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Japan : "Quiet life" Quand on n’a que les mots... vendredi 9 mai 2008, par |
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Mon prof d’Anglais pour philosophe, je le surnomme Dexter. C’est un crypto-pédéraste qui pense que depuis le début de l’année je me fous de sa gueule, à qui j’ai démontré que ce n’était pas le cas alors que c’était effectivement le cas (un suceur de bites de Descartes et Berkeley, ça n’impose pas le respect), et ce connard s’est fendu d’un courrier “grand prince” :
Bonsoir, Je vous écris, car je n’ai pas reçu vos analyses de texte sur Berkeley. Cette analyse était à rendre pour mardi 6 mai dernier délai, soit au secrétariat, soit par courrier électronique (à mon adresse). L’analyse n’est pas facultative : ne pas faire l’exercice entraîne un 0. Je vous donne un délai supplémentaire jusqu’à samedi 10 mai : vous pouvez m’envoyer vos explications par courrier électronique. Vous ne serez pas pénalisés, mais notés plus durement que ceux qui ont rendu le travail dans les temps. Bien à vous, Dexter (La signature a été changée pour des questions d’anonymat) Rien que la fonte qu’il utilise dans ses courriers me donne la courante par la bouche. Sans parler de la mise en page, parfaitement odieuse. Bref, le contexte est le suivant. Un pote de Batskin, qui est également pote avec moi, m’appelle, un problème de pilotes USB sous Windows, la routine. Je suis de bonne humeur, je ne lui dis pas d’acheter un Mac, j’ai même envie de lui passer le Windows XP SP3 que j’ai téléchargé chez Microsoft. Il est au bar d’en face, je lui imprime la solution de son problème, et j’accours à sa rencontre tout émoustillé de savoir si sa copine a des bottes ou pas. Pas de bottes, mais des chaussures à talon qui lui vont bien. Et en plus, elles étaient sales, le pied. (Si j’ose dire). J’avoue ne pas avoir compté les bières, sachant que je suis arrivé vers 19 heures, parti à minuit, un demi enfilé tous les quarts d’heure, Delvaux fera le calcul pour nous. Deux Euros le demi. J’ai commencé à brancher la copine du pote pour qu’elle devienne dominatrice pro (ça a l’air de bien prendre), j’ai récupéré le numéro de téléphone d’une femme de presque quarante ans, deux enfants, pas mariée mais un mec, mais comme je lui ai dit, je suis pas jaloux, c’est juste pour le plaisir de la faire jouir, que ça la changera de son mec. En fait, c’est après ça que j’ai eu son numéro, voyez comment sont les femmes. Egalement, j’ai raccommodé un couple de copines lesbiennes. L’une est mon ancienne vendeuse de drogue (son speed était une tuerie, une ligne pour 48 heures d’éveil, avec des coups au cœur, mais on s’y fait), l’autre je pense un jour arriver à la sauter. Ca sera dans les turques d’un bar, mais c’est mieux que rien. Ses yeux globuleux à la Simpson et ses valises saignantes de fille camée aux antidépresseurs alcoolisés m’excitent presque autant que l’idée d’être prostitué sans capote par une Arabe de banlieue dotée d’un QI à deux chiffres. Et bon, après discussion avec la dernière survivante - une scénariste de films qui tourne à Alger, sans doute des merdes pour bobos - que j’ai laissée avec un pédéraste motorisé qui découvrait sous mes yeux affligés la vodka Martini (non mais au secours, quoi) mais qui restait consommable, je rentre chez moi, démarre un disque de Japan (Quiet life - il faut au passage que l’on établisse sur Pop-Rock un guide des éditions CD de Japan, parce que ça oscille entre foutage de gueule et escroquerie patentée), et réponds à ce cher prof, vulgaire chargé de TD, avec un courrier sympathique : En effet, le fisc m’est tombé dessus pour des droits de succession (alors qu’il m’avaient dit en être exempté), et je viens de rentrer d’Albi, avec des aller/retour à Bordeaux pour chercher des relevés de comptes clôturés. Et ce n’est d’ailleurs pas fini, puisque ces charmants messieurs vont jusqu’à me demander de déclarer les deux chats de gouttière - recueillis dans la rue - de la maison familiale, pour voir s’il ne peuvent pas les taxer. C’est à dire qu’en gros, tout l’argent que j’économise pour acheter un caveau à mes parents (et ainsi déplacer le cercueil de mon père dans sa véritable dernière demeure, après ouverture du dit cercueil pour que j’authentifie le corps ; ainsi faite est la loi) va partir dans des impôts pour la succession d’une personne décédée alors qu’elle était en surendettement. Tout cela pour vous remercier de m’accorder ce délai que je n’espérais même pas. Je vais essayer de rendre, pour une fois, un devoir décent. Yû Oui, j’ai poussé le vice jusqu’à utiliser sa police de caractère. Bien sûr, ce que je raconte est faux, puisque j’ai tout géré par téléphone plutôt que de me déplacer (pas eu le temps de graver un CD de MP3 de The Ark, indispensable à tout long trajet en voiture). Et mes devoirs étaient tous bons, puisque je me base sur le cours d’agrégation plutôt que sur les coosemanseries qu’il présente comme un cours de niveau Sorbonne. Accessoirement, j’avais aussi des cours à rédiger à l’arrache avant les examens, ce qui était plus important qu’un pauvre commentaire sur un immatérialiste qui n’arrive même pas à défendre l’existence de Dieu aussi bien que Michael Landon dans les Routes du Paradis. Mais le fait est que, comme le disait l’une des deux lesbiennes, “La vie est faite pour être vivre”, et que quitte à me foutre une balle dans la tête, je veux le faire en ayant le dernier mot, en écoutant Japan, parce que You who stole my solitude serait trop dégueulasse vis-à-vis de ma mère qui a toujours fait ce qu’elle pouvait. Et je vous préviens : s’il y a une vie après la mort, je hurle. |
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