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Pixies : "Minotaur"
Qu’est-ce que le rock ?

samedi 5 décembre 2009, par Yû Voskoboinikov

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Imaginez un philosophe demandant à un banquier le rock. Le banquier propose au philosophe des disques des Virgin Prunes et de Nirvana, mais le philosophe refuse, parce ce sont des disques rock, mais ce n’est pas le rock.

Une Idée est une représentation de l’esprit, elle est l’essence des choses. Chez Platon, l’essence préexiste à la matière, tandis que chez Sartre, l’existence précède l’essence. L’œuf ou la poule, en somme, ou l’illustration parfaite du débat vain destiné à livrer à la plèbe toute la philosophie dont elle est capable : la foire d’empoigne. Comme souvent, l’on prend le problème par le mauvais côté. Parce qu’en fait, que l’essence passe avant ou après, finalement, on s’en moque ; cela ne change pas le véritable problème, à savoir que le rock existe, et que finalement personne ne semble capable de le définir.

S’il était apparu en Grèce Antique, le rock aurait été contenu dans une jarre, que Pandore aurait ouverte ; le monde n’en aurait pas été pire. Mais voilà, il s’avère que le rock est contenu dans une boîte en carton à 495 Dollars américains, sans compter la douane et les frais de port ; à ce prix, on appelle cela un coffret. Et si cela fait des années que l’on savoure divers particuliers du rock, ce n’est qu’en 2009 que l’essence même du rock est enfin livrée au public, dans son obscénité la plus aristocratique, que seule une poignée d’élus pourra s’offrir.

Parce que c’est cela, le rock, une entité universelle et élitiste qui a choisi de personnifier son essence au sein d’un groupe de quatre adolescents éternels assénant une musique dont la portée va de l’Alpha à l’Oméga, en prenant soin de massacrer avec soin tout ce qui aurait le malheur plaisant de se trouver entre. Musique par essence schizophrénique qui s’est posée comme si de rien n’était comme la charnière fondatrice du rock, un axe réfutant l’existence du présent pour mieux se concentrer sur ce qui reste, une distorsion temporelle telle que l’on pourrait croire que l’histoire du rock ne serait que la cime d’une montagne à partir de laquelle le passé et le futur ne feraient que s’effondrer, le sommet d’un gratte-ciel où un type satisfait contemplerait l’effondrement du monde tout en se demandant : « Mais où ai-je la tête  ? ».

Le rock est les Pixies, et sa jarre se nomme Minotaur.



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Yû Voskoboinikov