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Le Nickhornbysme Du Week-end : Le Baron5
Parlandos et passions

samedi 28 février 2009, par L’invité du samedi

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Le Baron5, ce trio bruxellois sans guitare délivre une musique puissante et obsédante, tendue et teintée de glam-rock mais aussi nourrie aux Cure du début et à l’électronique actuelle. De Recyclart en DNA et de Bulex en Boutik Rock, ça plane pour lui en ce moment ! Les 3 membres du groupe se sont laissés tenter à nickhornbyser 5 disques essentiels.

Add N To (X) - "Revenge Of The Black Regent" 7eme titre extrait de l’album "Avant Hard"

Ici nous ne parlerons pas d’un album mais bien d’un titre qui a lui seul a tout simplement réussi à mettre d’accord d’emblée les 3 mecs difficiles et différents que nous sommes dans Le Baron5. Le seul morceau que l’on rêve de reprendre sur scène, tellement il est jouissif et nous rassemble. Cette Revenge menée par Add N to (X), ce groupe nébuleux et interné, nous livre ici pour moi la seule Messe Noire du rock’n’roll à en faire trembler ses disciples.

Un clavier monomaniaque, énorme et tyran dirige cette longue et acharnée déclinaison vers ses cieux encore inconnus. Pas de place pour les parlandos. Une batterie de plus en plus déchainée dans ses tensions, un son pourri et habité, une chanteuse à 2 doigts de l’agonie céleste. Tel un Drakar plein de vikings assoifés, Revenge Of The Black Regent, est dévastateur, sans doute mortel, ou même immortel. A ne pas écouter en sirotant son eau gazeuze à la menthe.

David Bowie - Diamond Dogs

Sorti en avril 1974, ce disque est un monde à lui seul. Peut-être notre monde aussi. Un climat inquiétant et sordide, des plus particuliers instauré dès le 1er titre par ce mi-homme mi-chien, ses synthés anxiogènes, ses voix triturées et parlandos d’un David Bowie qui semble incarner un personnage fantasmagorique tombé d’un 1984 psychédélique errant en cette troublante Hunger City, nous immergeant avec un plaisir provocateur, dans un paysage urbain désolé et nauséabond. Les dessins de Guy Peellaert, ne font que renforcer cette idée que nous avons à faire à une vision anticipée de notre société, rongée par la monstruosiation, la pestiférance et la dictature. le livre 1984 impressionne Bowie et il nous en donne sa version officieuse.

En devenant le protagoniste Halloween Jack, notre cher Bowie, se montre impressionnant à son tour, son incarnation totale fascine et nous ferait presque oublier son ambiguité. Une forme de prince d’un futur proche sous anxiolitique, presque déshumanisé, presque bestial, qui ne peut se lasser de nous balancer une horde d’idées géniales pour mieux assoir son besoin machiavélique d’esthétique. Son personnage est total, mutant, torturé et surtout fascinant ; impossible de le quitter des yeux.

Le titre Sweet Thing qui est en 2 parties me semble être une des plus belles réussites de ce génial David. Un refrain aussi maniéré et surjoué qu’ému et troublant, avec brio. La classe. Il m’a donné envie de croire en ce mélange improbable de réussite artistique et publique, et de liberté.

Sonic Youth - Goo

Quand j’entends des voix, parfois elles me disent "GUITARE ELECTRIQUE", et à tous les coups, je pense "Sonic Youth". Ces guitares hérauts synthétisent tout ce que ces deux mots évoquent dans mon imaginaire. Notamment un crépitement et une furie sonore qui m’excitent énormément. J’ai découvert le groupe début des années 90 et même si j’ai suivi d’une oreille distraite leurs 10 dernières années de production, l’empreinte laissée par l’écoute de leur musique ne ma jamais quitté.

J’aurais aussi bien pu épingler Daydream Nation ou Sister, mais Goo rassemble tous les éléments qui m’allument chez eux dans des proportions idéales : expérimentations franches et jouissives, univers harmonique dissonant qui fout la chair de poule, beat frénétique, énergie primale, voix lascives... le tout combiné à des mélodies et un format pop un peu plus appuyé. Difficile de pointer l’un ou l’autre titre préféré, mais le parlando de Kool Thing, entre la suave Kim et la voix d’outre-tombe de Chuck D. (en invité), suivi de son déluge de guitare me font à chaque fois l’effet d’un bon gros cul sec de gnôle. Quand je veux me foutre dans les oreilles du putain de rock & roll qui m’échauffe autant les sens que l’esprit, j’en reviens souvent à ce disque.

Joakim - Monsters and Silly Songs

L’histoire veut que Joakim avait un autre album sous le bras et que le crash disk que tout le monde redoute nous empêchera à jamais d’en connaître l’exacte teneur. Toujours est-il que la formule suivante est résolument plus rock que son précédent album qui nous montrait une version plus synthétique et "classique" de son talent (le producteur reconnu a bien bossé son piano quand il était petit). Plus rock mais en même multigenres et c’est là que cet album est si inspirant. Bien sûr, de manière générique, on le taxe d’electro rock mais on n’est jamais loin par exemple d’autres couleurs (sombres) qu’on qualifie habituellement de krautrock.

Les esprits chagrins noteront à ce moment du discours que cela donne justement un aspect de voyage chaotique à l’ensemble. Mais, pour parler plus de "feeeelings", le disque est de toute manière une traversée épique qu’on est heureux d’accomplir, bon, certes, on navigue avec un drakkar - on y utilise de bonnes vieilles recettes - mais on vogue assurément vers un nouveau continent.

W.A Mozart - Requiem conducted by Sir Neville Marriner

Le Rock, ok, c’est cool ou c’est hard ou c’est génial ou c’est comme vous voulez. Mais isolé d’autres influences il me semble sans intérêt et surtout inexistant. Bref, le requiem, du grand génie et puérile Mozart, est sans doute l’oeuvre à ne plus présenter, d’abord parce que c’est un classique des classiques, et surtout les historiens et musicologues se disputent la version sur son histoire. Par contre, on oublie d’en reparler trop souvent.

Pour les puristes classiceux et bourgeois, je ne sais si c’est la version recommandée. Pour moi, Sir Neville, pour la B.O du film non moins charismatique, Amadeus, nous dirige la version la plus généreuse et vivante que je connaisse. La plus animée à mes yeux, rien à avoir avec certaines versions pour pappys de la Deutsche Grammophon, où on risque de s’endormir après comparaison. Tout simplement flamboyante de passion, la plus rock’n’roll et déchirante des versions. Après avoir été écouter ce chef d’oeuvre joué magistralement à la cathédrale Saint-Michel, et en avoir versé ma larme (et oui ca fend le coeur), et même charrié quelques vieilles aristos de mauvais gout et sans humour, je ne peux que conseiller de le revisiter quelques fois, ce requiem, ca ne peut que remettre l’église au milieu du village.

crédit photo : Olivier Donnet



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L’invité du samedi





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Le Nickhornbysme Du Week-end : Le Baron5
(1/2) 14 novembre 2016
Le Nickhornbysme Du Week-end : Le Baron5
(2/2) 7 avril 2009, par Groumf




Le Nickhornbysme Du Week-end : Le Baron5

14 novembre 2016 [retour au début des forums]

Indeed, their concert was a big success then. - Bath Planet

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Le Nickhornbysme Du Week-end : Le Baron5

7 avril 2009, par Groumf [retour au début des forums]

Excellent groupe, vu sur scène vendredi passé dans le cadre d’une soirée Cerise.

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