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Kiss : "Destroyer" Masters of the universe mardi 19 février 2008, par |
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Kiss, c’est le groupe qu’on aime détester, qu’on doit se faire un devoir de détester même lorsqu’on possède une vision noble de la musique. Tout dans le look, le Big Show à l’américaine, le merchandising le plus outrancier, sans compter que, évolution des mœurs oblige, les sulfureux « serviteurs de Satan » des années 70 se sont mués depuis bien longtemps en divertissement familial que même le plus acharné des télé-évangélistes ne pourrait plus décemment considérer comme une menace pour l’innocence des familles américaines. Il n’en reste pas moins que, rien que par la démesure de son succès, Kiss reste un des groupes majeurs des trente dernières années.
Destroyer est ce qu’on peut appeler un miraculé. Deux ans plus tôt, Kiss était un tout jeune groupe en voie de ringardisation avancée : les albums ne se vendent pas, la presse n’a pas de mot assez durs pour fustiger le look grotesque des quatre musiciens et leur absence totale d’imagination, et la pérennité du groupe semble plus que compromise. Lorsque Destroyer sort, Kiss est le plus grand groupe de rock d’Amérique. Que s’est-il donc passé dans l’intervalle ? Tout simplement un de ces coups de poker dont l’hagiographie rock abonde. Alors que tout le monde se préparait à mettre la clé sous la porte, le manager Neil Bogart comprend d’un seul coup ce qui cloche chez le groupe : un simple détonateur à même de le faire décoller pour quelques années, voire même pour de bon. Partant du principe que Kiss est avant tout un groupe de scène, Bogart investit ses fonds de poche dans le premier des Alive !, la célèbre série d’enregistrements live qui fera la gloire du groupe durant les deux décennies suivantes. Quatre mois après sa sortie, plus d’un million d’albums avaient été vendus, le public commençait à considérer le disque comme le meilleur live de hard rock à avoir jamais été enregistré (réputation qui ne l’a pas quitté depuis) et Kiss était passé du statut de has-been à celui de formation majeure. Cette bouffée d’oxygène financière permit à Kiss de faire appel à un producteur coté (Bob Ezrin, déjà renommé pour son travail avec Lou Reed et Alice Cooper) pour la mise à bas de l’album suivant. Ezrin garnira Destroyer de luxueux agréments : sections de cuivre et de cordes, chœurs enfantins, samples de bruits quotidiens et carillons divers. Aujourd’hui, ce travail de haute précision sonne bien daté et, surtout, n’apporte pas grand-chose à la musique de Kiss, qu’on préfère en fin de compte à l’état brut. Si les albums de Kiss ne se vendaient guère au début de leur carrière, il y avait quand même quelques raisons à cela. A mes yeux, les quatre cavaliers de l’apocalypse ont un immense défaut : spécialisés dans le sans-faute au niveau des live, des best-of et de toute autre sélection de leurs compositions les plus marquantes, nos amis multimillionnaires ont toujours peiné à offrir un album studio qui se suffisait à lui-même. Hormis les hits qu’on trouve sur toutes les compilations justement, les compositions « standard » de Kiss ne valent d’ordinaire pas tripette. S’il vous faut une preuve, jetez simplement un œil à LoveGun ou Hotter than Hell : vous n’y trouverez qu’un excellent morceau portant le même nom et sept ou huit pistes qui se trouvent là juste pour meubler le silence sur le reste de l’album. Et même au jeu du rock tout simple, sans affiliation à une chapelle ou à un autre, simplement défini en tant que « combinaison guitare/basse/batterie sur une structure couplet/refrain », il y a toujours eu beaucoup plus doué qu’eux à n’importe quelle époque. Destroyer échappe heureusement à ce triste constat général, grâce à la très bonne tenue générale de ses morceaux : l’incontournable Shout it out loud, le bruyant Gods of thunder et ses batteries wagnériennes et même quelques ballades délicieusement kitchs comme Great expectations passent comme une lettre à la poste. Et puis il y a Beth évidemment... Composée et chantée par Peter Criss, l’homme-chat derrière la batterie et d’ordinaire membre le plus transparent du groupe. La singularité de cette ballade sirupeuse tient à ce qu’on n’y retrouve ni guitare, ni basse, ni batterie et qu’elle repose exclusivement sur le piano et le violon. Sacrée disque d’or en moins de temps qu’il n’en faut à Gene Simmons pour se démaquiller, elle entraîna également dans le succès sa face B, l’énergique Detroit rock city. Sans conteste la meilleure pièce de l’album, Detroit rock city fut initialement le premier single de l’album, avec Beth en face B justement, jusqu’à ce que le succès massif de cette dernière sur les ondes ne décide le groupe à intervertir l’ordre des priorités. Avec ses compositions bêtement jouissives, Destroyer prendrait presque des allures de mini best-of et s’impose sans difficultés comme le meilleur album d’un groupe de rock qui a rarement été inspiré dans un autre domaine que le marketing et le sens du spectacle, mais à qui on ne pourra certainement jamais reprocher d’avoir manqué d’ambition. |
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Il y a 6 contribution(s) au forum. Kiss : "Destroyer"
(1/4) 30 septembre 2009, par X-the-miiss-hex-girl-X Kiss : "Destroyer"
(2/4) 20 février 2008 Kiss : "Destroyer"
(3/4) 20 février 2008 Kiss : "Destroyer"
(4/4) 20 février 2008, par Lemmyke |
Kiss : "Destroyer" 1er mars 2008 [retour au début des forums]
Ouh la la que voilà de la précision ! Spatiale et temporelle ! Kisses...
Kiss : "Destroyer" 30 septembre 2009, par X-the-miiss-hex-girl-X [retour au début des forums]
c’est clair, la musique la plus connu et la plus écouté est "I WAS MADE FOR LOVING YOU ".Ace Frehley est aussi un grand légendaire des guitaristes solistes américain qui éxiste depuis trop longtemps
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