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Bruxelles, Forest National, 11 novembre 2003 Radiohead Dans 10 ans on pourra dire fièrement : j’y étais ! jeudi 20 novembre 2003, par |
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On a tout dit et tout écrit au sujet de Radiohead. Constamment couverts de superlatifs et honorés de récompenses diverses (meilleur album, meilleur groupe au monde…), les as d’Oxford sont au sommet depuis 10 ans et confirment, disque après disque, qu’ils sont ce que la musique a connu de mieux depuis les Beatles. Leur passage à Forest National était un must, à ne manquer sous aucun prétexte.
Le public ne s’y est pas trompé, c’est une salle bourrée à craquer qui attend les cinq Anglais. Comme lors de leur venue à Werchter en juin dernier, tous les billets ont été vendus en un temps record, et ce malgré le prix élevé demandé (40 euros + frais d’envoi). En guise de consolation, l’organisateur nous offre Asian Dub Foundation, un groupe de renom international, en première partie. Seulement voila, la fusion reggae, hip-hop et électro du collectif londonien ne parviendra jamais à réellement emballer une foule qui est là pour tout autre chose. Les deux chanteurs exhortent la foule de jumper avec eux, mais la réponse est plutôt mitigée et tout le monde semble finalement soulagé de voir leur (long) set se terminer. Une vingtaine de minutes plus tard, c’est une foule en délire qui salue l’arrivée de Radiohead sur scène. Les jeux de lumières se mettent en branle et les premières notes de l’inquiétant The gloaming se font entendre. Les paroles, « Genie let out of the bottle... », résument bien ce qui se déroule devant nos yeux émerveillés. Quelque chose de grand et d’intense est en train de se produire... D’abord accompagné du seul Jonny Greenwood, qui diffuse des sons programmés depuis son laptop, Thom Yorke est progressivement rejoint par le guitariste Ed O’Brien, le bassiste Colin Greenwood et le batteur Phil Selway. Ils entrent ensuite dans le vif du sujet avec un 2+2=5 hyper percutant et (déjà) repris en chœur par le public ! Deux autres extraits de Hail to the thief (Sit down stand up et l’excellentissime Where I end and you begin) suivent dans une même ambiance de liesse. Exit music (for a film), peut-être bien la meilleure chanson jamais écrite par Thom Yorke, plonge ensuite tout Forest dans une atmosphère de recueillement et d’émotion. Dans la fosse, un spectateur un peu exubérant qui pousse un hurlement est fusillé du regard par un Thom très peu loquace et qui n’apprécie guère les audiences trop dissipées. Ainsi, un écriteau à l’entrée de la salle signalait « les membres du groupe Radiohead vous demandent de ne pas faire de diving crowd et de ne pas vous faire porter par la foule (...) ». Qu’à cela ne tienne, Mr Yorke est dans une telle forme, qu’on lui pardonnerait n’importe quoi. Il passe avec la même habilité de la guitare au piano et se lance par moments dans une frénésie proche d’une crise d’épilepsie à la Ian Curtis. Il faut dire que certains morceaux s’y prêtent bien : les plutôt électro Myxomatosis et Idioteque et le fameux The national anthem. Pour ce titre de l’album Kid A, célèbre pour sa ligne de basse qui a dû susciter bien des vocations, nous sommes un peu déçus de voir Colin Greenwood jouer dos au public, caché dans un coin de la scène. Ce comportement très discret du bassiste, d’un bout à l’autre du concert, contraste avec la personnalité extravertie et la bonne humeur apparente d’un Ed O’Brien, par exemple. Qu’il joue de la six cordes, qu’il fasse des percussions (sur There there), ou qu’il soutienne la voix de Thom, Edward s’amuse sincèrement. De son côté, le racé Jonathan Greenwood, jadis guitariste principal du groupe, est le plus souvent occupé à manipuler ses étranges machines. L’alchimie entre les cinq musiciens fonctionne à merveille et ils nous livrent le concert parfait par excellence : 10/10 sur toute la ligne ! Après 23 morceaux d’une intensité poignante dont un Everything in it’s right place à rallonge en rappel, Radiohead s’en va sans un mot et les lumières se rallument. Quelques minutes plus tard, le temps de se remettre de ces émotions, c’est tout sourire que nous quittons la salle à notre tour, certains d’avoir vécu un moment qui restera gravé dans les annales. Ce soir Forest National était the place to be, c’est une certitude. |
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