confié la réalisation du film à un photographe et réalisateur de clips (pour U2, Depeche Mode, R.E.M., mais aussi Metallica) provoque un haussement de sourcils intrigué, Anton Corbijn, par sa solide connaissance du rock et de Joy Division en particulier, était finalement un maître d’œuvre tout désigné.

En parlant de Corbijn justement, on retrouve immédiatement sa griffe visuelle. L’usage judicieux du noir et blanc renforce l’impression d’aliénation que diffusent les banlieues ouvrières de cette Angleterre en pleine déliquescence sociale, et l’esthétique du film, à moins de détester en bloc le travail de Corbijn, est plutôt convaincante. Même au niveau de sa construction, ce biopic démontre une grande maîtrise du genre, fait montre d’un soin extrême apporté aux détails et s’intéresse tout autant à l’aspect strictement musical de Joy Division qu’à l’envers du décor : Ian Curtis, ses angoisses, ses violentes crises d’épilepsie et le naufrage progressif de sa vie familiale et sentimentale. Sam Riley incarne en outre un Ian Curtis troublant de réalisme et de démons intérieurs. Et pourtant, la sauce ne prend pas : Control m’a semblé soporifique à mourir, morne, dépourvu de la moindre étincelle de vie. Il est vrai qu’on parle de Joy Division et de la fin des années 70 dans les Midlands mais le formalisme distingué du travail de Corbijn élimine tout ce que le cinéma peut apporter par rapport à d’autres médias. Control est une réussite esthétique, une réussite dans l’interprétation, une réussite dans la précision biographique… pour un résultat qui aurait été identique s’il avait été présenté sous la forme de diapositives.

M.L.



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Finalement quelques lignes sur "Control"...
24 septembre 2008
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23 septembre 2008, par Count De Valmort
Finalement quelques lignes sur Control...
20 septembre 2008




Finalement quelques lignes sur "Control"...

24 septembre 2008 [retour au début des forums]

Tu l’as vu en quelle langue ? Tu y as compris le Manc ?

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Finalement quelques lignes sur "Control"...

23 septembre 2008, par Count De Valmort [retour au début des forums]

On peut dire que j’attendais depuis un an qu’on parle un peu de ce film dans Pop-Rock. It’s about time !!

Même si la critique est libre et que chacun à le droit d’émettre la sienne, je ne peux que me poser en contradicteur devant celle-ci. J’entends bien ce qui pousse le chroniqueur à faire allusion à une série de diapos, c’est en fin de compte le style de Anton Corbijn ; il suffit de voir ce qu’il fait sur scène pour Depeche Mode afin de s’en rendre compte. Mais je crois qu’au-delà de son style, au-delà même de Joy Division, Corbijn a voulu montrer la chute d’un homme somme toute banal à qui tout contrôle échappe. Il s’avère que Ian Curtis illustre à merveille ce type de personnage, et qu’en plus, il fut à la tête de ce groupe mythique qu’est Joy Division. Donc double raison de faire Control.

On peut trouver mille raisons de dire que Control n’est pas parfait - et c’est vrai qu’il ne l’est pas. En ce qui me concerne, j’aurais aimé qu’on s’attarde un peu plus sur le groupe, mais comme je viens de le dire, Joy Division n’est presque qu’un alibi pour justifier de ce film. Pour ma part, lorsque je conseille ce film, je m’appuie sur le côté dramatique de l’histoire (vraie), qui peut toucher tout public, de l’amateur de JD jusqu’à un sexagénaire qui n’a jamais entendu parler du groupe. Et voilà une des forces fédératrices du film. Ce n’est pas un film de fans, et c’est peut-être ce qui a déçu (les déçus, bien sûr). Ceci étant dit (et la chronique a l’honnêteté de le reconnaitre), la performance d’acteurs est remarquable, de l’interprétation des personnages (c’est fort bien dit dans la critique) jusqu’à l’interprétation musicale, car oui, ce sont les acteurs qui rejouent la musique de Joy. Une réussite absolue !!

Pour finir, je répondrai juste au post anonyme du 20 sept. Comme il est facile et mensonger de prétendre que JD était un groupe ennuyeux. Que certains puissent trouver The Eternal lancinant voire chiant est un droit inaltérable, mais enfin... Joy s’arrête peut-être à l’album Closer, mais de là à résumer la discographie d’un groupe à 2 plages de son dernier album est un peu réducteur. Moi, quand je m’envoie un bon vieux Disorder, Interzone ou un Walked In Line de derrière les fagots (liste évidemment non exhaustive), ça me fait tout sauf chier. Mais je vous l’accorde, c’est une question de goût, et ça ne se discute pas. En revanche, peut-être bien que Ian Curtis était un personnage ennuyeux, finalement. C’est un peu ce qui ressort du film.

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Finalement quelques lignes sur Control...

20 septembre 2008 [retour au début des forums]

Comment ce film aurait il eu pu être intéressant et réussi, puisque Joy Division était ennuyeux à mourir !
(relation de cause à effet pour Ian Curtis, il semble).

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    Finalement quelques lignes sur Control...

    20 septembre 2008, par Boniface de Mite [retour au début des forums]


    Faut en connaitre en rayon avant de taxer Joy Division d’ennuyeux ! Control est axé sur Ian et pas le groupe, fallait pas s’attendre à une floppée de concert ! Apparemment t’as pas saisi le sujet !

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