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King Crimson : "In the court of the Crimson king" La cour des miracles vendredi 15 octobre 2004, par |
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King Crimson a pratiquement crée le progressif à lui seul. La beauté mélancolique et l’originalité de ce 1er album seront à l’origina d’un des mouvements les plus séduisants et civilisés de l’histoire de la musique moderne. Signe incontestable du génie : alors que les groupes de cette époque se sont tus depuis longtemps, le roi pourpre continue à nous proposer aujourd’hui des albums de musique avant-gardiste du plus bel effet. Retour sur un des albums les plus marquants de l’histoire du rock, c’était en 1969.
Totalement déstructuré et tortueux, débutant par des riffs névrosés qui s’évaporent bientôt dans les méandres d’un délire jazzy sous acide, voix écorchée vive hurlant dans le vide contre un avenir sombre, 21st century schizoid man, premier morceau de l’album, reste encore aujourd’hui un morceau assez mystérieux et inexplicable, même si globalement, il se positionne dans la continuité du rock psychédélique anglais. Mais dès la deuxième piste, on s’enfonce au cœur de ce qui s’appellera bientôt le rock progressif, où l’expérimentation se pratique de préférence en douceur, au fil de morceaux alambiqués et de descriptions fantastiques capables de faire vivre à leurs auditeurs un véritable voyage astral. C’est cette ambiance lyrique et emphatique à l’excès que l’on retrouve, de manière formidable, à partir de la mélancolique balade I talk to the wind jusqu’à la puissance évocatrice de l’odyssée à la cour du roi Pourpre. On signalera l’utilisation appuyée du mellotron sur cet album. Pour ceux qui l’ignoreraient, le mellotron est un clavier permettant de lire des bandes magnétiques reproduisant les sons de nombreux instruments ou diffusant des accompagnements. Un genre de sampler préhistorique, qui sera utilisé jusqu’à l’excès par toute la vague progressive symphonique des années 70. Malgré les lourdeurs d’utilisation de l’engin, le rendu flou et envoûtant des instruments classiques correspondait parfaitement à l’atmosphère onirique que Genesis, Yes et leurs congénères se sont toujours efforcés d’insuffler à leurs compositions. Le mellotron devint ainsi l’instrument représentatif par excellence du courant progressif et parfois, l’incarnation de ses pires travers . Et King Crimson peut être considéré, sauf erreur, comme le fondateur du rock progressif, ou du moins, comme le premier grand représentant du genre. Chez King Crimson, même les passages à vide sont essentiels. Au cœur du rêveur et assoupi Moonchild ou au terme des majestueuses vagues d’orgue du morceau titre, le presque silence qui règne est éloquent. Seulement percé de loin en loin par des percussions étouffées, des tintements scintillants ou de doucereux airs de flûte, symbolisant le temps du songe, il paraît comme en attente d’un réveil lointain. Grandiose réveil au mellotron dans le deuxième cas ; King Crimson joue avec un génie palpable sur cette alternance de sonorités pompeuses et de silences maîtrisés. King Crimson, sur ce premier album, a incarné, déjà, l’alpha et l’omega du progressif. Emporté par la voix suave de Greg Lake (futur fondateur de Emerson, Lake & Palmer), il a creusé beaucoup plus loin que la plupart des formations qui le suivront, y compris les plus renommées mais surtout, il a su allier des mélodies sublimes à une complexité jamais prise en défaut. Au sein du progressif, les délires expérimentaux imbuvables seront légion. A force de chercher à créer les morceaux les plus grandiloquents possibles, de nombreux groupes en oublieront l’essentiel, et finiront par offrir des monstres d’arrogance artistique stérile qu’on peut admirer techniquement mais aucunement apprécier. Rien de tout cela ici : On n’aura un espoir de maîtriser totalement In the court of the Crimson king qu’au terme d’un long chemin de croix, mais durant le laps de temps que l’on passera cantonné au premier niveau d’écoute, aucun des magnifiques morceaux ne parviendra à se montrer déplaisant ou ennuyeux. En cause, leur beauté, leur profondeur, les mystérieux frissons mythologiques qu’ils procurent, le jeu précis et toujours étonnant de Robert Fripp,…comme j’aurais aimé déjà exister à l’époque pour découvrir en direct l’émergence de cette nouvelle formation, elle-même à l’avant-garde d’un nouveau style ! Certaines prédispositions sont cependant nécessaires pour apprécier un tel album, et il ne faudra pas s’attendre à des riffs tonitruants, une rythmique implacable ou dieu sait quoi encore. Malgré l’esprit hautain de certaines sections, In the court of the Crimson king est un chef d’œuvre de maîtrise technique et artistique, ruissellant de tristesse et de mélancolie, pourvoyeur d’une ambiance recueillie et songeuse. En sa qualité de fondateur, il suscite des avis bien tranchés : mou et lymphatique pour les uns, chef d’œuvre immortel pour les autres. Je ne pense pas avoir besoin de préciser dans quel camp je me suis immédiatement rangé. Pour tout amateur de rock digne de ce nom, une tranche d’histoire à haute valeur ajoutée... |
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Il y a 21 contribution(s) au forum. King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(1/15) 23 octobre 2009, par Tom Newtown King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(2/15) 1er août 2007, par grosnez King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(3/15) 1er août 2007, par grosnez King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(4/15) 24 juin 2007, par ledzepfan42 King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(5/15) 24 juin 2007, par ledzepfan42 King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(6/15) 5 mars 2007 King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(7/15) 8 novembre 2006 King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(8/15) 9 juillet 2006 King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(9/15) 17 avril 2006 > King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(10/15) 23 juillet 2005, par JMG > King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(11/15) 3 avril 2005 > King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(12/15) 21 décembre 2004, par Youki Smayas > King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(13/15) 21 octobre 2004, par Fripp > King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(14/15) 15 octobre 2004 > King Crimson : "In the court of the Crimson king"
(15/15) 15 octobre 2004, par Kao |
King Crimson : "In the court of the Crimson king" 3 août 2006 [retour au début des forums]
en bon français svp
King Crimson : "In the court of the Crimson king" 16 janvier 2007 [retour au début des forums]
n’y peut rien, j’étais sous l’influence de la musique :-)
King Crimson : "In the court of the Crimson king" 1er août 2007, par grosnez [retour au début des forums]
Je vois pas bien ce que Yes a de complexe...
> King Crimson : "In the court of the Crimson king" 22 juillet 2006 [retour au début des forums]
Un des meilleurs KC, mais pas mon préféré (préférence pour la période Wetton:lars tongues in aspic, ; starless and bible black, red et la période belew , de 1981 à nos jours)
> King Crimson : "In the court of the Crimson king" 11 décembre 2005, par christophe [retour au début des forums]
c’était le 01.07.03 ,j’y étais aussi au nikaia en petite configuration de salle, et le concert fut dantesque ,ahurissant de maitrise de discipline et de puissance de feu avec bien sur un répertoire qui ne puise plus dans les années 69.74 sauf pour RED , que je considère comme un grand moment d’histoire.
christophe
> King Crimson : "In the court of the Crimson king" 30 mai 2007, par Youki Smayes [retour au début des forums]
Si c’est l’ancien King Crimson que tu voulais voir en concert, ce n’est pas "King crimson" mais le "21st Century Schizoid Band" que tu aurais du aller voir. Un groupe composé de musiciens du roi pourpre des 3 premieres formations et qui reprend le repertoire de cette époque. Seul reserve : L’absence de Robert Fripp.
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