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Chroniques express : Etron, Dr. Lektroluv, Pain, Promise And The Monster, Skaïra
jeudi 1er novembre 2007

- EtronJoe Ball

Les deux vilains épouvantails de la scène rock belge aiment de temps à autres démontrer qu’ils sont avant tout de bons musiciens et des songwriters de talent. Même s’ils sont surtout connus pour leurs provocations faciles et leurs vidéos grotesques, Billy Jr. et Suzy Cumshot sont aussi capables de vrais moments de grâce musicale. Le menu de leur dernière livraison est plutôt copieux : quatre disques (livrés dans un luxueux package cartonné) pour un total de vingt-neuf morceaux, cela fait beaucoup, mais la qualité est au rendez-vous. A vrai dire, on ne s’ennuie pas une seconde à l’écoute de ce rock mi-démoniaque mi-farceur… Désormais loin des pâles imitations de Cure de ses débuts, Etron apparaît sur Joe Ball comme un groupe au sommet de son art. S’offrant même le luxe de quelques expérimentations déroutantes, il nous livre son album testament : tout à la fois original, profond et mature.

- Pain - Psalms of extinction

Pain, je les aime ! Je n’avais jamais entendu qu’une seule chanson d’eux, mais cet unique titre leur avait valu mon admiration et ma dévotion éternelle. Il faut dire que le titre en question était une reprise d’Eleanor Rigby. Et voir une chanson des Beatles (une chanson pop parfaite, impeccable, mais punaise qu’elle est chiante) subir un traitement de choc, revue et corrigée à coup de guitares saturées, chant rocailleux et claviers gogoth, moi, ça me met de bonne humeur pour un minimum de quinze ans. Sur ce nouvel album, rien de bien neuf, mais que du bon. Du techno-metal bourré de gogotheries, qui sent bon le cuir et les effets pyrotechniques, mais pop jusqu’au bout des ongles vernis de noir avec ses refrains ultra-accrocheurs. Ca ne vole pas haut, mais on a un sourire benêt pendant trois bons quarts d’heure. Que demander de plus ? Une autre reprise ? Mais il y en a une ! Et, bonheur suprême, c’est une autre icône qui n’a pas mes faveurs qui est passée à la moulinette : l’incompréhensible miss Björk, et son titre Play dead. Encore une fois, le résultat est non seulement drôle, mais terriblement bien foutu et entraînant. Voilà, je n’aime ni les Beatles, ni Björk, mais j’aime Pain. Je suis un homme de goût.

- Promise And The Monster - Antarktis

Musique minimaliste, acoustique et terriblement envoûtante. Chant cristallin, spectral et mystérieux. Ambiances médiévales, fantastiques et oniriques. La demoiselle vient de Suède, et à vrai dire, on n’est pas spécialement surpris… Cet E.P. est un véritable petit Jésus en culotte de velours à écouter au coin du feu, tard le soir, à l’heure où sortent les créatures féériques et surnaturelles de nos rêves et cauchemars. A noter que le premier album vient de sortir.

- Dr. LektroluvLive recorded at Rock Werchter

Le géant vert des Flandres commercialise sur son propre label l’enregistrement de son set au dernier festival de Werchter. Devant des festivaliers déchaînés, le Fantômas des platines balance une fournée de tracks qui font bouger les gambettes non-stop. Du My moon my man de Feist (remixé par Boys Noize, s’il vous plait !) à l’ultra-classique Go de Moby revu et corrigé par le petit prodige danois Trentemøller, on passe une heure dans l’impossibilité de rester immobile. Parmi les plus grands moments, outre l’incontournable You gonna want me de Tiga, le Docteur a le bon goût de nous terrasser avec Fuck that shit et Kiss my trance, deux bombes à neutron totalement dévastatrices signées The Subs, le trio gantois que tous les clubs d’Europe s’arrachent cette année. Et croyez-moi, ça fait du bien par où ça passe !

- Skaïra - Pipeline

Faut-il parler de ska sur Pop-Rock ? Et pourquoi pas ? Sur un site capable de faire le grand écart entre Britney Spears (ici) et Cannibal Corpse (), cela ne devrait choquer personne… Soit. Mais peut-on en parler si le groupe est originaire du même bled perdu de Wallonie que le rédac’ chef du site (Gembloux, en l’occurrence) ? Franchement, c’est limite, car ne risque-t-on pas de crier au copinage ? Sans doute, mais ce serait bête car le rédac’ chef et le groupe se connaissent à peine de vue (pire : un des trompettistes et lui ont failli se foutre sur la gueule, un soir, dans un café gembloutois). Alors, on en parle ou pas, du nouvel album de Skaïra sur Pop-Rock ? Et si oui, qu’est-ce qu’on en dit ? Que c’est festif en diable ? Que tous les morceaux sonnent à peu près pareil ? Que c’est chanté parfois en français et parfois en anglais (avec un gros accent francophone) ? Qu’on n’y connaît rien à ce style mais qu’il parait qu’ils sont très respectés dans le milieu ? Qu’ils sont le chaînon manquant entre The Specials et Le Grand Jojo ? Ouais, y a de ça…

G.B. & J.D.



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Etron : Joe Ball - Chronique pas expresse
18 décembre 2007, par Klauss Norsson
Chroniques express : Etron, Dr. Lektroluv, Pain, Promise And The Monster, Skaïra
2 novembre 2007, par mathieu, mélomane




Etron : Joe Ball - Chronique pas expresse

18 décembre 2007, par Klauss Norsson [retour au début des forums]
Site etron.be

The Salvation of Rock - Belgium’s best kept secret makes a quantum leap with their new opus Joe Ball (4cd-box) -Dark dog Records - 2007 / about 23€/available on www.hysterias.com

In her poem ‘the salvation of rock’, Patti Smith writes : ‘rock, like sculpture, is the solid body of a dream. It is an equation of will and vision’. Etron is, to me, the incarnation of this ideal. Etron, together with Iggy, Pere Ubu, The Fall and Patti Smith and many other heroes keep the same sacred fire burning, no matter how good, bad or different their respective records are.

With ‘Necrodogs’(2005) and ‘Decadence of the Furians’(2005), we witnessed the way this band fulfills its ambition to grow with every new release. Now, with ‘Joe Ball’, we must acknowledge the growth of their composing abilities, and, above all, their amazing musical versatility. Not less than two and a half hours of new music has reached us, and, according to our Belgian source, Etron has meanwhile left the studio after adding the finishing touch to their next record.

At this point, I think you might know where I’m getting at : Etron is a band on a mission. Etron has made 8 records before ‘Necrodogs’, ‘Decadence of the Furians’, and ‘Joe Ball’. While you are reading this article, they might even be thinking about their next move... For ‘Joe Ball’, Billy Jr and Suzy cumshot have been joined by Malvir Leon. If this has already happened in the past, it is the first time that Mr Leon is put on the credits as a full member of the band.

‘Joe Ball I’ and ‘Joe Ball IV’ are the records with the most distinct identities. ‘Joe Ball I’ has the subtitle ‘Joe Ball & the Furians, an album by Etron, Fanx !’ It is the most directly rocking (if that says something) of the 4 Joe Ball records. ‘Mr Ball’s on speed’ is a solid opener that deserves its place among Etron’s other rockers like ‘Dead Drunk Decadent’, The Undead (Evil Franky)’ or ‘Science of the Anger’ (all from ‘Decadence of the Furians’). The same can be said for ‘A bad plan for Joe’, the 2nd song, that has the most incredible opening riff. Try ti imagine for one second that Sonic Youth, instead of touring currently on their 20th anniversary edition of ‘Daydream Nation’, their double LP from 1988, would curate a contemporary version of this ‘Daydream Nation’ with different existing bands. Etron would be the band to have to come up with a whole A-side ! And ‘Joe Ball I’ could have been the result...

Joe Ball IV is the, well, most ‘esoteric’ of the 4 cd’s. It is subtitled ‘A duet for Barytones in FU minor by Albert Gribomont and René de Lahousse performed by Etron’. If you check the pictures of this cd in the booklet, you might be up for a big laugh. Just be ready for the music, because it is great. ‘Motherfucker’ is a great instrumental piece with guitar and bass spiralling around each other, while a delicious eighties synthesiser adds an unearthly touch to the whole. ‘Ballet (1)’ is worthy to figure on any good Aphex Twin record, but it reminds me as well of Aksak Maboul, these Belgian eccentrics my father is so fond of. Every other piece (mainly instrumentals) on this cd is worth an explanation, as they are explorations of different types of Music Etron seems to be very fond of (contemporary classical music, metal, german soundtracks like Popol Vuh’s ‘Aguirre, Der Zorn Gottes’), but I’ll only mention the last song on the cd, ‘What have you done’. It is simply brilliant and gives a good example of the modus operandi of Etron. In my chronic of january 2006 I alluded to their silly lyrics. My opinion hasn’t changed, but throughout the whole record, they use the sound of the pronounced words so efficiently that, at the point they start singing ‘What have you done, man ?’ (the last song of this Joe Ball cycle), you believe them so hard you actually want to answer their question...

Cd 2 is called ‘Joe Ball II, Live crocodile’. The language in which they sing on some cuts is definitely no english, but not understanding what they’re singing does luckily not reduce the pleasure. ‘Zweenzaam’, ‘Espadon’ are very hypnotic, and ‘Let me shine’ has a melancholic undertone. ‘Billy Boy’ is a funny little ditty that could have found as well a proper place on ‘Joe Ball IV’.

Worth noticing about the cd 3, simply called ‘3’, is that it seems to be the only one fully driven by a human rhythm section. Was Malvir Leon playing the drums ? ‘Time is mine’ might be the best Etron song until now, with its brilliant children ( ?) choir, and their hypnotic vocals. The ‘Casablanca’ whisper during the bridge, the way it intertwines with bass and guitar, it is simply amazing. ‘Beatlesong’, ‘Teenager’ ‘and ‘B&S’ (a song lasting nearly 13 minutes !) are beautifully arranged, furthering the arranging efforts started with ‘Born Gay’ on their ‘Decadence of the furians’cd (from 2005). The melancholy possessing these songs will haunt the unexpecting listener for days... It is, by the way, strongly advised to listen to ‘Joe Ball’ with earphones. All sound details come out much better.

I frankly do experience some difficulties with the long cuts ‘Aristote’s dog’ (cd 3), and ‘Aristote Prénatal’ (cd 2), but, hey, I’ll be probably ready for them in a year, so nevermind. After all, most fans of the Beatles’ White Album do agree that the bloody record would not be the same without ‘Obladi Oblada’, ‘or ‘Revolution nr 9’ don’t they ?

Dear Readers, please listen to Etron. Buy ‘Joe Ball’. And cherish it. You won’t regret, I promise. Etron might apparently not have been waiting for an audience, it certainly deserves one. You might think you do them a favour by listening to them, but you actually will be doing yourself one by jumping on the Joe Ball train. It is a unique record.

Klaus Norsson / Copenhagen / September 2007

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    Etron : Joe Ball - Chronique pas expresse

    26 décembre 2014, par Daphneen [retour au début des forums]


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Chroniques express : Etron, Dr. Lektroluv, Pain, Promise And The Monster, Skaïra

2 novembre 2007, par mathieu, mélomane [retour au début des forums]

Cher Pop-rock,

Moi qui attendais une chronique détailée de mon groupe favori... Je suis quand même un peu triste.

Heureusement l’amour du rock est international. La preuve, ci-dessous une chronique de ’necrodogs’et ’dec adence of the furians’ rédigée en anglais par un journaliste danois fort enthousiaste.. Il semble déjà exister une chronique de joe ball, mais je ne suis pas encore tombé dessus... Je l’ai trouvée tellememt cool que j’en ai fait un copier-coller pour le partager avec mes amis lecteurs de pop-rock ! C’est quand même chouette de voir que certains groupes sont appréciés ainsi sans aucun préjugé, purement sur base de ce qui importe réellement : la musique..

Affaire à suivre donc... En attendant, bonne lecture !!

Etron : A garageband mixes 80’s synth sofistication with a raw live sound.
Necrodogs (Dark Dog Records - 2005) - Decadence of the furians(Dark Dog Records - 2005)

Early last fall I came across two records of a Belgian band called ‘Etron’, the french word for ‘turd’. While the band (like actually most of the contemporary bands who deal in shock-rock themes or homo-erotic imagery) can hardly be suspected to have worked for more than an hour on their lyrics trying to realise the subversive promises announced by their name, further inquiry of the records ‘Necrodogs’ and ‘Decadence of the furians’ reveals the ambitions this belgian duo tries to fullfill.

Etron, composed of guitarist Suzy Cumshot and bass player Billy Jr, is a hard working band. Already ten records have been issued, but they seem, if they have ever reached this stage, to have had a short life on the belgian record shelves. Information on belgian web-zines about etron’s musical history (a couple of ‘necrodogs’ reviews not taken into account) is desperately scarce. If it was not for our contacts (a concert promotor of Dachau spread the word after Etron’s eastern Europe Tour), the Copenhagen underground would still be totally ignorant of these artists.

Successive listening of ‘Necrodogs’ and ‘Decadence of the furians’ betrays the restless ambition of a band trying to grow musically with every release. There is no confusion about the direction they want to follow, and on ‘Decadence’, they go further on the musical path taken on ‘Necrodogs’. Suzy is a creative rhythm guitarist with a healthy aversion for lengthy solos , while the basslines of Billy bring a solid basis to the howls and screams their songs are larded with. The beautiful song ‘born gay’reveals them as tasty arrangers, unafraid by an apparent lack of budget, while ‘cockrider’ and ‘snakedevil’ (speaking of silly lyrics, look at the titles !) prove their flair for a good hook.

Any points of references ? The Cure is an obvious comparison to a certain extent for the singing. While the record sleeves (not the music) and the lyrics could betray an affection for the destruction esthetic of The Birthday Party or the sexual ambiguity of the Virgin Prunes, their music is difficult to pin-point. What matters is that they have an identity, a sound, and that they are still growing. Of course the risk to be trapped in your own sound will always exist (think of the Cramps and the Ramones), and ambition has often brought bands far beyond their actual capacities (think of The Cure in their ‘Wild Mood Swings’ era), but one can hope that Etron won’t reach these boundaries too soon, because they still have a masterpiece to make.

Any obstacle to the fullfilment of this masterpiece, apart of their already mentioned lyrics ? Etron knows how to make a rhythm-box work (their own drumming is unfortunately too basic to bring a wonderful song like ‘Evil Franky’to a higher level), but a resourceful, intuitive drummer could upgrade their dark, primal sound and bring more life in the mix, especially in an instrumental piece like ‘Pula-Sweeper’.

Etron can not be compared to any known actual player on the Belgian music scene, like Deus or Hooverphonic. They play in another league. It doesn’t mean that they are better or worse, it’s just that the ambitions are different. If you really want to compare them, only classic records like the Cramps ‘Songs the Lord taught us’, Iggy’s ‘Zombie Birdhouse’, Gang of Four’s ‘Entertainment’ or the Fall’s ‘Grotesque’ make sense.
Klaus Norsson/Copenhagen/ January 2006

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