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Bruxelles, Ancienne Belgique, 5 février 2006
Bauhaus Going to Hell again jeudi 9 février 2006, par |
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Bauhaus en concert. Quel sens cela a-t-il, vingt-trois ans après la dissolution du groupe et alors qu’il revient sans aucun nouveau matériel ? N’allait-il s’agir « que » d’une tournée best-of semblable à celle de 1998, n’ayant d’autre prétexte que de faire rentrer de l’argent dans les caisses et, éventuellement, de justifier la sortie d’un DVD et d’un énième album live ? Que nenni. Bauhaus en concert, du moins pour ce qu’on a pu voir à l’A.B. ce 5 février, c’est une expérience d’une beauté et d’une intensité absolument indescriptibles. Une magie qui opère dès les premiers instants et qui vous envoute au plus profond de votre être. C’est plus fort que le sexe, ai-je envie de dire. Malheur aux absents ! En seulement quatre albums, sortis entre 1980 et 1983, Bauhaus a gagné un statut de groupe culte et a servi de modèle à toute une génération de musiciens. Mieux encore, en mariant ses influences du glam-rock de Bowie et T-Rex à la folie du Velvet Underground, à la violence des Stooges et à des références littéraires et cinématographiques morbides, le groupe a enfanté sans le vouloir la mouvance gothic-rock. On ne s’étonne donc pas de voir un public presque exclusivement habillé en noir et qui compte quelques très beaux spécimens de corbeaux. C’est pareil lors de chaque déplacement des quatre fringants Anglais, eux-mêmes peu amateurs de bermudas et de chemises hawaïennes. Sans première partie, Peter Murphy, Daniel Ash, David J. et Kevin Haskins se font attendre. Dans la grande salle de l’Ancienne Belgique, la tension est palpable et ne cesse de monter au fur et à mesure que les minutes s’égrainent. Des sifflets retentissent. Des cris se font entendre. Finalement, les lumières s’éteignent et Daniel Ash pénètre sur la scène, seul, éclairé par un puissant projecteur. Le guitariste apparaît toujours aussi glamour, avec ses lunettes solaires style La Mouche et son imposant gilet en fourrure. Il joue les premières notes de Burning from the inside et la majeure partie de la foule entre aussitôt dans une transe dont elle ne sortira que vingt-et-un morceaux plus tard. David J., à la basse, et son frère, le batteur Kevin Haskins, font ensuite leur entrée, bientôt rejoints par Peter Murphy, debout sur un baffle. Le quatuor enchaîne alors les titres sans aucun temps mort. Ca pogotte d’ailleurs joliment sur In the flat field et God in an alcove, deux des morceaux parmi les plus efficaces du set. Murphy se montre très sûr de lui et est vocalement dans une forme éblouissante. Son envoûtante voix grave atteint des sommets vertigineux qui ont de quoi faire frissonner, ou glacer le sang. Héritage du glam oblige, il ajoute une dimension théâtrale à sa prestation. Il escalade les baffles pour y prendre des poses inquiétantes. Il s’aide d’une lampe torche pour éclairer son propre visage ou celui de spectateurs des premiers rangs. Il manipule des bouquets de roses rouges dont il jettera méticuleusement chaque pétale dans le public. En bref, il assure le spectacle, ce qui compense quelque peu la faiblesse du light-show, nettement moins spectaculaire qu’à Deinze en 1998 (plus d’écran géants, d’ampoules suspendues au plafond et de bougies pour cette fois). Et il fait bien car hormis Daniel Ash, dont le jeu de guitare presque bestial constitue à lui seul un authentique spectacle, les autres musiciens sont plus réservés. David J., peu expressif, se contente de jouer ses parties de basse avec maestria. C’est pareil pour Kevin Haskins, le batteur, discret mais ô combien efficace. Le premier gros pic d’intensité du concert est atteint avec l’enchaînement des tubes She’s in parties et The passion of lovers, repris en chœur par toute l’assemblée. La tension retombe ensuite quelque peu avec le toujours poignant Hollow Hills, puis Bauhaus joue sa première reprise de la soirée : Rosegarden funeral of sores de l’ex-Velvet John Cale. Des reprises, il en sera encore question pendant le premier rappel. Après son classique immortel All we ever wanted was everything, le groupe interprète Severance, une reprise des Australiens de Dead Can Dance jouée live et enregistrée en 1998, lors de la courte réunion du Resurection Tour. Ensuite, ce sera, à la surprise générale, au tour de Joy Division d’avoir les honneurs d’une cover, avec Transmission. A ce moment, les fans semblent tout bonnement transportés sur autre planète. C’est la folie dans la fosse ! Je crois qu’on a dû entendre les deux mille spectateurs de l’A.B. chanter le refrain Dance, dance, dance to the radio ! jusqu’à l’autre bout de Bruxelles. Afin que l’hommage soit le plus complet possible, Peter Murphy n’hésite pas à réaliser les fameux mouvements mi-danse mi-crise d’épilepsie du regretté Ian Curtis. Même si David J. n’égale pas Peter Hook à la basse, on peut dire que Daniel Ash supplante littéralement Bernard Sumner à la six-cordes. Et le morceau y gagne, dès lors, incontestablement en intensité et surtout en violence, car le jeu de Ash est bien plus strident et déchirant que sur la version originale du groupe mancunien. Viendront ensuite les très rock’n’roll Telegram Sam de T-Rex et Ziggy Stardust de David Bowie. A ce propos, Bauhaus avait réussi en 1983 la prouesse de classer Ziggy dans le Top 10 britannique, ce que Bowie n’avait pas accompli à son époque. Enfin, c’est l’interminable Bela Lugosi’s dead qui nous sera livré comme ultime rappel. Murphy se présente alors à nous drapé dans une imposante cape chauve-souris, clin d’œil à l’acteur des premier Dracula. L’ombre de Bowie plane encore sur ce morceau lancinant, qui fut, rappelons-le, utilisé dans le film The Hungers, où Bowie jouait un... vampire. Tiens, et si Bauhaus pouvait se résumer à ça : Ziggy Stardust et les Spiders From Mars faits vampires et qui sortent épisodiquement de leurs cercueils, la nuit tombée, pour venir rappeler aux vivants qu’ils resteront toujours le plus grand groupe de rock’n’roll au monde ? |
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Il y a 14 contribution(s) au forum. Bauhaus
(1/8) 1er mai 2006, par karine mintoff Bauhaus
(2/8) 16 février 2006 Bauhaus
(3/8) 11 février 2006, par Maddog7 Bauhaus
(4/8) 11 février 2006, par crivl Bauhaus
(5/8) 10 février 2006, par el b Bauhaus
(6/8) 10 février 2006 Bauhaus
(7/8) 9 février 2006, par tu es vu Bauhaus
(8/8) 9 février 2006, par Jéj |
Bauhaus 19 février 2006, par line [retour au début des forums] Pour réagir au problème technique de Bauhaus à Paris. Moi, qui suis ingénieur du son, je prévois tjs un micro HF au cas où qqchose comme cela se produit... Avec un pro cela ne ce serait pas produit !
Dans un concert toute éventualité doit être anticipée. Bauhaus 20 février 2006, par Menschmaschine [retour au début des forums] CHère ingé çonne.... A quoi peut te servir un magnifique HF en spare (ce que bauhaus a, bien évidemment déjà) quand le tableau de distri des amplis facade saute ??? J’adorerais voir ce magnifique tour de passe-passe, un simple micro HF relevant les fusibles d’un tableau, wouaaah la classe ! Moi qui travaille comme misérable technicien lumière (je bossais à l’ab pour bauhaus), je n’ai, jamais de ma vie, pensé utiliser un micro HF lors de problèmes de jus avec mes tableaux lights...Béotien que je suis !!! Allez, sérieusement, je vois ce que tu as voulu dire, mais vu que là la panne était tout simplement une coupure des amplis facade, notre pauvre (et fort sympathique) ingé son n’aurait pu rien faire... Concernant les lights, certes pas de chichis, mais je pense que ca gagnait en côté "industriel minimaliste"...un seul regret, si le line-up est d’origine, les crew l’étaient aussi, et visiblement, un ingé light, ca vieillit mal et ca perd le sens du rythme avec l’âge.....Bref beau light-show, qui aurait gagné à être...en rythme avec la musique ! @+ Bauhaus 11 mars 2006 [retour au début des forums] Bah oui, le vrai truc de pro, c’est d’aller voir l’armoire avant de se brancher, qu’on fasse des lights ou du son, c’est l’essence du début de tout. Sinon ca saute.
Bauhaus 9 février 2006 [retour au début des forums] Ben oui, c’est une rubriques Concerts.
Bauhaus 12 février 2006, par Busterwulf [retour au début des forums] Ben pareil mon vieux Jéj, un bon choix de reprises, alors que leur répertoire perso est déjà énauuuuurme... Viendez aussi en France les Bauhaus ! Bauhaus 13 février 2006 [retour au début des forums] Ben ils sont venus au Bataclan ...
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