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Ugress : "Collectronics"
Omelette norvégienne

lundi 6 décembre 2010, par Vincent Ouslati

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Derrière le titre gentiment provocateur d’Ugress (un truc qui se fume et rend un peu con), il y a un Norvégien, le sieur Gisle Martens Meyer. Un personnage prolifique qui fit d’une petite expérience électronique de quoi nourrir une déjà notable carrière de dix ans, ponctuée par quatre albums et une foultitude d’E.P. Dix ans d’expériences, ça se fête par un bon résumé pour ceux qui sont passés à coté de l’électroniqueur du Nord. Rapide tour du proprio avec Collectronics.

Ugress a tout du patchwork musical qui ne peut décevoir personne réellement tant il bouffe à tous les râteliers et régurgite – presque - à chaque fois quelque chose de simplement bon. Il semblait donc hasardeux d’aller combiner tant de titres étrangers sur un même support, le bougre en chef (nommons-le G2M pour plus de concision) étant généralement plus à l’aise dans des formats réduits, modestes. Mais cette petite bête compilatoire l’a durement titillé et lui a fait dire que bon, dix années valaient bien un hommage, que voici.
G2M a pour le coup soigneusement malaxé sa production passée, et ne nous fait profiter que d’un unique inédit avec Nightswimming, profitant de la jolie voix de Christine Litle, une des muses attitrées de G2M. Oubliez ce gras air de Morcheeba (plus qu’un air de fait), car c’est pas mal servi, sans trop d’efforts. Alors oui, un machin qu’on connait pas sur seize morceaux, c’est maigre, c’est peu, c’est vrai, et on peut râler si on en a envie.

Pour ce qui est de la barbaque réchauffée, on en a pour ses thunes cependant. De la mélodie enfantine avec Klavier apparat, de l’électro-rock - volontairement - désuète quoique sympathique (Terapolis nightclub fantasy), quelques relents obscurs sur Ghost Von frost (un de mes préférés soit-dit en passant) ou la patine totalement dramatique d’Einhorn 22, le ton adopté est souvent peu enjoué. Beaucoup de tics dark-wave qui renvoient à Sopor Aeternus dans son ère la plus électronique, voire à Zoo (notamment à leur album Revolution), ce qui ne s’avère pas désagréable.

Diurnal Entropy parvient à embringuer l’auditeur dans des ambiances à peine moins pompeuses qu’E Nomine, plaquant de manière plus fine que les danseurs teutons quelques chœurs d’église évitant de justesse le ridicule.
Tout en proposant une matière sombre, G2M au travers d’une bête compilation s’amuse toujours autant et convainc aisément tant d’une large connaissance de son art que de ses aptitudes musicales. Collectronics est évidemment inutile pour les connaisseurs, les autres peuvent y jeter quelques euros sans trop de craintes. C’est d’la bonne.



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Vincent Ouslati