Pop-Rock.com






Chroniques express : Parade Ground, Róisín Murphy, Eskju Divine, Hiawata
vendredi 2 novembre 2007

- Parade GroundRosary

Obscur groupe new wave bruxellois apparu dans les années 80, Parade Ground a mis près de vingt ans à écrire et enregistrer Rosary, son… deuxième album. Celui-ci, sorti sur le jeune label Sleep Walking Records, présente une trentaine de plages (dont la moitié de courts intermèdes bruitistes) d’une electro-dark aussi radicale qu’hallucinée. Les vocalises (on ne parlera pas de chant) rivalisent de folie avec des instrumentations malsaines et oppressantes. L’œuvre est incontestablement à l’image des ses auteurs : les mystérieux frères Pauly, deux illuminés mystiques qui traduisent toute leur souffrance, leurs tourments psychiques et leurs questionnements spirituels dans la musique. Bien secondés en studio par Patrick Codenys de Front 242, ils nous livrent une œuvre violente et perturbante. Difficile à écouter d’une traite tant il peut être épuisant, Rosary ne laissera aucun auditeur de marbre.

- Róisín MurphyOverpowered

L’ex-chanteuse de Moloko nous revient avec un deuxième album, successeur de Ruby blue, sorti en 2005. Overpowered, l’un des singles phares de l’été, ouvre le disque de la manière la plus bouncy qui soit, à mi-chemin entre l’electro, la pop et le trip-hop. Il rappelle à ceux qui en douteraient que la belle Irlandaise n’a pas besoin de Mark Brydon (son ex partenaire dans la vie et dans Moloko) pour produire un tube irrésistible. Le soufflé retombe malheureusement très vite. La suite de l’album est en effet moins excitante et quelques titres sont même franchement putassiers. Trop produit et trop formaté, l’album pêche par manque d’uniformité (passé le premier titre, on reluque tour à tour du côté du r’n’b, de la dance-music, de la lounge,…). La très belle voix de Róisín Murphy gagnerait sans aucun doute à être mise en valeur par des producteurs passant un peu moins de temps à suivre les cours de la bourse… Ailleurs que sur une major comme EMI, donc.

- Eskju Divine - Heights

Venu de Suède, ce groupe qui a joué en première partie des Smashing Pumkins nous propose un premier album de piano pop qui lorgne ostensiblement du côté des James Blunt, Coldplay et autres gros vendeurs d’outre-Manche, avec une pointe de Muse sous sédatif. On y retrouve logiquement les mêmes défauts : émotion simulée, emphase exagérée (Release me), ritournelles nonoches parfois énervantes (Grace), chant trop appuyé lorgnant sur le vieux Radiohead (Hold on). On y retrouve également des qualités insoupçonnées qui font passer la pilule, et même plus, qui rendent l’ensemble très agréable. Tout d’abord l’incursion répétée du violon. Arme à double tranchant, cet instrument peut tout autant accentuer les défauts susmentionnés que greffer une âme aux chansons, ce qu’il parvient souvent à faire avec brio (I can see the light). Ensuite, bien qu’opérant dans un registre casse-gueule, Eskju Divine se montre capable d’accoucher de compositions tout simplement remarquables comme Disguises ou le magnifique final Put your arms around me. Un disque qui ne marquera pas, un poil outrancier et putassier, mais qui a incontestablement quelques jolies choses à proposer. On espère qu’ils ne se contenteront pas de si peu et chercheront à se dégager des carcans du genre dans lequel ils opèrent.

- HiawataThey could have been bigger than Hiawata

A la première écoute, vous vous direz sans doute que ce groupe aux refrains faciles et bien calibrés nous vient des plages ensoleillées de Californie. Au titre suivant, vous penserez peut-être qu’ils sont de Seattle. Raté, Hiawata est un groupe d’Oslo ! La Norvège reste peu réputée pour la qualité de ses groupes de rock, mais celui-ci espère bien inverser la tendance. Le chemin avant de marcher sur les traces des Smiths (à qui le titre Handsome boys make graves est une référence évidente) et de Belle & Sebastian semble encore toutefois bien long… Et pour cause : contrairement à ce que prétend le dossier de presse du distributeur, ces mélodies qui entrent très vite dans l’oreille en ressortent tout aussi vite. Le chanteur n’a pas de voix, les guitaristes ne connaissent que deux accords et la production est quasi inexistante. Ne croyez donc pas ce qu’en a dit le NME, Hiawata n’est pas près de faire un malheur autre part que dans les bars de la région d’Oslo.

G.B. & J.D.



Répondre à cette brève


LES AUTRES BREVES
DE CETTE RUBRIQUE :

samedi 7 mai
Iggy Pop, Lou Reed, The Cramps, Siouxsie, U2… La Sonuma met en ligne les archives de la RTBF.
jeudi 5 mai
Vogue la galère...
mardi 3 mai
Le député des hardos est mort
lundi 2 mai
Daan en acoustique : c’est encore mieux en live !
vendredi 29 avril
Un single solo et un livre pour Steven Tyler
mardi 26 avril
Décès de Poly Styrene
lundi 25 avril
Le nouveau Beastie Boys en écoute gratuite
mercredi 20 avril
Name-dropping sous influence (updaté)
lundi 18 avril
Envers et contre Thot
vendredi 15 avril
The Young Gods : plus vraiment Young et encore moins Gods.