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Elvis Presley : "Back in Memphis"
Retour manqué !

mercredi 11 janvier 2006, par Jérôme Delvaux


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Quand Elvis Presley fait son grand retour à Memphis, en 1969, après une trentaine de films dont presque autant de navets, il est soucieux de rappeler à la face du monde qu’il est bel et bien toujours le King. En deux semaines à peine, il enregistre dix titres en studio sous la direction de Chips Moman. Malheureusement, il y apparaît clairement que, même s’il n’a rien perdu de son inimitable voix, Elvis n’est déjà plus en mesure de concurrencer les Doors, Jimi Hendrix et consorts auprès du jeune public de la fin des sixties.

C’est l’époque de l’Elvis trentenaire, tout de cuir vêtu. Un an plus tôt il a fait un retour fracassant sur l’antenne de la NBC, à l’occasion d’un concert unplugged resté dans les annales (même si, en le revisionnant aujourd’hui, on se dit qu’il a très mal vieilli) et faisant regretter à toute une génération de fans qu’Elvis ait passé presque toute une décennie sur des plateaux de cinéma plutôt qu’en studio, à enregistrer des albums. C’est que depuis qu’il a choisi (?) de mettre sa carrière musicale entre parenthèses, les Beatles, puis les Rolling Stones, ne se sont pas fait prier pour jouer les premiers rôles à sa place. Le défi qu’Elvis se lance en revenant est donc de taille. Pourtant, étrangement, il ne se donne pas vraiment les moyens de concrétiser ses ambitions. Au lieu de refaire appel au guitariste de ses débuts, Scotty Moore, ou, pourquoi pas, à un héros moderne de la six cordes qui serait sûrement ravi de jouer à ses côtés, Elvis se laisse convaincre d’enregistrer avec les musiciens de session de Chips Moman. On ne dira pas de Reggie Young et John Hughey qu’ils sont de mauvais guitaristes, certes non, mais ils préfèrent de loin le country au rock’n’roll et n’ont certainement pas l’étoffe pour jouer avec un artiste tel qu’Elvis. Leur seul avantage est en fait d’être des sudistes pure souche. Comme Presley, qu’on sait attaché à ce genre de détails.

Derrière ce choix étrange, il faut aussi voir l’ombre d’Andreas Cornelius van Kuijk, plus connu sous le pseudonyme de Colonel Tom Parker, alors âgé de soixante ans. Le manager véreux d’Elvis - celui-là même qui l’envoya s’enterrer à Hollywood - est vieux jeu et ne calcule qu’en terme de revenus, de coûts et de bénéfices. Moins ça coûte, mieux c’est. Bien qu’il soit né aux Pays-Bas, il ne tient pratiquement jamais compte du marché européen. Pour lui, l’Amérique représente à elle seule un potentiel suffisant en terme de rentrées. C’est en partie pourquoi son poulain ne donnera jamais un seul concert en dehors des Etats-Unis. C’est aussi pourquoi il ne se soucie guère de savoir ce qui est la mode dans nos contrées...

Pour cet album du « retour aux affaires », Elvis suit donc la recette habituelle : il ne chante que des morceaux écrits par d’autres (Mort Shuman, Eddie Rabbitt, Percy Mayfield,...). Cette fois, aucun n’est transcendant. Tout est plat et morne. Les arrangements sont vieillots (même en comparaison de ce qui se faisait alors) et, pire, Chips Moman a rajouté d’affreux chœurs féminins sur presque chaque morceau. On a du mal à croire qu’il s’agit bien d’un album de l’interprète de Heartbreak hotel et Hound dog. La voix d’Elvis est parfaite, mais les chansons sont presque toutes sans âme. Seules Inherit the wind et This is the story s’en sortent plus ou moins avec les honneurs, même si elles ne passeront pas à la postérité comme le feront des titres enregistrés un peu plus tard : In the ghetto, Suspicious minds, You are always on my mind et l’hymne sudiste American trilogy.

On le dira donc sans crainte du ridicule ou de représailles des fans, ce Back in Memphis s’apparente à un retour raté. Pas audacieux pour un sou, plus vraiment rock et d’au moins dix ans en retard sur son époque, il permet de mesurer le fossé immense qui séparait alors Elvis Presley d’un groupe comme les Rolling Stones, qui venaient juste de sortir l’énorme, l’indispensable Let it bleed. Bientôt viendront la dépendance aux somnifères, les affreux costumes blancs à franges, l’excédent pondéral et les concerts à Las Vegas devant un public de vieux bourgeois. C’est un autre - pathétique - volet de la carrière d’Elvis que nous aborderons peut-être un jour.

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Jérôme Delvaux





Il y a 11 contribution(s) au forum.

Elvis Presley : "Back in Memphis"
(1/7) 3 septembre 2008, par Samozarre
Elvis Presley : "Back in Memphis"
(2/7) 9 janvier 2008, par remi
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(3/7) 28 novembre 2007, par lkj
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(4/7) 28 mai 2007, par johnlee
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(5/7) 14 février 2006, par Robert Fernet
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(6/7) 11 janvier 2006
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(7/7) 11 janvier 2006




Elvis Presley : "Back in Memphis"

3 septembre 2008, par Samozarre [retour au début des forums]

Pfff, chacun est en droit de ne pas aimer Elvis, mais le minimum lorsque l’on écrit un article ou une critique, c’est de se documenter. Cet album est constitué de chutes des sessions de l’album "From Elvis in Memphis". De plus, le choix du studio, du producteur, etc, est justement un choix très personnel d’Elvis qui laissa toute sa bande à la porte du studio pour se concentrer sur ces sessions. Il en ressortira quelques bijous tels "Long Black Limousine", "In The Ghetto", "Suspicious Minds" (qui ne figure pas sur l’album mais sortira en single). L’album est excellent. On y entend une espèce de fusion entre Country et Soul, et l’énergie Rock’n’Roll d’Elvis qui, quoi que vous en pensiez, chante mieux que jamais. Bref, justement ce qu’il a certainement fait de mieux et de plus personnel depuis les sessions Sun. Admettons qu’il soit tentant de vouloir se payer Elvis quand on est un petit critique rock, mais admettons également que ce soit plutôt vain de nos jours. Au moins faut-il essayer de savoir de quoi l’on parle, ça évite de cogner à côté et dans le vide, et le ridicule de cette posture.

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Elvis Presley : "Back in Memphis"

9 janvier 2008, par remi [retour au début des forums]

revenant de memphis et cherchant des informations sur l’american studio que je n’ai pas retrouvé sur place,

il faut que je tombe nez à nez avec un article puant de mensonges de contre verités provenant probablement d’un soixante huitard attardé ou d’un de ses

descendants,

en effet, elvis était un patriote et un conservateur n’est ce pas ca qui vous chagrine monsieur delvaux ?

la verité est dure à digérer n’est ce pas ? que reste t’il des "autres" 30 ans aprés la disparition du king : rien.

seul elvis subsiste et même accroit sa popularité de jour en jour grâce à internet, malgré 30 années écoulées. La raison à cela est toute simple il est le plus grand

chanteur de rock, de country, de gospel et de soul blanche que le monde est connu et ne connaitra probablement jamais plus.

parmis la nullité colossale de la scène musicale internationale depuis 20 ans c’est vers lui que de plus en plus de gens se tournent, redécouvrant grace au web

entre autre, son oeuvre qui a été précisement censurée par une intelligentsia gauchiste et progressiste dans ce pays ( a peine 6 millions d’albums vendus en france).

Quand vous demandez aux gens ce qu’ils connaissent d’elvis c’est une reponse presque hunanime : love me tender, blue suede shoes et peut etre jailhouse rock,

c’est à dire pas grand chose. le travail de sape que vous, journalistes, bien pensants (a gauche), avez effectué ,à fonctionner à merveille ;mais aujourd’hui

personne n’est plus dupe, de votre manège. Vous ne pouvez rien contre le talent à l’état pur. Ce talent qui ne s’est jamais essouflé une seule seconde le long de

ses 23 années decarrière. Les 3/4 des fans d’elvis préfèrent la période des années 70 c’est bien comprehensible, il est durant cette période au sommet de son art

sa voix ne sera jamais aussi puissante que dans les derniers concerts du mois de juin 1977 , tour à tour les plus grandes versions de ses chansons y seront

données. Malgré sa déchéance physique, son combat pour offrir à son public qu’il aimait temps le meilleur de lui même à chacune de ses représentations, donnait

au personnage une tragique grandeur. c’est aussi grace à son humanisme, et à sa bonté qu’il est aujourd’hui un mythe. n’en déplaise aux bobos ou aux bolo

(bourgeois lopette). ;-)

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Elvis Presley : "Back in Memphis"

28 novembre 2007, par lkj [retour au début des forums]

Alors comme ça on ne demande plus d’inscription pour pouvoir participer au forum ? Vous changez souvent d’avis chez pop-rock. Sinon pourquoi ne pas avoir plutôt chroniqué "From Elvis in Memphis" de 1969 et qui est le véritable retour du King en studio ("Back in Memphis" constituant le reliquat de ces mêmes séances) ?

Au fait le comeback à la NBC TV de 1968 n’est pas constitué d’un Unplugged seul mais également de morceaux avec groupe et orchestre (enregistré par avance en live et dont les bandes sont diffusées pour les besoins du show et que Presley interprète seul sur une petite scène).

Des erreurs dans votre article M. Jérome, mais je pinaille.

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Elvis Presley : "Back in Memphis"

28 mai 2007, par johnlee [retour au début des forums]
back in memphis

comparer la voix de canard de mick jagger à celle d’elvis c’est hallicinant,la palette de corde vocale d’elvis etait bien plus complete et puis les rolling stones si ont compare leur titre a succée y en a pas plus de 5 chansons les autres titres sont pas dans les annales,bon biensur elvis est dépassé a l’heure actuel mais les rolling stones aussi,mick jagger aussi a fait appel a des paroliers meme sont premier tube c’est pas lui qui l’a composé,les rolling stones et les beatles font pale figure comparé aux artistes americain de l’epoque comme elvis presley, the temptations, the four tops, bill haley,jerry lee lewis,pat boone,jackie wilson, ben E.king,the four seasons, etc y en a beaucoup encore,alors conclusion il faut etudier a fond les 2 pays à cette époque avant de pondre des conneries

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Elvis Presley : "Back in Memphis"

14 février 2006, par Robert Fernet [retour au début des forums]

Pour remettre les pendules à l’heure ...

Après un fabuleux retour sur scène à l’occasion d’une émission spéciale d’une heure intitulée « ELVIS : NBC-TV SPECIAL », diffusée en décembre 1968, et qui fût un succès auprès du public (l’album 33 tours immortalisant l’événement a grimpé à la 8e position au palmarès américain, meilleur résultat depuis plusieurs années) et des critiques, Elvis Presley s’est tourné vers l’American Sound Studios de Memphis, en janvier et en février 1969, pour y enregistrer ce qui allait devenir les fameuses sessions « marathon ». Plus d’une trentaine de chansons ont été immortalisées, avec un Presley en grande forme, entouré de musiciens hors pairs. Certes, ces derniers, qui avaient précédemment enregistré avec Neil Diamond, les Box Tops et Dusty Springfield peu auparavant, étaient quelque peu sceptiques en apprenant qu’ils auraient à travailler avec le « King ». Malgré le « retour » de 68, il faut dire que celui qui avait jadis chanté « Hound Dog », « Good Rockin’ Tonight » ou « Reconsider Baby » semblait vivre, depuis quelques années, sur une autre planète, à côté des Dylan, Hendrix ou Beatles. Le premier album qui résulta de ces sessions fût « From Elvis In Memphis » (juin 1969), acclamé entre autres par la revue « Rolling Stone », un album « country-soul » où la testostérone et le vent du Sud sont palpables, où une simple ballade country telle « I’ll Hold You In My Heart (Till I Can Hold You In My Arms) » d’Eddy Arnorld est devenue un country-blues d’une rare intensité, et ce, en seulement une prise. Même transformation pour des standards tels que « After Loving You », méconnaissable, où « I’m Movin’ On », une chanson de Hank Snow (très supérieure à la version des Stones, selon moi...) Et la liste continue, avec les splendides « Wearin’ That Loved On Look », un « soul » électrisant qui ouvre l’album, ou bien sa version de « Long Black Limousine » qui n’a plus rien à voir avec l’original. La chimie était parfaite et le chanteur et les musiciens n’ont pu que se féliciter après cette aventure exceptionnelle. Toujours tiré du même album, « In The Ghetto » (écrite par Mac Davis, qui avait déjà donné des chansons comme « A Little Less Conversation » et « Clean Up Your Own Backyard » à Elvis), un protest-song, grimpa la même année vers les sommets des « charts » américains (#3 aux U.S. et #2 aux U.K.).

À la suite de ce succès, RCA sorti un album double en novembre 1969, « From Memphis to Vegas/From Vegas To Memphis ». Sur les deux premiers côtés, on pouvait entendre un spectacle enregistré la même année, à Las Vegas, (sorti individuellement sous le titre « Elvis In Person » en 1970). Les deux autres faces furent réservées à d’autres titres tirés des sessions de janvier et février, aux American Sound Studios. Là où le premier album avait été impeccable, celui-ci avait plusieurs fautes. Si ont retrouve une pièce comme « Stranger In My Own Hometown », la plupart des chansons n’ont pas la même qualité que celles qui se trouvaient sur le disque précédent. Parmi les meilleurs titres qui n’avaient pas encore été dévoilés au public, il y avait ceux qui étaient exclusivement réservés pour des « singles » tels les « Suspicious Minds » et « Kentucky Rain ». Mais il faut se rappeler que tous ces titres ont été enregistrés durant la même période. « In The Ghetto » et « Suspicious Minds » n’ont PAS été « enregistrés un peu plus tard ». Un « I’m Movin’ On » a côtoyé un « A Little Bit Of Green » (14-15 janvier), petite chanson pop sans grand intérêt historique (même si elle peut être tout de même plaisante) ; un « Do You Know Who I Am » s’est frotté au « Power Of My Love » (blues hallucinant sorti sur le premier album)... Mais dans toute session (ou presque), il y a des pièces qui fonctionnent et d’autres pas (et c’est arrivé aux Rolling Stones, un des plus grands groupes de rock). Sa version de « Hey Jude », par exemple, sortie 3 ans plus tard, sur « Elvis Now » (sic), est tout simplement horrible ! Si les faces trois et quatre de l’ensemble « From Memphis To Vegas/From Vegas To Memphis » pouvaient faire figure de matériel additionnel pour en donner plus à qui voulait entendre le « Roi du Rock » en spectacle, lorsqu’elles furent séparées de leurs sœurs, en 1970, pour devenir « Back In Memphis », ont était loin d’avoir un album aussi puissant que « From Elvis In Memphis ». Sans la partie spectacle, ce florilège quelque peu léger avait peu de chances de survivre. Si au moins les « Suspicious Minds », « Rubberneckin’ », « Kentucky Rain » ou « Don’t Cry Daddy » y avaient été incluse dès le départ, on aurait eu droit à un peu plus de muscles. Il y a eu un « RETOUR » du « King », un retour aux sources, au country électrifié et électrifiant, au blues cochon, au cœur et au « soul ». Le malheur, c’est que RCA Victor a, à l’époque, profité de la manne d’une façon éhontée et a « étiré la sauce ».

Pour terminer, dans le merveilleux monde de la musique, il ne suffit pas de « composer » ses propres pièces, encore faut-il leur donner une voix, une âme, et c’est ce que Presley a fait pour nombres de chansons qui, passées par son moulinet (son interprétation autant que SA production, puisqu’il a tiré les ficelles de la majorité de ses sessions pour RCA, aux dires des musiciens et à l’écoute des nombreux inédits), ont transformés la musique, dans les années 50 surtout, à l’instar des Beatles (pour les « sixties »), pour ne nommer qu’eux. En étudiant l’histoire de la musique du XXe siècle, il est facile de rendre à César ce qui est à César... Alors, une « création » c’est aussi une « interprétation » et pas seulement une « composition ». Une « Big Mama » Thorton, aussi extraordinaire qu’elle a pu être, a connu son seul succès, en 1953 (trois ans avant Elvis Presley), avec « Hound Dog », chanson composée par... Leiber et Stoller... Qui s’en soucie ? Sa version était tout aussi personnelle et grandiose. Ou les Stones ? Lorsqu’ils ont repris « Not Fade Away » de Buddy Holy, est-ce que quelqu’un a protesté ? Les Stones sont un des groupes qui ont le plus repris de standards... des « morceaux écrits par d’autres »... mais avec quel brio ! Aretha Franklin n’a pas composé ses grands succès. Et puis ? Quelle voix ! Cela m’étonne toujours que l’on doive, encore et encore et encore, reprendre ce vieux débat.

13 février 2006, Montréal, Québec, Robert Fernet, qui n’est pas un inconditionnel, mais un amoureux de la musique et de la vérité (wherever you are...) ;)

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Elvis Presley : "Back in Memphis"

11 janvier 2006 [retour au début des forums]

Pourquoi alors ne pas aborder la glorieuse période du King ?

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Elvis Presley : "Back in Memphis"

11 janvier 2006 [retour au début des forums]

Non mais ça va, y’a pas besoin tu sais.

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