Pop-Rock.com


Bruxelles, Botanique, 17 juin 2006
My Little Cheap Dictaphone : "J’ai vécu pendant cinq ans avec 500 euros par mois"
Interview

lundi 10 juillet 2006, par Jérôme Delvaux

DANS LA MEME RUBRIQUE :
K-Branding : "On n’a pas la prétention de faire de la musique ethnique"
The Subs : "On n’a jamais essayé de sonner rave !"
Emma Peal : "Une quinzaine de personnes meurent chaque année de froid à Bruxelles !"
Ghinzu : "On n’écoute aucun groupe belge"
Sergio Taronna : "J’ai rêvé qu’un avion transportant tous mes groupes explosait en plein vol"
The Neon Judgement : "Chanter en néerlandais ? Jamais de la vie !"
Sharko : "Je dois penser à la musique jour et nuit"
Soldout :" Il faut un truc court et qui sonne bien"
Mashed Paper Klub : "On déteste le consensus mou !"
Bacon Caravan Creek : "On est encore très loin de Radiohead !"


En parallèle d’Hollywood Porn Stars, Redboy s’épanouit avec My Little Cheap Dictaphone, un groupe dont le deuxième album, Small town boy, est indiscutablement à conseiller. Les compositions du Liégeois y transpirent l’intégrité et l’authenticité, tandis que ses textes se révèlent souvent touchants de sincérité. Nous avons profité d’une pause pendant le tournage de son nouveau clip, Cha Cha, pour rencontrer Redboy et son bassiste, Xavier Guinotte, dans les coulisses du Botanique. Ce fut l’occasion de bavarder, en vrac, de musique country, d’argent et de Skyblogs de fans.

- Pop-Rock.com : Redboy, entre les concerts d’Hollywood Porn Stars, ceux de My Little Cheap Dictaphone, la promo pour le nouvel album, les interviews, et aujourd’hui le tournage d’un clip, est-ce que tu trouves encore le temps de dormir ?

- Redboy : J’essaie, mais je dois dire que je dors mal. Heureusement, je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil. Je trouve ça bien d’avoir des périodes assez chargées, comme celle-ci. On ne réfléchit pas, on se lève le matin, on se rase et on fait ce qu’on a à faire. Je préfère ça à des périodes creuses...

- Au festival Les Ardentes, à Liège, tu vas jouer le même jour avec Hollywood et avec My Little Cheap. Est-ce tenable ?

- Redboy : Ce n’est vraiment pas l’idéal, c’est clair. Au départ, My Little Cheap devait jouer le dimanche, mais Hollywood a décroché un concert en Flandre ce jour-là et on a donc dû changer le planning. Le live, que ce soit avec My Little Cheap ou Hollywood, c’est toujours fort éprouvant pour moi. De différentes manières. Au niveau intérieur et émotionnel, quand je sors d’un concert de My Little Cheap, je suis à bout. Les concerts d’Hollywood m’occasionnent une fatigue plus physique. D’ailleurs, au début, on essayait de ne jamais jouer des sets plus longs que 45 minutes, tant c’était intense. Maintenant, nous sommes plus souvent programmés en tête d’affiche, nous devons donc apprendre à jouer 1h15 ou 1h30. C’est difficile à gérer...

- Au début, My Little Cheap Dictaphone était ton projet solo. Aujourd’hui, c’est un vrai groupe dont font partie Xavier, ici présent, et le batteur Jérôme Compère. Pourquoi ce changement ?

- Redboy : My Little Cheap était un projet solo car j’avais moi-même écrit et composé toutes les chansons. J’ai recruté des musiciens quand j’ai eu la possibilité de jouer en première partie de Bonnie Prince Billy, qui est un groupe que j’adorais, au Botanique. C’était à l’époque de ma démo Rose. Quelques mois plus tard, on a commencé à enregistrer l’album Music Drama. J’ai géré beaucoup de choses moi-même, je jouais un maximum d’instruments et j’étais souvent seul en studio avec le producteur, Mike Moggis. Les musiciens additionnels venaient enregistrer leurs parties un par un. Après, on a beaucoup tourné, on a appris à se connaître et on est devenu une bande d’amis. Pour moi, c’était normal que chacun joue ses parties sur le deuxième album. J’en ai profité pour me décharger un peu des instruments que je ne maîtrise pas parfaitement. Mais c’est vrai que c’est toujours moi qui arrive avec les chansons déjà assez abouties et que j’ai le dernier mot sur les choix à faire. Xavier a cependant participé de A à Z à l’enregistrement de l’album : nous avons enregistré toutes les maquettes ensemble et il a également investi dans l’achat de matériel.

- My Little Cheap explore un horizon musical totalement différent de celui d’Hollywood. On a parfois du mal à croire qu’il s’agit du même Redboy qu’on retrouve dans les deux groupes...

- Redboy : C’est justement le but, de faire quelque chose de totalement différent. Avant, je jouais dans un groupe qui s’appelait Zythum et j’ai eu envie de créer des morceaux plus intimistes et plus acoustiques. C’est comme ça que My Little Cheap Dictaphone est né. Par la suite, j’ai eu envie de m’investir à nouveau dans un projet rock super énergique qui permette de se défouler, car c’est surtout le style de musique que j’écoutais à l’époque : des groupes comme At The Drive-In, etc. On trouvait à ce moment-là qu’en Belgique, et particulièrement en Wallonie, il n’y avait pas de groupes de rock très énergiques et qui y allaient à fond. Alors, on s’est lancé...

- Et vous avez gagné le Concours Circuit...

- Redboy : Oui, et on ne s’y attendait pas du tout. Hollywood, au départ, c’était juste pour le fun. On ne pensait pas que ça prendrait le pas sur nos projets principaux... C’est pourquoi le deuxième album de My Little Cheap a mis aussi longtemps à arriver.

- My Little Cheap évoque des styles comme la folk et même la country. Ce sont tes vraies racines, ou bien ce sont des genres que tu as découverts sur le tard ?

- Redboy : J’ai écouté beaucoup d’indie-rock et de punk jusqu’à mes 14-15 ans. Dès 16 ans, j’ai commencé à m’intéresser davantage à la guitare acoustique. J’écoutais des vieux compositeurs comme Nick Drake. Le côté country, je le dois à Mike Moggis de Bright Eyes, le producteur du premier album. Il m’a poussé à utiliser des instruments auxquels je n’aurais pas pensé comme le banjo. Je trouvais ça un peu ringard, mais le résultat m’a plu. J’ai acheté un banjo, je me suis familiarisé avec l’instrument et cela m’a semblé naturel d’en jouer sur l’album. On a un peu accentué le côté country dans notre look, mais notre musique reste toutefois, selon moi, plutôt pop et rock avec un côté folk. On ne joue pas vraiment de la country...

- Sur un des morceaux, tu chantes néanmoins Last night, country saved my life...

- Redboy : Oui, c’est vraiment le morceau le plus proche de la country sur l’album. C’était une démarche délibérée car j’avais envie de rendre un hommage à ce style de musique. Cette chanson, c’est l’histoire d’un gars un peu malheureux qui boit beaucoup et qui sèche ses larmes sur sa guitare. Il retrouve quelque chose qui le remotive dans la vie et ça, c’est la country. Ca lui donne envie de renaître...

- C’est très américain...

- Redboy : Oui, c’est très américain, mais c’est aussi un petit clin d’œil que je fais à des interprètes que j’aime beaucoup, comme Johnny Cash, Dolly Parton et Emmylou Harris.

- Les autres membres du groupe se retrouvent-ils dans ces goûts et cette approche ?

- Xavier : J’ai découvert ce genre sur le tard, il y a environ quatre ans, mais j’y ai directement accroché. Sinon, j’écoute un peu de tout. J’ai joué dans des groupes rock et même post-rock, quand j’étais plus jeune. Notre batteur, lui, a même fait du metal.

- Les paroles de certaines chansons sont assez sombres. Je pense à Devil, le morceau qui ouvre l’album. Redboy, quand tu chantes que tu es de retour, que tu as joué avec le Diable, que tu souriais sans joie, etc., est-ce que tu fais allusion aux mois passés sur les routes avec Hollywood Porn Stars, la grosse centaine de concerts que vous avez donnés, les excès et toute cette rock’n’roll way of life qu’on vous attribue ?

- Redboy : Non, ça ne concerne pas Hollywood. Ces paroles font référence à un creux que j’ai connu dans ma vie : une époque où j’étais en dépression...

- C’était lié au monde de la musique, cette dépression ?

- Redboy : Non, je ne pense pas. Cela faisait partie de moi et de ma façon d’être... Là, j’avais envie de revenir par un morceau rock. C’est pourquoi je dis que je reviens d’un long voyage où j’ai connu l’enfer, etc. Ca parle aussi de renaissance, quand je dis que j’ai bu ce sang qui m’a donné la force de remonter la pente. Cela peut paraître assez sombre, mais j’ai retrouvé la force et la volonté d’en revenir et de faire de nouvelles choses. Quand j’ai écrit les paroles, sur le moment, je n’ai pas trop réfléchi. Maintenant, quand on m’en parle en interview, j’y repense et c’est vrai que ça parle beaucoup de renaissance. C’est le thème de l’album. Pour le premier disque de My Little Cheap, je n’étais pas très assuré, je n’avais pas vraiment confiance en moi. Maintenant, ce n’est plus le cas. Je suis aussi plus à l’aise sur scène. J’intériorise moins. J’essaie de davantage partager ma musique et mes textes avec le public.

- Tu as beaucoup le trac, non ?

- Redboy : Quand même, oui...

- Xavier : Ca va mieux... (Rires)

- Comment gères-tu ce stress ?

- Redboy : Je bois.

- Xavier : Et il frappe le batteur, aussi. (Rires)

- Un morceau de l’album est nettement plus pop et plus joyeux, c’est le single Upside down. Je trouve qu’il tranche avec l’ensemble de l’album. Il m’a presque fait penser à du Austin Lace.

- Redboy : Ah ouais ? C’est vrai que c’est un morceau plus ensoleillé et plus printanier. Dans le texte, j’avais envie de parler de quelque chose de plus simple et joyeux : le fait de tomber amoureux et les émotions que cela procure.

- Quand j’ai vu le titre de votre album, Small town boy, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une reprise du tube de Bronski Beat du même nom...

- Redboy : (Rires) Tu es fan de Bronski Beat ?

- Pas vraiment fan, non, mais j’aime bien ce morceau...

- Redboy : Je ne connaissais pas ce titre, ça ne me disait rien. J’ai appris par après que c’était un morceau de Bronski Beat et un hymne gay. En fait, le titre de l’album vient d’une copine américaine qui m’avait un jour qualifié de small town boy. Elle disait cela car, même si j’aime beaucoup sortir et profiter de la vie nocturne dans les grandes villes, j’aime tout autant me retirer en reclus dans ma maison, en province. Il m’est arrivé de rester isolé plusieurs semaines chez moi sans sortir.

- Les reprises, en général, ça vous intéresse ?

- Redboy : Oui. Durant notre première tournée, on reprenait parfois un titre extrait de Grease. Tant qu’à faire une reprise, on avait envie que ce soit de quelque chose d’un peu fun et décalé. Par la suite, un soir, on se produisait avant Nada Surf au Bota et on a joué Popular... On se disait que c’est ce que les gens avaient envie d’entendre. Les gars de Nada Surf ont apprécié également. (Rires) On a aussi repris un morceau d’Elvis en live, c’était Love me tender. Sinon, ça fait longtemps que j’ai envie de travailler sur une reprise d’ABC des Jackson 5, qu’on jouerait bien sûr de manière très différente.

- Beaucoup de gens pensent que My Little Cheap Dictaphone est un side-project de HPS. Ce n’est pourtant pas le cas puisque ce projet était antérieur à Hollywood... Tu n’en as pas marre de toujours répondre aux mêmes questions à ce sujet et d’expliquer les mêmes choses ?

- Redboy : Non, c’est le principe des interviews... Mais c’est clair que je préfère être reconnu en tant que compositeur pour My Little Cheap car c’est moi qui y signe toute la musique et les textes. Chez Hollywood, je ne suis que guitariste, même si je m’implique aussi dans la composition et les arrangements. My Little Cheap, me correspond davantage.

- Anthony Sinatra, ton compère chez HPS, a participé à l’enregistrement et à la production de plusieurs morceaux de Small town boy...

- Redboy : Oui, j’ai pu constater en studio avec Hollywood qu’il a de réelles qualités d’arrangeur et de producteur, j’ai donc souhaité qu’il participe. Il joue également de la guitare électrique sur quelques titres, il fait des secondes voix, etc. Il a apporté beaucoup de bonnes idées et a contribué à enrichir notre son...

- Xavier : C’est toujours le but quand on a fait appel à un producteur artistique : il a une vision extérieure, il amène parfois des éléments auxquels nous n’aurions pas pensé et il peut nous aider à faire évoluer les morceaux dans des directions inattendues.

- Il y a d’autres collaborations extérieures sur cet album. Celles de Mr. Poulpy et de Catherine de Mièle, notamment. Comment se sont déroulées ces collaborations ?

- Redboy : C’était un peu au cas par cas. Quand je travaillais sur Obviously, j’avais envie d’ajouter un trombone. Je savais que Catherine en jouait et j’ai donc fait appel à elle. Les gens de Mièle, je les ai rencontrés lors de concerts et on s’entend très bien. Mr. Poulpy, c’est aussi une personne que je connais depuis longtemps et qui avait déjà participé à notre premier album. Il est producteur à Liège et a son propre groupe. Sur Day is ending, je voulais quelque chose de plus électro, avec des nappes et des programmations. Comme je ne suis pas trop expert dans le maniement des machines, j’ai de nouveau fait appel à lui.

- Xavier : Cela se passe toujours de façon très naturelle. On sait à qui on doit faire appel pour chaque type de morceau...

- J’ai lu dans une autre interview que vous aviez investi presque toutes vos économies dans ce disque. Vous disiez aussi ne pas encore véritablement pouvoir vivre de la musique. Beaucoup de gens semblent penser que quand on est musicien, qu’on donne beaucoup de concerts et qu’on fait partie de deux groupes qui marchent bien, on roule forcément sur l’or...

- Redboy : Et c’est évidemment loin d’être vrai. En Belgique, obtenir le statut d’artiste est déjà très difficile : c’est un vrai parcours du combattant pendant plusieurs années. Moi, j’ai vécu cinq ans avec 500 euros par mois. C’était précaire. Quand tu obtiens le statut d’artiste, tu es plus à l’aise, mais ça reste quand même incertain. Pour notre deuxième album, on a voulu partir de la Soundstation car le label n’était pas leur activité principale. Nous, on fait de la musique à plein temps, on attend donc des gens qu’ils se consacrent à nous à plein temps également. Notre souhait, c’était de sortir l’album en investissant un maximum des fonds nous-mêmes. C’est une très bonne chose car on reste propriétaire de notre musique et on évite que ce soit une maison de disques qui soit la principale bénéficiaire de notre travail. Des artistes français comme Vanessa Paradis et Alain Chamfort, qui ont été virés par leurs maisons de disques, travaillent désormais de la même façon. En Belgique, Ghinzu fait cela également. J’y vois beaucoup d’avantages pour les artistes, même si cela comporte aussi plus de risques...

- Penses-tu que My Little Cheap pourra s’exporter à l’étranger, et notamment en France, avec le même succès qu’Hollywood Porn Stars ?

- Redboy : On y travaille sérieusement, en tout cas. A ce stade, il est difficile de prédire si notre disque marchera bien à l’étranger ou pas, mais l’exemple des Girls in Hawaii doit nous donner confiance. Ce n’était pas exactement la musique idéale pour s’exporter. C’est un disque qu’ils ont enregistré eux-mêmes et c’est aussi de la musique assez calme. Je crois que l’important, c’est d’avoir quelqu’un sur place de motivé et d’efficace qui croit en ton disque et qui se bat pour que ça avance...

- En attendant, vous êtes bien présents sur la scène belge...

- Redboy : Oui, je crois qu’on a environ onze concerts déjà prévus pour cet été en Belgique. Pourtant, on a assez peu démarché pour des dates jusqu’ici car nous avons été longtemps en studio, puis tout a été très vite. L’album précédent est sorti il y a plus de quatre ans, donc My Little Cheap était un peu oublié. Il fallait se refaire une place, rappeler aux gens et à la presse qu’on était là...

- J’ai l’impression qu’Hollywood se met seulement à tourner en Flandre...

- Redboy : On y avait déjà pas mal joué, mais c’était surtout à l’occasion de petits concerts dans des maisons de jeunes. Maintenant, on y joue dans des festivals plus importants, et de plus en plus souvent en tête d’affiche.

- Au niveau de la scène belge, vous avez l’air d’être copains avec tout le monde...

- Redboy : Avec beaucoup de gens, oui... Il faut dire que nous sommes une belle bande de fêtards, donc partout où nous allons, nous partons toujours en dernier. (Rires) En faisant souvent la fête très tard, on s’est fait pas mal d’amis dans le milieu, c’est vrai.

- Est-ce qu’il y a des gens au sein de la scène belge que tu ne supportes pas ? Des groupes ? Des attitudes ?

- Redboy : (Hésitant)

- Ne me cite pas Malibu Stacy, vu qu’on en a un tout près de nous... (ndlr : un des guitaristes du groupe est présent dans la même pièce, à quelques mètres de nous).

- Redboy : (Rires) Non, tu ne peux pas me demander de juger des artistes par rapport à l’image qu’ils donnent dans les médias, et en dire du mal, car ce sont des gens que je connais depuis longtemps et que je côtoie tous les jours. Evidemment, il y a des personnes avec qui je m’entends moins, mais alors je ne vais pas leur parler, c’est tout...

- Eté 67, c’est ton truc ?

- Redboy : Non, ce n’est pas du tout ce que j’écoute mais je m’entends bien avec eux. Ils répètent dans un local à cent mètres de chez moi, à Chênée. Il n’y a pas de soucis.

- My Little Cheap est bien présent sur internet, notamment grâce à MySpace. Est-ce que vous pouvez mesurer concrètement l’impact du net par rapport à celui de la presse écrite, par exemple ?

- Redboy : Pas vraiment... Souvent les personnes qui nous envoient un message sur MySpace nous connaissaient déjà auparavant, grâce à des articles de presse ou à des webzines.

- Xavier : Pourtant, parmi les gens présents aujourd’hui pour le clip, il y a quelques personnes qu’on a rencontrées via MySpace...

- Redboy : Oui, on avait lancé un appel pour le casting dans Le Soir et dans le Télé-Moustique, mais je crois qu’on a eu plus de retour par nos annonces sur internet. Je pense que les articles de presse écrite, dans des journaux comme Le Soir, sont lus par des personnes plus âgées, alors que le public sur le net est sensiblement plus jeune.

- Certains groupes étrangers, comme les Arctic Monkeys et Clap Your Hands Say Yeah, se sont fait connaître dans un premier temps uniquement grâce au net. Vous croyez que pareil scénario est possible en Belgique ?

- Xavier : Oui, pourquoi pas ?

- Redboy : Certainement, surtout quand tu vois ce qui se passe avec les Girls in Hawaii. Leur page MySpace est en partie gérée par une personne de leur label américain qui s’occupe aussi de la page de plusieurs groupes très importants, dont Sigur Rós. Il a ajouté les Girls in Hawaii dans le Top 8 de Sigur Rós et ça leur a valu des milliers de visiteurs aux Etats-Unis et dans le monde entier...

- Oui, j’ai vu que les Girls et des gens de leur entourage se vantaient de figurer dans le Top 8 MySpace de Sigur Rós. Je ne comprenais pas comment ils étaient arrivés là...

- Redboy : Je pense que c’est cette explication-là... Enfin, c’est un petit groupe belge sans prétention. Si grâce à ça, ils ont la chance d’aller jouer dans d’autres pays et d’attirer l’attention de gens jusqu’en Amérique, je trouve que c’est positif.

- Redboy, ton pseudo, ça a un rapport avec le Standard de Liège ?

- Redboy : Non, du tout... (Rires) Ca vient juste du fait que j’aime porter des chemises rouges. Mais mon grand-père a joué au Standard, il y a longtemps. Il y était keeper dans les années 50.

- Je crois que j’avais lu ça sur un des nombreux Skyblog de fans d’Hollywood. Ca t’arrive de les visiter ?

- Redboy : (Rires) Parfois on a des copains qui nous envoient des liens vers des articles précis, alors on regarde, oui... Mais on ne passe pas notre temps à tout lire. J’ai vu des photos d’Eric, notre bassiste, qui a tendance à réellement se transformer à partir d’une certaine heure avancée de la nuit. Il y a quelque part des photos où on le voit couvert de terre, à 6h du matin, en train de danser sur les tables... (Rires)

- Ces blogs de fans de HPS sont presque exclusivement tenus par des teenagers...

- Redboy : Bien sûr, ce sont souvent des teenagers qui gèrent ce genre de sites, mais contrairement à ce que j’ai déjà pu lire, je ne pense pas que le public d’Hollywood soit exclusivement composé d’adolescents. Aux premiers rangs, tu as toujours des groupies qui se font entendre, mais elles représentent pour moi 10 % du public. En France, la majorité des spectateurs ont entre 25 et 30 ans. Notre musique, est moins poppy que celle d’autres groupes belges. Je ne pense pas qu’on soit un groupe « grand public ».

Voir également notre reportage photos sur le tournage du clip et notre chronique de l’album.

My Little Cheap Dictaphone sur le net :
- www.mylittlecheap.net
- www.myspace.com/mylittlecheap

Photos : (c) Marc Durant. Droits réservés.





Jérôme Delvaux