Pop-Rock.com


Bruxelles, Botanique, Boutik Rock, 19 février, 2005
Bacon Caravan Creek : "On est encore très loin de Radiohead !"
Interview

lundi 28 février 2005, par Jérôme Delvaux

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Bacon Caravan Creek - BCC si vous êtes « in » - a surpris tout le monde, fin 2004, avec un album d’une qualité et d’une maturité inattendues pour un groupe aussi jeune. En plus de faire bonne figure sur disque, les quatre Hutois se sont déjà bâti une solide réputation sur scène, où leurs prestations leur ont vite valu des comparaisons flatteuses avec les plus grands. De passage à la Boutik Rock, le groupe au complet nous a reçu dans sa loge, quelques heures avant d’illuminer le Botanique de ses feux incandescents.

- Pop-Rock.com : Beaucoup de gens ont découvert Bacon lors de l’avant-dernier Concours Circuit, où vous vous êtes distingués en décrochant une place en finale et en terminant troisième lauréat. Quand vous vous êtes inscrits à ce concours, pensiez-vous pouvoir aller si loin ?

- Nicolas : Non, pas du tout. Des amis nous conseillaient d’y participer et pensaient que nous passerions peut-être le premier tour. On s’est dit pourquoi pas et, au final, c’est vrai qu’on s’en est plutôt bien sortis.

- C’était une année très riche avec Mièle et surtout les Hollywood Porn Stars en finale. Cette troisième place a donc beaucoup de valeur...

- John : C’est sûr, ça ne nous facilitait pas la tâche...

- Il a fallu presque deux ans ensuite pour que votre premier album soit prêt. Que s’est-il passé durant ces deux années ?

- Nicolas : Juste après le Concours, on s’est mis à travailler sérieusement sur l’album. Beaucoup de gens, dont notre ami Pierre de Court-Circuit, nous encourageaient à mettre de l’argent de côté et à nous concentrer sur sa réalisation. On a eu la chance de pouvoir donner beaucoup de concerts, dont quelques dates assez importantes. Ca nous a permis de bien peaufiner les morceaux qu’on souhaitait voir sur le disque.

- L’album est accueilli avec des critiques extrêmement positives !

- Nicolas : Oui, et celle de Pop-Rock nous a fait très plaisir. C’était la toute première qu’on a lue et elle nous a vraiment rassuré. Quoi qu’il arrive, on aurait au moins une bonne critique. (Rires)

- Avez-vous déjà lu des critiques négatives de Behind a wish ?

- Xavier : On en a lu deux, oui, mais on ne va pas les citer. Elles proviennent toutes les deux d’internet. Ces critiques sont finalement assez peu constructives, alors on le prend encore assez bien...

- Nicolas : On aurait eu envie de lire des critiques négatives qui soient argumentées. Malheureusement ce n’est pas vraiment le cas, c’était très vague.

- Xavier : Ces chroniqueurs n’ont tout simplement pas aimé mais n’ont pas vraiment su expliquer pourquoi, je pense.

- Parmi ces articles, on trouve des comparaisons assez flatteuses et parfois étonnantes. Tout à l’heure, j’ai lu une chronique de votre album dans le Télépro, un magazine télé grand public par excellence. Eux-mêmes, comme beaucoup d’autres, font un rapprochement entre votre son et celui de dEUS et Radiohead. Comment gérez-vous de telles comparaisons ?

- Nicolas : Je crois que c’est un peu logique, tous les petits groupes sont souvent très vite comparés aux plus grands. On nous associe à Radiohead parce que, comme nous, ils ont touché à énormément de choses, à des univers très différents. Mais je ne pense pas qu’on puisse sérieusement nous comparer à eux au niveau de la qualité intrinsèque. On est encore très loin de Radiohead.

- Justement, hormis ces comparaisons parfois délicates, comment définiriez-vous votre musique, pour des gens qui ne la connaissent pas du tout ?

- Nicolas : Notre musique ressemble à ce que nous ne sommes pas, mais que nous voudrions être... (Rires)

- Vincent : C’est difficile à dire. On mélange de la pop, du rock et de l’electro... Certains disent aussi que notre son est noisy, mais on ne se reconnaît pas vraiment dans cette étiquette.

- Nicolas : En fait, je crois que certains chroniqueurs recopient toujours les mêmes vieux articles où quelqu’un a, assez maladroitement, accolé le mot noisy à notre nom, sans qu’on sache vraiment pourquoi.

- Xavier : Je ne vois vraiment pas en quoi on serait noisy... C’est un mystère.

- Vous allez bientôt jouer en première partie d’un groupe belge qui appartient davantage à cette classification, c’est Ghinzu.

- Xavier : Oui, on va ouvrir pour eux à l’Eden de Charleroi le 26 mars.

- Qu’est-ce que ça fait de jouer devant un public qui n’est pas vraiment là pour vous ?

- Nicolas : On a déjà joué en première partie de Ghinzu dans le passé. C’était dans une toute petite salle, à Ferrières, et ça s’était très bien passé. Je sais que des gens qui nous suivent partout aujourd’hui nous ont précisément découverts à l’occasion de ce concert-là.

- Xavier : Ce concert a eu lieu alors que l’album Blow était déjà sorti, mais Ghinzu ne s’exportait pas encore à l’étranger comme c’est le cas aujourd’hui. On a donc encore une belle carte à jouer cette fois-ci. Il y aura plus de monde...

- Votre album contient, avec le morceau Finally, this punk rocker is taking acid un hommage aux Flaming Lips. C’est une autre de vos influences ?

- Vincent : Bien sûr. Il est important de préciser que c’est un hommage et non un plagiat comme on a déjà pu le lire sur internet...

- Xavier : C’était sur Pop-Rock d’ailleurs, non ?

- Oui, c’est une des particularités de notre site : les lecteurs peuvent s’exprimer sans aucune censure. Malheureusement, certains disent parfois n’importe quoi... Mais l’un d’entre-vous avait corrigé, je crois.

- Nicolas : Oui, c’était moi. J’ai répondu parce que je trouvais ça trop fort... Bien sûr que c’est un hommage. On a beaucoup écouté les Flaming Lips pendant l’enregistrement de l’album. Au niveau des mélodies et des harmonies, ils sont vraiment très forts.

- Quelles sont vos ambitions concernant l’étranger ? Le marché français par exemple ?

- Nicolas : C’est encore beaucoup trop tôt pour en parler. On doit d’abord vendre un minimum en Belgique...

- Vincent : Un maximum, tu veux dire ? (Rires)

- Nicolas : Oui, on va d’abord essayer de conquérir le marché belge... Après on verra si on peut voir plus grand.

- Les Hollywood Porn Stars ont sorti leur premier album le même jour que vous, et ils joueront à Paris, au Nouveau Casino, le mois prochain. Comment expliquez-vous cette progression plus rapide ?

- Xavier : Ce n’est pas la même conception de la musique, je pense. Notre album ne contient pas beaucoup de singles potentiels ou de titres qu’on peut facilement jouer en radio. Notre univers est moins accessible... C’est sans doute une des explications.

- C’est ce qui vous ferme la porte de la play-list de Pure FM ?

Nicolas : Oui, sans doute. C’est clair qu’on aimerait en faire partie, c’est très porteur. Ca viendra peut-être...

- Le fait que plusieurs groupes belges s’exportent très bien en ce moment a sans doute facilité votre l’éclosion...

- Nicolas : Oui, j’en suis persuadé.

- De quels groupes belges vous sentez-vous les plus proches ?

- Nicolas : Nous avons très peu de contacts avec les autres groupes car nous sommes assez introvertis. Nous venons de Huy, où nous jouons dans notre caserne, dont nous sortons assez peu... Nos contacts avec les autres groupes sont donc assez limités.

- A Huy, il y a aussi le groupe Showstar...

- Nicolas : C’est vrai, on aime bien ce qu’ils font mais on ne les connaît pas. Nous ne faisons pas partie d’Anorak Supersport, nous avons donc très peu de contacts avec ces groupes.

- Bacon Caravan Creek prend toute sa dimension sur scène ?

- Xavier : Oui, nous sommes un groupe de scène avant tout. Nous avons la chance d’avoir pas mal de dates en ce moment, et nous essayons chaque fois de donner le maximum. Ce sera encore le cas ce soir, à la Boutik Rock, dans une salle où nous avons beaucoup de bons souvenirs.

Photos : (c) Frédéric Oszczak - 2005. Droits réservés.





Jérôme Delvaux