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Ghost Circus : "J’ai été guidé pour faire cet album"
Interview

samedi 12 avril 2008, par Geoffroy Bodart

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Groupe atypique s’il en est, Ghost Circus n’est pas à proprement parler le genre de formation sur laquelle on parierait des sommes folles. Et pourtant leur deuxième album a séduit... et même un peu plus que ça, à vrai dire. Il est évidemment perfectible et le groupe a encore du chemin à faire avant d’aller se frotter aux plus grands, mais cela n’empêche pas Across the line d’être une excellente surprise, nous donnant envie d’en savoir un peu plus sur ses géniteurs.

- Vous êtes un groupe typique du troisième millénaire : vous vous êtes rencontrés sur internet, vous écrivez et composez loin l’une de l’autre, etc. Vous pouvez nous en dire un peu plus sur la genèse du groupe ?

- Ron Wahle et moi nous sommes d’abord rencontrés sur le forum de Neal Morse. Il y a une section où les membres peuvent promouvoir leur propre musique, et Ron y avait uploadé un morceau. Je l’ai écouté et me suis immédiatement senti connecté à ce qu’il faisait. C’était juste un titre instrumental, et j’avais des idées tant pour les paroles que pour la guitare qui colleraient bien avec. Je l’ai contacté par mail et lui ai demandé si ça le dérangeait si j’enregistrais ce que j’avais en tête pour sa chanson, et il m’a dit « Vas-y ». Une chanson en a entraîné une autre et nous avons réalisé qu’il y avait une bonne chimie entre nous, alors nous avons décidé de faire un album. Ce fut Cycles et nous avons signé chez ProgRock Records avec ce disque. La manière dont nous écrivons et enregistrons, loin l’un de l’autre, marche pour nous et nous n’avons jamais vu une quelconque raison d’en changer.

- Vous pensez que c’est une manière viable de créer de la musique ?

- Comme je l’ai dit : ça marche pour nous. Ca nous permet d’être plus ouverts aux idées de l’autre. Quand nous nous envoyons de nouvelles idées de chansons, nous prenons en général vingt-quatre heures pour nous donner le temps de nous plonger dedans. C’est à l’opposé d’un enregistrement spontané où les gens se voient, entendent une fois ce que l’autre fait et disent « oui » ou « non » immédiatement. A côté de ça, nous communiquons énormément par mail et par téléphone. Je pense que c’est l’élément le plus important : la communication.

- Vous vous rencontrez souvent ?

- Nous nous sommes rencontrés deux fois. A chaque fois, Ron est venu chez mois au States pour environ une semaine.

- Avez-vous joué dans d’autres groupes avant Ghost Circus ?

- Ron et moi avons joué dans des tas d’autres groupes. Ca fait vingt ans qu’on joue et nous avons tous les deux connus une grande variété d’expériences musicales. Mais Ghost Circus, sans l’ombre d’un doute, est la meilleure expérience musicale que nous avons tous les deux connus.

- Si le groupe prend de l’ampleur, imaginez-vous incorporer d’autres membres, ou vous rapprocher l’un de l’autre ?

- L’objectif ultime est d’ajouter d’autres musiciens, afin d’être capable de jouer en live. Je pense que ça nous manque à tous les deux de ne pas pouvoir donner de concert. Nous aimerions vraiment voir comment notre musique évolue sur scène. Cela étant dit, je crois que nous composerons toujours des albums rien que nous deux, avec peut-être un invité pour le fun. Pour ce qui est de l’écriture et de l’enregistrement, nous ne voyons pas de raison de changer tant que l’alchimie fonctionne entre nous.

- Across the line est votre deuxième album. Quelles réactions ont suscité le premier ?

- Le premier album a très bien marché, compte tenu du fait que nous sommes littéralement sortis de nulle part. Il n’y avait aucune hype, aucun buzz parce que c’était la première fois que l’on entendait parler de nous de quelque manière que ce soit. Le fait que nous avons constitué une solide fanbase rien que sur base de cet album montre que la musique en elle-même avait suffisamment de force. A côté de ça, nous avons eu de très bonnes critiques. On ressent néanmoins une certaine appréhension à cause de la manière dont nous fonctionnons. La plupart des collaborations initiées sur le net ne durent pas très longtemps et je pense que pas mal de gens doutaient que nous réalisions un autre album. Et bien maintenant le deuxième album est sorti et nous sommes déjà en train d’écrire le troisième. On est là pour durer !

- Vous avez déclaré qu’une différence majeure entre Cycles et Across the line tenait à la qualité du matériel. De ce point de vue-là, il est clair que le nouveau disque sonne très pro. Est-ce selon vous la seule différence, ou sentez-vous que le groupe a évolué ?

- Pour un premier album, Cycles était déjà très fort. Pourtant nous savions que nous avions besoin de nous améliorer dans bien des domaines. Le premier gros changement pour nous deux a été d’acquérir du matériel de meilleure qualité, à commencer par nos instruments. Pour ma part, en tant que chanteur, j’ai travaillé constamment pour m’améliorer autant que je le pouvais. Même chose en tant que parolier. Je n’avais jamais été chanteur principal avant Ghost Circus et je savais que c’était là que je devais m’améliorer le plus. Heureusement, j’ai bien été aidé par mon ami, le producteur Art Ward, au moment d’enregistrer le chant. Beaucoup de mes progrès sont dus à son implication. Mais pour la production en général et le son de Across the line, c’est juste l’expérience que Ron et moi avons acquise en travaillant ensemble et le fait de savoir exactement comment nous voulions que l’album sonne.

- Pour votre deuxième disque, on a déjà droit à un album conceptuel et à une chanson de vingt-sept minutes. Vous semblez en pleine confiance...

- Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai été guidé pour faire cet album. Ce n’était pas une question de confiance, ou de faire plaisir aux fans d’albums conceptuels ou quoique ce soit du genre. Ce fut un album très difficile à réaliser pour moi, au fur et à mesure que j’avançais dans l’histoire et les paroles. Ca m’a vidé, jour et nuit, alors que tout se mettait en place. Je crois très fortement aux thèmes abordés dans l’histoire et c’était dur et délicat d’exposer de la sorte mes opinions sur le sujet. Mais je devais être honnête tant vis-à-vis de moi-même que du sujet.

- Justement, l’histoire est celle d’un homme qui meurt et refuse de passer de l’autre côté. Mais plus que de la mort, le thème principal de l’histoire semble être le choix. Vous pouvez nous en dire plus ?

- La première moitié de l’album traite du refus du personnage de quitter la vie telle qu’il l’a connue. Il choisit de rester et devient ce que la plupart d’entre nous appellent un fantôme. Il découvre bientôt que les conséquences de ce choix sont qu’il ne peut être rien de plus qu’un observateur. Il ne peut interagir avec quoique ce soit. Il perd la notion du temps et se rend compte que tout ce qu’il a connu a changé ou a disparu. Il sombre dans l’obscurité et ne voit plus que l’aspect négatif des choix qu’il a posés, tant avant qu’après sa mort. Au-travers de cette expérience, il finit quand même par comprendre qu’il peut encore poser un choix et aller vers la lumière, ce que raconte la chanson épique de l’album. A partir de là, il peut réaliser des choses positives, mais je n’en dirai pas plus.

- Vous avez l’air de vraiment croire à cette vision des choses...

- Je pense que la vie est la vie, et qu’elle continue après notre mort physique. Il y a quelque chose en chacun de nous, qu’on appelle ça l’âme ou n’importe quoi d’autre, qui ne peut s’éteindre. La vie est une série d’apprentissages qui s’imposent en fonction des choix que nous posons. Partant, je crois, effectivement, que nous continuons à poser des choix après notre mort. J’ai passé beaucoup de temps à étudier la spiritualité, le paranormal, les near death experiences, et j’ai observé beaucoup de ces phénomènes par moi-même. J’ai vu et ressenti suffisamment de choses pour savoir qu’il y a bien plus que ce que nous pouvons voir et connaître à ce niveau-ci de l’existence. Un de mes bons amis, Scott Degenhardt, a écrit un beau livre sur le sujet des near death experiences, appellé Surviving death. Il fut une référence importante pour bien des points de l’album et je le recommande grandement comme compagnon de Across the line. C’est un bon point de départ pour les personnes qui veulent explorer cet autre aspect de la vie et de l’existence.

- Bien que la musique et les paroles soient axées sur l’émotion, vous ne parlez jamais du personnage de l’histoire. Qui était-il ? Comment est-il mort ? Dès lors l’album peut paraître plus clinique, intellectuel que purement émotif. Était-ce un choix concerté ? Pensez-vous qu’avec cette approche impersonnelle, vous pouvez toucher plus généralement au sujet ?

- En effet, il fallait que le personnage ne soit pas décrit. C’est une histoire humaine et, au mieux, je voulais que l’auditeur puisse se transporter dans l’histoire. Dès lors, il fallait supprimer toute contingence et éliminer tous les aspects qui pourraient déconnecter l’auditeur de son propre vécu. J’ai dès lors décidé de ne pas rentrer dans les aspects « qui, pourquoi, comment ». De plus, j’aime écrire des chansons qui, prises individuellement, restent ouvertes à interprétation. On peut écouter l’album en entier et prendre l’histoire mot à mot, ou on peut n’écouter rien qu’une chanson et y donner le sens que l’on ressent. Même dans un concept-album, la musique doit rester universelle dans sa signification.

- Comme vous l’avez dit précédemment, vous n’avez encore jamais joué en live. Il n’y a toujours rien de prévu à ce niveau-là pour la promo de ce disque ?

- Non, ça reste un de nos gros objectifs, mais pour l’instant c’est juste impossible. Nous aurions besoin d’au moins quatre ou cinq autres musiciens, de beaucoup d’équipement et d’autres choses qui coutent énormément d’argent. Ron et moi voulons faire en sorte que ça arrive, mais ce n’est pas à l’ordre du jour immédiatement. Mais bon, au plus nous vendrons de disques, plus vite nous pourrons donner des concerts. A bon entendeur...



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Geoffroy Bodart





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Ghost Circus : "J’ai été guidé pour faire cet album"
(1/1) 26 octobre 2016, par Monik




Ghost Circus : "J’ai été guidé pour faire cet album"

26 octobre 2016, par Monik [retour au début des forums]

je suis en train d’apprendre le français, et je trouve cet article très lisse à traduire car il est un merveilleux, merci free brazzers account

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