Pop-Rock.com


Bruxelles, Botanique, 29 octobre 2004
Dogs Die In Hot Cars : "Nous sommes la nouvelle new wave !"
Interview

jeudi 4 novembre 2004, par Laurent Bianchi

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Dominique A : "Plus que jamais, j’ai envie d’électricité"
Jérôme Colin : "Ecoutez Vox, ça rend meilleur !"
My Little Cheap Dictaphone : "J’ai vécu pendant cinq ans avec 500 euros par mois"
Ghost Circus : "J’ai été guidé pour faire cet album"
Mark Kramer : "Les premiers disques d’Eno sont comme des bibles pour moi"
The Rakes : "Nous faisons la meilleure musique du moment !"
BABX : "Je pourrais faire dix chansons sur un baiser avec une nana, et dix avec une autre"
Malibu Stacy : "On pensait que Minérale gagnerait le Concours Circuit !"
The Young Gods : "Est-ce qu’il existerait une drogue qui rende lucide plutôt que stupide ?"
Editors : "On n’a jamais écouté Joy Division en grandissant..."


Après Franz Ferdinand, c’est un autre groupe écossais qui déferle sur les ondes des radios et dans les pages de la presse outre-Manche : Dogs Die In Hot Cars, et nous ne nous étions pas trompés en pariant sur eux. J’ai rencontré Craig Macintosh (chant/guitare) et Lee Worrall (basse), avant leur concert au Botanique, pour un entretien d’une très grande simplicité, où le rire fut omniprésent. La nouvelle vague semble bel et bien ne pas se prendre la tête.

- Pop-Rock.com : Comment vous êtes-vous rencontrés et d’où vient le nom du groupe ?

- Lee Worrall : Bah, toujours les mêmes questions...

- Ah ! Alors j’en ai une autre pour vous : n’en avez-vous pas marre que les journalistes vous demandent Please describe Youself, en référence au titre de votre album ?

- Craig Macintosh : C’est simple, nous étions tous à l’école ensemble. On jouait dès qu’on en avait l’occasion, mais on voyait ça uniquement comme un passe-temps.

- Qu’est-ce qui a déclenché l’étincelle ? Vous avez envoyé des démos ?

- Lee : En fait, il y a cinq ans, nous avons emménagé à Glasgow. C’est le meilleur endroit pour le rock en Ecosse. Ça a toujours été le cas, mais on en parle juste davantage aujourd’hui. On a envoyé des démos, en effet, et quelques types ont commencé à s’intéresser à nous. On a fait pas mal de concerts à Londres, et c’est comme ça qu’on a fini par pouvoir signer un contrat avec V2. (Rires)

- Vous vous appeliez déjà Dogs Die In Hot Cars ?

- Craig : Oui, ça doit faire sept ans qu’on s’appelle comme ça.

- Et comment est née l’idée ?

- Craig : Je ne sais pas...

- En buvant une bière ? (Ils ont tous deux une bière en main)

- Craig : Non, non, nous étions absolument sobres (Rires). C’était un dimanche après-midi, après la bonne bouffe du dimanche, tous très relax.

- Y avait-il d’autres noms en compétition ?

- Craig : Oui, beaucoup de noms nous sont passés par la tête. Mais nous savions que Dogs était Le nom. Celui qui nous collait parfaitement à la peau.

- Concernant la réalisation de ce premier album, au niveau de la production, de la promo, etc, est-ce que tout a été fait comme vous le souhaitiez ?

- Lee : Hum. Je ne peux pas vraiment me rappeler de ce à quoi je m’attendais... C’était dingue ! A l’époque de nos premières chansons, c’était la première fois que nous travaillions avec un type appelé Cole, très au fait des techniques d’enregistrement. C’était un instantané de ce que notre musique donnait en concert. Ça sonnait plutôt basique, mais c’était son approche. Avec Clive (Langer) et Allan (Winstantley), beaucoup plus de choses rentraient en ligne de compte. C’était bien d’avoir quelqu’un de nouveau.Deux nouvelles paires d’oreilles fraîches, qui pouvaient nous suggérer des choses. On voulait ça depuis longtemps et on l’a obtenu.

- Craig : Dans ce genre de job, la musique, il est difficile de marquer un arrêt et de voir comment les choses se sont déroulées de façon objective. On fait des choses différentes tous les jours, comme cette tournée. On revient d’Australie, et là maintenant on fait l’Europe : demain la Hollande, puis après plusieurs dates en Allemagne, et dans 10 jours on joue à Los Angeles ! C’est compliqué. On a droit au même genre de questions que celle-ci partout, et on a toujours la même difficulté à y répondre...

- Vous sentez-vous proches de Franz Ferdinand ? Pas seulement parce qu’ils sont Ecossais mais aussi par la similarité des paroles par exemple ?

- Craig : Oui, on pourrait dire que l’humour de Glasgow nous a influencés tous les deux. On pourrait en effet faire ce genre de généralisation. C’est normal quelque part cette similarité avec Franz Ferdinand, car nous sommes originaires du même endroit. On se sent proches de plein de groupes.

- Qui écrit les paroles ?

- Craig : C’est moi !

- Quelles sont en la matière tes influences ?

- Craig : C’est une question difficile, n’est-ce pas ?

- Lee : Il s’agit d’ouvrir tes yeux.

- Craig : Une chose avant tout : je ne crois pas être bon en anglais. Ma copine, qui est Espagnole, suit un cours intensif d’anglais. L’autre jour je faisais quelques tests grammaticaux avec elle, et elle ne cessait de mieux répondre que moi. Je ne pense pas avoir un quelconque talent en la matière...

- Lee : Allez, arrête de te faire mousser ! (Rires)

- Craig : L’humour est très important. Le sens de l’humour est la meilleure façon de découvrir le caractère de quelqu’un. As-tu déjà vu l’émission The Office sur la BBC ? Il faut la voir ! J’aimerais croire que je fais avec mes paroles ce que eux font dans cette émission.

- J’ai lu pas mal de critiques anglo-saxonnes et j’ai remarqué que vos paroles inspirent deux types de réactions : soit on les qualifie de brillantes et intelligentes, soit de stupides. Cela vaut d’ailleurs aussi pour le nom du groupe. Tu crois que ces réactions varient en fonction du sens d’humour de chacun ?

- Craig : Oui, exactement (Rires). Je remarque de plus en plus, surtout par les réactions, bonnes ou mauvaises dans la presse, que ce nom de groupe ne pouvait être meilleur. Ça nous va comme un gant ! C’est satisfaisant de voir que tout ceci ne laisse personne indifférent. Soit on nous hait, soit on nous aime.

- Que pensez-vous des comparaisons que l’on fait de vous avec Madness, XTC, les Talking Heads et Dexy’s Midnight Runners ?

- Lee : Ce sont de bons groupes. Nous sommes donc contents de ces comparaisons.

- Ces groupes vous ont-ils influencés ?

- Lee : Non. Nous n’avons pas grandi en écoutant ce type de groupes. Adolescents, nous étions à fond dans Nirvana, le grunge et des groupes américains comme les Red Hot Chili Peppers.

- Craig : Oui, et actuellement je m’intéresse surtout à la musique du label Sub Pop de Seattle : Modest Mouse ou The Shins. Tu connais les Shins ? J’écoute leur disque sans cesse. Je l’écoute au moins deux fois par jour. C’est le meilleur album que j’ai écouté depuis des années. C’est marrant, car il y a un site sur lequel j’aime surfer, qui s’appelle Allmusic.com. Ils y font des listes de tous les groupes, et ça t’informe sur les influences de chacun d’eux, l’histoire de la musique, des arbres généalogiques, etc. C’est fascinant. Pour les Shins, ils mentionnent les Talking Heads et XTC parmi leurs influences. C’est marrant car je n’avais pas entendu ces références dans leur musique, mais j’ai compris que c’était quelque part leur approche de la musique qui pouvait se rapprocher de ces groupes. C’est pour ça aussi qu’on nous compare également à XTC, je crois. Mis à part le fait que ma voix ressemble à celle d’Andy Partridge. En écoutant ces derniers ou les Talking Heads, je vois aussi le même sens de l’humour. Je remarque également que les gens ne font pas vraiment attention aux paroles. Même sans les paroles, la musique nous parle.

- Parlons de tes paroles, justement. Dans Lounger tu chantes "I get up when I like, wear anything I like, don’t keep up with the cool, make up my own rules". De qui parles-tu ?

- Craig : J’y parle de moi en fait. Dans la chanson originale, qui a été changée par la suite, je chantais "Now i’m cool but i don’t try it...". En clair, ce que ça raconte c’est que je suis un gros fainéant (Rires), avec les cheveux ni peignés ni lavés, qui partent dans tous les sens, comme quand tu sors de ton lit. Je vais dans la rue et les gens s’exclament "mais qu’est-ce que c’est que ce type tellement uncool ?". Mais soudain, le fait qu’une rock-star porte les cheveux gominés comme ça pousse beaucoup de gens à l’imiter et à se promener de la sorte. Ça devient la mode. C’est alors que je peux être vu comme cool, alors que je n’ai strictement rien fait pour en avoir l’air. C’est un questionnement sur qui on est : parfois cool, parfois pas du tout (Rires).

- Votre disque est court. Pour le défendre sur scène, est-ce que vous jouez de nouveaux morceaux, ou des reprises ?

- Lee : Nous jouons pendant 45 ou 50 minutes. Mais, outre l’album, nous jouons aussi notre EP sorti auparavant.

- Craig : Tu en es sûr ? Qu’est-ce qu’on joue de l’EP ?

- Lee : Je ne sais pas (Rires). On joue des faces B de nos singles aussi. Et puis, bien sûr, nous jouons nos titres parfois à rallonge, ou avec un petit jam.

- Vous ne jouez pas de nouveaux morceaux ?

- Craig : Non, c’est très difficile de créer en tournée. On crée cependant un peu dans le bus, mais on en est qu’aux balbutiements. Il y a énormément de travail qui doit encore être fait par la suite. On devrait idéalement prendre tout ça et essayer des choses en répétition...

- Lee : On doit rentrer en studio à Noël pour essayer de rassembler quelques titres pour le deuxième album.

- Déjà ? Vous ne traînez pas. Est-ce la première fois que vous tournez en Europe ?

- Lee : Oui, en tournée oui. Mais on était déjà ici en septembre pour une journée promo.

- Et quelles sont vos premières impressions sur la Belgique ?

- Craig : Et bien, Bruxelles est l’endroit où je me suis le plus rendu en Europe en fait. Cinq fois. J’adore ! Mais me demandez pas pourquoi. (Rires)

- Lee : Oui, demain aux Pays-Bas il dira la même chose d’Amsterdam (Rires).

- Craig : Hier soir, on a vu un reportage sur un concert de Barry White en Belgique. "I love Belgium" qu’il disait, avec sa grosse voix. (Il l’imite) : "I love Belgium !".

- Lee : Il disait qu’il aimait tout en Belgique : la bouffe, les gens,... (Rires)

- Craig : Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens bien à Bruxelles. Davantage qu’à Paris, par exemple, où je suis complètement perdu dans le métroet dans tous ces couloirs avec ces barrières dans tous les sens. En Belgique, je n’ai jamais ce problème. Je trouve que tout y est facile d’accès. Mais en général j’aime bien être dans des pays qui ne parlent pas notre langue, je m’y sens bien. (Rires).

- Quel genre de musique écoutez-vous pour l’instant. Quels disques vous ont marqués cette année ?

- Craig : Modest Mouse et The Shins.

- Lee : The Zutons. Ils sont encore meilleurs en live. Je les ai vus il y a pas longtemps. C’était impressionnant.

- En parlant des Zutons, ne seriez-vous pas tentés de travailler avec Ian Broudie, leur producteur ?

- Lee : Nous l’avons rencontré en fait. Nous avions discuté et tout mais avons choisi de travailler avec Clive et Allan. Peut-être dans le futur oui, bien qu’il semble s’intéresser exclusivement aux groupes issus de sa ville natale, Liverpool (nldr : il a produit également The Coral). Mais travailler avec lui, oui, pourquoi pas ?

- Craig : Il y en a plein avec qui on aimerait bosser mais ils sont impayables (Rires)

- Lee : Oui, comme Rick Rubin.

- Craig : Oui, juste un titre avec lui je serais déjà super content.

- Quels sont vos cinq disques favoris de tous les temps ?

Craig : Un journaliste en Thaïlande m’avait posé la question par e-mail... J’avais réussi à lui renvoyer mon top 10 !

- Ça devrait aller alors, je ne t’en demande que cinq !

- Lee : John Frusciante, son premier album est absolument fantastique.

- Craig : N’importe quel album de The Penguin Cafe Orchestra. Probablement Love de Kate Bush. Il faut y mettre The Shins. Il faut absolument inclure The Shins ! (Rires)

- Lee : Allez, c’est reparti... (Rires)

- Craig : L’album Shutes to narrow, le dernier. Sinon, les Red Hot ont toujours été une référence pour moi. Je dirais probablement que Californication est mon préféré.

- J’aurais plutôt mis Blood sugar sex magik...

- Craig : Oui, c’est celui qui m’a fait connaître les Red Hot. J’ai un grand frère qui écoutait cet album sans cesse. Je crois que je préfère Californication, bien que Blood soit extraordinaire, parce qu’après John Frusciante est parti et ça allait très mal pour lui. Il a fait des overdoses et tout. Et quand tu penses qu’il revient à la vie avec Californication, c’est tout simplement incroyable. Mais bon, entendons-nous bien, Blood sugar est unique. Mais à ce que j’ai compris, eux-mêmes n’en sont pourtant pas vraiment satisfaits.

- Lee : Tout comme Mother’s milk.

- Craig : Peut-être parce qu’il étaient encore naïfs. Je me vois encore à 12 ou 13 ans en train d’écouter Knock me down, complètement excité. En le réécoutant maintenant, j’accroche plus vraiment. (Il se met à chanter) Non !.

- Blood sugar ne souffre pas de ça. Il n’a pas pris de rides...

- Craig : Il est intemporel, tout à fait.

- Bon, on en a quatre je crois... Il n’en manque qu’un !

- Lee : Bon, il faut y mettre Rage Against The Machine ! Le premier, c’est un classique. Chaque fois que je le réécoute j’ai encore cette sorte de Teenage Anger qui ressort.

- Craig : C’est marrant parce qu’on peut dire que Rage c’est un peu les grands-parents de tout ce qui est devenu par la suite le nu-metal. Mais personne ne les a jamais égalés.

- Lee : Oui, je crois qu’ils étaient sérieusement furaxs.

- Craig : Zach de la Rocha était complètement fou. Quand il se mettait à chanter, c’était une boule de nerfs en pelote. (Il l’imite). Tiens je me demande qui a produit Rage... Ca m’intéresse ça ! (Rires).

- Lee : Tous ces albums des Red Hot, de RATM, etc, sont des albums parfaits. On ne peut pas écouter un des leurs titres issus dans une compile par exemple. On ne peut pas les extraire de leur contexte, de celui voulu par l’artiste. Chaque chanson amène la suivante et le tout s’imbrique parfaitement.

- Craig : Oui, un album où chaque chanson est superbe. Celui des Shins est comme ça.

- Lee : Oh my god ! (Rires)

- Craig : Il y a notamment deux titres, qui n’ont pas l’air si bons au début, mais tout à coup ça devient formidable. Chaque chanson de cet album contient plusieurs sections. Les 10 chansons sont superbes ! Il y des pics où tu te dis "j’ai jamais entendu quelque chose d’aussi beau", et puis on retombe dans la médiocrité, mais pas pour longtemps. Ce groupe est incroyable ! As-tu entendu parler de The Postal Service ? C’est bizarre ce mélange de The Moon et de Sigur Ros je trouve. Cette conception de deux types qui s’envoient des cassettes par la poste (d’où le nom).

- Pas de groupes anglais à part les Zutons ?

- Craig : Mon père avait un album qui, rétrospectivement, a dû avoir sur moi une sacrée influence pour le futur. C’était une sorte de compile de la new wave post-punk qui s’appelait Three minute heroes. Il y avait I Love the sound of breaking glass, qui est pour moi l’une des meilleures chansons de tous les temps. Je ne crois jamais l’avoir dit à quiconque mais en fait je crois que ça m’a influencé d’une certaine manière pour Lounger et Paul Newman’s eyes, et notamment dans les parties de piano. Il y avait aussi XTC, Making plans for Nigel sur cette compile. (Il chantonne). Tiens, tiens, XTC ? (Rires). Et une reprise de Money par un groupe qui prenait des casseroles : Flying Lizards.

- Tu parlais des Red Hot... Et Faith no more ?

- Craig : Putain ! C’est vrai qu’on en parle jamais, et Dieu sait qu’on les écoutait et continue de les écouter tout le temps.

- Lee : Oui, l’album The Real thing est excellent.

- Craig : Oui, et Introduce yourself aussi. (Il se met à chantonner). Mr Bungle c’est pas mal aussi. Mike Patton est fucking mad, allumé.

- Lee : Il y avait aussi un groupe qui s’appelait Fireballs. Un des types des Minutemen était dans ce groupe. Il y a des morceaux comme ça qui sont décisifs, qui te mettent dans une autre direction.

- Craig : Par exemple, chez Fireballs, il y avait cette guitare Calypso, un son très funky, une bonne basse, et pas du tout de distorsion. Il y a deux chansons des Red Hot qui sont à ce titre de vrais copier coller. Il y a sur The coffee shop un passage qui est une copie parfaite d’un titre du dernier album des Talking Heads. Je ne parle pas de deux notes, mais de vingt notes ! Il est impossible qu’ils n’aient jamais écouté les Talking Heads ! En réalité, tout ceci est comme un cercle : chacun recycle sans s’en rendre vraiment compte. C’est bizarre. Je veux dire par là qu’on peut dire, nous, qu’on écoutait les Red Hot, et vu que eux ont l’air d’être influencés par les Talking Heads, et bien la boucle est bouclée. Mais c’est comme ça que la musique évolue ! Maintenant, des groupes comme Franz Ferdinand, The Castanets, The Zutons, The Futureheads : il y chez tous ceux-ci un côté angulaire, un sens de l’humour, un certain upbeat. Mais dans peu de temps, les gens en auront marre de ce type de musique et iront autre chose. Puis ça reviendra. La pop des années 70 était très mielleuse, puis est venu le punk, puis la new wave, puis une sorte de pop réservée, qui manquait de naturel, artificielle presque, puis est arrivée la brit-pop, le grunge, et ensuite on se calme à nouveau avec le trip-hop de Massive Attack... Et Radiohead, parlons-en de Radiohead. Il y a tellement de groupes qui tentent de marcher sur leurs traces ou sur celles de Nirvana. Et l’on se dit "oh non, pas encore un autre Radiohead ou un autre Nirvana !". Avec la vague des Strokes, on se disait toujours en blaguant qu’on ne s’appelerait pas "The" quelque chose (Rires). Mais c’est un bon moment pour faire du rock. C’est le bon moment pour faire partie de Dogs Die In Hot Cars. C’est le pied ! C’est marrant, car tout s’est joué depuis deux ans pour nous. On serait arrivé il y a quatre ans, il n’y aurait rien eu pour nous. Les maisons de disque et les gens du music business sont réceptifs pour l’instant à notre style et à celui de Franz Ferdinand ou des Zutons. Nous sommes la nouvelle new wave (Rires). Ca ne sonne pas comme de la musique de routine, c’est la passion ici qui prime. Une chose qui est super dans ce que dit Franz Ferdinand c’est qu’ils déclarent qu’ils ont pour "mission" de faire danser les gens. Nous c’est pareil. Au début d’un morceau, on se pose toujours la question : "est-ce qu’on peut danser là-dessus ?". On veut que les gens bougent et s’amusent plutôt que (Il croise les bas et fait la gueule). On nous a trop servi ça, faut passer à autre chose maintenant.

- Alors, l’Amérique ?

- Craig : Vu qu’on y arrivera juste après les élections, on est assez dans l’expectative.

- Vous préféreriez jouer dans un pays qui a pour nouveau président Bush ou Kerry ?

- Craig : Pfff...

- Ce serait peut-être souhaitable que ce soit Bush non ?

(Les deux me regardent effarés, presque dégoûtés).

- Les gens seraient tellement "foutus" qu’ils se défouleraient sur vos concerts !

- Craig : Oui, les Américains sont uniques !

- Lee : C’est le bon moment pour un groupe anglais d’aller aux Etats-Unis, je crois. Quand on voit que Keane est numéro 18 dans le billboard américain, ça laisse rêveur !

- Craig : J’aime bien Keane aussi. L’Angleterre est très obsédée par Keane. Ils ne sont pas là pour tout le bullshit, pour tout ce crap. Ils font de la musique et basta. C’est rafraichissant et réconfortant de voir des groupes comme ça réussir. L’image ils s’en foutent. C’est bien.

- Est-ce que vous attendez le nouveau U2 avec impatience ?

- Lee : Mouais... J’ai un pote qui les a vus pendant le Pop Mart Tour. Moi, j’aurais aimé les voir avant.

- Craig : U2 est au-delà de la musique (beyond music). Achtung baby est pour moi leur meilleur album. Bad aussi était super. C’est le rock package parfait ce groupe. Quand The Edge joue la guitare tu sais que c’est lui et personne d’autre !

- Sur votre titre Celebrity sanctum je trouve qu’il y a quelque chose de The Edge...

- Craig : Oui ! Je vois exactement ce que tu veux dire. C’est la chanson la plus U2 de l’album. Les choeurs surtout. U2 utilise aussi énormément les choeurs progressifs. C’est leur marque de fabrique. Tu as The Edge avec sa guitare, Larry sur ses fûts qui joue de façon très tribale, sans trop user les timbales. Bono, lui, peut chanter n’importe quoi (il se met à l’imiter), tout le monde est impressionné. Et enfin, il y a cette basse si cool. Ils pourraient enregistrer un disque par semaine et tout le monde trouverait ça super.

- Et Oasis ?

- Lee : Oui, je suis grand fan des deux premiers albums. Après c’est les drogues, les Fuck et tout le reste... Dans Standing on the shoulders of giants, le premier morceau contient 50 ou 60 différents enregistrements de guitare tellement c’était n’importe quoi !

- Craig : Blur comparativement a beaucoup mieux évolué. Oasis est resté sur la même ligne. Pas Blur. Ils essaient des trucs, comme Bowie. Ils prennent des risques. J’ai énormément de respect pour des types comme Damon Albarn. Tout sauf l’ennui !

- Un grand merci et bonne continuation !

- Photo : © Frédéric Oszczak - 2004. Tous droits réservés

- Voir aussi : la galerie de photos du concert



Répondre à cet article

Laurent Bianchi