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Le Nickhornbysme Du Week-end : Mike Theis
Cinq disques à base d’apport naturel en Fer et Calcium

samedi 17 janvier 2009, par L’invité du samedi

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Mike Theis, c’est Yuk Fü Records, label artisanal parisien qui nous a dernièrement enfin sorti le boombastique maxi Motherfucker du groupe Diplomatic Shit, quatuor dans lequel évolue Theis mais aussi Nicolas Ker, le chanteur de Poni Hoax (le troisième album est en marche !). Motherfucker et Diplomatic Shit ou, pour reprendre la formule désormais classique, le "Gun Club rencontre Afrika Bambataa". Mike nous nickhornbyse ses cinq disques à base d’apport naturel en Fer et Calcium qui sont nécessaires à la fortification des os de nos jeunes branleurs désœuvrés. Parmi lesquels un certain Gustave...

1/ The Sonics : Here are the Sonics

Trois gouttes dans chaque narine en cas de congestion. J’hésitais entre celui-ci ou un album des mongolos de Sky Saxon & The Seeds. Peu importe, nous sommes dans le temple des groupes garages sixties jeunes, bêtes, amateurs de dope et de mélodies jouées à un doigt. J’ai choisi The Sonics pour la chanson The Witch, exemple parfait de chanson totalement débile mais dont la mélodie te reste collée aux feuilles des semaines entières... D’une simplicité enfantine mais vicieuse dans l’interprétation et la vitesse d’exécution. Finalement, lorsque je veux réécouter du rock garage, je retombe toujours sur ce disque et particulièrement cette chanson... Fortifiant, éducatif et parfaite entrée en matière pour de jeunes pousse-mégots ayant décidé d’en découdre avec la chose Rock’n’Roll...

(Allez Gustave* avoue que tu connais toutes les chansons des Sonics par cœur..)

2/ Lee Perry & the Upsetters : Super Ape

A prendre le soir, attention n’existe qu’en suppositoire. Perry est fou, ce n’est pas un scoop. Lorsque Marley le rencontre la première fois dans Trenchtown, il est en train de casser des cailloux avec un marteau tout en marchant à reculons(?). Perry, c’est les Upsetters et c’est surtout l’album Super Ape. Un des disques de reggae les plus sombres que je connaisse et si je devais résumer Perry en une chanson, ce serait Croaking Lizard sur ce même album. Le skank est drogué au possible, la voix zombiesque, les effets débordent de partout et le tout est guidé par une batterie et une basse jouant un one drop métronomique... Avec une poignée d’autres producteurs jamaïcains, il est le premier à faire une musique d’ingénieur du son (Perry croit d’ailleurs aux pouvoirs mystiques d’une table de mixage), il est aussi le précurseur de toutes les musiques urbaines qui suivront... A cette époque, il travaillait beaucoup les techniques de dub et pour enregistrer il transposait les techniques des studios anglais (Abbey Road) en utilisant deux Revoxs et en empilant les couches au fur et à mesure. Et puis un jour il a mis le feu au Black Ark Studio car Dieu lui avait demandé de le faire...

J’ai voulu le voir une fois en concert au milieu des années 90, il avait un sceptre, une couronne trop large sur sa tête, plein de CR-R collés sur la tronche et sur ses fringues et ils dansaient très bizarrement dans un bouillon de slang jamaïcain et de delays insupportables... Yes I rasta... Selassie I Seen.

3/ The Doors : 1st LP

Un le matin, un le midi et un le soir. J’aime les Doors pour plusieurs choses. Si on s’en tient à la musique, je dirais que dans ma discothèque, les disques ne contenant que des bonnes chansons se comptent au nombre de deux. Le premier album des Doors et le Nevermind de Nirvana (si, si). Sur le premier des Doors, il y a cette puissance fulgurante de composition qui pulvérise tous les contemporains de l’époque (The Crystal Ship, Alabama Song, Break on Through, etc.). Il y a ce son brut, râpeux, sexuel qu’il n’y avait déjà plus dans les disques anglais depuis longtemps et ce putain de blues digéré, totalement habité que les Stones ont tenté de singer quatre ans plus tôt avec leur nez rouge. Les Doors redéfinissent le son populaire de l’époque et éradiquent tous les Anglais des charts nationaux. Les Doors replacent San Franscico au centre de l’échiquier rock. Mick Jagger en tombe à la renverse et prendra un avion illico pour rencontrer l’individu Morrisson... Mention spéciale à la reprise du Back Door Man d’Howlin Wolf... Tout simplement le disque parfait pour un jeune garçon fougueux en pleine croissance. Un chef-d’œuvre. Bon après j’entends déjà les hyènes rirent derrière mon dos en invoquant la minauderie, le surjeu et la sombre bêtise de l’individu Morrison mais je m’en fiche, je vous jette des milliers de petites Shakira au visage.

4/ David Bowie : Low

Une cuillère à soupe le soir avant de dormir. Certainement un des albums les plus bizarres de Bowie, une équipe de choc pour ce disque : Brian Eno et sa valise magique, Tony Visconti à la production et aux arrangements de cordes et la ville de Berlin. Les structures volent en éclat, exit les constructions couplet/refrain, il s’agit ici de longues digressions synthétiques, des voix éthérées, des boites à rythmes martiales et glacées, et puis il y a cette chanson, Subterraneans, certainement la chose la plus parfaite mise au point par ces trois individus. Hey David, qu’est ce que tu fais tout seul là-haut dans l’espace ? T’as pas froid, tu ne veux pas mon survêtement ?

5/ Michael Jackson : Off the Wall/Thriller

A étaler sur le muscle froissé et bien faire pénétrer. Par delà le fait que ces deux disques sont des chefs-d’œuvres, ces deux objets sont nécessaires à la bonne compréhension de ce que va devenir la musique populaire quelques années après : l’avènement du CD explosant les formats, les arrangements «  toile cirée », MTV, les clips, les mixages FM et « Couglofiens », etc. J’avoue que de cette période, je ne retiendrai vraiment que ces deux disques d’un Jackson fraîchement sorti du giron familial pour se faire adopter par Quincy Jones, qui va produire les deux disques. Ce sont des tonnes de trouvailles géniales, les premiers arrangements de cordes joués par des synthétiseurs et par-dessus tout des compositions universelles !

* : Gustave Naast, jeune branle-tétons parisien et accessoirement leader de The Naast, groupe de Yéyé-Rock basé à Joinville-Le-Pont



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L’invité du samedi





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Le Nickhornbysme Du Week-end : Mike Theis
(1/2) 16 novembre 2016
Le Nickhornbysme Du Week-end : Mike Theis
(2/2) 17 janvier 2009




Le Nickhornbysme Du Week-end : Mike Theis

16 novembre 2016 [retour au début des forums]

These are some of the greatest hits of all time. - Dr. Thomas G. Devlin

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Le Nickhornbysme Du Week-end : Mike Theis

17 janvier 2009 [retour au début des forums]

Intéressant. Attention cependant à quelques fautes de ponctuation qui parasitent un peu la lecture. Chapeau Pop-Rock !

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