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Ultravox ! : "Ultravox !" Dangerous rythm mercredi 25 juin 2003, par |
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A la croisée des chemins entre le glam-rock et le punk, Ultravox fut peut-être, sans le savoir, le premier vrai groupe new wave.
Autrefois connus sous le nom de Tiger Lilly, les membres d’Ultravox ! tournaient en Angleterre depuis 1973, sans vraiment parvenir à percer. Un article dans le Melody Maker, en août 74, fut leur principale consécration. Le célèbre magazine les comparait (déjà !) à David Bowie, alors dans la période du groove apocalyptique de Diamong dogs. Quelques années de galère plus tard, le groupe - entre-temps devenu Ultravox ! - est signé chez Island Records. Deux grands noms chapeautent l’enregistrement du premier album éponyme : Steve Lillywhite et Brian Eno. Si Lillywhite est encore relativement débutant (il travaillera plus tard avec U2, Morrissey et Peter Gabriel principalement), Eno est déjà un musicien très respecté du milieu. L’ex-claviériste de Roxy Music, inventeur de la musique ambient, avait en effet déjà sorti plusieurs albums novateurs en solo et allait devenir, quelques mois plus tard, l’équipier des Talking Heads et de Bowie le temps de plusieurs albums mythiques. Nul doute : avec ces deux génies du son en studio, les démos de John Foxx, Billy Currie, Chris Cross, Stevie Shears et Warren Cann ne pouvaient être mieux mises en valeur. Ultravox ! évoque d’entrée The Clash avec un Saturday night in the city of the dead emmené par la batterie du Canadien Warren Cann, qui impose un tempo hyper rapide et rentre-dedans pour un morceau d’à peine deux minutes trente. Quel contraste avec I want to be a machine ! Foxx y raconte une histoire de près de sept minutes et demi. Il y est question d’un univers futuriste post-apocalyptique, qui n’est pas sans évoquer les fameux peopleoïds de Bowie. La musique, très dépouillée dans un premier temps, prend progressivement de l’ampleur. La guitare acoustique cède la place, durant les refrains, à des distorsions et des effets électroniques qui symbolisent le thème des machines. Le ton monte et Foxx scande de plus en plus fort. Arrive ensuite la tempête, le violon de Billy Currie s’emballe, tandis que la batterie martèle à tout va. C’est un déluge de sons qui se termine en un hurlement brutal. L’usage du violon, encore très rare dans le rock, est ici le pic créatif qui différencie Ultravox ! d’autres groupes moins imaginatifs, ou ne disposant pas d’un violoniste de formation dans leurs rangs. Sur The wild, the beautifull and the damned, il joue encore un rôle prépondérant. Dangerous rhythm, premier 45 tours extrait du LP, à la mélodie catchy, doit beaucoup à la ligne de basse très inspirée de Chris Cross et au chant de Foxx qui se fait crooner, un peu à la manière de Bryan Ferry. My sex édité en face B est un joli petit coup de provoque (et de pub), avec des paroles sans la moindre équivoque (« my sex is a fragile acrobat, savage, tender... »). L’autre influence incontournable demeure bien entendu... Bowie. une chanson presque funk comme The lonely hunter fut directement inspirée par l’album Young Americans, sorti deux ans plus tôt. Avec cet album, véritable coup de maître, Ultravox ! allait à son tour devenir également la référence avouée d’un bon nombre d’artistes de la new wave émergente, tels Gary Numan et Visage. Avant de sauter dans le train en marche (sans John Foxx remplacé par Midge Ure) et porter le Nouveau Romantisme naissant sur ses épaules. |
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