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A Tribute To The Ramones : "We’re a happy family"
Le crétinisme récompensé !

vendredi 7 mars 2003, par Marc Lenglet

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Il aura fallu attendre le décès de deux de leurs membres fondateurs, Joey et Dee Dee, pour que les Ramones soient reconnus pour ce qu’ils étaient : un groupe véritablement pionnier et essentiel du mouvement punk. L’occasion pour des artistes d’horizons variés de leur rendre cet hommage, hélas posthume.

Les Ramones ont toujours su allier un rock primal et basique à l’extrême, à une efficacité sans failles, le tout recouvert d’une bonne couche d’humour, d’autodérision et de stupidité revendiquée. Dissoute depuis maintenant huit ans et sans espoir de reformation, la bande avait toujours eu talent fou pour bricoler des thèmes ultra-entraînants et accrocheurs en moins de trois minutes, avec deux accords et quatre lignes de textes. Rien de bien difficile en apparence pour les musiciens chargés par Rob Zombie de s’atteler à la tâche, mais encore fallait-il correctement appréhender l’esprit second degré et dépouillé des Ramones. On peut affirmer sans se tromper que ce tribute est globalement de qualité, non seulement par sa liste d’invités parfois prestigieux mais aussi parce qu’il mélange reprises fidèles en tout points aux originaux et adaptations plus audacieuses.

On passera rapidement sur les hommages de Green day, The Offspring et Rancid (dommage pour ces derniers, ils avaient hérités du célèbre Sheena is a punk rocker…) : ces formations « punks à roulettes » ont rempli leur part du contrat avec des reprises, certes sympathiques, mais manquant fortement d’originalité et de personnalité. Pete Yorn et Eddie Vedder, associé pour l’occasion à un obscur combo du nom de Zeke, n’en font pas non plus des tonnes, mais assurent le minimum requis pour éviter l’échec, tandis que la reprise des Pretenders, tout en douceur, peine à décoller réellement.

Ces quelques titres assez anecdotiques évoqués, abordons les véritables réussites de cet album, ou les hommages, très attendus, des artistes plus renommés. Rob Zombie, en bon promoteur de la chose, s’est adjugé l’étourdissant Blitzkrieg bop, dans une version qui, si elle n’est pas très novatrice, déborde d’énergie et de vindicte ; tandis que les Red Hot Chilli Peppers livrent un Havana affair raffiné et presque reggae au son fort proche de leur dernier album.

Semi-déceptions en vue pour U2 et Metallica. Si les premiers, avec Beat on the Brat, prouvent musicalement qu’ils sont encore capables de faire du vrai rock pêchu (on aurait fini par avoir quelques doutes), Bono montre ici ses limites vocales et, malgré une tentative honorable d’apporter une certaine originalité à la chanson, ses inflexions presque gospel passent plutôt mal. Quant à Metallica, les entendre sonner punk et James Hettfield singer pathétiquement feu Joey Ramone est assez déplaisant. En passant, on espère que ce nouveau son n’est apparu que pour la reprise et n’est pas un signe avant-coureur du nouvel album…

Garbage livre une version très musclée de I just wanna have something to do, avec la Shirley Manson délicieusement vicelarde qu’on croyait définitivement enterrée depuis le désastre de Beautiful Garbage. Tom Waits, pour sa part, fait dans le délire bruitiste de Sex Pistol dégénéré, accompagné du guitariste des inénarrables Primus. Grandiloquent comme à l’accoutumée, Kiss officie sur un excellent et très festif Do you remember rock’n roll radio, tandis qu’un parfait inconnu au bataillon, Rooney propose une jolie version pleine d’émotions de Here today, gone tomorrow.

Mais c’est sans conteste à Marylin Manson que l’on doit l’essai le plus audacieux de l’album : du classique The KKK took my baby away, il a tiré une superbe mélopée, lugubre et inquiétante (comme quoi il est souvent plus inspiré dans les reprises que dans ses créations propres…). Quant à la piste cachée, il s’agit d’une très dispensable reprise de John Frusciante.

Les tributes de qualité sont suffisamment rares pour ne pas hésiter à s’intéresser à celui ci qui réunit le gratin de la scène rock, en hommage aux plus géniaux abrutis auto-proclamés de l’histoire du rock. Si vous maîtrisez un minimum d’anglais de bistrot, n’hésitez pas à vous attarder sur la présentation plutôt drôle du livret, rédigée par un de leurs plus grands fans : Stephen King !



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Marc Lenglet





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A Tribute To The Ramones : "We’re a happy family"
(1/1) 22 août 2013, par Della P. Shepard




A Tribute To The Ramones : "We’re a happy family"

22 août 2013, par Della P. Shepard [retour au début des forums]

Ce sont les groupes que j’ai vraiment j’admire le plus. Leur musique est la génération de ma bande. Personne ne peut les battre même l’a ** trou Justin Bieber ! // essays

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