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The Experimental Tropic Blues Band : "On a un groupe qui peut aller partout dans le monde"
Garbage Men

jeudi 5 février 2009, par Duke

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Lux Interior vient de passer l’arme à gauche. The Experimental Tropic Blues Band revient en grande forme. Il y a des jours comme ça, où le chaos est canalisé par une certaine logique, évidente. Car ceux qui ont déjà assisté à un concert du Tropic savent que l’héritage de Lux Interior est bien vivace, et pas seulement parce que les Liégeois ont l’habitude de reprendre le Garbage Man des Cramps la queue à l’air. Les Cramps avaient remis le Rock & Roll des pionniers au goût du jour... C’est maintenant au Tropic de reprendre le flambeau, et qu’on se rassure, à l’écoute de leur deuxième album, Captain Boogie, on sait que la lignée continue. En tout cas, le concert de ce soir qui regroupe Triggerfinger et le Tropic à l’AB risque bien de prouver ces dires : « You gotta live until you’re dead. You gotta rock ’til you see red. Now do you understand ? Do you understand ? Do you understand ? All right, hop off »

En général, un deuxième album est souvent plus réfléchi, plus raisonné, le groupe se pose des questions sur la manière de poursuivre. A l’écoute de votre nouvel album, c’est tout le contraire, le disque sonne encore plus direct que le premier.

The Boogie Snake : Oui, c’est moins réfléchi, mais c’est plus vécu. Plus exprimé on va dire. Le premier on était un peu bloqués parce que c’était la première fois, tu vois, on avait tout à apprendre. Pour celui-ci, on avait déjà plus d’expérience.

The Dirty Wolf : Pour les voix, par exemple, on a utilisé des vieux micros pourris, des SM57, ce sont les micros qu’on place devant les amplis pour les concerts. Là on s’est rendu compte qu’on pouvait gueuler dedans ou les mettre en bouche et ça sonnait super bien, ça fait mieux ressortir l’énergie, l’émotion. On voulait que ça sonne le plus brut possible, simple et sincère.

Vous semblez mieux en place sur ce disque. Le premier, c’était plus la bataille des guitares, ici, il y a plus de place laissée à la rythmique. Une des guitares semble d’ailleurs être accordée comme une basse...

The Dirty Wolf : En fait, il y a trois morceaux où il y a de la basse, le reste c’est de la guitare. Mais oui, avant on était un peu, « allez, on y va ! », maintenant chacun apporte un peu son truc au bazar, que ce soit dans la fréquence et aussi dans la mélodie du truc...

Sans perdre pour autant le côté fougueux...

The Boogie Snake : Moi je trouve cet album encore plus fougueux que le précédent. En studio, il y a toujours des petits trucs à faire, des arrangements etc... mais l’émotion, l’énergie du live, il faut la conserver.

The Dirty Wolf : Le son est plus tranchant, plus méchant par rapport à l’autre... Et pour moi ce qui fait un disque, c’est quand même à 60% le son. Le but ultime, c’est d’avoir cette énergie live dans un disque. La simplicité, la sincérité, c’est un état tellement difficile à atteindre. C’est ce qu’il y a de plus difficile, j’ai l’impression, parce que des fioritures, tu sais toujours en mettre, mais c’est super difficile de rester simple, et c’est vraiment comme ça qu’on a envie de travailler. Enlever des trucs, retrouver la simplicité, l’émotion brute.

Quand j’écoute Tropic, je me dis que vous devez collectionner les vieux 45T de Blues et de Garage Rock...

The Boogie Snake : C’est une petite partie de ce qu’on écoute. Par exemple, pour l’instant, le blues, j’en ai un peu marre... A part des trucs comme Howlin’ Wolf, ce genre. Non, mais ce qu’on écoute, ça va des trucs des années 50, du vieux Rock & Roll, Elvis, etc... Des vieux bluesmen à des groupes japonais punk un peu hardcore ou des trucs electro comme Autechre... et puis Jacques Brel... Christophe... Patrick Sébastien...(s’ensuit une petite discussion sur le dernier album de Patrick Sébastien : « Ah si tu pouvais fermer ta gueule ! » : Top 20 en France)

Parlons de JauneOrange. Au départ, c’était juste un collectif, mais avec vous, ils sont devenus label, management, etc...

The Boogie Snake : Je crois que c’est devenu un label avec le premier My Little Cheap Dictaphone, donc c’est pas pour nous...

Mais vous êtes un des seuls groupes du collectif à utiliser JauneOrange comme un label, un management et un tourneur... alors que la plupart des groupes du collectif ont signé ailleurs. Qu’est-ce que JauneOrange vous apporte, représente pour vous ?

The Boogie Snake : On pense juste que aller ailleurs en Belgique, ça ne va pas nous apporter plus. Imaginons qu’on se retrouve sur PIAS (imaginons, hein...), on serait le groupe du fond de tiroir, on se casserait la gueule d’office... Donc, pour l’instant, ça n’a pas d’intérêt.

The Dirty Wolf : Et puis, JF (l’homme à tout faire de JO qui est aussi manager et tourneur de Tropic) c’est un pote. Et avec JO, que ce soit pour la pochette du disque, les photos presse, etc. c’est toujours des potes qui font ça donc c’est plus simple, plus agréable...

Vous étiez parmi les fondateurs du collectif ?

The Dirty Wolf : Pas du tout, en fait au début, on se regardait de loin. On les connaissait un peu mais eux faisaient de la pop, nous on était dans un trip rock & roll... Bon, c’était il y a dix ans, on était un peu cons, hein... Vu qu’on se croisait tout le temps dans les concerts, on a fini par les rejoindre.

La première fois que je vous ai vu en concert, c’était par hasard, je me suis retrouvé dans ce petit café dans le centre de Bruxelles, La Cigogne, c’était un peu après la sortie de Hellelujah et il devait y avoir pas plus de trente personnes dans le troquet qui était bondé et une vingtaine en-dehors... C’était une expérience assez formidable !

The Boogie Snake : Oui, La Cigogne... En fait, c’est mon oncle qui tient ça, on aime bien y jouer, on y passe régulièrement, au moins une fois par an. Mais c’est bien de jouer dans des petits endroits comme ça, il y a toujours une énergie particulière...

Et donc, (à Dirty Wolf) tu as fait ton petit numéro sur la reprise des Cramps (en gros, Dirty Wolf joue du jack -cable qui branche la guitare à l’ampli- pour faire le riff de Garbage Man, avec son pousse d’abord, ses tétons ensuite, ses couilles pour finir), un numéro formidable à voir, surtout quand on ne s’y attend pas. Par la suite, je me suis demandé si tu ne risquais pas de t’enfermer dans ce numéro, de juste devoir répondre à une attente du public ?

The Dirty Wolf : Justement, ces derniers temps, c’est devenu un peu redondant ce truc-là et il y a eu un peu le hola de ma part en disant « Maintenant, on arrête ça, ça n’en vaut pas la peine ». Il y a deux, trois fois où je l’ai fait, et c’était pas justifié. Par exemple, à Père Noël est un Rockeur, il y a tout le monde qui hurlait « A poil ! »... ça devient chiant. Ça doit rester un moment où on se marre, pas une obligation. Là, on a d’ailleurs commencé à ne plus la jouer systématiquement, la reprise des Cramps.

Tu as eu des ennuis juridiques avec ça...

The Dirty Wolf : C’était un concert à Burdinne, un petit village en Wallonie, pendant les élections. Eh, bon, j’ai fait mon numéro - là, c’était justifié parce qu’il y avait personne, on a joué il était une heure du matin...- et il y a eu une photo de moi à poil publiée le lendemain sur la première page de la gazette locale. Le bourgmestre a vu ça et s’est dit qu’il ne pouvait pas laisser passer ça pendant les élections... Bref, il a porté plainte pour « atteinte aux bonnes moeurs » (comme Elvis à l’époque !), j’ai été convoqué chez les flics pour m’expliquer, et maintenant, au juge de décider. Voilà, soit c’était juste parce que c’était les élections et j’aurai pas de nouvelles, soit je vais aller au tribunal. Mais là, on a toujours pas de nouvelle après un an et demi...

Vous vivez de la musique ?

The Dirty Wolf : En tout cas, on fait rien d’autre.

The Boogie Snake : On en vit grâce au statut d’artiste.

Vous avez vendu combien du premier ?

The Boogie Snake : Plus ou moins 2.000. On en a pressé 2.000 en fait, donc, il doit y en avoir plus ou moins 1.000 qui ont été distribués en magasins, 200 pour la promo et le reste dans la nature...

C’est pas les ventes de CD’s qui vous font bouffer, quoi...

The Dirty Wolf : Clairement non, ça paye juste l’essence...

The Boogie Snake : ...et ça permet de rembourser les frais de fabrication du disque, parce que ça demande pas mal d’argent aussi, même si on a de l’aide de la Communauté Française.

Comment ça se passe pour vous en Flandre ? Vous avez fait la tournée Ex-Drummer, vous êtes aujourd’hui invités par Triggerfinger pour le concert à l’AB...

The Boogie Snake : La tournée Ex-Drummer, c’était quand même un gros truc. On a fait le festival De Nachten par exemple, et d’autres endroits où t’avais whisky à volonté pour 600 personnes ! T’imagines le truc ? Mais, je suis pas sûr que ça nous aie fait vraiment connaître en Flandre.

The Dirty Wolf : Le nom circule un peu dans le milieu, quoi...

Et avec Triggerfinger. Comment ça s’est passé ?

The Boogie Snake : Triggerfinger cherchait un groupe pour partager l’AB parce qu’ils n’étaient pas sûrs de la remplir. Au départ, ils avaient pensé à Hollywood Porn Stars qui a quand même plus de renommée mais, le manager d’Hollywood, qui est aussi notre manager, trouvait que ce n’était pas très cohérent musicalement et aussi au niveau du public, et donc il nous a proposé, et ça bottait bien les Triggerfinger. Au départ, ils pensaient faire l’AB Box, et puis les tickets se sont bien vendus, et là, la grande salle est sold out. On ne saura jamais si on y est un peu pour quelque chose...

Vous avez déjà joué à l’AB ?

The Boogie Snake : Oui, deux fois. En 2003, on a fait la première partie des Cramps. On est fans à mort alors t’imagines bien... Et ça s’est super bien passé. On ne les a pas vu longtemps, mais ils ont été très aimables alors qu’on nous avait prévenu qu’ils pouvaient être parfois assez difficiles. Là, pas du tout, on a pu faire quelques photos, c’était vraiment cool. En plus on nous a dit ensuite que Lux Interior et Poison Ivy avaient regardé notre concert sur le côté, et même du point de vue du public on a eu un super retour alors que c’était pas vraiment ça... Mais, oui, c’est un très bon souvenir.

Vous avez joué à l’Eurosonic à Groningen le mois dernier. Vous avez des plans pour l’étranger ?

The Boogie Snake : Ca démarre doucement. Un mec nous a proposé de tourner en Espagne et au Portugal. En France, tout ce qui nous manque, c’est une infrastructure plus sérieuse. Le premier album devait sortir sur un petit label toulousain mais il a fait faillite. On cherche à trouver un distributeur. Maintenant, rien n’est fait mais on démarche.

The Dirty Wolf : En même temps, on n’a pas trop à se plaindre non plus sur l’étranger. On a fait quelques tournées, une semaine en Italie, on part régulièrement trois-quatre jours en France...

The Boogie Snake : Je crois vraiment qu’on a un groupe qui peut aller partout dans le monde. On fait du Rock & Roll, point, voilà. On chante en anglais donc... Faut juste que les gens connaissent le groupe, et pour ça, il faut connaître quelqu’un qui a envie de nous faire découvrir. Mais je suis sûr qu’il y a moyen.

Vous êtes partis pour vingt ans, là...

The Boogie Snake : En tout cas, on fera toujours de la musique, c’est clair.

The Dirty Wolf : Sans la musique, moi, je meurs. Je ne suis pas diplômé donc je peux pas faire autre chose à part travailler en usine ou faire des boulots de merde... J’ai déjà bossé dans une usine qui fait des boulettes et dans un abattoir, je te jure, un ABATTOIR !... Putain, c’était horrible ! Plus jamais !

Crédit photo : Laeticia Bica



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Duke





Il y a 14 contribution(s) au forum.

The Experimental Tropic Blues Band : "On a un groupe qui peut aller partout dans le monde"
(1/2) 28 décembre 2012, par mini
The Experimental Tropic Blues Band
(2/2) 5 février 2009, par Clay




The Experimental Tropic Blues Band : "On a un groupe qui peut aller partout dans le monde"

28 décembre 2012, par mini [retour au début des forums]

Title of this post is very nice with good keyword stuff this post is very nice.
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The Experimental Tropic Blues Band

5 février 2009, par Clay [retour au début des forums]

Les super gros rockeurs trash, wild, "les Cramps c’est cool", et tout qui vivent grâce au statut des artistes (nos impôts, quoi) et les aides de la Communauté française pour presser leurs disques. Si c’est pas misérable...

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    The Experimental Tropic Blues Band

    5 février 2009 [retour au début des forums]


    Attends Clay, si t’y réfléchis bien, c’est hyper rebel comme attitude.

    [Répondre à ce message]

      The Experimental Tropic Blues Band

      5 février 2009 [retour au début des forums]


      Ouais bon....si on commence comme ça...c’est bien notre sécurité sociale qui paie vos antidépresseurs les gars !

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        The Experimental Tropic Blues Band

        5 février 2009, par Fabrice [retour au début des forums]


        Arrêtez avec vos arguments fiscaux de coin de comptoir...
        Je suis persuadé que vous êtes salariés et courez chez votre médecin dès que votre nez coule, de préférence le mercredi (un certificat de 3 jours n’étant mission impossible...).
        Vous les avez déjà entendus les E T B B ? Déjà vus ? Vous connaissez leur statut ?
        Perso, je ne les ai vus qu’à une reprise, dans des conditions difficiles (DNA...).
        Ce ne fut pas la claque mais les types sont vrais, authentiques (spéciale dédicace au 93 NTM), forment un réel band (ont l’air d’être soudés) et s’amusent.
        Que ce soit chez nous, en France ou encore en UK, ce constat est rare.
        Dès lors, les frustrés, get some soap, decent clothes, cut your hair, hands in the air.

        [Répondre à ce message]

    The Experimental Tropic Blues Band

    10 février 2009 [retour au début des forums]


    De toute façon, pour conclure, quand on a le statut d’artiste, on paye ses lois sociales et les impôts comme tout le monde ! Alors si ça se fait, le jour où t’as eu ta ptite gastro de stressé du cul, c’est peut être avec l’argent des tropic que t’as pu t’acheter ton "enterol"... !

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