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New York Dolls : "New York Dolls" Just a personality crisis dimanche 3 janvier 2010, par |
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Il est des disques qui changent une vie. Qui, au-delà de leur simple statut de produit de consommation peuvent réellement marquer l’auditeur pour toujours, lui donner les clefs d’un autre style de vie, un code de (mauvaise ?) conduite. C’est ce qui m’arriva il y a une quinzaine d’années, quand le monde entier se trémoussait sur les niaiseries de l’époque : Massive Attack, Prodigy, le post-rock, le néo-grunge, et blah blah blah...
“Just a personality crisis” comme ils disaient. A l’époque des pantalons baggys et des crânes rasés, faisant passer les rock-stars pour de simples maîtres-chiens, tomber sur le premier album des Dolls dans un bac à vinyles, ça a de quoi laisser des traces ! Lipstick et platform boots, poses aguicheuses de prostituées héroïnomanes affalées sur un canapé, le premier choc fut visuel. Ne connaissant le groupe que de nom, cité par mes idoles de l’époque (Hanoi Rocks et Lords of The New Church, pas très nineties, me direz-vous...), je rapportais le disque à la maison. Déjà, le regard complice du vendeur aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Première preuve de mon ignorance : le mec a dû penser que j’achetais le truc pour mon père, qu’il devait imaginer en veste léopard, avec une coupe de cheveux à la Willie Deville. C’est que contrairement à aujourd’hui, pas de revival punk-rock à cette époque ! Pas de gamins fans des Strokes et de guitares vintage fouillant dans les bacs à soldes pour dégoter les fleurons du rock 60’s et 70’s. Post-machin et modernisme à tous les étages ! Et le disque alors ? Une tuerie. Dès Personnality crisis, on entre dans le vif du sujet. Ce son ! Comme l’album des Sex Pistols (voir ici), ça a magnifiquement bien vieilli. Mieux que les albums solos minables de Thunders dans les années 80, genre “Que sera sera”. Ces guitares fuzzy, la batterie ronde et la frappe de mule de Jerry Nolan, tout ceci sonne de façon extraordinaire encore aujourd’hui. Et que dire de la voix de David Johansen ? Que quand on voit sa tronche sur la pochette, on ne s’attend pas à cette voix gutturale, définitivement virile et masculine sous les couches de maquillage. Son cri d’ouverture en a influencé plus d’un, n’est-ce pas Mister Axl ? C’est ce mélange totalement décomplexé qui fait toute la saveur du groupe, nettement moins bas du front que ce que le punk donnera dix ans plus tard. Ces chœurs hauts perchés traduisent un penchant assumé pour la pop sucrée, les guitares dégoulinent de réverb’ et la basse énorme d’Arthur Kane enrobe le tout pour en faire une parfaite pièce montée glitter-punk, jamais indigeste. Et très en avance sur son temps. Car, il faut bien le dire, tout ici respire la classe. Je vous passerai les habituels cancans sur Malcolm MacLaren, sur la réputation de junkies en phase terminale, sur la trajectoire désastreuse suite à ce coup d’éclat. Reste ce disque. Ce flash, ce pur shoot de rock’n’roll. Après ça, difficile pour moi d’accepter l’époque musicale dans laquelle je vivais. Le petit groupe dans lequel je jouais à l’époque a commencé à fouiller dans les trousses de maquillage... Et à se prendre des canettes en se faisant traiter de sales pédés par les fans de ska festif ! Comme les glamsters de Los Angeles, nous avons été assez naïfs pour croire qu’on pouvait marcher dans les pompes de Johnny Thunders sans risquer, au mieux, le ridicule, au pire une pluie de canettes ! “Just a personality crisis, you got it while it was hot”. Depuis, le rock est revenu dégager les DJ’s chauves dans le cœur des jeunes filles, les gamins se sont remis à rêver devant les Gretsch white falcon et les Fender twin-reverb, et les Dolls se sont reformés avec les deux seuls survivants du groupe originel. Mais ceci est une autre histoire... |
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