Pop-Rock.com


Braine-l’Alleud, Acte 3, 30 octobre 2004
Yel : "On rêve d’un duo avec Emma Daumas"
Interview

samedi 6 novembre 2004, par Gérald Dechamps

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Depuis trois ans, le groupe Yel a écumé presque toutes les salles de la partie francophone du pays : des bars les plus sordides aux festivals les plus fous, en passant par de nombreux lieux surchauffés. Trois ans de (r)évolution et d’émancipation. Ce groupe à la sincérité exemplaire passe désormais à l’étape suivante et décide de s’ouvrir au monde extérieur : la France, la Suisse et très bientôt le Canada. Afin de remercier leurs fidèles fans belges, ils leur ont concocté dernier un set intense retraçant leur jeune carrière. Arrivé pendant le soundcheck, je m’immice au coeur de la salle pour prendre la température. Nos quatre musiciens sont en plein réglage et répètent encore une dernière fois les nouvelles versions de leurs morceaux. Leur travail accompli, Pascal (guitariste) et Joris (bassiste) me rejoignent pour une discussion à coeur ouvert.

- Pop-Rock.com : Aujourd’hui, vous voilà arrivés au terme de votre tournée en Belgique. Dans quel état d’esprit vous trouvez-vous à l’aube de cette ouverture vers la France et les autres pays francophones ?

- Pascal : C’est une nouvelle aventure. Cela va être très différent de la Belgique puisque ici c’est facile : tu fais un concert aujourd’hui à Mouscron et le lendemain tu te retrouves à Verviers. Tandis que là, il faudra penser à l’organisation des voyages. Cela va faire beaucoup de changements au niveau du travail comme au niveau familial. Malgré cela, nous restons très sereins.

- Est-ce que la Communauté française qui a tant d’argent intervient dans vos déplacements à l’étranger ?

- Pascal : A mon avis, il n’y aura pas grand chose. Il ne faudra pas trop compter sur eux.

- Joris : Si, mais uniquement pour certaines dates en showcase. C’est-à-dire des dates pour lesquelles nous ne touchons pas de cachet. On y va sur demande de la maison de disques. C’est purement promotionnel. Dans ces conditions, il y a moyen de débloquer des budgets, mais comme d’habitude c’est là que les problèmes commencent. Il faut proposer un projet trois mois à l’avance avec un dossier de 64 pages. Actuellement, je suis en train d’en remplir un mais je ne suis arrivé qu’à 52 pages. Pour le reste, je crois que je vais mettre des photos.

- Vous venez de sortir votre album en France. Savez-vous comment il y a été accueilli ?

- Pascal : Moi, je n’en sais rien du tout.

- Joris : On n’a pas beaucoup de nouvelles. Tout ce qu’on peut dire pour l’instant c’est que l’on passe sur RTL2 grâce à notre ami Francis Zegut, et également sur toute une série de radios libres françaises qui sont organisées en réseau. Concernant le clip, nous passons sur MCM et MTV mais très souvent après 1 heure du matin !

- Joris : Nous avons également enregistré un set acoustique pour RTL2, pour promouvoir l’album.

- Justement, comment s’est déroulée la rencontre avec M. Zegut ? Sera-t-il présent ce soir ?

- Joris : Il sera bien là, oui. Il n’a plus ses lunettes noires rondes mais a gardé la barbichette. En fait, la rencontre s’est très bien passée. Nous ne l’avons pas beaucoup vu puisqu’il était derrière la console pendant l’enregistrement de la session acoustique. Il était très content et a demandé à venir nous voir ce soir.

- Prévoyez-vous de tourner en France avec d’autres groupes belges ou plutôt de manière indépendante ?

- Pascal : Moi, je ne suis pas trop partisan d’une histoire belgo-belge. Si on va en France, ce n’est pas pour tourner encore avec les mêmes qu’en Belgique. On y va pour faire la promo de Yel. Et si on fait des premières parties, il faut que ce soient des premières parties de groupes qui ont un large public. C’est ce qui nous permettra de nous faire connaître un peu plus. On n’est pas tenté de tourner avec des petits groupes qui souhaitent pousser leurs ventes aussi. Cela ne nous intéresse pas.

- Comme l’a si justement dit l’un de vos fans sur votre forum, le Tour de France place toujours une ou deux étapes en Belgique. Peut-on l’espérer aussi suite à l’annulation du concert de Verviers ?

- Joris : Alors, j’ai tout de suite une réponse à cela. Il passe toujours par la Belgique mais une année sur deux. Le reste du temps, il passe aussi par la Suisse.

- On peut vous attendre au Paléo, alors ?

- Joris : Oui, on l’espère. Il y aura des dates en Suisse. On n’en fera pas des masses vu que la partie francophone du pays n’est pas très grande, il y a à peine un million de francophones. Cependant, il ne faut pas oublier non plus le Luxembourg. Mais en ce qui concerne la Belgique, on n’y jouera plus pendant 18 mois, même si on a encore reçu des dizaines de propositions intéressantes. Je pense qu’il faut savoir se faire oublier.

- Et en ce qui concerne le Nord de la France ?

- Pascal : Quelques dates seront prévues et, on l’espère, surtout le week-end.

- Quel serait votre souhait le plus fou pour cette tournée française ?

- Pascal : un duo avec Emma Daumas !

- Pourquoi pas les premières parties de la Star Ac, tant qu’on y est ? Là, on vise un public très large...

- Joris : Large, tu veux dire large comme ça ? (En montrant un tour de taille frôlant le mètre 80)

- Pascal : Non. Emma Daumas simplement parce que j’aime bien les blondes. Je la trouve très sexy. Jennifer, elle est trop grassouillette.

- Joris : Et puis, c’est une Méditerranéenne. C’est du style à avoir un mec et puis c’est tout. Si on lui fait quelque chose, on risque de se prendre un coup de carabine.

- Vous est-il possible d’écrire de nouvelles chansons pendant que vous tournez ou avez-vous besoin d’un moment privilégié pour vous concentrer sur l’écriture ?

- Pascal : Quand tu tournes, c’est difficile car tu perds souvent le sens de l’équilibre. Ce n’est pas évident. En général on reste assis.

- Joris : Lors des tournées, quand on a des bières en main, c’est assez difficile...

- Pascal : Ou alors on joue en slide avec les bouteilles et on vous prépare un album country. (Rires)

- Au sein de Yel, comment se déroule la création d’un morceau ? Qui intervient ? Qui arrive avec quoi ?

- Pascal : En général, Joris arrive avec un couteau. Moi, les armes blanches, c’est pas trop mon truc. On a chacun notre petite recette pour être dans l’ambiance idéale et partager des sensations fortes.

- Joris : Bon, trêve de plaisanterie ! En fait, on n’a pas de règles. On se retrouve à quatre et on met tout dans une grosse marmite. On jame et puis parfois quelque chose de sympa ressort. De toute façon, il n’y a pas de secret. Soit c’est d’abord la musique puis le texte. Soit, à d’autres moments, c’est l’inverse. Je pense que le mieux c’est de ne pas avoir de méthode pour se renouveler sans cesse.

- Pascal : Il faut pouvoir varier les plaisirs. Et ce qui est important dans un groupe, c’est justement que chacun apporte sa touche personnelle.

- Vous avez une base rythmique très rock. Avez-vous déjà pensé à introduire des claviers ou des éléments électroniques dans vos compositions ?

- Pascal : Méchamment, oui.

- Vous avez déjà dit, il me semble, être intéressés par des samples. Qu’en est-il ?

- Pascal : Pour le moment, nous n’en utilisons pas car nous faisons la tournée pour le deuxième album. On ne va pas commencer maintenant. Cependant, pour ce soir déjà, on a introduit un clavier pour la partie acoustique. Cela donne vraiment très bien.

- Vous êtes tentés de poursuivre l’aventure donc ?

- Pascal : Oui. En fait, on a toujours l’impression au départ que les groupes font de la musique très dure, très rock, à la limite punk. Puis, ils commencent à introduire de l’orchestration ou des claviers pour adoucir le ton. Mais cela risque de devenir plus mou. Moi, je ne pense pas cela du tout. En fait, il ne faut pas introduire des claviers pour palier un manque d’inspiration. A partir du moment où les idées sont là, je pense que la musique « clavier » peut être hyper forte et très puissante comme dans certains morceaux des Cure. Des groupes un peu plus récents, comme les Chemical Brothers ou Soulwax, proposent des mélodies très puissantes. Le son d’un clavier n’est pas forcément synonyme d’un son plus poppy, donc moins rock. On a hâte de tester cela sur le prochain album.

- Est-il possible que vous retentiez le coup du remix comme vous l’aviez si bien fait avec Où tout ça reste en nous ?

- Pascal : Non. Je pense maintenant qu’il faut aller vers autre chose. Il ne faut pas toujours exploiter le même fond de commerce. Sinon ça commence à sentir le manque d’inspiration. Ce n’est pas ce que nous cherchons.

- Moi, je vous parle de remix de futurs morceaux susceptibles de sortir en single.

- Joris : Le pire pour un groupe c’est de commencer à sortir des versions remixées et d’aller jouer au Japon. En général, ça sent la fin de carrière. Si nous proposions un remix, nous préférerions le faire nous-mêmes. Ce serait plus un exercice à la manière de ce que nous allons proposer ce soir dans notre set acoustique. On pourrait faire aussi quelque chose de beaucoup plus dance en le réalisant nous-mêmes, plutôt qu’en confiant le travail à une personne extérieure. Cela pourrait nous ouvrir de nouvelles portes dans le domaine de la création.

- Pascal : un peu à la manière de Röyksopp qui, sur leur album, propose différentes versions d’un même morceau. Cela fait l’objet d’un petit bonus qu’ils ont l’élégance de servir en même temps que l’album. Beaucoup de groupes font surtout l’inverse.

- Joris : Un peu comme Placebo quoi !

- Pascal : De même, je suis contre ces packages mid-price où l’on t’emballe deux albums pour le prix d’un demi alors que les fans, eux, les ont achetés au prix plein le jour de leur sortie.

- Pour le prochain album, rêvez-vous de collaborations ?

- Pascal : Non… C’est assez difficile car peu réalisable. Les gens que nous connaissons et qui nous intéressent ont souvent leurs propres activités et une carrière internationale. Ils n’ont donc aucune raison de faire la démarche de travailler avec nous. A moins qu’ils ne connaissent notre musique. Je pense que dans le monde artistique, il y a beaucoup de personnes inaccessibles. Dans nos rêves les plus fous, on aimerait collaborer avec un producteur comme par exemple celui d’Achtung Baby de U2. Cela nous permettrait de trouver un son assez industriel. Ce serait assez amusant.

- Pensez-vous que le phénomène « Sacrés Belges » dont vous faites partie s’essouffle un peu ?

- Pascal : Je trouve que ce phénomène a été récupéré de manière scandaleuse. On a fini par sortir du Sacré Belge avec tout, même avec des gens qui n’était pas sur la compile et dont seul le label y figurait. Je pense que l’esprit Sacrés Belges 1 s’est complètement effondré comme un soufflé qui retombe.

- Joris : Pour Sacrés Belges 2, il n’y a pas vraiment eu de collaborations comme ce fut le cas pour le concert organisé au Cirque Royal l’an dernier. Si cette aventure continue, il faudrait la faire évoluer vers autre chose. Mais cela, ce n’est pas à nous d’y réfléchir. Nous, nous ne ferons certainement plus partie de la version 3. Les nouveaux groupes doivent prendre cette expérience comme un tremplin. Quand on débarque en France, il ne faut pas jouer la carte de la pitié à la Belge. Il est clair qu’on est dans la vague qui monte. Mais le public écoute des chansons avant de se poser la question de savoir si on est belge ou pas. Il est clair que la scène belge commence à être très bien vue chez nos voisins. Nous sommes des professionnels et nous comptons bien y aller à fond.

- Quelles relations entretenez-vous avec Sharko dont le monde musical n’est pas tellement proche du vôtre ?

- Pascal : Des relations de respect mutuel. On n’est pas super potes mais on a quand même réussi à se produire ensemble à Braine-le-Comte pour reprendre une chanson des Cure. Ils sont très sympathiques mais effectivement nous ne sommes pas dans le même registre quant à la démarche musicale.

- A propos des Cure, s’agit-il d’une de vos influences ?

- Pascal : Oui, quand même. Il faut dire ce qui est...

- Joris : Moi je sais juste que c’est Robert Johnson qui joue dedans... (Rires)

- Etes-vous tentés par d’autres reprises ?

- Pascal : On jame sur tout ce qui nous tombe sous la main : Muse, Blur, Placebo,... C’est toujours très amusant de faire une reprise. Si on la joue en concert, il faut y ajouter quelque chose de plus personnel sinon je n’en vois pas l’intérêt sauf si on a envie de faire un clin d’œil. Nous avons déjà fait une reprise du groupe Agent 5.1 que nous avons joué en leur compagnie mais qui était tout à fait retravaillée à la sauce Yel, nettement plus rock.

Pour les dernières questions, nous sommes rejoints par Jean-Christophe (le chanteur) et Mathieu (le batteur).

- Si je vous dit Ghinzu, vous me dites ?

- Pascal : Moi je dis Bang !

- Jean-Christophe : Je les emmerde !

- Mathieu : (Sonorité buccale tonitruante !) Bon appétit.

- Quel est votre album préféré de tous les temps ?

- Pascal : Disintegration de Cure

- Joris : Un bon Who

- Jean-Christophe : In Utero de Nirvana

- Mathieu : Licensed to Ill des Beastie Boys

- Quel est votre morceau idéal pour le samedi soir ?

- Joris : Harvest Moon de Neil Young

- Jean-Christophe : Saturday night’s fever de Travolta

- Mathieu : Let’s dance de Bowie

- Quel est votre morceau idéal pour faire l’amour ?

- Pascal : Nil Novi Sub Sole de Yel car c’est du 134 BPM !

- Joris : le blanc entre la dernière chanson et le morceau caché...

- Jean-Christophe : Tout s’éteint de... Yel

- Mathieu : Black Fuel de Channel Zero, défunt groupe belge de metal.

- Quel est votre morceau de Yel idéal pour le dimanche matin ?

- Pascal : 100% en boucle

- Jean-Christophe : Je dirais Sex my Brain.

- Mathieu : Laisse-toi

- Quel morceau choisiriez-vous pour vos funérailles ?

- Pascal : Hell’s bells de AC/DC

- Joris : I don’t want to have sex with you de Sold Out, juste histoire de choquer une dernière fois.

- Jean-Christophe : Viens boire un petit verre à la maison des Charlots.

- Mathieu : Moi, Die another day de Madonna. (Rires)

- Merci !

A lire également : notre chronique de Intimes illusions.

Photo : (c) Nancy Poncin - 2004. Droits réservés.



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Gérald Dechamps





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Yel : "On rêve d’un duo avec Emma Daumas"
(1/1) 21 août 2014, par ad




Yel : "On rêve d’un duo avec Emma Daumas"

21 août 2014, par ad [retour au début des forums]

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