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Sigur Ròs : "Hvarf/Heim" Trésors cachés jeudi 27 décembre 2007, par |
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Complémentairement à la sortie de leur DVD Heima, Sigur Ròs nous envoie pour cette fin d’année une double compilation reprenant des raretés et des versions live acoustiques de certains de leurs morceaux. Si d’ordinaire ce genre de sorties a principalement pour objectif d’octroyer au groupe (enfin... au label) un confortable petit bas de laine pour les fêtes, les Islandais ont par contre décidé de gâter leurs fans en leur proposant rien de moins qu’un double album totalement indispensable.
Premier constat, récurrent avec Sigur Ròs, le packaging est magnifique. On est loin de la perfection et du minimalisme conceptuels de ( ), mais le boîtier est luxueux, bien pensé, totalement dans l’esprit du disque. Le groupe s’est toujours distingué par le souci maniaque apporté non seulement à sa musique, mais également à tout ce qui l’entoure, notamment et surtout l’aspect visuel. Par le soin ici apporté, on se sent déjà rassuré quant au contenu. Non, il ne s’agira pas de démos pourries copiées-collées sur disque et basta. Non, il ne s’agira pas d’interprétations bancales repêchées ici et là pour étoffer un peu le produit. Commençons par Heim, le disque live acoustique. Il ne s’agit pas ici d’un live donné devant un public, mais bien d’un enregistrement en une seule prise. Ceci afin de garantir une qualité de son optimale (et d’éviter les interventions du public ?). L’idée est ambitieuse, surtout pour un groupe pour lequel les arrangements et le travail derrière la console sont si riches et si importants. On se montrera toutefois un poil déçu par le choix des titres. Samskeyti et Vaka, respectivement troisième et premier titres de ( ) sont des titres minimalistes et quasi acoustiques sur l’album dont ils sont issus, et les interprétations ici délivrées, pour toute apaisante et envoûtantes qu’elles soient, ne sont pas fondamentalement différentes de ce que nous connaissons. Mis à part ce petit bémol, le disque est somptueux. Renforcées par le quatuor à cordes Amiina, les compositions dévoilent toute leur finesse, tout le travail dont elles ont fait l’objet et se dégustent comme un melo-cake. Le groupe pousse son jeu (notamment le chant et les cordes) très loin dans l’emphase, mais ne franchit jamais la limite qui le mènerait au sirupeux et au te veel is te veel. Le CD se termine. On prend cinq minutes pour profiter du silence et prolonger le plaisir. On se lève... ... on place le second CD, Hvarf, et on monte encore un peu le son, parce que cette fois-ci, les guitares sont branchées. Il n’en faut pas longtemps pour être gagné par l’incrédulité. Ce sont des faces B, ça ? Des chutes de studio ? Des morceaux écartés des précédents albums ? Mais ils sont tarés ? Ne passons pas par quatre chemins : ici, on touche au sublime. On retrouve tout ce qui nous fascine chez Sigur Ròs. Ces murs de guitares aux cordes frottées par un archet, cette précision sonore diabolique, ce chant inhumain, ces ambiances éthérées et hallucinatoires, ces arrangements que l’on ne peut entendre nulle part ailleurs. Avec I gaer, le groupe va jusqu’à nous offrir un des plus beaux et des plus impressionnants morceaux de l’ensemble de sa carrière. Après son début au xylophone charmeur, il y a cette batterie qui claque comme si le sol s’ouvrait sous nos pieds et cette guitare noisy qui nous balaie comme le vent glacé de l’Islande. Difficile de s’en remettre tant on a l’impression d’avoir touché la perfection du bout du doigt. Quant aux autres morceaux, simplement dire qu’ils sont loin de faire pâle figure à côté de ce monstre donne une idée de la qualité globale de ce disque dont pas une seconde n’est à jeter. Inquiétante, charmeuse, mystique, désespérée, légère, à bout de souffle, cette double compilation nous emmène très loin et, bien qu’évoquant tous ces sentiments contradictoires, bien que regroupant de l’acoustique et de l’électrique, bien qu’enchaînant des morceaux composés à des périodes différentes de la carrière du groupe, jamais elle ne rompt la cohérence de l’ensemble. Les deux albums s’écoutent ensemble, comme deux faces d’une même pièce, comme le prolongement naturel de la discographie du groupe et non comme un appendice, un gadget commercial, une pause ou une stagnation. Un véritable tour de force. |
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