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W.A.S.P.
Biographie

lundi 13 janvier 2003, par Marc Lenglet

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Souvent plus connus pour leurs frasques et le côté extrême de leurs shows que pour leur musique, W.A.S.P. s’est néanmoins fait sa place dans le metal des années 80, tout en livrant au passage quelques albums plus mûrs et réfléchis.

Transfuge du groupe glam les New York Dolls, Blackie Lawless joue dans diverses petites formations des années 70, avant de fonder Sister en 1977, avec le guitariste Chris Holmes (personnage haut en couleur, découvert posant nu dans la revue « Hustler » sous le titre « Rock’n roll animal ») et Nikki Sixx, futur leader de Mötley crüe. Ce groupe disparaîtra rapidement, de même que son successeur, Circus. Néanmoins, il préfigurait déjà ce que seraient les spectacles de W.A.S.P. puisque les musiciens y pendaient des mannequins à des crochets de boucher et mangeaient des vers, sans commentaires...

Ce sera en 1982 que W.A.S.P. verra finalement le jour. L’acronyme a pour signification générale « White Anglo-Saxon Protestant », l’élite politique et économique des U.S.A., mais dans le cas du groupe, il s’agit plutôt de « We Are Sexual Perverts » comme ne sauraient le démontrer plus explicitement les chansons Animal fuck like a beast ou encore Scream until you like it.

W.A.S.P. se signala rapidement par sa grande faculté à produire de purs hymnes metal, prompts à enflammer les stades des années 80, et les indéniables capacités vocales de Lawless. Les trois premiers albums, Winged assassins en 84 (rebaptisé rapidement W.A.S.P.), The last command en 85 et Inside the electric circus en 86 contenaient les célèbres I wanna be somebody, Wild child, Blind in Texas et Show no mercy. Mais au milieu de l’avalanche de groupes de ce style durant les années 80, W.A.S.P. serait sans doute passé inaperçu sans ses spectacles qui cultivaient tous les excès de mauvais goût possibles et imaginables (seul les demi-humains de Gwar ont sans doute réussi à surpasser W.A.S.P. dans ce domaine…).

Outre quelques aspects kitsch plutôt drôles (comme la combinaison garnie de pots d’échappement de cadillac de Randy Piper), W.A.S.P., en dignes successeurs d’Alice Cooper et en précurseurs de Marylin Manson ou Cradle of filth se vautrait dans le gore avec des prestations osées pour l’époque : séances de tortures à la machette sur de jeunes femmes nues, débitage et lancer dans le public de gros morceaux de viandes crues (avec parfois retour à l’envoyeur, comme ce concert à Helsinki où Holmes fut assommé par un de ses propres projectiles lancé par un fan trop enthousiaste), jet de feu, de sang, sans oublier le fameux cache-sexe équipé d’une scie circulaire - et qui crachait du feu - de Blackie Lawless. Si ces spectacles attirèrent sans peine des cohortes de Beavis & Butthead avides de sensations fortes bon marché, ils vaudront également au groupe de sérieux ennuis. Tipper Gore, femme de l’ancien vice-président Al Gore, fonda le PMRC (Parents’ Musical Ressource Committee), chargé de lutter contre le vice, la dépravation et autre âneries évangéliques qui peuplaient le monde du rock. Ayant pris W.A.S.P. comme bête noire, elle tenta, par tout les moyens et parfois avec succès, d’empêcher le groupe de jouer dans différentes salles, lui intenta des procès, etc…

La situation commença vraiment à dégénérer lorsque des fans trop enthousiastes - mais de Tipper Gore ceux là - décidèrent purement et simplement de supprimer Blackie Lawless du regard de Dieu…Après plusieurs alertes à la bombe, des coups de feu tirés dans sa direction en plein concert, et le sabotage de sa voiture, Blackie Lawless décida de faire adopter un ton plus bas, au moins pour un temps, au visuel de son groupe, mais ne se priva pas pour continuer à provoquer le PMRC au travers des textes de ses chansons. Un dernier Live in the raw pour clore l’époque shock-rock et le groupe se prépara à aborder la deuxième partie de sa carrière.

Le virage forcé pris par W.A.S.P. donnera néanmoins naissance aux deux meilleurs albums du groupe : The Headless children en 89 aborde des problèmes de société et des thèmes politiques sérieux, et contient en bonus une superbe reprise du Real me des Who (la pochette de l’album, montrant notamment l’Ayatollah Khomeyni au milieu d’autres dictateurs sanguinaires fut à nouveau censurée en Angleterre, alors empêtrée dans l’affaire Salman Rushdie), et The crimson idol l’année suivante, superbe autocritique pleine de cynisme de Blackie retraçant l’ascension et la décadence d’une rock-star (album évidemment inspiré par le Tommy des Who).

Ce dernier album fut pratiquement un projet solo de Blackie Lawless, car les autres membres du groupe, usés par les traditionnels problèmes d’alcool et de drogue et par la pression des dernières années, avaient quitté le navire. Avec divers musiciens, Lawless continua cependant à produire des albums : Still not black enough en 95, le très électronique K.F.D. - Kill fuck die en 97, mais la qualité et les ventes tombèrent en flèche, en dépit du retour de Holmes pour le dernier album. L’album, Helldorado en 99, revint à un son plus classique, mais en se vautrant de nouveau dans le gore, sans pour autant retrouver le succès des années 80.

Un certain renouveau, artistique du moins, semble néanmoins au goût du jour, puisque le récent Unholy terror renoue avec des textes et des compositions plus travaillées. Et même si les ventes ne retrouveront sans doute jamais le volume de leurs années fastes, on peut toujours espérer d’autres bons albums d’un groupe et d’un artiste qui, pour peu qu’il mette en veilleuse son côté film d’horreur de série B, prouve qu’il est aussi un songwriter de talent.



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Marc Lenglet





Il y a 6 contribution(s) au forum.

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(1/3) 30 septembre 2016
W.A.S.P.
(2/3) 19 juin 2006, par vehau
> W.A.S.P.
(3/3) 27 septembre 2003, par Heristoff




Online Economics Help

30 septembre 2016 [retour au début des forums]

This site and the resources you provide is really nice keep it up.
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W.A.S.P.

19 juin 2006, par vehau [retour au début des forums]

Je conseille absolument l’album The Headless Children de 1989 qui est une splendeur, la chanson-titre est une des plus belles perles du heavy-Metal de cette période, Lawless y a une voix qui vous prend aux tripes, intro prenante et originale, mais tout l’abum est d’aussi belle facture, jetez-vous sur W.A.S.P. et notamment sur la période The Headless Children - The Crimson Idol, c’est de l’or en barres, vraiment.

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> W.A.S.P.

27 septembre 2003, par Heristoff [retour au début des forums]

Je ne me suis jamais intéressé à WASP mais à te lire, cela devait être une solide bande d’allumés ! Les bagarres avec le public à coup de morceaux de viande, ça devait être extraordinaire. Tiens, ca me fait penser à mon baptême étudiant… :o)))

Et comme tu dis très bien, ils étaient des précurseurs, Cradle Of Filth et autres Marylin Manson n’ont rien inventé.

Si je dois écouter un album, tu conseilles lequel ?

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    > W.A.S.P.

    27 septembre 2003, par Marc Lenglet [retour au début des forums]


    Sans hésiter, The Crimson Idol, très inspiré (construction, pas musique) du Tommy des Who. La chronique se trouve sur ce site dans les "classiques metalliques" Il paraît que le précédent "The headless children" est lui aussi excellent mais je ne l’ai jamais écouté.

    Pour les reste, la plupart des albums des années 80 se valent, de même que les tout récents. Essaie "The last command" qui contient pas mal de hits du groupes. Ils ont aussi eu une période un peu indus à la fin des 90’ mais ce n’était pas très brillant.

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      > W.A.S.P.

      30 septembre 2003, par jimstinger [retour au début des forums]


      oulà !!
      drole de critique mister, si en effet crimson et headless sont les meilleurs, celui a avoir est bien entendu le 1er !!!!!
      tous les titres de cet album ont été des hits( a l’echelle du heavy metal bien sur !!)
      voilà, bye

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        > W.A.S.P.

        27 mai 2004, par Mister Nice Gay [retour au début des forums]


        Bien avant Mister Manson, WASP a eut l’immense mérite de se poser en formation politiquement très incorrecte dans un pays où l’hypocrisie (voire l’Irak et l’industrie florissante du porno)règne en maîtresse absolue. Cela étant et sans que cela remette en cause la valeur de Richtie et ses amis, rien de tout cela n’aurait été possible sans la brèche ouverte par Alice Cooper dans les années 70. Ecoutez et réécoutez Alice, c’est se rendre compte que le Hard Rock FM n’a plus inventé grand chose depuis. Maintenant, ce n’est parce que l’on adore le père que l’on ne doit pas aimer ou respecter ses enfants. WASP en fait partie.

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