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Décès de Ron Asheton, guitariste des Stooges
mercredi 7 janvier 2009

Ron Asheton, 1948-2009

Déjà, il faut se repasser le riff de TV Eye pour comprendre de quoi il s’agit. Un riff basique, animal, sale, primaire... Une sorte de blues défoncé passé au travers d’une décharge industrielle. Un truc pas clair, à peine fréquentable dans lequel tous les paumés du monde occidental vont se retrouver, et ce pour plusieurs générations. Il faut dire la chose telle quelle, Ron Asheton n’a peut-être pas inventé le riff rock & roll, mais il en a délimité les contours, défini les règles, pour le meilleur... et forcément aussi pour le pire.

Ron Asheton, 1948-2009, fondateur, guitariste et bassiste des Stooges. En fait, comme nécro, ça devrait suffire, tant les Stooges représentent l’essence même du rock. Et Ron, donc, en est le premier commandant, son architecte sonore. De plus, entre les années Stooges, il n’y a finalement pas grand chose à dire, c’est pas comme si le Ron avait mené la grande vie version jet set, ou même son contraire. En fait, le gars a passé le plus clair de son temps dans sa turne à Ann Arbor -ce trou industriel perdu dans le grand Nord-, à gratouiller devant la télé en fumant des joints et en bouffant des ravioli en boîte. Rien que pour ça, on est heureux que Sa Sainteté Iggy ait permis la reformation du gang en 2003. Histoire que les frangins Asheton touchent aussi leur dû. Trente ans qu’ils attendaient ça, à ramer sans une thune. Que pouvait bien faire un type comme Ron Asheton à part jouer dans les Stooges ? Alors oui, on est content que cette reformation ait eu lieu. Mais évidemment, chez ces gens-là, la bonne fortune ne dure qu’un temps. Beautiful Loser, quelqu’un ?

C’est vers 1966 que James Osterberg rencontre les frères Asheton, comme il l’expliquait dans un entretien aux Inrocks en 1990 : « A l’époque, je travaillais dans l’arrière-boutique d’un disquaire, à ranger des disques toute la journée. En face, de l’autre côté de la rue, il y avait une pharmacie, Marshall Drugs. Et je voyais ces types qui traînaient toujours autour de cette pharmacie, probablement en quête de quelque chose ! C’était les frères Asheton : Ron et Scott. Ils étaient au chômage et occupaient leur temps comme ils pouvaient. Nous avons pris l’habitude de discuter. (...) Plus tard, après être parti un moment à Chicago pour jouer, je me suis souvenu d’eux au moment de former mon premier vrai groupe. » Ainsi naquirent les Stooges. C’est presque digne d’un conte Disney !

La suite est aujourd’hui connue, essentielle : The Stooges (1969), Fun House (1970) (qui ne se vend qu’à 16 000 exemplaires à l’époque, il faut quand même le savoir !) et puis la coke, l’acide, l’héroïne et une première séparation. En 1973, Bowie décide de sortir Iggy du caniveau. Bossant à l’époque avec le guitariste James Williamson, Iggy n’envisage pas, dans un premier temps, de faire appel aux frères Asheton. Et puis, « un jour de 1973, Iggy m’appelle au téléphone, à Detroit, se souvient Ron dans un entretien de 2007 pour Rock&Folk. Il était à Londres avec James Williamson et avait auditionné 150 sections rythmiques, aucune ne lui convenait. Il m’a proposé de venir comme bassiste avec Scott à la batterie. »

Que fait alors Ron Asheton, responsable des riff de No Fun, I Wanna Be Your Dog, 1969 ou TV Eye ? Envoyer chier l’Iguane ? Pas dans la vraie vie. Sans thune, ni plan, ni autre ambition, avec un frangin accro à l’héro pour couronner le tout, le Ron s’écrase et s’installe à la basse. Ce sera le non moins essentiel Raw Power par Iggy and The Stooges (« c’était le deal d’Iggy. Nous n’étions plus un groupe, mais les employés d’Iggy ».). Comme toujours, les choses ne vont (ne peuvent) pas durer et s’achèveront quelques mois plus tard dans un formidable chaos métallique. Le dernier concert (enregistré sous le titre Metallic KO) du groupe se passe au Michigan Palace de Detroit en 1974. Ron : « Nous jouions dans ce petit club qui appartenait à un gang de bikers, les Scorpions. En guise d’initiation, un prospect devait mettre un coup de poing en pleine figure d’Iggy pendant le concert. Evidemment, Iggy ne s’est pas laissé faire. Bagarre générale. Le groupe a terminé le concert sous une pluie de détritus, canettes, oeufs, pièces de monnaie, mégots allumés, etc. J’ai vu une bouteille de whisky bon marché arriver sur moi, je revois encore l’étiquette, j’ai plongé, elle s’est écrasée sur le piano de Scott Thurston. C’était vraiment la finale parfaite pour les Stooges. »

La suite, c’est le retour à la vie normale et monotone d’un paumé white trash du Midwest. Ron Asheton jouera bien dans quelques groupes éphémères (The New Order, Destroy All Monsters...) mais il passe le plus clair de son temps chez sa mère, en attendant que ça passe. Ce sont finalement des figures de l’underground américain comme Jay Mascis de Dinosaur Jr, Thurston Moore ou Mark Arm de Mudhoney qui vont payer leur dû aux frangins en les sortant de la misère vers le milieu des années 90. D’abord pour le projet The Wylde Ratttz, supergroupe monté pour la BO du film glam Velvet Goldmine. Ensuite avec le Stooges Project initié par Jay Mascis, sorte de groupe tribute aux Stooges qui permettra aux frangins de sortir du pays, allant jusqu’à jouer aux Transmusicales de Rennes.

Le projet est bien perçu, et on redécouvre les Stooges, ces deux frangins oubliés mais ô combien influents sur les nouvelles générations. Jusqu’à ce coup de fil salvateur, peut-être rédempteur de l’Iguane. « Now I’m looking for the dum dum boys/ Where are you now when I need your noise ? » comme il le chantait déjà sur The Idiot en 1977.

Ici, on pourrait laisser la conclusion à Ron Asheton, du style « quand je ne serai plus sur cette terre, la musique sera toujours là... ». Mais on va plutôt se repasser le riff de TV Eye, pour bien comprendre de quoi il s’agit...

Article : Duke



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8 janvier 2009, par Raph [retour au début des forums]

Je ne connaissais pas... c’est toujours pareil et franchement pas mélodieux. On a le droit de trouver ca nul ?

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Décès de Ron Asheton, guitariste des Stooges

7 janvier 2009, par fredwau [retour au début des forums]
http://www.myspace.com/fredwau

et au même moment, polnareff, sirkis et les tellers sont en pleine santé.

monde cruel ’va.

no fun.

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Décès de Ron Asheton, guitariste des Stooges

7 janvier 2009, par Clay [retour au début des forums]

Même plus de photo pour illustrer les brèves, ici ?

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Décès de Ron Asheton, guitariste des Stooges

7 janvier 2009, par cartman [retour au début des forums]

Euh... il apparait sur cette video Ron Asheton ??? Adieu, grand défonceur de baffles, roi de la fuzz jouissive.

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