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Le Nickhornbysme des Pixies

jeudi 3 juin 2010, par Alexandra Jakob

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Entre les Pixies et moi, on ne peut pas exactement parler de coup de foudre. Fait acquis et prouvé par l’expérience, j’aime les groupes distingués, les musiques délicates, qui s’invitent dans mon âme après avoir poliment demandé l’autorisation et promis qu’elles ne feraient pas trop de bruit, surtout le soir après 22 heures. Aussi, vous pensez bien que ma première rencontre avec Frank la patate hurlante et Kim qui chante comme elle siffle une pinte ne s’est pas précisément déroulée sous le sceau de la cordialité. Dans un premier temps, j’ai même poussé l’exaspération jusqu’à les haïr, eux et leur dégaine de ploucs américains. Mon chromosome germanique leur reprochait un manque d’ordre patent, mes narines pincées les blâmaient pour la puanteur grunge des années à suivre. Et pourtant. Petit à petit, j’ai appris à les connaître, comme on finit par s’accommoder d’un type dont la laideur n’a d’égal que la vivacité d’esprit. Les divagations du caribou enragé, l’espagnol de cuisine du cuistot, la voix atone de la tavernière, tout ceci me semblait, à défaut d’être charmant, d’une nonchalance trop spontanée pour ne pas être sincère. D’où une sélection pour le moins malaisée pour ce top 5.

Gouge away (Doolittle, 1989)

Gouge away ou les Pixies à l’envers. Strophes hurlées et teigneuses, refrain plus posé. Deux minutes magistrales pour résumer la carrière d’un groupe qui l’est tout autant. C’est ce qui s’appelle avoir l’esprit de synthèse.

Number 13 Baby (Doolittle, 1989)

Etrange titre. Entrée en matière couinée, refrain caverneux, fin elliptique sur fond de solo dissonant… le tout formant un ensemble remarquablement cohérent. Avec Number 13 Baby et plus généralement Doolittle, leur album le plus inspiré, les Pixies annoncent la couleur : à la fois inimitables – tous les efforts de Kurt Cobain n’y suffiront pas – et précurseurs, ils marqueront à jamais le rock. Dommage que cela soit plus facile à constater avec vingt ans de recul qu’à chaud.

Isla de encanta (Come on pilgrim, 1987)

Espagnol tout droit sorti d’un guide de conversation bon marché, Frank Black nous fait visiter au pas de charge son île enchantée, qui tient sans doute plus de l’ilot rocheux constellé de mouettes mal embouchées que du paradis polynésien. Un prélude idéal à Surfer Rosa, lui aussi doté d’un nom fortement trompeur.

U-Mass (Trompe le monde, 1991)

Ils n’allaient quand même pas s’en tirer comme ça, ces petits peigne-culs d’étudiants. Terré dans sa chambre de cité U, Frank Black cloue au pilori la jeunesse universitaire grégaire. Hurlements à faire détaler une horde de Hell’s Angels, guitares furibardes, U-Mass est sans doute une des rares raisons de satisfaction sur Trompe le monde, prémisses des longues errances du patron.

Into the White (Here comes your man, 1989)

Même s’il ne s’agit que d’une face B, un hommage à la femme la plus cool du monde, celle si bien célébrée par les Dandy Warhols, s’imposait. Kim Deal, c’est un peu la copine que toute personne dotée d’un brin de sens commun aimerait avoir, histoire de siffler des bières en devisant sur l’ineptie ambiante. Et ce n’est pas son chant approximatif, assumé en toute décontraction sur une ligne de basse oppressante, qui altérera cette nonchalance toute yankee.



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Alexandra Jakob





Il y a 7 contribution(s) au forum.

Le Nickhornbysme des Pixies
(1/2) 4 juin 2010, par Candy Raton
Le Nickhornbysme des Pixies
(2/2) 3 juin 2010




Le Nickhornbysme des Pixies

4 juin 2010, par Candy Raton [retour au début des forums]

Trompe le Monde est un putain d’album, et tenter de comparer Pixies et Nirvana relève du ridicule.

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    Le Nickhornbysme des Pixies

    5 juin 2010, par Carla Blondie [retour au début des forums]


    Tout à fait d’accord, il faut comparer ce qui est comparable : Pixies avec Pixies et Nirvana avec Nirvana.

    Là au moins ça a du sens, et tout porte à croire que l’on trouvera des points communs troublants.

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    Le Nickhornbysme des Pixies

    7 juin 2010 [retour au début des forums]


    Sur.Comparer un groupe avec une de ses principales influences, influence revendiquée par le groupe en question d’ailleurs, relève de l’absurdité.
    Qu’est-ce qu’il faut pas lire...

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Le Nickhornbysme des Pixies

3 juin 2010 [retour au début des forums]

"U-Mass est sans doute une des rares raisons de satisfaction sur Trompe le monde, prémisses des longues errances du patron."

des érrances comme "Teenager of the year" j’en redemande !!!

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