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Après le Loft et la Star Ac :
The Osbournes

mercredi 12 février 2003, par Marc Lenglet

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Il a été le symbole durant toutes les années 70 de la musique bulldozer, le père fondateur du heavy metal au sein de Black Sabbath. Après quelques années de vide éthylique, il a ré-entamé, sous la houlette de son épouse et manager Sharon, une carrière dans un style hard-fm plus pèpère que pervers. Le succès, tout comme l’état psychique du pauvre Ozzy qui continue à acidifier tout seul dans son coin, étant en baisse constante, Sharon, qui flaire les dollars à 200 bornes s’est dit que puisque le public semble raffoler des émissions de real-tv propres à flatter son voyeurisme instinctif, il y avait sûrement un peu de blé à se faire dans cette veine. Le concept révolutionnaire de « The Osbournes » est donc qu’au lieu d’observer les mornes péripéties de crétins parfaitement inconnus cloîtrés dans un clapier, on pourra désormais observer les mornes péripéties d’un rocker autrefois connu et de sa petite famille.

C’est dans l’hacienda californienne de la tribu Osbourne que les palpitantes aventures d’Ozzy vont prendre place. La famille Osbourne (pour ceux qui ne le sauraient pas, et il n’y a absolument aucune honte à ne pas le savoir) est composée de madame, Sharon, business-woman overbookée au langage imagé de tenancière de bordel, de fifils (Jack ? John ? Raymond ? oh, et puis on s’en fout !) homoncule acnéique élevé au coca et au gras, et de fifille, Kelly, punkette boulotte pleine de révolte (elle se fait tatouer un cœur de la taille d’un dé à coudre sur un bourrelet) et de mauvaises intentions (elle a entamé une carrière de chanteuse…). Au milieu de tout cela trône Ozzy, dont on se demande un peu ce qu’il vient foutre là. Il passe son temps à se traîner avec une vivacité de vieillard de la cuisine au canapé, et ne semble avoir envie que d’une chose : qu’on le laisse asphalter tranquillement ses bières en regardant la TV. J’oubliais la meute d’horribles vermines canines et jappantes qui passent leur temps à saloper la maison, les seuls à être vraiment naturels dans cette émission. On est donc amené à assister à la vie quotidienne de cette famille et aux divers évènements qui ne peuvent arriver qu’à ces gens d’exception : madame va chez le coiffeur, fifille se prend une biture, fifils invite ses potes et va tourner sur le boulevard avec eux en voiture ou encore, Ozzy ramasse les merdes des clébards.

Tout n’est pourtant pas à jeter dans « The Osbournes » : les épisodes sont préparés à l’avance et scriptés, ce qui évite les prodigieuses images de néant communes aux autres émissions du même acabit. Ca ne dépasse certainement pas le niveau de Sunset beach, mais ça patauge un peu moins bas que Loft story (bon, à ce niveau- là, je reconnais que ça n’a guère d’importance, excepté pour nos amis les mono-neuronaux, que je salue au passage). Quelques scènes, prises au second degré, valent occasionnellement le détour, comme cette réunion familiale où Ozzy, en père responsable, tance vertement son dépravé de fils qui fume des joints. Il a du oublier qu’il avait lui même passé les seventies avec une paille dans chaque narine…Quelques traits d’esprit involontaires, ici et là, prêtent également à sourire au début. Quant au nombre absolument extraordinaire de « Fuckin’ », « Bitchin’ » et autre « Shit » qu’on entend au cours d’un seul épisode, cela doit sans doute choquer profondément les bons chrétiens de l’Amérique puritaine, mais ici, ça tombe un peu à plat.

Mais après tout, « The Osbournes » arrange bien tout le monde : Sharon a du boulot à revendre, Fifils peut se faire connaître dans le milieu du music business (il possède un label qui signe des groupes de metal extrême) ; Fifille se fait un peu de pub bon marché pour sa future carrière de chanteuse à court terme ; et Ozzy, sans faire le moindre effort, est passé en quelques mois du statut de vieux naze has-been à celui de valeur sûre du monde musical.

Et le spectateur dans tout cela ? Hé bien, il est encore pris pour un con, mais de toute façon, il a l’habitude, et ça ne le changera guère. Un sursaut d’intelligence l’avait un instant détourné de la « real-life » du loft, mais l’alléchante possibilité d’observer des gens célèbres dans leur vie quotidienne l’a vite ramené devant la boîte à images. Après tout, ce sont des gens différents, des sortes de demi-dieux à la structure ADN bien éloignée de celle du commun des mortels, et on ne peut certainement que devenir un peu plus intelligent à observer Ozzy se raser pendant quelques minutes.

Ce système semble marcher, puisque le prochain étron qui nous tombera dessus, « Surreal life » réunira dans un loft pour une dizaine de jours les plus fameuses ex-grandes stars. La première saison offrira ainsi sans aucun doutes de mémorables joutes intellectuelles entre Gabriella Carteris (une des talentueuses comédiennes de « Beverly hills »), les restes distillés de Vince Neil (ex-Mötley Crüe) et le grotesque Mc Hammer (vous vous rappelez ? Le baggy couvert de chaînes en or avec un rappeur dedans…). La version française nous donnera certainement l’occasion de retrouver avec plaisir des artistes injustement sous-estimés, tels que Corbier, Noam, les Musclés ou Léopold nord. Et puis, enfermer Joey Starr avec Larusso ou Alizé pourrait être drôle…

En fait, tout cela est presque humanitaire. Pensez-y : si vous connaissez ou êtes vous-même un « artiste » et que vous estimez n’avoir jamais été jugé à votre juste valeur, postulez dès maintenant et peut-être goûterez-vous l’espace d’un instant à l’enivrant parfum de la gloire, que votre incompétence et votre absence totale de charisme ne vous aurait jamais permis de humer autrement. Après, tout comme eux, vous retomberez bien sûr dans un anonymat salutaire pour tous, mais qu’importe : la Real-TV résoudra tous vos problèmes pendant au moins 10 jours !



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Marc Lenglet





Il y a 9 contribution(s) au forum.

> The Osbournes
(1/5) 19 septembre 2005, par Youki Smayas
> The Osbournes
(2/5) 10 septembre 2003, par Gobi
> The Osbournes
(3/5) 8 septembre 2003, par arnonours
> The Osbournes
(4/5) 1er mars 2003, par eplyn
> The Osbournes
(5/5) 15 février 2003, par PY




> The Osbournes

19 septembre 2005, par Youki Smayas [retour au début des forums]

Je n’ai jamais pu tenir plus de 5 min au visionnage de "The Osbourne", par contre il existe une serie TV anglaise sur la vie quotidienne d’une (hard)rockstar sur le retour et dont la vedette est nettement plus drole que le pauvre Ozzy. Ca s’appelle "Celeb", je crois.

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> The Osbournes

10 septembre 2003, par Gobi [retour au début des forums]

Qu’Ozzy Osbourne aie fait quelque chose de bien dans sa carrière, c’est d’accord. Mais là,avec la série, c’est lamentablement lobotomisant de stupidités, de nullités et en plus ça me fout les boules de vieillir ... vous avez vu ce relent d’être humain déambuler dans les couloirs comme un grabataire avec dans le regard autant de dynamisme qu’un cocker anesthésié. Ce mec est une pub vivante contre l’abus de drogue et d’alcool ! Un véritable contre-exemple pour notre belle jeunesse !

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> The Osbournes

8 septembre 2003, par arnonours [retour au début des forums]

Je suis globalement en accord avec cet article.
Simplement tu aurais pu mettre un peu plus l’accent sur la carrière d’ozzy qui a signé avec ses potes de Black Sabbath quelques uns des meilleurs albums de Hard-rock(de 1970-Balck sabbath- à 1973-sabbath bloody sabbath- y a rien a jeter !).
Puis ses 2 premiers albums solo au début des 80’s sont quand même des références du genre et nous ont permis de découvrir ce génie de la 6 cordes qu’était Rhandy Rhoads (trop tôt disparu.Sans parler de Zack Wilde ensuite.
Enfin quand on sait que sur son dernier lp on retrouve en plus de l’ami Zack, Mike Bordin à la batterie(Faith no more) et Robert Trujillo Suicidal tendencies) à la basse on se dit que le vieux bonhomme n’est pas tout à fait un has been.
En tout cas Trujillo a plus de gloire à tirer de sa participation à cet album d’Ozzy que d’avoir rejoint Metallicaca pour cet album de chiotte intitulé St Anger qui est encore pire que les 2 étrons précédent des 4 horsemen (pfftt c’est une honte qu’ils se fassent encore appeler de la sorte..)
Enfin bon tout ça pour dire que même si The Osbourne, que je n’ai jamais vu, est probablement une merde finie, Ozzy restera malgré tout un monument dans l’histoire du rock.

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> The Osbournes

1er mars 2003, par eplyn [retour au début des forums]
eplyn

Merci pour ces renseignements. C’est vraiment bien écrit ; du moins , j’aime votre style. Je suis enseignant et des jeunes m’ont parlé avec effroi et écoeurement de cette série américaine . J’ignorais totalement de quoi il s’agissait jusqu’à ce que je tombe par hasard sur cette "décharge"... et je viens de comprendre le sens de ce lien qui n’était pas évident de prime abord...
Continuez donc à nous décharger des maux de ce monde. thank you again.
eplyn

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> The Osbournes

15 février 2003, par PY [retour au début des forums]

je ne suis pas d’accord qu’on aille dire qu’OZZY a fait du hard fm dans sa carrière solo... il faut peut-être penser à réécouter "blizzard of ozz", "diary of a madman", "no more tears", son dernier "down to earth",... de grands disques... de hard rock. et bien meilleurs que ce qu’a fait Black Sabbath après son départ.
ensuite, ces émissions sont certainement plus que contestables (et même plus que ça lol), mais personne ne vous force à les regarder. en cela je ne vois vraiment pas en quoi le spectateur est pris pour un con (? ??).

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    > The Osbournes

    15 février 2003, par Cédruc [retour au début des forums]


    huhu on peut ne pas être daccord mais c quand même bien écrit :-D

    tt façons les Ozzbornes je regarde pas personnellement...en fait je regarde plus la télé (ya moyen si si)

    cela dit c vrai que ce genre demission prend du temps d’antenne à la place d’une autre qui pourrait être potable, et ça c dommage..koike sur la chaîne ou ca passe... ?

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    > The Osbournes

    15 février 2003, par Marc Lenglet [retour au début des forums]


    Ozzy n’était certes pas le pire des rockers hard-FM des années 80, mais il n’empêche que son côté croque-mitaine à grand spectacle était très loin d’égaler le Black sabbath des 70’ (tout en surpassant indéniablement ce même groupe dans les années 80). Ceci dit, "Crazy train" ou "Shot in the dark" n’en demeurent pas moins des chansons emblématiques du hard des 80’.

    En ce qui concerne The osbournes, le but de la décharge n’est pas de prêcher la parole divine, mais de pointer du doigt les travers divers qui se produisent dans le monde du rock. The osbournes est une preuve flagrante de l’exploitation jusqu’à la corde d’une ancienne gloire qui aurait mieux fait de se retirer il y a déja quelques temps. Le téléspactateur y est effectivement pris pour un con, mais à peine plus que dans les autres émissions. "Pas réfléchir, pas ressentir, pas penser, juste regarder, pas réfléchir,..." C’est le mantra de la programmation aujourd’hui.

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