|
|
Miles Davis : "Nefertiti" L’ultime acoustique dimanche 29 novembre 2009, par |
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
Il s’agit bien d’un disque de jazz, sur un site de pop et de rock. Ça vous semble incongru, bizarre, à moi aussi finalement. Je cherchais où caser cette chronique dans les différentes rubriques du site, je l’ai mise dans les flash-backs, car en 1967 est paru cet album, quelques paires d’années en somme. Mais les reines ont l’élégance de ne pas vieillir, et un disque qui se permet de revendiquer l’Égypte ancestrale comme référent aura éternellement des quintaux de noblesse à revendre, même aujourd’hui.
N’attendez pas ici une longue variation de termes techniques sur le jazz, sur les mouvements, sur les improvisations, sur le libre exercice non imposé par Miles Davis à son quintette de luxe, je n’y connais rien, strictement rien. Miles Davis m’est tombé dans les mains sous forme d’un vinyle, avec à ses cotés une grosse trentaine d’autres, de Herbie Hancock à Thelonious Monk, de Julian "Canonball" Adderley à Louis Hayes. Nefertiti me fascinait spécialement car il associait Davis à la trompette et Herbie Hancock au piano, deux très fins bretteurs dans leurs domaines respectifs. L’effectif se complétait par Wayne Shorter, Ron Carter et Tony Williams, et vous aviez bêtement l’une des plus belles équipes possibles en ces années 60. Miles Davis ne proposera aucune composition personnelle sur Nefertiti, laissant le soin aux autres membres de développer une partition comme bon leur semble, bien que Wayne Shorter se gardera la plus belle part. On lui doit notamment l’ambiance finement obscure, ces quelques notes qui commencent à poindre vers l’Afrique. De cette composition à multiples mains, on aurait pu en extraire une cacophonie trop libre pour passionner, mais ce serait sans compter l’alchimie diabolique tissée entre nos compères. Davis, bien qu’en retrait en terme d’écriture, dirige habilement ses acolytes, laisse l’espace nécessaire à chacun tout en imprimant sa patte. Le jazz par Davis n’est pas le jazz de quiconque, et avant le changement radical et électrique qui suivra, il donne un sérieux coup d’insolence au genre avant de le réinventer dans des splendeurs de la carrure du Bitches brew de 1970. Nefertiti s’orne de thèmes qui reflètent divers états d’esprit, diverses sensibilités, entre un vigoureux Madness et la folie juvénile qui emplit les notes de trompette de Pinocchio, la palette musicale est à l’image du bagage exemplaire du quintette. Variée et exécutée avec la grâce collée aux doigts. Le jazz de nos sujets pouvait se prêter à toutes les variantes, à des dizaines de nuances qu’ils ne manqueront pas de faire éclater sur scène. Mais à l’apprécier sous cette forme plus policée, ce disque est déjà un beau témoignage de ce chapitre de la carrière de Miles Davis, bien que pas fatalement le plus célèbre, car un peu minoré par son statut de dernière envolée acoustique avant le voltage qui s’annonce. Il n’empêche que cette reine, même parée d’aussi simples atours, conserve un charme intemporel. |
|||
|
|
|
Il y a 3 contribution(s) au forum. Miles Davis : "Nefertiti"
(1/2) 3 décembre 2009, par Plunk Miles Davis : "Nefertiti"
(2/2) 29 novembre 2009 |
Miles Davis : "Nefertiti" 3 décembre 2009, par Vincent Ouslati [retour au début des forums]
On espère de même pouvoir en proposer d’autres de temps en temps. Aux chroniqueurs de se lancer !
|