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Belfast calling
mardi 16 octobre 2007

La scène parisienne va devoir attendre : Amicalement Vôtre a déménagé à Belfast, la ville mystère, la ville frontière, la ville cachée qui abrite les chantiers navals qui ont construit le Titanic. Belfast, troisième ville la plus active du Royaume-Uni, déchirée entre un processus de paix lent et une envie profond de changement va donc devenir le terrain de jeu expérimental de Pop-Rock pendant un an.

Belfast, qu’on la dise irlandaise ou britannique, reste fortement imprégnée de l’odeur persistante du rock qui fait partie intégrante des deux cultures depuis des générations. Entre les immeubles de brique de Bridge Street et les longues rues aux pavés humides derrière la cathédrale Saint-Ann, se cachent pléthore de jeunes groupes aspirant, eux aussi, à la consécration et se lamentant de ne pas assez bénéficier de publicité. Ash a eu de la chance, c’est désormais à leur tour.

C’est lors d’un samedi soir relativement imbibé que j’ai rencontré les Bow Street Runners. Le nom rappelle déjà l’époque des Mods (The Jam, surtout) et le style dandy extrême, rarement aussi bien porté depuis Neil Hannon de The Divine Comedy, nous met sur la bonne piste. Le chanteur, Charly Bates, a récemment décidé d’échanger une carrière solo pour mordre le monde flanqué d’un batteur, d’un bassiste et d’un guitariste aussi affamés qu’il l’est lui-même.

Les Bow Street Runners ont une insolence propre à leur jeunesse, un style remarquable et affiné au fil des nuits à traîner hors des bars, une vague odeur de bière, de gin et de patchouli à la Oscar Wilde dans leur sillage. On les dirait hors du temps, sortis d’une allée sombre de Whitechapel ; l’arrogance de leur musique, une ligne rhythmique passant du ska (The lunatic, The lover & the poet) au garage (Working class Paradise) s’adapte toujours aussi bien à la ballade indie (Pete Pomegranate). Une comparaison avec Babyshambles ou même les Fratellis (sur une version acoustique de The parrot Sir Francis Drake) aurait peut être été trop évidente, tant les Bow Street Runners changent de style avec aise. La fluidité du chant de Bates est agréable, et il devient si facile de se laisser emporter.

Tout jeune groupe, toujours en train de répéter pour leur première performance live au mois de novembre, je parie sur eux comme révélation de l’année. Un groupe à suivre ... et qu’on suivra.

Sarah El Jabri


VOIR EN LIGNE : www.myspace.com/bowstreetrunnerstheband

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