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John Foxx : "The Omnidelic Exotour with Louis Gordon"
Through the noise !

mardi 7 février 2006, par Albin Wagener

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Sorti en 1998 au Japon uniquement, puis réédité en 2002 pour les marchés européens et américains dans une version double incluant également un album live du Golden Section Tour de 1983, cet Omnidelic Exotour de John Foxx mérite le détour, tant il permet de revisiter de façon puissante et vibrante des classiques incontournables du maître à penser des musiques électroniques minimalistes, mais également d’obtenir un aperçu de ses morceaux issus de l’album de 1995, Shifting City, enregistré en collaboration avec le musicien Louis Gordon.

John Foxx et Louis Gordon, c’est un peu comme Terence Fixmer et Douglas McCarty, mais en moins hardcore, en moins violents. Véritable perle pour les nightclubbers acharnés que nous sommes, ce vrai-faux live (on n’entend aucun bruit de foule et pour cause, puisque l’album a été enregistré après la tournée de Foxx et Gordon, et ce dans les studios des Mancuniens d’A Certain Ratio, s’il-vous-plait) impose un profond respect pour un des chantres les plus mystérieux des musiques électroniques, qui avait livré un chef d’œuvre avec Metamatic, avant de disparaître subitement quelques années plus tard pour se consacrer aux arts graphiques et à l’écriture.

On ne sort absolument pas indemne de cet album. Tout est absolument sans faille (on n’en attendait pas moins de Foxx) : les beats sont ciblés d’une façon quasi chirurgicale, enchevêtrés dans des petits bruits électroniques minimalistes dont lui seul a le secret. Mais si notre cher Anglais se fait un plaisir de présenter ses compositions, il enchaîne également un vibrant hommage aux premiers jours d’Ultravox, le groupe qu’il avait quitté à la fin des années 70, laissant la place vacante à un Midge Ure dont je me garderai bien de commenter les acuités musico-commerciales. Dans une suite réalisée avec brio, Foxx nous gratifie du vibrant Hiroshima mon amour, mais également du foutraque Dislocation, revu ici à une sauce dépouillée et froide. A ces deux morceaux s’ajoutent le fragile et automnal Just for a moment (et son piano à la Peter Gabriel), et surtout le formidable The quiet men, transformé avec talent en véritable bombe pour dancefloors. Comme si cela ne suffisait pas à nous faire transpirer plus que de raison, John Foxx s’improvise DJ en nous imposant un véritable marathon dès le début de cet album monumental, en mixant sans vergogne Burning car, Overpass (une nouvelle version de son sémillant hymne Underpass) et This City (une vieille face B de son répertoire). Ces trois titres n’en finissent plus de faire danser, accumulant les mélodies glaciales et des trombes de kicks binaires et indéboulonnables. Comment voulez-vous résister à ces 19 minutes de verve électronique acharnée ? En s’intronisant de la sorte, Foxx pourrait s’imposer dans tous les clubs de la planète.

Et vous n’avez encore rien vu, puisque avant de se clore dans un Endlessly qu’on n’attendait absolument pas, Foxx enquille avec The noise, un de ses morceaux les plus récents à l’époque, une grande claque robotique dans la figure, flanquée des vocalises distantes et éthérées de notre cher artisan sonore. Avec classe et sobriété, ce vieux renard revisite également un semi-instrumental, l’échaudé et infectieux 20th century. Mais dans un souci d’esthétique et d’alternatives musicales, Foxx soumet également à ses fans de beaux morceaux racés, véritables comètes sonores majestueuses, avec le sage An ocean we can breathe (probablement un des plus beaux morceaux synthétiques jamais écrits), mais surtout avec le magnifique Shifting city, seul morceau véritablement pop de cet album, puisqu’on y retrouve quelques influences qui rappelleraient presque les Beatles, mais des influences maîtrisées avec superbe dans un véritable voyage sonore de plus de huit minutes.

Difficile de pouvoir donner une impression véritablement mesurable de cet album (puisqu’à mon sens, il s’agit en tout point d’un véritable album, plus que d’une simple reddition de morceaux joués en concert), tant il agit de façon à la fois impressionnante et intimiste, à l’instar d’une espèce de monument musical brillant et atemporel, guidé par un John Foxx au mieux de sa forme, tout à fait disposé à rentrer dans la légende. Ce n’est pas de la pop, ce n’est pas de la techno : c’est bien plus que ça.



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Albin Wagener





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John Foxx : "The Omnidelic Exotour with Louis Gordon"
(1/1) 24 octobre 2014, par Ashley




John Foxx : "The Omnidelic Exotour with Louis Gordon"

24 octobre 2014, par Ashley [retour au début des forums]

This album is really worth checking out. Any fan just can’t miss this one. - ReputationAdvocate.com

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