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Aerosmith : "Toys in the attic" A ressortir d’urgence du grenier ! mercredi 15 juin 2005, par |
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En 1975, Aerosmith a déjà quelques années de route au compteur. En dépit d’une activité incessante, les Duponts volants sont pourtant considérés à l’époque comme un groupe anecdotique, une pâle copie américaine des Rolling Stones. Il est vrai que les premiers albums, à l’une ou l’autre exception près, ne proposaient rien de franchement extraordinaire.
Le groupe a pourtant d’intéressants arguments pour lui. Des musiciens hors pairs, un chanteur charismatique à la voix très particulière, entre lascivité et répulsion, et une optique musicale assez déroutante, incorporant de nombreuses et discrètes touches de funk sur un fond hard rock des plus classiques. Mais entre un chanteur lippu et extravagant, et un guitariste aux allures de gitan mystérieux, l’analogie avec le plus grand groupe de rock au monde de l’autre côté de l’Atlantique se fait quasi automatiquement. Aerosmith, en manque d’un hit mémorable qui pourrait asseoir sa renommée, continue à être ridiculement perçu comme une imitation abâtardie des Rolling Stones. Ce hit, c’est l’album Toys in the attic qui le livrera : Walk this way, pièce parfaitement inclassable à une époque encore relativement formelle en matière de hard rock. L’influence blues, caractéristique de la majeure partie du rock de ces années-là, est encore universellement prégnante, y compris sur cet album, comme en témoigne la pièce Big ten inch record. Mais Walk this way, son riff d’intro entêtant, sa construction inédite, va résonner comme un véritable coup de tonnerre au cœur des années 70, et s’imposer comme la véritable réponse américaine à la prédominance britannique dans le domaine du rock dur. Il n’est pas étonnant que ce soit ce même titre qui permit à Aerosmith, en 1986, de renaître de ses cendres de manière flamboyante après plusieurs années de vaches maigres. Alors que le metal revenait au premier plan et que le hip-hop connaissait une percée fulgurante, quelle meilleure idée, commercialement parlant s’entend, que de répondre à l’invitation de rappeurs à succès, en l’occurrence Run DMC, pour mettre sa propre musique au goût du jour ? L’apparition de membres du groupe dans le clip donna une nouvelle visibilité à Aerosmith, et lui permit de renouer avec le succès, qui ne semble pas l’avoir abandonné depuis lors. Et Walk this way devint un de ces rares chansons qui ont pu cartonner deux fois dans les charts à une décennie d’intervalle. L’autre grand succès de l’album, Sweet emotion, composé par Tyler au sujet des problèmes internes du groupe, fait certes figure de petit frère contrefait face à la puissance et au génie de Walk this way, mais ce morceau simple et accrocheur aux ambiances orientales, reste un classique indémodable lors des concerts. Hormis ces titres mémorables, les pièces les moins connues de Toys in the attic valent également le détour. A commencer par le morceau titre, foudroyante déflagration rock au pinacle de ce que le rock américain des 70’ a pu générer de meilleur, dont l’énergie inépuisable préfigure déjà le punk alors embryonnaire. No more no more, et son refrain hyper accrocheur figure également au nombre des morceaux carrés et immédiats que Tyler et Perry semblent avoir toujours eu le don d’imaginer en un tour de main. Uncle salty, efficace mais d’une manière plus insidieuse, aborde le sujet des enfants abusés, thème dramatique qui sera revisité une dizaine d’années plus tard avec Janie’s got a gun. Quant à You see me crying, il annonce déjà la vague des power-balads langoureuse dont le groupe finirait malheureusement par faire pratiquement son unique fond de commerce. Dans la foulée, Dream on, superbe morceau sorti deux ans auparavant, connaît une seconde jeunesse et se voit enfin apprécié à sa juste valeur, y gagnant au passage ses galons de classique immortel du groupe. Aerosmith aurait pu continuer sur sa lancée. Rocks, l’année suivante, maintint le cap de qualité, mais l’incroyable succès de Toys in the attic annonça la transformation du groupe, selon le mot de Joe Perry, « d’un groupe de musiciens qui touchaient un peu à la drogue à un groupe de drogués qui touchaient un peu à la musique ». Au lieu de pousser plus loin à son avantage, Aerosmith se contenta de camper sur ses acquis, stagnation évidemment suivie d’un inévitable déclin musical et humain. Les Toxic Twins allaient mettre une décennie pour prendre le chemin d’une véritable renaissance. Avec le recul, force est reconnaître que ce n’était pas forcément celle que l’on attendait. Mais le fait qu’un groupe plus que trentenaire puisse encore compter à ce point en 2004 sans se reposer uniquement sur ses classiques antédiluviens force obligatoirement le respect. C’est entendu, Toys in the attic synthétise l’essence même d’Aerosmith au maximum de ses potentialités, même si les deux volets à succès de leur carrière sont si différents que toute comparaison reste un peu hasardeuse. Si vous êtes à la recherche du meilleur album de hard rock américain des années 70, vous l’avez probablement trouvé. |
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Il y a 6 contribution(s) au forum. Aerosmith : "Toys in the attic"
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