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Canned Heat : "Boogie with Canned Heat" Still on the road lundi 27 novembre 2006, par |
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Mythique groupe de la fin des années 60, qui gagna ses galons d’immortel par sa participation au festival de Monterey et surtout, sa présence en tête d’affiche au festival de Woodstock. Marqué par de nombreux décès au cours de son parcours, Canned Heat n’en continue pas moins de tourner encore aujoujourd’hui, entre salles légendaires et rassemblements de bikers. Retour sur l’album qui les révéla.
Canned Heat, c’est d’abord la rencontre de deux très grands amateurs de blues : Bob "The bear" Hite (parce que son physique rappelle celui de l’animal) et Al "The owl" Wilson (parce qu’il est myope), plus tard rejoints par Henri "Sunflower" Vestine (parce que c’est dans le ton de l’époque...), transfuge des Mothers Of Invention. Le patronyme du groupe lui-même provient d’un terme argotique désignant un tord-boyaux frelaté en conserve qui récoltait pas mal de succès au temps de la prohibition. Malgré de claires tendances psychédéliques, incontournables à l’époque, Canned Heat reste avant tout une formation à la croisée des chemins entre le blues et le boogie, un de ces groupes roots, typiquement américains, qui se montrent capable de délivrer un sentiment de liberté absolue, construit sur des images mentales d’expéditions motorisées sur une route brûlée par le soleil. Leur premier album, intitulé sobrement Canned Heat et comptant une part importante de reprises de grands classiques, ne rencontre qu’un succès d’estime. Mais leur prestation au festival de Monterey et, surtout, la piste vedette du second album, les propulsent immédiatement au pinacle des groupes en vogue parmi la jeunesse dissipée de la fin des années 60. Pourtant, ce grand succès est à nouveau une reprise d’un ancien standard de Jim Hoden, mais qui ne connaîtra un succès de masse qu’à la suite de son accaparation par Canned Heat. Il s’agit du célèbre On the road again, interprété d’une voix fragile et délicate par Al Wilson. Autres evergreens, Evil woman ou le métronomique Amphetamine Annie sont irrésistibles, de par leur rythme qui semble renouer avec une pureté vieille de plusieurs décennies. Si Canned Heat se livrait à des prestations particulièrement excitantes en concert, les albums studio ne permettent guère d’en prendre toute la mesure. L’album se clôt cependant sur un instrumental particulièrement réjouissant : les dix minutes secouées de Fried hockey boogie, longue improvisation déjantée d’une maîtrise remarquable, qui donne une petite idée de ce dont le groupe était capable une fois sur scène. La suite sera moins rose : Al Wilson décède d’une overdose - peut-être volontaire - en 1970. A partir de là, privé de leur compositeur principal, Canned Heat mènera une carrière en marge de la reconnaissance de masse, pouvant toujours compter sur un noyau dur de fans mais ne retrouvant plus jamais le vaste succès populaire qui avait été le sien durant la brève période 1968-1970. Toujours trop gras, Bob Hite succombera à son tour à un infarctus juste après un concert en 1981, suivi par Vestine en 1997. Canned Heat continue pourtant à tourner encore aujourd’hui, avec le batteur Fito De La Parra en tant qu’unique survivant de la période glorieuse, celle qui avait vu fleurir l’une des plus brillantes symbioses jamais imaginées entre la tradition musicale américaine et l’esprit de son temps. |
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