Pop-Rock.com



Led Zeppelin : "Mothership"
Since I’ve been loving them

mardi 13 novembre 2007, par Geoffroy Bodart

DANS LA MEME RUBRIQUE :
The Cure : "Join the Dots"
Nirvana : "Unplugged in New York"
Creed : "Greatest Hits"
David Bowie : "Bowie at the Beeb"
A-Ha : "How can I sleep with your voice in my head ?"
AC/DC : "Live"
The Smiths : "Rank"
Nada Surf :"Live in Brussels"
Killing Joke : "The Peel Sessions 1979-1981"
David Bowie : "David Live"


Actualité chargée pour Led Zeppelin, entre un concert attendu comme jamais (plus de vingt millions de demandes de places !), la sortie d’un best of, d’un DVD, et un nouveau disque solo pour Robert Plant. On se croirait presque revenu dans les années 70 où il n’y en avait que pour le Dirigeable. C’est tant mieux, car l’industrie musicale a plus que jamais besoin de mythes, de groupes qui peuvent traverser le temps sans vieillir et conquérir les kids génération après génération.

Y a-t-il quelque chose à redire à ce best-of ? Le son est énorme, et le track-listing, supervisé par le groupe, est évidement exceptionnel (comment pourrait-il en être autrement ?). On est ravi de voir évincé Misty mountain hop au profit de When the levee breaks. On pinaillera un tout petit peu de voir l’album III sous-représenté (seulement deux titres), et de constater que l’accent a surtout été mis sur le versant électrique de la carrière du groupe. C’est peu dire qu’on n’aurait pas rouspété de voir apparaître un petit Gallows pole, Thank you ou Going to California...

Voilà à peu près tout ce qu’il y a à en dire, de cette compilation. Alors pourquoi en faire une chronique ? Ce n’est évidement pas ici que l’on va retracer l’histoire du groupe, mais il ne semble pas inutile de participer à tout le battage médiatique qu’il y a autour de Led Zep en ce moment. Parce que ce serait bien que des gosses aillent acheter ce best-of. Pas qu’ils téléchargent l’intégralité de la discographie du groupe et écoutent les dix premières secondes de chaque chanson, non. Mais qu’ils achètent ce double album, qu’ils prennent le temps de regarder cette pochette, qu’ils insèrent les disques dans leur chaîne hi-fi, et qu’ils fassent cracher leurs enceintes. Qu’ils s’immergent pour de bon dans cette musique exceptionnelle. Car si Led Zeppelin n’est pas mon groupe favori, il est incontestablement le groupe que j’estime être le plus important, le plus influent et le plus fondamental de l’histoire du rock. A l’écoute de Mothership (et c’était déjà valable lors de ma découverte de ce groupe), on est frappé par l’évolution qu’il a suivi sans jamais rien perdre de son originalité et de sa spécificité. Que de chemin parcouru entre les deux minutes trente du défroqué Communication breakdown et les dix minutes de metal progressif de Achilles last stand, et pourtant, c’est le même groupe, la même fièvre, la même passion, la même énergie. Tout ce qu’on peut espérer de la sortie de ce nouveau best-of, ce sont de nouveaux coups de foudre, que des gosses ouvrent de grands yeux devant cette voix, cette batterie, cette guitare. Qu’ils courent acheter un instrument. Qu’ils prennent un panard monstrueux en trippant sur Kashmir. Qu’après ça, ils n’écoutent plus la musique, même le rock le plus séminal, comme ils bouffent un hamburger au Quick du coin.

Allez, pour changer un peu, un petit track by track sélectif, subjectif, et non informatif. Pourquoi aimer ces chansons ?

- Good times bad times : à cause de cette intro qui clashe comme un coup de trique. A cause de cette voix morveuse (et pourtant maîtrisée). A cause de ce solo déchaîné.

- Babe I’m gonna leave you : je suis tombé amoureux de Led Zeppelin grâce à cette chanson. Le chant est d’une puissance exceptionnelle. Qu’il s’agisse de murmurer ou de hurler, Robert Plant est capable de communiquer le même désespoir, la même soif de liberté. La symbiose avec la guitare de Jimmy Page suinte à chaque instant. Comme on dit : « il se passe quelque chose ».

- Whole lotta love : parce que c’est amusant de songer au scandale qu’ont provoqué les cris orgasmiques de Plant à l’époque. Et parce que le jour où je crierai comme ça quand je jouirai, il faudra que je pense à consulter.

- Ramble on : parce que parvenir à écouter ce morceau sans ressentir le besoin vital de tout retourner relève de l’exploit.

- Immigrant song : cette voix d’outre-tombe ! Ce riff ! Ces lignes de chant ! Quand on entend ça, on se dit 1) que plus personne n’oserait se lancer dans ce genre de hurlement ; 2) que même si certains osaient, jamais ils ne parviendraient à la cheville des Anglais et se vautreraient tous dans le ridicule.

- Since I’ve been loving you : pour ceux qui ne l’avaient pas encore compris, Led Zeppelin, c’est du blues, et cette chanson n’est rien de moins que celle considérée comme la meilleure jamais composée par des Blancs. Dire qu’elle constitue une passerelle privilégiée vers ce genre musical est peu dire. Mais le plus important, c’est qu’elle donne envie de chialer de bout en bout. Si avec Babe I’m gonna leave you, je suis tombé amoureux de Robert Plant, ici je suis tombé amoureux de Jimmy Page.

- When the levee breaks : certains (dont votre serviteur) soutiennent que sans Bonzo à la batterie, Led Zeppelin n’a plus de raison d’être. C’est la prestation du batteur sur certains morceaux, comme celui-ci, qui poussent à soutenir une telle position. C’est énorme, c’est puissant, c’est fondamental. Le reste de l’équipe est bien sûr à la hauteur, avec un riff d’une lourdeur implacable et un chant inquiétant, aérien. Le genre de morceau qui ne fait pas partie de la légende, mais que je considère comme l’un des tous meilleurs.

- Stairway to Heaven : même si on l’a trop entendue, elle reste un classique. A cause de cette progression. De ces paroles mystérieuses et envoûtantes. De son solo légendaire. Le groupe est clairement touché par la grâce.

- D’Yer mak’er : parce que même quand Led Zep fait du reggae, ça reste du Led Zep. C’est ce qui fait que ce groupe est impossible à imiter ou à reprendre. Et puis, un petit reggae au milieu de cette débauche d’électricité, c’est cool, sympa, frais, rigolo.

- No quarter : si D’Yer mak’er est cool, sympa, frais, rigolo, alors No quarter en est l’antithèse. Atmosphérique, plombé, inquiétant, progressif, il dévoile une autre facette du groupe. On les savait touche-à-tout, versés dans l’expérimentation, mais ici, ils sautent d’un coup quelques étapes dans l’évolution (ce clavier, ces effets sur le chant, cette guitare étouffée). Cette chanson est l’une des plus intrigantes de leur répertoire. De ce fait, elle est également l’une de celles vers lesquelles on revient le plus souvent. Et accoucher d’un morceau aussi avant-gardiste qui ne vieillit pas, c’est véritablement un tour de force.

- Kashmir : en parlant de morceaux qui ne vieillissent pas, ce n’est pas prendre un gros risque que d’affirmer que celui-ci n’aura pas pris une ride dans cent ans ! C’est avec des morceaux de ce calibre que le groupe démontre que sa position n’est pas usurpée. C’est avec des morceaux de ce calibre que le rock évolue. C’est avec des morceaux de ce calibre que Robert Plant s’impose comme le meilleur chanteur de l’histoire du rock et que Bonzo s’est installé sur la plus haute place du podium pour les siècles des siècles. Amen.

- Achilles last stand : si Led Zeppelin peut tout dire en deux minutes, il peut aussi faire cinq fois plus long sans radoter ni tourner en rond. Voici encore un morceau fondateur de toute une tranche du rock des trente années qui ont suivi. Epique et flamboyant !

- All my love : parce que Led Zeppelin, on aurait tendance à l’oublier, ce sont quatre jeunes garçons que la vie n’aura pas épargné. Le great rock’n’roll circus en plein, avec ses années folles, sa déchéance, et ses blessures internes. Et c’est un Robert Plant au bord du gouffre qui nous expose les siennes, secondé par un John Paul Jones qui tente de maintenir le cap alors que le sol se rapproche dangereusement...

Qu’on se le dise bien. Plus jamais un groupe de cette importance et gorgé de ce talent ne pourra émerger. Le rock est bel et bien mort, tué par l’excellence de ses pères fondateurs.



Répondre à cet article

Geoffroy Bodart





Il y a 7 contribution(s) au forum.

Led Zeppelin : "Mothership"
(1/7) 10 septembre 2012, par daisy
Led Zeppelin : "Mothership"
(2/7) 31 août 2012, par Dodge Lancer Power Steering Rack
Led Zeppelin : "Mothership"
(3/7) 28 novembre 2007, par Pache
Led Zeppelin : "Mothership"
(4/7) 14 novembre 2007, par jefferson
Led Zeppelin : "Mothership"
(5/7) 14 novembre 2007, par bonzo2206
Led Zeppelin : "Mothership"
(6/7) 13 novembre 2007, par Musicman12
Led Zeppelin : "Mothership"
(7/7) 13 novembre 2007, par Rens




Led Zeppelin : "Mothership"

10 septembre 2012, par daisy [retour au début des forums]

L’album de référence est pour moi "Ultra" ...Au final, il est quand meme difficile d’évoquer le mot ringard quand un groupe s’étire sur une période aussi large, ca perd tout son sens.chnlove review

[Répondre à ce message]

Led Zeppelin : "Mothership"

31 août 2012, par Dodge Lancer Power Steering Rack  [retour au début des forums]

I purchased 4 brand new P215/65/R16 MC-440 Mastercraft tires the tires performed perfectly and considered buying a new set for my 300-C too.At 50-55 MPH one tire tread separated causing the car to skid slightly but was kept under control. considerable damaged to fender and door awaiting investigation reports from Cooper to determine what caused the tire to hold air but lose tread. 3 other tires are intact.

Dodge Lancer Power Steering Rack

[Répondre à ce message]

Led Zeppelin : "Mothership"

28 novembre 2007, par Pache [retour au début des forums]

Il faut juste préciser que Led Zep a quand même pomper pas mal de leur titres à de célebres blues men (ca date...)et quelques auteurs compositeurs folk.
Je me souviens avoir écouté une 10 zaines de morceaux originaux et la ressemblence est assez flagrante, c’est d’ailleurs pour cela que le groupe s’est coltiné pas mal de proces a l’époque.
Il suffit de faire quelques recherches sur le net a ce sujet la.
Evidemment, vous ne lirez rien de tout cela dans leur Bio.

Cela dit moi Led Zep j’adore, surtout les 4 premiers albums.
R n roll

[Répondre à ce message]

Led Zeppelin : "Mothership"

14 novembre 2007, par jefferson [retour au début des forums]

Non, rien à redire ! Très bonne chronique. Led zep, ça reste le panard total à chaque écoute.

Beatles ? Bof... Rolling Stones ? Pffff... Mais Led zeppelin, là, j’en reprend sans modération et sans la moindre lassitude. Mothership est un coup marketing ? Ben oui, et alors... C’est comme ça que ça marche, on connait le système. Pour les plus jeunes ça peut être intéressant, en effet. Les autres qui possèdent déjà les albums passerons sur ce coup là (ou pas pour les collectionneurs fanatiques ; c’est tout de même un bel objet). J’ai, en ce qui me concerne, acheté le coffret de l’intégrale des enregistrements studio en 1993, j’avais un peu plus de 20 ans, et le gars du Free Record Shop m’avait dit : "Ca jeune homme, c’est un achat que vous ne regretterez jamais" De fait !

Et je crois en effet qu’il n’y aura plus de groupe de cette ampleur (sur la durée et l’excellence en tout cas) ; suffit de voir les tonnes de merdes qui se retrouvent chaque mois dans les bacs et la durée de vie moyenne d’un groupe actuellement. Ils restent beaucoup de bonnes choses, c’est clair, mais plutôt dans l’underground que dans le mainstream et qui dès lors n’auront jamais la même influence durable que le Zep.

Pour ce qui est du concert, c’est autre chose... Faut voir s’ils vont assurer ! Mais ne vendons pas la peau de l’ours.

[Répondre à ce message]

Led Zeppelin : "Mothership"

14 novembre 2007, par bonzo2206 [retour au début des forums]

Le mythe du dirigeable de plomb continue de gonfler (avant implosion ?...). Encore une compil (inutile ?...) pour rappeler aux plus jeunes (ou plus anciens...) l’importance majeure de ce groupe dans l’histoire du rock. Rien ne change par aux autres "best of" déjà sortis pour le choix des titres. Il s’agît d’une simple piqure de rappel pour souligner que Stairway to Heaven est toujours le morceau phare du heavy rock : ballade (que bien de pauvres hardeux essaieront d’imiter en vain), accélaration et progression du rythme (que peu de rockers progressifs réussiront à faire) et final heavy avec solo d’anthologie (que bien de pauvres hardeux.... déjà écrit voir plus haut). Communication Breakdown et Whole Lotta Love font encore pâlir tous ceux qui décident de devenir guitar hero....
Since I’ve been loving you martèle d’une puissance inouie le blues.... le final est absolument prodigieux et Robert Plant assure une vocalise hors du commun !
Good Times Bad Times impose les bases du riff du hard rock des années à venir. Dazed and Confused exploite les martèlements sourds de John Bohnam sur ses fûts.
Immigrant Song pousse le rock où il n’est jamais allé. Rock and roll renvoie Chuck Berry à des années lumières. Heartbreaker montre la créativité absolue de Jimmy Page.... et encore bien d’autres.....
Alors s’il faut argumenter à chaque sortie de best of inutile que Led Zeppelin reste et demeura l’un des groupes majeurs de l’histoire du rock, allons-y....
Vous aurez noté que j’ai zappé le deuxième CD. Mon vocabulaire étant limité, je me suis abstenu. Mais il prouve Led Zeppelin n’était pas seulement un groupe de rock et qu’il pouvait aller vers d’autres horizons.
Voilà rien d’autre à ajouter si ce n’est que de ne pas écouter un seul disque du Zep est une faute de goût !.... Messieurs les détracteurs, ne vous donnez pas la peine d’user vos neurones et votre énergie pour allumer ce groupe et dire tout le mal que vous pensez. Cela ne m’atteindra pas...

[Répondre à ce message]

Led Zeppelin : "Mothership"

13 novembre 2007, par Musicman12 [retour au début des forums]

Rien à redire sur cet article...mais on peut se poser la question de l’intérêt d’un tel best-of alors qu’il en existe déjà 2 sur le marché (Les remasters de 1990 et Early & Latter Days en 2002). Ce mothership est donc une redite par rapport aux précédant opus. Cet énième best-of a donc tout l’air d’être un grand coup de marketing (Noël n’étant pas très loin !!). Ceci dit il a le mérite de remettre le mythe au goût du jour, et de faire découvrir ce groupe de légende au plus jeune...mais à part ça...

[Répondre à ce message]

Led Zeppelin : "Mothership"

13 novembre 2007, par Rens [retour au début des forums]

Très belle conclusion.

[Répondre à ce message]