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Bruxelles, Botanique, 22 novembre 2005
Daniel Hélin : "Je ne sais pas qui je suis"
Interview

vendredi 23 décembre 2005, par Laurent Bianchi

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Daniel Hélin vient de sortir un troisième excellent album, qui se veut plus abordable, plus pop aussi. Avec l’aide des Velvet Sisters, Mécréant n’est pas seulement un pamphlet aux formidables paroles, mais aussi un voyage musical abouti. Rencontre avec un type qui n’a vraiment pas sa langue dans sa poche, un type dont la bio dit : « Je suis un acteur de théâtre, écrivailleur de bouts de carton de bière et musicien analphabète ». Allez, toi ! Blind test !

Jacques Dutronc : "On nous cache tout, on nous dit rien"

- Il s’agit de Pascal Dutronc ! (rires) Je suis d’accord avec ce choix. C’est ce qui manque un peu chez moi, ce côté et cette efficacité pop. Je fais des chansons avec couplet-refrain, qui comportent une certaine énergie, et bien sûr des paroles. La comparaison tient donc tout à fait. Mais c’était une autre époque, et aujourd’hui, cette impertinence chantée ne passe plus. On pourrait dire que je suis méchant, voire cruel, car j’écris des choses crues qui ne sont pas de la méchanceté, à vrai dire. J’ai l’impression que chez Dutronc, il y a cette petite forme d’impertinence : je te dis "ta gueule", mais je te le dis avec le sourire. C’est bien écrit, en plus, alors j’aime bien !

Serge Reggiani : "Je voudrais pas crever"

- C’est "regg", non ?

- Oui, mais c’est surtout pour les paroles que je l’ai choisi car il s’agit de Reggiani qui chante du Boris Vian.

- OK, OK, OK ! Il y a chez Boris Vian un truc que j’aime vraiment beaucoup, ce sont ses métaphores. L’Ecume des Jours a été écrit en six semaines sans être corrigé, j’aime bien ce côté premier jet. C’est un des poètes français qui est le plus allé à l’encontre du puritanisme à la con. Il n’a pas eu peur du délire pur, chose qu’il n’y a pas chez moi, par exemple. J’ai besoin, même si je délire à ma façon, de rentrer dans une réalité sociale ou personnelle ... En même temps, je pourrais verser dans des textes comme Je voudrais pas crever. C’est vrai que je pourrais me mettre dans un univers "vianesque" - avec la petite distance, car ça a très mal vieilli. Je n’ai plus envie d’injecter de la "rapologie" dans mes couillonnades que ce côté - l’époque le veut aussi - grandiloquent ou sur-interprété des textes bien écrits, avec des bons roulements de r.

Serge Gainsbourg : "Eau et gaz à tous les étages"

- Super, ça fait plaisir. Non, mais c’est bien choisi ! Il y a un truc marrant sur cet individu : ma chanson L’ours à peau d’homme, qui est une chanson sur les petites tendresses des humains et des mâles. Ils ont des maladresses, mais ce ne sont pas que de gros messieurs, c’est sur les mâles qui ne savent pas toujours... Et ce que j’aime bien chez notre ami Serge, dans le traitement reggae, c’est qu’il en utilise certains éléments et qu’il n’a pas pris que les gros trucs. Il fait du reggae assez léger, en fin de compte. Je crois que je réussis moi aussi à faire du reggae léger. J’aime beaucoup. Mais en dehors de ça, l’univers du Serge... J’ai acheté un livre pour apprendre à jouer comme lui. C’est marrant, car on croit que c’est compliqué et en fait, c’est extrêmement simple, ses chansons, au niveau des accords. Là où Serge était génial, c’est que c’était un grand génie de l’arrangement. Il amenait quelque chose de très nouveau.

- Il était d’éducation classique aussi...

- Oui, voilà, c’est un musicien. Je n’ai pas de formation musicale. Moi, je suis un acteur à la con, donc... Je ne sais pas lire les notes et tout ça. La façon dont je fais la musique est assez instinctive.

Bertrand Burgalat : "Gris Métal"

- C’est qui ?

- Bertrand Burgalat.

- Je ne connais que de nom.

- Il a créé un label, qui s’appelle Tricatel.

- Je crois que je vois qui c’est, car j’achète régulièrement Les Inrocks et il me semble l’y avoir déjà vu...

- C’est le premier à qui ton disque m’a fait penser, pour tout te dire.

- Ah oui ? Eh bien, il va falloir que je me le procure, alors. (S’adressant à sa voisine) Tu connais, toi ?

- Isabel Rocher (ndlr : batteuse) : Oui, il a voulu produire le dernier Adamo et c’est tombé à l’eau...

- Non, mais c’est surtout à ce disque-ci que je pense car il est tout à fait, comme toi, dans cette mouvance seventies.

- Isabel Rocher : Il avait un contrat avec Adamo et ça s’est vraiment mal passé au niveau de la production... et il l’a envoyé sur les roses (rires)

- Il se nourrit surtout des années 70, de A à Z, dans les paroles, la musique, le look...

Benjamin Biolay et Chiara Mastroianni : "La ballade du mois de juin".

- Je ne vois vraiment pas...

- C’est une actrice. Mariée à un chanteur. C’est d’ailleurs avec lui qu’elle chante : Chiara Mastroianni et Benjamin Biolay.

- Ah oui ? Mastroianni ? Mais c’est bienvenu, car si tu réfléchis bien au truc, autant j’ai voulu me débarrasser de certains vieux tics affreux, autant j’ai assumé le fait que c’était mon métier, à la base, acteur. Si j’ai écrit des chansons, c’est que le métier d’acteur ne me suffisait plus pour exprimer ce que j’avais à exprimer. Je pensais qu’il manquait un tas d’urgences par rapport à l’époque à laquelle on vit. Je trouvais que dans le théâtre, il n’y a pas, dans l’écriture contemporaine, de trucs évidents, car on peut aussi dire des trucs très simples, tout en étant fort, sans s’enfermer dans la "cérébralité" qui touche les choses qui sont parfois très profondes. J’avais aussi besoin d’un contact direct avec un public, ce que je n’avais pas au théâtre. A la fin des représentations, tu te retrouves entre acteurs. Il y a une illusion, dans la chanson. Quand on va voir un chanteur, l’attitude est différente, la personnalité de la personne a beaucoup plus d’importance qu’en tant qu’acteur. Passé ce petit malentendu, cette timidité, ou cette cause d’éventuelle illusion, c’est très chouette parce que tu as de riches discussions avec les gens qui vivent des choses. Je me retrouve, je rejoins cette idée de mission de l’artiste qui rencontre des gens dans le temps dans lequel il vit par rapport à des réalités que les gens vivent. Ce pouvoir de transposer ces réalités avec ce qu’il crée, dans lesquelles les gens puissent se retrouver et qui deviennent sujets à débats, discussions et caetera. Le partage d’émotions, aussi, est plus fort avec le chanteur.

Michel Houellebecq : "Paris-Dourdan"

- C’est pour la wah-wah ?

- Pas seulement. C’est Michel Houellebecq, produit par Bertrand Burgalat...

- Ah oui ? C’est marrant. Je ne connais pas sa voix. Je ne sais pas très bien qui je suis, mais je suis une sorte d’écrivain, ou un "écriveur", pas un écrivain dans le sens où je n’ai pas écrit de romans. Mais l’écriture, c’est ce qui me frappe. C’est le truc sur lequel je suis intransigeant. Par rapport à l’auteur lui-même, tel qu’il est, je crois qu’il y a eu de ma part à son encontre un problème, un malentendu. La pertinence de ce qu’il a écrit a été noyée dans une espèce de magma dont lui-même, je pense, ne saisit pas tout. Il joue le jeu qu’on lui demande de jouer par dépit, car je crois que c’est un gars qui doit être un solitaire fou. Dans son travail, il parle de choses qui peuvent éventuellement choquer, mais si ces choses ont choqué, c’est aussi assez symptomatique d’une époque où finalement, on ne peut pas dire grand-chose. Quand tu y réfléchis bien, ses propos sur l’Islam sont des choses que je ne signerais pas, mais ce n’est pas grave de dire quelque part qu’une forme de religion ou de pensée sur le monde est plus bête qu’une autre. On a le droit de dire qu’une religion est bête, je trouve. Fondamentalement con, même ! (rires) Les univers qu’il couvre dans ses livres sont sordides, ce n’est pas mon fonds de commerce, mais il faut voir comment il va changer ou évoluer, parce que la sortie de son dernier livre ne donne pas envie de le lire. Je ne l’ai d’ailleurs pas lu, alors que j’ai lu les précédents...

- Y a-t-il des écrivains qui t’influencent particulièrement ?

- Je suis un librophage, donc je lis vraiment de tout, des trucs très différents et je n’ai pas de fil conducteur. Je peux très bien lire n’importe quoi. J’ai lu les textes de la Bible et du Coran en entier parce que je voulais lire ces choses-là. Je peux très bien lire des modes d’emploi ou... En fait, je ne peux pas passer une journée sans lire au moins une heure. Ce n’est pas maladif, mais presque (rires)... Ca va du journal de base aux livres. Pour l’instant, je suis en train de lire plusieurs livres, en fait. J’en lis trois. Je lis Lester Bangs qui était un chroniqueur rock merveilleux. Je lis La tête dans une boîte à chapeaux, qui est un roman policier qui se passe dans les Etats-Unis de maintenant : bordélique au possible, l’histoire d’un lowclass hero, et enfin, Le Cri du peuple de Vautrin que j’avais lu en bande dessinée par Tardi. Ce dernier a utilisé Vautrin plusieurs fois et j’avais envie de creuser la chose. J’adore Tardi !

Frank Black : "Thalas - Socracy"

- (sourire) Oui, oui, complètement d’accord ! J’ai encore en moi un fantasme de vieux groupe punk-rock. Il manque ça dans mon palmarès.

- Cela ne s’entend pas vraiment dans ta musique...

- Oui, tu vois tout le chemin qu’il me reste encore à faire ! (rires). Jouer sur quatre accords et donner de l’énergie, c’est ce que j’adore. Les moments où je prends le plus mon pied à des concerts sont ceux où il y a de l’énergie.

- Dans ta manière de chanter, parfois, on peut déceler cette énergie.

- Oui, mais c’est aussi un cliché. Si je pouvais avoir l’énergie du punk-rock rien que par le mot, et à la limite, si je pouvais utiliser aussi bien cette énergie dans le verbe que dans la musique, ça serait le top. Pour le reggae, je suis content, car c’est une réussite pour moi. Ne pas avoir à utiliser un trio de souffleurs de cuivre pour faire du roots : non, je m’en sors comme ça.

Lionell Horowitz & His Combo : "Les cheveux de Françoise Hardy"

- J’aime bien ce genre de truc. C’est qui ?

- Rudy Trouvé.

- Isabel Rocher : C’est Dead Man Ray, Kiss My Jazz, dEUS aussi.

- Je suis vraiment content que mon disque évoque tout ça pour toi. Si ça suscite tout ça, c’est que quelque part, je ne me plante pas la gueule dans la recherche de trucs assez différents. Le fil conducteur - c’est ce que j’ai d’ailleurs dit à Coclet (ndlr : Rudy Coclet, producteur de l’album) qui a fait le disque, car on cherchait une unité - c’est qu’il y a ma voix qui tient le truc. Effectivement, il a réussi dans le mixage à amener des univers très différents C’est là qu’on sent le travail du gars qui connaît le son musical. Comme Rudy, qui a mené des choses et des impulsions auxquelles je n’avais pas pensé au départ. C’est bien, les choses qui sont dans la multiplicité, car les données de la vie vont dans ce sens-là, aussi. C’est pourquoi j’essaie d’être juste. Etre un chanteur reggae et à textes à la fois, mais pas seulement. C’est pourquoi j’ai peur quand on me parle de chanteur à textes. J’en ai eu peur dès le début et ça continue à rester. C’est confiner le gars dans le rôle de celui qui fait de beaux objets. Pas élite, mais presque. Un peu genre des objets littéraires ou quoi...

- Pour te dire la vérité, quand j’ai parlé de faire ton interview, on m’a dit qu’on n’était pas sûr que ce soit pour Pop-Rock...

- C’est ça le problème, dans la chanson française. Soit c’est super poussiéreux, soit... Regarde, ce matin, j’ai eu un coup de gueule de base sur le fait qu’il y a je ne sais plus quelle dame de Vivacité je crois, qui dit "J’adore ce disque, j’aime tous les morceaux mais je ne le passerai pas car c’est pas formaté". Je me suis un peu énervé - chez Bang, ils vont appeler cette dame pour qu’elle passe un morceau. Franchement ! Si elle ne passe que du formaté, on n’aurait jamais passé du Gainsbourg, du Manu Chao ou même du bête Louise Attaque. "C’est quoi ta mission dans un tout petit territoire, qu’est-ce que ça te coûte de passer 4 morceaux d’Hélin sur toute la journée ? C’est quoi ton problème ?" C’est là que la moutarde commence à me monter, à un moment. On enferme les gens dans des choses. C’est dictatorial pour moi, il y a des moments où ça me rend dingue. Car justement, je fais un disque cette fois-ci qui peut s’écouter en rangeant sa chambre.

- Philippe Carly : En plus c’est un service public !

- Isabel Rocher : il y a un ami de Daniel qui a proposé de passer sa chanson dans le métro. Et on nous a expliqué qu’il n’y a pas d’artistes belges qui passent dans le métro...

- Ils ont un quota et ils ne connaissent rien au cœur. Au Québec, et c’était très mal vu au début, les radios étaient obligées de passer un certain pourcentage de chansons francophones. Au début ça passait mal, mais ça a permis l’émergence d’un tas d’artistes, de toute une scène.

- En France aussi, il y a la loi Toubon, qui oblige les radios françaises à passer 40 % de productions françaises. Il y a cependant moyen de contourner la chose comme avec la Lambada, production française mais pas chantée en français...

- Oui, comme la communauté française de Belgique qui donne des sous à des projets anglophones. Je ne suis pas en train de me battre sur la question de la langue, parce que je m’en fous. Ce n’est vraiment pas mon objectif, de sortir un petit drapeau. J’aurais appris parfaitement l’anglais, je chanterais en anglais. Pareil pour l’espagnol ! Je n’ai pas de scrupules là-dessus. Mais bon...

Cassetteboy & DJ Rubbish : "From the block - G-form"

(rires)

- Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est marrant !

- C’est un clin d’œil de Cassetteboy qui a repris cette chanson de Jennifer Lopez. N’as-tu jamais pensé faire de cover pour peut-être passer à la radio plus facilement ?

- J’ai l’impression d’avoir fait un disque super accessible. Le morceau qu’on a choisi de mettre en radio c’est Ottignies. Elle est formatée, quoi ! C’est easy listening, il y a un refrain, un couplet, y a des gimmicks, ça rentre dans la tête, donc... J’ai fait ce travail-là. C’est pourquoi j’aurais tendance à vouloir m’énerver. Ce n’est pas de la subjectivité, c’est de la connerie. Si tu sais argumenter pourquoi tu fais ça, là tu es un peu intelligent. "Je ne veux pas parce que c’est trop ci ou trop ça". Mais l’argument "formaté"... J’ai envie de prendre ma batte de baseball ! "C’est quoi ton format : blond aux yeux bleus, aryen ?" C’est vraiment ça, c’est dictatorial pour moi. Ce n’est pas une question de revendiquer un truc pseudo-plus-intelligent que les autres, c’est dire "J’ai ma place, moi".

- Et la réponse à ma question ? (rires)

- Oui, je pourrais tout faire, n’importe quoi. J’aurais plutôt tendance à prendre un Bowie ou un Cake, Frank Sinatra ou quoi. Je m’amuserais à le faire, et j’amènerai quelque chose à la chanson.

Sharko : "Spotlite"

- Je sais qui c’est. Il y a un point commun avec ce bonhomme-là : c’est l’humour. Il est pété, il y a des moments où (fait des grimaces). J’aime bien, il y a un truc dans sa musique : c’est à la fois bien construit et à la fois jenfoutre qui est pas mal.

- Qu’est-ce que tu penses de la scène belge ?

- Je crois que toutes les vagues ne sont pas prévues au départ. C’est en fonction des trucs qui passent et les gens disent "ah, c’est ça !". Mais pour l’identité, je crois que ça doit être gênant d’être dedans, en fait. Chaque artiste cherche à développer un parcours singulier et ça ne doit pas être facile d’être mis avec d’autres dans le même panier. En même temps c’est bien, car tout le monde passe en même temps, ça ouvre des vannes. C’est intéressant. Peut-être que si mon disque était sorti il y a un an, j’aurais été dedans, bien que c’est plutôt anglophone. Ca me ferait un peu peur d’être là-dedans. C’est ce qui m’a fait peur en France, avec d’un côté la chanson française poussiéreuse et la nouvelle chanson française. C’est le problème des journalistes, c’est eux qui ont trouvé ces classifications. Tout le monde suit car tout le monde lit les mêmes dossiers de presse... La nouvelle chanson française c’est un peu comme la nouvelle vague belge : on peut tout mettre, là-dedans, en fait. On aurait mis en chef de file Dominique A, et puis après tu mets à la fois du Delerm, du Jeanne Cherhal, en passant par Fantasio, par n’importe qui encore... "Hé ho ! On se calme, les gars !". Les histoires des trentenaires musiciens - Jeanne Balibar, Kiberlain, etc... - c’est un peu inévitable, mais c’est surtout limitant. En même temps, c’est comme ça qu’on marque une époque et les esprits, on dit "c’était l’époque des yéyé", etc.

- Isabel Rocher : Ce sont des mots inventés par les journalistes. Regarde le mot Nouvelle Vague, qui a été inventé par une journaliste, et puis tout était "nouvelle vague".

- Oui, ça va vite. Je peux à la fois chialer en disant que je ne passe pas à la radio et revendiquer ce "martianisme". Je serais gêné s’il y avait une vague "Héliniesque" pour les artistes qui sont en train de se développer. Car une fois qu’on te colle cette étiquette d’un vieux bazar, bonne chance ! C’est comme moi, au début, quand je chantais, tout le monde me mettait dans le couloir extrêmement poussiéreux de la chanson française de qualité. Je devais trimballer à chaque interview Brel-Brassens-Ferré dans mon sac à dos en rectifiant "Hé ! moi j’écoutais les Sex Pistol s ! Foutez-moi la paix avec ces gars qui sont morts". C’est hard, de dire ça, car dieu sait si j’ai travaillé les partoches de Brassens et j’adhère complètement à ce jeu de guitare, mais le problème c’est que ça enferme - non, c’est plus bête que ça - ça lui enlève sa pertinence. Le fait que tu aies ressenti quelque chose et que tu l’aies dit. "Ah mais non, c’est parce que tu es dans cette voie-là que tu l’a dit, c’est pour faire comme lui". "Non, j’ai pas fait exprès, monsieur, excusez-moi."

- En tant qu’acteur, as-tu des projets ?

- J’aimerais bien faire du cinéma, c’est un truc qui manque. Et comme je disais ce matin, je crois que je vais garder ça pour les interviews (rires). J’aimerais bien jouer une crapule. Le rôle d’un salaud fini, ça me plairait, ça. Un flic ou un voyou, qui lâche des trucs avec le sourire. Qui tue ! (rires).

Photos : © Philippe Carly (www.newwavephotos.com) - Ne pas utiliser sans autorisation.



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Laurent Bianchi





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Daniel Hélin : "Je ne sais pas qui je suis"
(1/1) 19 novembre 2016




Daniel Hélin : "Je ne sais pas qui je suis"

19 novembre 2016 [retour au début des forums]

The guy has really what it takes to be a hit and his album was a big success. - Gary McClure

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