Pop-Rock.com






« Bono par Bono » : comme du Bret Easton Ellis, mais en moins bien
jeudi 1er mai 2008

Comble du hasard, U2 a défrayé la chronique de Pop-Rock alors même que je parcourais aux toilettes l’ouvrage de Michka Assayas, un recueil d’entretiens avec l’étoile pop irlandaise Bono, croisement improbable des mères Denis et Theresa. Fraîchement débauché, il ne me restait donc plus qu’à inaugurer mon baptême du feu par un résumé de ma dernière lecture.

Et de cet ouvrage, il y a beaucoup de choses à retenir. Des citations à apprendre par coeur, des anecdotes croustillantes, des photos inestimables de The Edge avec des cheveux, des explications pertinentes sur ce qui a conduit le groupe à devenir une multinationale, des éloges socratiques sur leur gestionnaire Paul McGuinness, et surtout trois thèmes qui reviennent constamment dans les propos de Bono : son père, sa foi, le tiers-monde.

Vis-à-vis de son père, tout d’abord, je vous invite à lire l’excellent Lunar Park de Bret Easton Ellis. C’est dans les principes similaires, à ceci près que l’écrivain raconte mieux les histoires que le chanteur. Ceci peut paraître une lapalissade, mais il est amusant de remarquer à quel point Bono – qui dit ne jamais revenir sur son passé – répond assez souvent aux questions en citant ses propres textes. Certes, cela donne un nouvel éclairage à la discographie de U2, à grands coups de sentiments maladroits, mais pour un public qui a grandi en même temps que le groupe, cela casse le mythe et les souvenirs, parce que l’on avait oublié que les plus grandes tragédies trouvent leur source dans les émois de l’adolescence. Et c’était très bien ainsi.

Concernant la foi, maintenant, je serai tenté de vous renvoyer à l’excellente chanson de Gilbert O’Sullivan, Alone again (Naturally) et à ses paroles concises : Leaving me to doubt / Talk about God and His mercy / Or if He really does exist / Why did He desert me in my hour of need / I truly am indeed Alone again, naturally (Me laissant douter / Parler de Dieu et de Sa miséricorde / Et que s’Il existe vraiment / Pourquoi m’a-t-Il abandonné quand j’avais besoin de Lui / Je suis vraiment encore tout seul, naturellement). Non pas pour résumer les propos de Bono, mais plutôt pour prendre vigoureusement position vis-à-vis de sa croyance inébranlable. Car tout comme Dieu et le Big Bang cohabitent difficilement, je ne vois pas comment l’on peut être un croyant aveugle et condamner le fanatisme, à moins d’être schizophrène.

D’ailleurs, c’est ce même fanatisme qui nous conduit tout droit au dernier thème de l’ouvrage, le plus imposant de tous, car reflétant bien le malaise qui se pose dès lors que l’on écoute Bono parler : Assayas doit alterner ruses et haussements de ton pour arriver à obtenir autre chose de Bono qu’une nouvelle plaidoirie pour le tiers-monde en général, et l’Afrique en particulier. À tel point qu’il devient pertinent de citer Rambo IV et ses touristes bobos (dont le scénario semble tiré d’une anecdote du chanteur), bien que cela irait sans doute trop loin. Alors bien sûr, je ne suis pas contre cette volonté de rééquilibrage mondial, mais le fait est que le livre se nomme Bono par Bono et non pas L’Afrique par Bono, et cette insistance maladive sur le sujet dessert l’ouvrage comme elle semble finir de pourfendre le groupe : tel un jeu de vases communicants, la musique est devenue hobby tandis que le hobby est devenu raison d’être.

Au final, si ce livre réussit le plus difficile, rendre Bono sympathique même à ses plus fervents détracteurs au travers de sa gaucherie et de son idéalisme adolescent, il échoue au plus facile : donner l’envie et de s’occuper des Africains plutôt que des S.D.F. en bas de chez soi, et de réécouter la discographie de U2 pour essayer de dissiper un malentendu vieux de plus de trente ans. Qu’à cela ne tienne ! J’aurai au moins appris que George W. Bush a de l’humour, ce qui valait bien les 6,60€ du livre.



Répondre à cette brève


LES AUTRES BREVES
DE CETTE RUBRIQUE :

samedi 7 mai
Iggy Pop, Lou Reed, The Cramps, Siouxsie, U2… La Sonuma met en ligne les archives de la RTBF.
jeudi 5 mai
Vogue la galère...
mardi 3 mai
Le député des hardos est mort
lundi 2 mai
Daan en acoustique : c’est encore mieux en live !
vendredi 29 avril
Un single solo et un livre pour Steven Tyler
mardi 26 avril
Décès de Poly Styrene
lundi 25 avril
Le nouveau Beastie Boys en écoute gratuite
mercredi 20 avril
Name-dropping sous influence (updaté)
lundi 18 avril
Envers et contre Thot
vendredi 15 avril
The Young Gods : plus vraiment Young et encore moins Gods.





Y a U2byU2 les mecs !
4 mai 2008, par Brieuc
« Bono par Bono » : comme du Bret Easton Ellis, mais en moins bien
1er mai 2008




Y a U2byU2 les mecs !

4 mai 2008, par Brieuc [retour au début des forums]

Ce livre Bono par Bono est d’un ennui intégral. Lu rapidement en une fois car trop concentré sur les BA de Bono et non pas sur ce qu’on attend de lui en premier : sa musique. Si ce dernier vous intéresse plus, dirigez-vous plutôt vers le magnifique U2byU2 (un grand livre couleur) où U2 nous révèle enfin ce qu’ils pensent sur leur carrière dans les moindres détails.

[Répondre à ce message]

« Bono par Bono » : comme du Bret Easton Ellis, mais en moins bien

1er mai 2008 [retour au début des forums]

U2 est un groupe fini. le dernier bon album est Zooropa en 93 ou peut être l’album des Passengers en 95 que pour ma part je n’ai pas acheté à l’époque. Quant à l’Afrique , si ses habitants voulaient vraiment se prendre en charge , ça fait un bail qu’ils l’auraient fait car l’Afrique est potentiellement très riche. on pourra faire 1 LIVE AID par semaine ça ne changera rien mais ça Bono ne l’a pas compris. il aurait d’ailleurs mieux valu ne poser le pied sur ce continent, en particulier les missionnaires chrétiens qui n’avaient rien à y faire. c’est à vous rendre anti-clérical.

[Répondre à ce message]

    « Bono par Bono » : comme du Bret Easton Ellis, mais en moins bien

    1er mai 2008 [retour au début des forums]


    tu fais quoi mercredi prochain toi ?
    je fais un souper, je cherche qlq’un à presenter à mes amis.

    Cela dit, sur U2, tu as raison.
    Il aurait mieux valu ne pas y mettre une oreille, très juste.

    [Répondre à ce message]

      « Bono par Bono » : comme du Bret Easton Ellis, mais en moins bien

      4 mai 2008 [retour au début des forums]


      Moi ce serait plutôt pour un dîner. Le Yùyù aussi pourrait venir. Nous parlerons littérature et nous interrogerons sur l’incapacité de ces cons d’Africains à trouver un remède contre le sida (alors que s’ils le voulaient vraiment, hein les Ducons...).

      Sans rire : devriez faire sauter ces infamies de vos pages avant de vous prendre un procès dans la tronche.

      [Répondre à ce message]

    « Bono par Bono » : comme du Bret Easton Ellis, mais en moins bien

    4 mai 2008, par 2deNeurone [retour au début des forums]


    Bono rien à battre ... mais la connerie, ça j’aime ! pour preuve, y’a un con qui a écrit un livre ... putain, fait chier ... ça s’appelle ’L’empire de la honte’ ! ça t’expliquera ... oups ... essayera de t’expliquer que tu devrais plutôt mettre tes post sur le blog de Lorie ...
    ça va ? tu arrives à lire ???

    [Répondre à ce message]