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Delvaux à la Boutik Rock 2011 : live review (I)
samedi 19 février 2011

« Mais qu’est-ce que tu viens foutre ici, toi ? »

C’est la question que me pose mercredi, sur le coup de 22h, un artiste bruxellois bien connu. Et il sera loin d’être le seul, ce soir. Nous sommes à Bruxelles, au Botanique, archi comble pour cette première soirée de l’édition 2011 du festival des « découvertes » du rock belge ; un évènement que j’ai souvent égratigné. La Boutik Rock, pour moi, est le symbole d’une certaine Wallifornie socialiste, chauvine et qui vit dans l’illusion permanente que sa scène musicale a une réelle crédibilité internationale – ce qui est bien sûr totalement faux. C’est aussi depuis longtemps l’évènement tête-à-claques par excellence du petit milieu pop/rock local, en plus d’un repère de poseurs bobos, de suceurs de subsides, d’apparatchiks à la petite semaine et de lobbyistes. Tous sont venus défendre leur groupe de bals, leur micro-label indé-underground et autres ASBL bidons de promotion du rock en Wallonie (rien que l’association de ces deux mots prête pourtant à rire, n’est-ce pas ?).
La Boutik Rock, cette année, a toutefois voulu montrer l’exemple aux politiques en s’ouvrant enfin à des groupes flamands (notamment Amatorski, Vegas ! et Waldorf), chose que je leur reprochais depuis toujours de ne pas faire… Un bon point, donc, qui passe par des partenariats avec les hautement recommandables webzines néerlandophones Poppunt.be et Clubcircuit.be.

Pour ma part, et cela répond à la question initiale, je suis là à l’invitation de Radio Campus, qui y émet en direct. Jean-Christophe « Mister Soup » Poncelet (en rouge, sur la photo) m’a demandé de venir faire un peu l’Eric Zemmour/Laurent Baffie dans son studio de fortune, dans la bibliothèque du Botanique. Et surtout d’interviewer avec lui des artistes que j’apprécie. En l’occurrence, mercredi, c’est Marc Nostromo qui nous donne la réplique. Producteur de musique électronique entièrement composée à base de sons tirés de processeurs de jeux-vidéos, Marc est un de ces bricoleurs qui font évoluer l’electro. Et, outre quelques vannes bien senties sur Sharko et Le Yéti, c’est en gros le message que je m’évertuerai à faire passer à l’antenne.
Malheureusement, même s’il est particulièrement agréable de constater qu’un artiste aussi alternatif que lui trouve sa place dans la programmation de la Boutik, on peut déplorer qu’il doive présenter son live-mix au Café Bota, et non à la Rotonde, par exemple. Au Café, où se déroule une sorte d’assemblée générale de la scène belge, les gens sirotent leur bière – seuls ou avec le chanteur de Girls in Hawaii, apparemment bien décidé à se faire offrir le plus de coups possibles – sans vraiment accorder à la musique de Nostromo toute l’attention qu’elle mériterait. C’est en tout cas mon sentiment.

Mais le groupe que j’ai le plus envie de voir, ce soir, c’est Ed & June. Ed & June, c’est le projet de Remy Lebbos, un parfait sosie de Cosy Mozzy qu’on connaît surtout comme le guitariste des Vismets. On m’en a déjà beaucoup parlé – en mal, surtout –, et je suis curieux de me faire mon propre avis.
Il s’agit ce soir, à la Rotonde, de la première véritable « grande scène » pour ce projet articulé autour de deux chanteurs-guitaristes (Lebbos et Phyl Bautzer, ancien des Beaux-Arts, déjà vu dans Zaccharia), qui alternent voix et solos de guitares rageurs. La puissance des six-cordes contraste élégamment avec le son du violoncelle et la douceur des claviers. Dans un show qui évoquera tour à tour Placebo, Mogwai, et beaucoup, beaucoup Radiohead (mais aussi, parfois, Flexa Lyndo, et pas que pour l’accent), Ed & June réalise une prestation proprette mais efficace, basée sur de grandes envolées thomyorkiennes supposées donner des frissons. Pour ma part, point de frissons, mais j’assisterai quand même à l’intégralité du concert sans m’ennuyer ni avoir envie de retourner au bar.
Dans ma position, alors que les Vismets ont essayé de faire fermer mon site par leurs avocats, il serait tellement plus facile de démolir Ed & June, émanation d’un membre de cette écœurante mafia. Mais comme je le dirai dans un élan de sincérité à un membre de Von Durden (visiblement séduit) : « Ed & June, c’est moins pire que les Vismets ». Remy Lebbos, de toute façon, n’a jamais caché qu’il jouait avec les cousins de Ghinzu tel un mercenaire : pour fouler de bonnes scènes, toucher des cachets corrects et espérer que le projet qui lui tient le plus à cœur récolte quelques retombées positives du buzz artificiel que Dan Klein a financé autour des Vismets. Ben voilà, mec, c’est fait, t’as ton premier papier encourageant sur Pop-Rock.

Je serai ce soir de retour à la Boutik Rock et sur les ondes de Radio Campus. Avec au programme, entre autres : Puggy, The Big Hat Band, Vegas !, Coffee Or Not (que j’interviewerai on air à 20h45) et Stereo Grand. Si vous n’avez pas de place, ne venez pas : le Bota affiche sold-out !

J.D.



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19 février 2011, par kozmik




Delvaux à la Boutik Rock 2011 : live review (I)

20 février 2011, par Vice Messe [retour au début des forums]

Un minimonde subsidié d’inconus relatifs dans lequel Delvaux jour le rôle de l’idiot utile. L’humiliant est qu’il est encore plus nobody et mégalo que les grotesques qu’il n’a même pas le courage de dézinguer comme ils le méritent par crainte et tant il est content d’émarger à cette clique, histoire de penser avoir une existence.

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    Delvaux à la Boutik Rock 2011 : live review (I)

    20 février 2011 [retour au début des forums]


    En tout cas il joue son rôle jusqu’au bout, puisqu’il garde les lunettes noires en studio...pour passer à la radio. Chapeau l’artiste.

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Delvaux à la Boutik Rock 2011 : live review (I)

19 février 2011, par JP [retour au début des forums]

"Botanique, archi comble pour cette première soirée de l’édition 2011" ??
L’édition 2011 est un flop musical (comme les autres éditions) et un flop public...

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Delvaux à la Boutik Rock 2011 : live review (I)

19 février 2011, par kozmik [retour au début des forums]

Moi je me demande comment des mecs de l’âge de ce "mister soup" peuvent encore s’astiquer le chibre sur des trucs aussi quelconques à leurs âges. The scene that celebrates itself.

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    Delvaux à la Boutik Rock 2011 : live review (I)

    19 février 2011 [retour au début des forums]


    C’est certainement un passionné. En tous cas, je lui souhaite sincèrement de "s’astiquer le chibre" (ce qui est très sain) sur autre chose que cette scène.

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