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Björk : "Livebox" Opéra vs Electronics lundi 1er décembre 2003, par |
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Cette islandaise de 38 ans, à la voix extraordinairement originale, autant dans la manière de chanter que dans l’accent, curieuse et ouverte à tous les styles musicaux (elle a souvent souligné les qualités de groupes comme Sepultura, pour "leur énergie si authentique"), est la cantatrice d’opéra des temps modernes. Rien de moins. Et ce coffret comportant 4 CD et 1 DVD vient le prouver de manière magistrale.
Contrairement à ce que vient de faire The Cure avec son concept Trilogy, il ne s’agit pas ici des versions en live de chacun des disques de Bjork. Les titres donnés aux différents CD sont ici plutôt à titre indicatif de la tournée qui va avec chacun de ses quatre disques studio.
On sent, dès le premier titre, Human Behaviour, accompagnée d’un clavecin, la direction que Björk explorera, et explore encore, surtout en concert, à savoir la musique classique. Un petit côté cabaret ou fête foraine (comme sur Big Time Sensuality) dénote aussi une fascination pour la musique de scène populaire. Et dès le One day, accompagnée d’un trombonne et des percussions de Talvin Singh, figure emblématique de ce qu’on appelle l’asian beat, donne une idée de la direction que Björk explorera, et explore encore, aussi en studio, à savoir la musique jazz et ethnique. Les cuivres donnent une dimension jazzy à certains titres qui leur donne plus de majesté. (Aeroplane) La voix de Björk montre, même à ses détracteurs, qu’elle a de grandes capacités d’adaptation. C’est la voix d’une grande cantatrice moderne. Petit bémol sur ce premier disque, les applaudissements viennent un peu gâcher l’intimité de l’unplugged…
Le concert livré ici est cependant le plus conventionnel des quatre. Possibly maybe y brille par son intensité. I go humble également. Hyperballad reste l’un des titres les plus lyriques et puissants de Björk, autant par sa voix que par l’envie de bouger qu’il entraîne. Enfin, It’s Oh so quiet enregistré à l’occasion de l’émission Taratata, étonne grâce au style très comédie musicale qui y est privilégié.
Avec des violons et des violoncelles, Björk fait des prouesses sur des titres comme You’ve Been Flirting Again, chanté en islandais, en opposition à Isobel, où l’électro est à l’honneur, et où les violons apparaissent au bout de 90 secondes. Immature ou Human Behaviour font la part belle aux sonorités expérimentales (Pluto) et c’est un véritable bonheur. Des titres qui appraissent sur plusieurs des disques ici sont interprétés de manière tellement différente que c’en est surréaliste. Sur I go Humble elle reprend le Wanna be startin’ something de Michael Jackson. Joga reste toujours son titre fétiche, mariant à la perfection sa voix et le lyrisme des violons. Enfin, un petit bonbon savoureux, (tiré de Late with Jools Holland) : So broken en version flamenco, un délice !
All Is Full Of Love, Undo, Hidden place et Aurora (et tant d’autres) brillent par la présence des choeurs inuit. Plusieurs titres de l’EP sorti à l’occasion de Dancing in the Dark de Lars von Trier figurent ici, dans des versions assez proches des versions studio. Ce dernier CD signe chez Bjork la consécration en live de l’expérimentation par le son, de la recherche jusqu’à l’utopie d’un son nouveau, plus à même de faire rêver dans un monde chaotique. Il montre que Bjork est une très grande artiste, sachant s’entourer à merveille. An echo, a stain allie bizarrement la féérie des contes pour enfants à l’angoisse de la société post-industrielle. Et la harpe (qui "délire" vers la fin) sur Generous palmstroke illustre superbement les risques calculés que prend Björk pour populariser la musique réservée - à tort - aux nantis. Il en va de même pour les bidouillages électroniques.
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Il y a 1 contribution(s) au forum. Björk : "Livebox"
(1/1) 10 septembre 2012, par daisy |
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