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The Beatles : "Rubber soul" Amour élastique mardi 22 septembre 2009, par |
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Dernier album rock’n’roll des Beatles, premier de leur période dite "psychédélique", Rubber Soul est un disque charnière. Les personnalités de Lennon et de McCartney, qui commençaient dès Hard day’s night à s’affirmer, se distinguent de plus en plus nettement, tandis qu’Harrison débute vraiment sa carrière d’auteur-compositeur. Une poignée de classiques se distinguent du lot, et les morceaux moins connus agacent ou séduisent, composant la première fresque du groupe autour d’un même thème. Au programme : l’amour.
Faisons ce qui ne se fait pas et commençons par Harrison, pour qui les choses sérieuses commencent. Il joue de mieux en mieux de la guitare (Nowhere man), fait ses premières fausses notes au sitar (Norwegian wood) et compose ses deux premières chansons dignes d’intérêt : If I needed someone et Think for yourself, deux titres extrêmement durs, qui tranchent nettement avec l’image "Hallelujah"/"Hare Krishna" qu’on conserve généralement du personnage. Dès la première phrase de Think for yourself ("I’ve got a word or two"...), on comprend qu’il a quelque chose à dire de désagréable à quelqu’un... On n’est pas déçu du voyage tant cette chanson d’adieu aux riffs nerveux sonne comme un solde de tout compte. If I needed someone, avec son ambiance un peu planante inspirée des Byrds, est encore pire de cynisme : par un bel effet d’encadrement de la strophe, on l’entend répéter à une fille, avec une délicate froideur, qu’il n’a besoin de personne. Harrison le jeune n’est pas encore le mystique de la bande, mais se compose tout doucement sa légende d’homme de l’ombre. McCartney, lui, est à l’origine de titres par-delà le bien et le mal, qui s’avèrent être les deux seuls que la plupart des gens connaissent : Drive my car, avec ses paroles débiles et son riff efficace, et Michelle, avec ses arrangements délicats et son texte, comment dire ? Trrrès jowli... On soulignera plutôt You won’t see me, une autre chanson de rupture, douloureuse celle-ci, dont les chœurs et les ruptures de rythme paraissent plus conformes à l’idée qu’on se fait du talent de Paulo. Reste Lennon, qui interprète la majorité des titres de Rubber Soul et lui apporte ses nuances, sa bipolarité. Il fallait un certain culot pour inclure sur le même disque The word, hymne au premier degré, d’un crétinisme absolu, au Flower Power naissant, et Run for your life, de loin la chanson la plus violemment misogyne des Beatles : "I’d rather see you dead little girl/Than to see you with another man". Entre les deux, il y a Norwegian wood et Girl, deux chansons douce-amères, qui rétablissent la balance. Et aussi Nowhere man, une belle complainte sur la solitude qui plagie gentiment Mr. Tambourine Man dans la version... des Byrds, encore une fois. Et surtout, il y a In my life. Comment peut-on, à vingt-cinq ans, écrire ce texte ? Il résume si parfaitement les aléas de la vie, que quand Johnny Cash, juste avant de mourir, la reprendra quarante ans plus tard sur American IV, on aura l’impression qu’il parle de la sienne... J’ai oublié quelqu’un ? Ah oui, Ringo Starr ouvre la face B avec une de ses pires ritournelles pseudo-country : What goes on. On appuie sur le bouton "next". Une fois qu’on a écrit tout cela, on n’a pas parlé de l’ambiance générale de l’album ni de son apport à l’histoire de la pop. Rubber Soul frappe par son désordre apparent et ses lignes de force paradoxales. Le titre, "âme élastique", est une manière commode d’évacuer le problème, de dire comment, dans l’esprit d’un homme, peuvent se succéder les pensées les plus dures et les plus tendres... Restent des morceaux "qui ne se joignent pas", comme dirait Jean Bart : des humeurs tristes, violentes, tendres, qui ne trouvent des liaisons qu’épisodiques. C’est surtout la guitare d’Harrison, comme on l’a déjà dit, qui fait le travail. Mais la porte est ouverte à d’autres nuances instrumentale. Le clavecin d’In my life, idée géniale de George Martin, apporte à la pop baroque sa pierre angulaire. Le sitar de Norwegian wood invente un certain type de mélodie "à l’indienne" qu’on n’entendra plus guère. Les arpèges de guitare classique de Michelle prolongent Yesterday... Revolver ira plus loin, bien entendu, mais tout est déjà en place pour que les Beatles s’affranchissent de toute barrière, de tout format pré-mâché. Rubber Soul reste malgré tout un disque que personne ne peut aimer de A à Z. Mais peut-être que sans ses faiblesses, ses fêlures, il serait moins précieux... moins indispensable. |
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Il y a 7 contribution(s) au forum. The Beatles : "Rubber Soul"
(1/3) 22 septembre 2009, par Mary The Beatles : "Rubber Soul"
(2/3) 22 septembre 2009, par Rico The Beatles : "Rubber Soul"
(3/3) 22 septembre 2009, par rens |
The Beatles : "Rubber Soul" 27 septembre 2009 [retour au début des forums] Un groupe de chansonnettes molassonnes bien souvent débiles. Au moins à 95 %.
The Beatles : "Rubber Soul" 29 septembre 2009 [retour au début des forums] Ce groupe n’était de toute façon plus qu’une grosse supercherie depuis la mort de Mc Cartney en 66 The Beatles : "Rubber Soul" 30 septembre 2009, par Js [retour au début des forums] Exactement !
The Beatles : "Rubber Soul" 18 août 2010 [retour au début des forums] Et Abbey Road, il pue ?
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