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Elvis Presley : "Elvis in person"
Le seul, l’unique

mercredi 19 janvier 2011, par Jérôme Delvaux

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En 1969, le King est redevenu le King. Sa prestation électrisante au show télévisé NBC Special a suffi à faire oublier ses errements hollywoodiens des années précédentes. Beau comme un dieu dans sa combinaison de cuir noir, et plus en voix que jamais, il s’est réconcilié avec ses fans et a affirmé du même coup, haut et fort, son intention de revenir à la musique, la vraie. Finies donc les bandes-originales de comédies musicales insipides, Elvis rentre enfin en studio pour enregistrer de vrais albums. Et après les disques, il veut refouler la scène, retourner au contact de son public. Elvis in person, le tout premier album live officiel de sa carrière, immortalise les concerts de cette période. A Las Vegas.

Elvis n’a pas trainé à se remettre aux affaires après le triomphe du NBC TV Special, à l’été 68. Soulagé de voir son contrat cinématographique avec MGM s’achever, c’est près de chez lui, à l’American Studio de Memphis, qu’il choisit d’enregistrer son premier véritable album en presque huit ans (en fait depuis Elvis is back !, paru en 1960, à son retour du service militaire).
Au terme de deux semaines de sessions parmi les plus mythiques de l’Histoire du Rock, il y accouche de son meilleur album jusqu’alors : From Elvis in Memphis. Entouré des producteurs Chips Moman et Felton Jarvis, et d’un groupe de musiciens locaux d’un pur talent, Elvis s’éclate comme au premier jour. Il revit. Les sessions sont tellement productives qu’elles serviront même de matière à un second album complet, Back in Memphis, sorti dans la foulée du précédent ; ainsi qu’une poignée de singles inédits supplémentaires (dont le vibrant In the ghetto, son premier n°1 américain depuis une éternité). Cette année-là, oui, Elvis n’a rien à envier aux Beatles, à Dylan, aux Stones, à qui vous voulez…

Après avoir retrouvé de sa superbe en studio, Elvis se doit de confirmer sur scène qu’il est bel et bien toujours le plus grand. Le show télévisé de 68 a démontré qu’il tenait encore une forme éblouissante : Elvis est resté Elvis, il a un charisme surréel et un organe d’une beauté rare. Ne reste plus pour lui qu’à se frotter à une véritable audience : des spectateurs qui paient leur place – et la paient cher – pour admirer le Roi en chair et en os, le voir suer des litres d’eau et se vider les tripes sur son rock’n’roll ; cette musique diabolique qui le fit bannir des ondes dans l’Amérique puritaine des années 50.
Pour ce faire, Elvis rêve d’une véritable tournée mondiale, des concerts à guichets fermés devant des foules hystériques en Europe et au Japon. Mais le Colonel Parker, son tyrannique impresario, a d’autres plans. Elvis jouera en live mais pas n’importe où. En bon businessman, son manager écarte l’idée d’une coûteuse et fatigante épopée sur les routes. Il installe son protégé en résidence au prestigieux International Hotel de Las Vegas : une nouvelle tour d’ivoire après les studios d’Hollywood. Il y donnera une série interminable de concerts devant des nantis, certains venus de très loin pour voir le King en action.

« Les spectateurs des places bon marché peuvent applaudir. Les autres, contentez-vous de secouer vos bijoux » avait lancé John Lennon au public d’un concert donné en présence de toute l’aristocratie britannique. Elvis, devenu un entertainer pour bourgeois, aurait très bien pu dire la même chose lors de ses représentations à l’International Hotel. L’on sait pourtant, et ses biographes ne sont pas avares de détails sur la question, que cet enfant du Sud, né dans une famille pauvre, aurait préféré aller à la rencontrer de ses fans, même les plus modestes, à qui il venait précisément de dédier In the ghetto, peut-être la plus belle chanson de son répertoire.

Aujourd’hui, l’association des mots Elvis et Vegas nous rappelle souvent en premier à quel point l’artiste s’est transformé là-bas en une grosse baudruche pathétique, une caricature de lui-même, un monstre de foire, obèse, qui chantait My way en suant comme un porc ; c’est l’Elvis qu’imitent ses plus mauvais impersonators, parce que se mettre un coussin sur le ventre, une banane disproportionnée sur la tête et de larges lunettes fumées sera toujours plus facile que de ressembler au jeune sex-symbol au déhanché divin qui chantait Heartbreak Hotel en 56 et faisait s’évanouir les filles d’un seul clignement d’œil. L’Elvis de 69 est – assez logiquement – à mi-chemin entre la gracieuse figure iconique de ses débuts et le bouddha sous amphètes des dernières années de sa vie : il a 34 ans, est encore svelte, très beau mais commence déjà, lors de quelques-unes de ses apparitions publiques, à faire preuve d’un mauvais goût vestimentaire certain (ses costumes de scène blancs à franges, pitié !). Le grand orchestre qui l’accompagnera inexorablement dans sa lente descente aux enfers montre aussi le bout de son nez, même s’il n’a pas encore une place prépondérante dans la musique. Hormis une intro big band à la Sinatra accompagnant l’arrivée du King sur scène, l’orchestre n’est vraiment au premier plan que sur Suspicious minds – où il trouve parfaitement sa place sans dénaturer le morceau. Pour le reste, ce sont encore les guitares – tenues ici par James Burton, James Wilkinson, Charlie Hodge et, parfois, Elvis lui-même –, qui se font entendre.

Presley est un rockeur et il compte bien le rappeler à son public ; c’est donc l’imparable Blue suede shoes, la première plage de son tout premier LP (Elvis Presley, 1956), qui ouvre les hostilités. Suivent deux autres oldies : une reprise du Johnny B. Good de Chuck Berry et All shook up. Plus loin dans la set-list, Hound dog, démarrée dans un hurlement rageur, puis un medley Mystery train/Tiger man (deux classiques du rockabilly pur et dur, demandez aux Stray Cats ce qu’ils en pensent) démontrent qu’Elvis a toujours le rock’n’roll dans le sang. Les interprétations de ces titres phares des années 50 ne sont pas encore dénaturées par l’omniprésence des cuivres, comme ce sera le cas lors des concerts à New York en 72 et surtout à Hawaii l’année suivante (cf. Live from Madison Square Garden et Aloha from Hawaii).
En plus de ces séquences nostalgie, Elvis présente quelques morceaux récents, comme In the ghetto et Suspicious minds, les deux grands succès tirés de ses fameuses sessions à Memphis ; mais aussi, une reprise étonnante de Words des Bee Gees, qu’il s’approprie au point d’en faire oublier ses sirupeux auteurs.

L’écoute du disque s’achève par un constat, comme une évidence : l’Elvis de 69 est encore celui qui transcendait les foules avant que son service militaire vienne donner un coup d’arrêt brutal à sa carrière. Si vous ne devez écouter – et posséder – qu’un seul de ses (trop nombreux) enregistrements live, c’est bien Elvis in person. On peut voir dans cet album un climax : un témoignage, le dernier véritable moment de grâce avant la chute de la plus grande des idoles que la terre a jamais porté.



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Jérôme Delvaux





Il y a 11 contribution(s) au forum.

Elvis Presley : "Elvis in person"
(1/5) 27 avril 2013, par Bantu
Elvis Presley : "Elvis in person"
(2/5) 20 avril 2013, par Punk
Elvis Presley : "Elvis in person"
(3/5) 29 mai 2012, par Nicholas
Elvis Presley : "Elvis in person"
(4/5) 20 janvier 2011, par Mary
Elvis Presley : "Elvis in person"
(5/5) 20 janvier 2011, par Hughes




Elvis Presley : "Elvis in person"

27 avril 2013, par Bantu [retour au début des forums]

Hence it is that is almost a definition of a gentleman to say he is one who never inflicts pain. This description is both refined and,.
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Elvis Presley : "Elvis in person"

20 avril 2013, par Punk [retour au début des forums]

ules avant que son service militaire vienne donner un coup d’arrêt brutal à sa carrière. Si vous ne devez écouter – et posséder – qu

Questions Collecton || Exam Questions || BeITCertified

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Elvis Presley : "Elvis in person"

29 mai 2012, par Nicholas [retour au début des forums]

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Elvis Presley : "Elvis in person"

20 janvier 2011, par Mary [retour au début des forums]

Elvis, merci. Pas pour moi. Comment peut-on vénérer un mec qui n’est ni auteur, ni compositeur et qui ne joue de rien ? Il est juste intérprète, finalement comme Johnny. Je trouve 10 fois plus de talent chez un (au hasard et parmi tant d’autres) Joe Strummer...

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    Elvis Presley : "Elvis in person"

    20 janvier 2011, par  [retour au début des forums]


    Joe Strummer, le prototype de Besancenot. Ouais, je préfère encore Johnny.

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    Elvis Presley : "Elvis in person"

    20 janvier 2011 [retour au début des forums]


    Ni auteur, ni compositeur, mais quelle voix !!!

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    Elvis Presley : "Elvis in person"

    21 janvier 2011, par jez [retour au début des forums]


    Elvis reste un des meilleurs chanteurs (donc oui, interprete) qui ait jamais été enregistré. Son timbre, son placement, sa respiration, l’émotion qu’il mettait dans l’interpretation sont tous du plus haut nuiveau. Puis a l’époque, les autheur-compositeurs n’étaient pas exactement répendus. Faut pas lui en vouloir pour avoir été de son temps.

    « Je trouve 10 fois plus de talent chez... »

    C’est un autre genre de talent. C’est pas un qui "vaut" plus que l’autre.

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    Elvis Presley : "Elvis in person"

    6 avril 2011, par Graceland [retour au début des forums]


    Je vais me permettre de vous en "apprendre" sur Elvis .....quand on ne sait pas on ne dit rien !.....Elvis a toujours ete un musicien avant tout et le meilleur chanteur de notre temps !!!! meme si cela vous deplaise il "détrone" encore TOUT le monde et ce malgre sa disparition.Elvis connaissait par coeur les partitions de chacun de ses musiciens, jouait piano, batterie et guitare of course !....le fait qu’est qu’il avait tout simplement le "pouvoir" d’interprete comme personne les chansons qu’on lui presentait son thymbre de voix exceptionnel ne pouvait que lui rendre hommage à L ECOUTER. Chantait de tout : Opera,Blues,Country, Rockabilly et j’en passe qui pouvait et peut en faire autemps aujourd’hui ? personne.Il ne sera jamais égalé et çà...ça em... plus d’un.Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu d’autre personnalite dans le tourbillon des années 50 et 60 mais le petit Elvis a grandi avec avec un extraordinaire talent et personne ne lui en voudra sauf...les jaloux !....et nous petits Français nous sommes les Rois pour ne pas acceptés qu’Elvis ne sera jamais égalé et restera THE KING .
    Pourquoi encore de nos jours des milliers de gens se rassemblent devant Graceland tous les 16 du mois depuis 34 ans pour le CANDELIGHT ? pourquoi tant de chanteurs le copis ? l’aime tout simplement ??? une personnalite que personne ne pourra oublié ? parceque c’est le meilleur quoique vous en pensez il a tout inventé meme les clips et oui !!! son premier clip est JAILHOUSE ROCK

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    Elvis Presley : "Elvis in person"

    23 août 2013 [retour au début des forums]


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Elvis Presley : "Elvis in person"

20 janvier 2011, par Hughes [retour au début des forums]

Aaaaaaaaaah, Elvis. Bon article, qui me donne envie de réécouter les morceaux sus-cités de cet artiste.

Merci donc pour ce moment de lecture.

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