Pop-Rock.com


Bruxelles, 27 Octobre 2005
Editors : "On n’a jamais écouté Joy Division en grandissant..."
Interview

dimanche 6 novembre 2005, par Laurent Bianchi

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Deuxième phoner, après celui de The Rakes. Je ne peux pas dire que je deviens un mordu de la chose, mais je dois avouer que ça vaut mieux que rien du tout. Il est clair que la conversation téléphonique n’invite pas vraiment à s’étaler, mais elle donne un apperçu intéressant de l’humeur du moment, en cette année si riche en nouveaux groupes doués. Comme le disait si justement Philippe Geluck dans Victor (Le Soir) cette semaine, l’interview téléphonique a peut-être été inventée par des journalistes pressés qui devaient en faire dix à la douzaine. Force est de remarquer que ce modus operandi ne semble poser aucun problème - que du contraire - aux labels et personnes concernées. Va donc pour un phoner ! C’est avec Russell Leetch, le bassiste du groupe.

- Pop-Rock.com : Pourquoi vous appelez-vous Editors et non pas, comme beaucoup l’ont dit à votre propos, The Editors ?

- Russell Leetch : Comme pour les titres de nos chansons, nous n’avons aucune raison particulière de s’appeler Editors. C’est juste un nom qui nous a plu. On a décidé de ne pas mettre le "The" devant car nous savions que tout le monde le ferait de toute façon. C’est comme un private joke. ça nous fait sourire de voir si souvent le The devant. C’est comme les Pixies ou Arcade fire. (Rires)

- Qu’est-ce donc que cette Back room, du titre de l’album et de paroles tirées de la chanson Camera ?

- En fait, c’est là que l’on cache tous nos sentiments et nos secrets. C’est comme un endroit psychologique en fait, dans le cerveau, que personne ne peut atteindre, à moins de connaître très bien la personne...

- Vous reconnaissez-vous dans les paroles écrites par Tom Smith ?

- Oui. Ce qui est bien dans ce qu’il écrit, c’est que c’est assez universel, chacun peut donc y amener son sens. De ce fait, je crois que tous les membres se reconnaissent dans ses paroles, oui.

- La chanson Bullets, en effet, est à la fois personnelle et universelle...

- Oui, tout à fait. "You don’t need this disease, if something gonna give then it always will" : ces lignes se répètent sans cesse. Et la répétition pour nous, c’est un gros truc. Nous essayons de nous concentrer là-dessus lors de nos shows. Avoir ce crochet dans la tête auquel pouvoir d’accrocher, c’est quelque chose de sain pour nous. Et puis les gens nous demandent pourquoi ces paroles... On leur explique que le mot disease n’est pas si important, c’est l’idée du "you don’t need this whatever", ils peuvent remplacer ce mot et faire leurs propres lignes de texte...

- N’y a-t-il pas le risque que certains ne le comprennent mal et vous prennent pour un groupe marchant sur les plates-bandes de Joy Division ?

- Ouais... (dubitatif)

- Je ne parle pas que de la musique, mais aussi des textes. Cette ouverture dans vos paroles permet, tu l’as dit, toutes les interprétations, y compris les très noires, voire suicidaires d’un Joy Division...

- Oui, alors que nos chansons sont très optimistes. Les leurs sont plutôt lugubres, très noires. Chez nous, il y a beaucoup d’espoir en fin de compte.

- Que penses-tu de toutes ces comparaisons avec Joy Division et Interpol. Sont-ce des références pour vous ?

- Oui, enfin, c’est plus une référence générale, mais pas vraiment pour nous. On comprend que les journalistes citent des références, et Joy division du coup. Quand tu décris n’importe quel groupe, tu vas le comparer à X ou Y, c’est normal. Nous n’avons jamais écouté Joy Division en grandissant, et nos fans le savent. Interpol, par contre, on adore, mais ils n’ont pas joué un rôle dans la formation du groupe...

- Tu sais qu’Anton Corbijn tourne actuellement un film sur Ian Curtis, le chanteur de Joy Division. Accepteriez-vous de participer à la bande sonore du film ?

- Pour être honnête, ça nous ferait plutôt pleurer. Cela nous ennuierait vraiment. Nous ne voulons pas jouer dans l’ombre ou le souvenir de qui que ce soit. Nous n’aimerions pas que notre son, que notre groupe ne soit pas pris comme quelque chose de propre en soi, qui se suffise par lui-même. Donc nous refuserions.

- Etes-vous satisfaits des réactions des médias et du public jusqu’ici ?

- Ouais, c’est incroyable ! L’album est disque d’or en Angleterre, c’est comme un truc de bouche à oreille, c’est incroyable. On est très content. C’est bien de venir sur le continent, c’est la première fois, et la plupart de nos shows affichent déjà complet. C’est dingue car à part les festivals nous n’avons pas encore fait de tournée. Ce soir sera avec Franz Ferdinand...

- Ca fait quoi d’ouvrir pour Franz Ferdinand ?

- C’est dingue.

- Comment ça s’est fait ?

- Les Franz Ferdinand nous ont demandé de le faire. Nous étions très surpris...

- Vous aimez Franz Ferdinand ?

- Oui, beaucoup. Ils sont le standard du groupe indépendant aujourd’hui. Ils font leur truc à leur manière, et ça marche. Il y a beaucoup de passion, d’énergie, de pulsion. Ils sont comme on aimerait qu’un groupe soit en fait.

- Que penses-tu de la vague british actuelle ?

- Il y a beaucoup de nouveaux groupes... Il y en a toujours eu en fait, de très bons même, si on regarde des groupes comme Radiohead, Elbow, PJ Harvey... Ce sont des gens qui ont toujours fait de très grands trucs. Je ne pense pas que 2005 soit tant une exception. Je pense plutôt que plus de gens y arrivent, tout simplement. Mais si on regarde en arrière, la brit pop, c’était énorme. Tout vient par cycles, en fait. Ces choses finissent par se répéter de toute façon.

- Sur le titre Someone says, on croirait entendre la guitare de The Edge à la manière de I will follow. Est-ce que U2 est une référence pour vous ?

- Oui, c’est clair. C’est surtout la guitare de Chris qui donne cet effet. Il aime les guitares planantes, et donc The Edge (Rires). Il aime que sa guitare sonne comme un synthé presque. Ceci expliquant donc cela. Nous sommes de grands fans de U2, donc. Oui...

- Aimeriez-vous être à leur place dans vingt ans ?

- Oui, si on est toujours là, ça nous motiverait à fond. U2 est un groupe très affamé, ils bossent énormément. Par contre, si nous devions devenir ridicules ou à côté de la plaque ... Je ne citerais pas de noms ... Je ne pense pas que l’on courrait ce risque.

- Comme U2, avez-vous envie d’explorer plusieurs genres ou styles ?

- Oui, c’est clair qu’il y a encore énormément d’améliorations à apporter et de terrains à explorer. Dans notre nouveau disque, nous introduirons de nouveaux instruments, différents producteurs, nous ne voulons en tout cas pas faire The back room II.

- Vous avez collaboré à l’occasion de faces B avec des membres d’Elbow. Allez-vous réitérer la chose ?

- Pas dans le sens de la production, non. Nous aimerions par contre apporter quelque chose de nouveau au niveau des voix, et c’est sur ce terrain que nous aimerions avoir de nouvelles aides, de nouvelles lignes matrices, comme celles d’Elbow. La façon dont Guy Garvey fait ses vocalises est fantastique. Il y a énormément de sagesse dans cette voix. On a beaucoup à apprendre de lui...

- Avez vous déjà de nouveaux producteurs en tête ?

- Nous avons déjà réfléchi à de nouveaux noms, oui, mais il est encore trop tôt pour dire si nous allons bosser avec eux ou pas.

- Avez-vous déjà été à Munich ?

- Non. Nous y serons dans trois semaines.

- Comment expliques-tu que The Rakes chantent Strasbourg, vous Munich et que Franz Ferdinand utilise des paroles en allemand dans ses chansons ?

- Je n’en sais rien (Rires). Pour ce qui est de Munich, c’est une chanson entraînante, ça tombait bien, point.

- Quels groupes aimes-tu actuellement ?

The National ! (Silence) ... Qu’est-ce que j’ai acheté récemment ? Modest Mouse. Le nouveau Franz Ferdinand. The Concretes.

- Quand vous enregistriez, écoutiez-vous quelque chose de particulier ?

- Oui, encore maintenant. Nous achetions pas mal de disques pendant l’enregistrement car nous étions au milieu de nulle part. ça faisait un bien fou d’écouter de la musique. TV On The Radio, The Walkmen, Lou Reed,... Beaucoup de trucs différents en fait. LCD Soundsystem aussi. Nous en sommes de grands fans.

- Y a-t-il des lectures qui inspirent Tom pour les textes ?

- Non, Tom ne lit pas beaucoup. Il regarde des films.

- Quel genre de films ?

- Nous aimons tous le même type de films : Magnolia, Un long dimanche de fiançailles,...

- Quels sont tes cinq albums préférés ?

- Je dirais Ladies & Gentlemen we are floating in space de Spiritualized, Asleep in the back de Elbow, OK Computer de Radiohead, Alligator de The National et Homesongs de Adem.

- The National, ce n’est pas surprenant, car leurs paroles sont très proches des vôtres...

- Oui, c’est un terrain similaire. C’est une sorte d’atmosphère à la Nick Cave.

- Merci !

Lisez aussi notre chronique de The back room.



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Laurent Bianchi





Il y a 7 contribution(s) au forum.

BlackMen
(1/7) 10 septembre 2017, par BlackMen
BlackMen
(2/7) 10 septembre 2017, par BlackMen
Emma
(3/7) 9 septembre 2017, par BlackMen
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(4/7) 28 août 2017, par BlackMen
BlackMen
(5/7) 17 août 2017, par BlackMen
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(6/7) 4 mai 2016, par John Martin
Editors : "On n’a jamais écouté Joy Division en grandissant..."
(7/7) 14 avril 2016




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Editors : "On n’a jamais écouté Joy Division en grandissant..."

14 avril 2016 [retour au début des forums]

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