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Polyphonic Size : "On avait beau être souvent nuls, on avait l’énergie pour nous porter" Un grain de sable dans La Grande Muraille de la musique mardi 13 janvier 2009, par |
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Aujourd’hui disparu depuis 25 ans et n’ayant pas trop de raisons de se reformer (« trop lourd », selon les propres termes de son ex-leader), Polyphonic Size est un groupe belge pionnier de la musique électronique. Au contraire des Front 242, Neon Judgement et autres à ; grumh, ils n’ont toutefois jamais versé dans le beat robotique, l’EBM ou le disco industriel. Influencés par Kraftwerk et Devo, largement aidé par Jean-Jacques Burnel des Stranglers, Polyphonic Size a plutôt toujours gardé un format pop, chanson, même si bien barré à leurs tous débuts. Séquence nostalgie pour les uns, découverte pour les autres, Roger-Marc Vande Voorde nous rapelle sa courte histoire musicale, son contexte et l’héritage qu’elle nous a laissée.
Polyphonic Size a été parmi les premiers à mêler rock, électronique et chanson disons française... Je suis informaticien, j’ai travaillé 10 ans chez IBM. L’électronique et l’informatique, j’ai toujours adoré ça. Pour moi, les synthés, c’est principalement pour deux raisons : le punk arrivait à sa fin et le prix des machines s’est très largement démocratisé. J’ai toujours adoré les claviers, la branche Kraftwerk... A cette époque dont je parle, ça sonnait comme de la musette, c’était l’instrument de prédilection des bistrots de vieux. Mais comme c’est devenu abordable, je me suis lancé dans le truc. C’était du chipotage, du bricolage. En Belgique, on était toute une bande à adorer ça ! Vous étiez proches de Front 242 ? Le tout premier concert de Polyphonic Size, c’est Daniel B. qui l’a mixé live au Beursschouwburg. On se connaissait, oui. C’est quelqu’un que je respecte encore énormément, que j’aime beaucoup. C’est la connexion Hill’s Music, du nom d’un magasin à Bruxelles où plusieurs membres de Front 242 ont travaillé. Du temps de mes groupes punks, j’avais déjà acheté ma guitare là-bas, c’était LE magasin rock de l’époque. Déjà, en 1976-77, c’était devenu LE magasin electro, avec les premiers synthés. En 1979, mon premier instrument, c’était un Korg MS20 et il coûtait à l’époque 20.000FB. La première boite à rythmes, un truc de bal musette avec 6 tempos : 6500 FB. Ces instruments sont arrivés très vite. En 2 ans, Roland avait sorti des trucs incroyables, des samplers ensuite. Pensiez-vous beaucoup la musique ? Chaque instrument électronique avait son mode d’emploi de plusieurs kilos mais on faisait tout de même les trucs comme le sentait, comme on le voulait. On voulait un feeling électronique, on n’avait donc pas besoin de batteur, ça n’aurait pas donné la même sensation. Au départ, les gens ont très bien accepté cela. En 1981, jouer avec des bandes et des machines, ça ne posait aucun problème. Ce n’est qu’après que certains ont commencé à parler de playback, qu’on a senti qu’on s’opposait en fait à des groupes plus traditionnels parce qu’on voulait exprimer autre chose et que ce n’était pas forcément bien vu. D’autant que tout le monde y allait franco : groupes, labels, fanzines... On avait beau être souvent nuls, on avait l’énergie pour nous porter. Comment expliques-tu l’émergence de ce qui allait devenir un mouvement ? L’envie de s’exprimer seul. L’électronique a permis cela facilement chez beaucoup de gens. Cela ne demandait rien à personne. Travailler seul, quand tu le voulais, ne pas entrer en conflit avec d’autres personnes, ne pas être trop dépendant, dire ce que tu voulais et tant mieux si ensuite, il y avait des gens pour l’acheter. Polyphonic Size est après coup devenu un vrai groupe mais à la base, c’était moi dans ma chambre d’étudiant, qui chipotait, complètement seul. L’électronique, c’était une autre voie et ça a aussi amené à une autre diffusion de musiques. Beaucoup de gens attendaient ça. Cette mouvance dure, froide, revendicatrice, obsédée par les machines. C’était l’époque Thatcher, quoi (rire). Tout comme Front 242, Arno et d’autres, vous partagiez l’idée d’une approche essentiellement européenne de la musique... Oui et cela a souvent été mal compris, surtout pour Front. Une certaine presse a voulu faire croire à un fantasme fasciste. Ce n’est évidemment pas du tout comme cela que nous pensions les choses. Jean-Jacques Burnel a sorti cet album, European Cometh, sur un concept très européen. L’idée, c’était surtout de sortir du neuf, du zarbi, n’ayant aucune base sur laquelle se reposer. Les concerts à la Genesis dégoûtaient, le punk était moins crédible mais les synthés et les boîtes à rythmes, c’était une voie ouverte... Jean-Jacques avec sa petite boîte à rythmes, ses synthés et ses textes mêlant anglais et français, c’était vraiment neuf et étonnant. Comment avez-vous fini par collaborer très étroitement ? Très simplement. Je lui ai envoyé notre premier EP, sans jamais penser qu’il répondrait. Ca s’est emballé plutôt vite ensuite... Rencontrer les bonnes personnes, dont Jean-Jacques, ça nous a encouragé à continuer, à vivre l’histoire qu’on a eu ensuite. Ces amitiés, ces nouveaux instruments, cette création de labels indépendants... C’était une émulsion, elle amenait un certain intérêt. J’ai eu la chance de rencontrer Dominique Buxin, un excellent parolier et puis aussi de vite rencontrer Michel Lambot, qui a créé Sandwich Records, puis Casablanca Moon et enfin, PIAS... C’était peut-être dû aux astres (rire)... Un bel enchaînement. On était critiqués mais on avait aussi toutes sortes de retours très positifs, ce qui a fini par donner cette sorte de « mouvement ». On est y allé, quoi ! On ne savait rien, on ne savait pas jouer et c’est sans doute aussi pour cela qu’on s’est sentis bien avec l’électronique, qu’elle nous a aidé. Vous sentiez-vous un groupe pop ? Jean-Jacques Burnel disait souvent de Polyphonic Size que c’était un laboratoire musical, des expériences plus qu’un groupe. Dominique Buxin se sentait proche de Gainsbourg, il écrivait des textes inouïs. Moi, je ne me suis jamais senti limité à une seule musique. J’aime et j’aimais le reggae, le punk, le bon disco, le rap, le rock, l’électronique. Dès que quelqu’un a quelque chose à dire, je me fous complètement du style dans lequel il s’exprime. Nous étions plus expérimentaux au début, c’est clair. Au fil des ans, nos morceaux ont fini par être de plus en plus structurés et virer « popasse » (rire). Tu le regrettes ? On a fait des erreurs monumentales dans notre carrière. On s’est fait niquer par Virgin France, il y a eu des choses vraiment pas possibles. Mais l’idée de laboratoire musical a été importante pour certaines personnes. C’était intriguant de sortir d’un Korg ces sons incroyables qu’on ne pouvait pas sortir ailleurs. C’était un bon moment. Ca a dérapé notamment pour des histoires de drogue, pour d’autres choses aussi. Il y a eu une jalousie monstre entre Jean-Jacques Burnel et Kloot Per W qui a fait que ce deuxième disque reste inachevé. Polyphonic Size, faut le prendre du premier EP au premier album. Le deuxième est une catastrophe et après, c’était déjà fini. Le premier album, ce sont des super souvenirs : collaborer avec Arbeid Adelt, Luc Van Acker, Jean-Jacques Burnel... Les préparatifs du deuxième album avec Daniel de Front 242, ce dernier morceau : Je t’ai Toujours Aimé. Ce sont des moments magiques. Amer ? Plus maintenant. Toucher des gens, c’est un cadeau du ciel. Toucher les gens avec la musique, des paroles, des sentiments. Voir que plus de 20 ans plus tard, ce qu’on a fait touche encore des gens, que des artistes comme Dominique A ou Stereo Total citent et reprennent Polyphonic Size, cela fait énormément plaisir. Je nous vois comme un minuscule grain de sable dans La Grande Muraille de Chine de la musique. On a essayé de montrer une autre voie, de ne pas tomber dans la « popasse » (sourire), la routine... Construire quelque chose de nouveau. Dans cette optique, c’est normal de se retirer quand on estime avoir dit tout ce qu’on avait à dire. En plus, je ne voudrais certainement pas remonter un groupe. C’est trop lourd (sourire). http://polyphonicsize.free.fr/ |
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Serge Coosemans |
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Il y a 18 contribution(s) au forum. Alabama Mobile Probate Record
(1/14) 4 avril 2009, par Liteemart Acomplia On Line
(2/14) 3 avril 2009, par Lcypeacisers artist anatomy books from japan
(3/14) 27 mars 2009, par ARStyroillisiom dos batch echo redirect
(4/14) 24 mars 2009, par outdoorphotoop Maggie Mae Austin Texas
(5/14) 23 mars 2009, par lindawillison Real Estate New Jersey Voorhees
(6/14) 21 mars 2009, par AAiecssinfo Bluffton Carolina South Toyota Carolina Panthers Cheerleaders Caught
(7/14) 18 février 2009, par AIhokchiseErrok He Didnt Have To Be Mp3
(8/14) 7 février 2009, par SAAttaplytherry Polyphonic Size
(9/14) 17 janvier 2009, par Youki Smayess Polyphonic Size
(10/14) 14 janvier 2009, par P.B. Polyphonic Size
(11/14) 14 janvier 2009, par Ouaaais ! Polyphonic Size
(12/14) 14 janvier 2009, par Cz Polyphonic Size
(13/14) 13 janvier 2009, par nericj Polyphonic Size
(14/14) 13 janvier 2009 |
Polyphonic Size 18 janvier 2009, par SC [retour au début des forums] Oui, tout à fait !!! "Et je mets un pull rouge pour faire ouvrier", aussi
Polyphonic Size 14 janvier 2009, par Clay [retour au début des forums] Ah ? Un clin d’oeil à "Hiroshima mon amour" d’Ultravox, je suppose... Polyphonic Size 14 janvier 2009 [retour au début des forums] C’est pas un clin d’oeil à Sttellla plutôt ? Polyphonic Size 16 janvier 2009, par Jean-Débile Lejeune [retour au début des forums] Pour les incultes ci-dessus, c’est surtout un clin d’oeil à un film d’Alain Resnais scénarisé par Marguerite Duras : "Hiroshima mon amour". "Nagasaki ne profite jamais" c’est en effet le barakie emplumé de Sttellla.
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