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Black Sabbath : "Sabbath bloody sabbath"
Sabbat de luxe

vendredi 23 novembre 2007, par Marc Lenglet


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En 1973, Black Sabbath domine sans contestation possible la scène metal encore embryonnaire, indifférent aux railleries d’une certaine presse qui s’obstine à les considérer comme une bande de guignols de très mauvais goût. Craignant que son noir bébé ne sombre dans la routine et, désireux de donner un nouveau souffle à ses comparses plus occupés à se foutre en l’air qu’à réfléchir au futur du groupe, le guitariste Tony Iommi décide de prendre tout le monde à rebrousse-poils en révolutionnant la vision musicale d’un groupe resté artistiquement immobile tout au long de ses quatre premiers albums.

Ce n’est pas peu dire que ce Sabbath bloody sabbath marque une rupture nette avec tout ce qui avait précédé. Alors que le public s’attend simplement à une nouvelle fournée de rock lourd et plombé, le groupe de Birmingham s’essaie, sur ce cinquième album, à des constructions musicales moins brutes, qui font la part belle à la recherche d’harmonies et à quelques-unes de ces démonstrations de bravoure qui constitueraient l’ordinaire du metal quelques années plus tard. Les vecteurs les plus visibles de cette évolution sont un recours plus appuyé qu’auparavant à la guitare acoustique (comme en témoigne le très bel instrumental Fluff) et l’injection de nappes de claviers plus (Sabra cadabra, morceau de grande qualité qui peut compter sur la présence de Rick Wakeman de Yes) ou moins de bonheur (l’affreux Who are you, sorte de space-rock crypto-gothique foireux).

Black Sabbath ne se cantonne cependant pas à ajouter de simples éléments techniques à son œuvre. Le processus de composition connaît lui aussi des modifications en profondeur. Sabbath bloody sabbath met plus que jamais l’accent sur la recherche de mélodies et sur une perpétuelle dualité entre puissance et grâce. Même les pièces plus rudes (Sabbath bloody sabbath, Killing yourself to live,...) ne se départissent pas d’un puissant feeling mélodique. Dans le cas de la chanson-titre, un simple changement de rythme couplé à l’utilisation d’une guitare sèche pour le refrain confèrent une ampleur inattendue à cet incontournable la discographie du Sab’. De même, Iommi et ses comparses se risquent à des constructions nettement plus élaborées qu’à leurs débuts : A national acrobat, par exemple, ou encore, le très atmosphérique Spiral architect, dans lesquels on voit parfois l’acte fondateur du metal progressif.

Les fans seront évidemment divisés quant à cette évolution inattendue, les uns y percevant une formation qui n’hésite pas à prendre des risques pour défricher de nouveaux territoires - ce qui est tout à fait exact -, les autres songeant avec amertume que le meilleur est probablement déjà derrière eux, ce qui n’est pas faux non plus. Il est vrai que Black Sabbath ne fut jamais aussi grand qu’à ses débuts, lorsqu’il décochait ses complaintes morbides et rocailleuses sans se préoccupper le moins du monde d’élégance. Sabbath bloody sabbath n’est pas exempt de faiblesses, qu’il s’agisse d’expérimentations peu convaincantes, de tubes pop un peu trop décalés (Looking for today) ou de redites un peu trop voyantes (A national acrobat ressemble tout de même beaucoup à une version plus alambiquée de Sabbath bloody sabbath). Sa principale faiblesse provient toutefois de cette quête obsessionnelle des arrangements les plus riches, qui semble s’être parfois réalisée au détriment de l’impact et de la puissance des compositions. Sabbath bloody Sabbath est un bon album, l’un des derniers de Black Sabbath à en valoir réellement la peine qui plus est, mais sa légende semble aujourd’hui quelque peu surfaite.

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Marc Lenglet





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Black Sabbath : "Sabbath bloody sabbath"
(1/2) 26 novembre 2007, par Raphaël
Black Sabbath : "Sabbath bloody sabbath"
(2/2) 24 novembre 2007, par Iron jp Man




Black Sabbath : "Sabbath bloody sabbath"

26 novembre 2007, par Raphaël [retour au début des forums]

Bien bien mais j’aime beaucoup " Who are you ", c’est justement un coté insolite du disque fort agréable :-)

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Black Sabbath : "Sabbath bloody sabbath"

24 novembre 2007, par Iron jp Man [retour au début des forums]

La voix d’Ozzy... C’est souvent dommage. Mais en même temps, on se demande qui aurait pu le remplacer. C’est simple, Ronnie James Dio. Heaven & Hell et Mob rules sont le sommet de Black Sabbath. Bien sur, ils ne sont plus pionniers comme un Paranoid. Mais l’art n’est pas que création. Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage, polissez-le et le repolissez... (n’est-ce pas Boileau dans l’Art Poétique ?)

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