Pop-Rock.com


Jérôme Delvaux, Marc Lenglet, Jérôme Prévost
Les incorruptibles
L’interview choc !

vendredi 10 octobre 2003, par Carl Mardulier

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Le « Top 10 » de Jérôme Delvaux


A l’occasion du premier anniversaire du site, voici la retranscription exclusive d’un entretien avec le maître des lieux et ses deux lieutenants. L’occasion rêvée de revenir sur quelques prises de positions contestées et contestables ? Non ! Nos hommes en noir persistent et signent sur toute la ligne. L’odyssée Pop-Rock ne fait que commencer...

Jérôme Delvaux

Le rédacteur en chef. Grand érudit, de sa plume virulente il encense les gentils et accable les méchants. On lui doit ce site, sa décharge et cette pseudo-arrogance qui amène ici tant de curieux... Pour nous, il accepte ce "jeu de la vérité", au sujet de cette aventure faite de petites phrases et de grands principes.

- Carl Mardulier : L’article consacré à Marilyn Manson, publié quelques jours à peine après le lancement du site, fut ton premier gros coup de pub. On jurerait que tu l’as écrit dans l’unique but de choquer.

- Jérôme Delvaux : On peut dire ça. Manson ne procède pas autrement. Il va le plus loin possible dans la provocation dans le but de faire parler de lui, et ça marche.

- L’amalgame entre Manson et le massacre de Columbine relève presque du dérapage...

- Avant de dire ça, il faut resituer les choses dans leur contexte. A l’époque où j’ai écrit ces lignes, Marilyn était très loin de tenir les discours matures et réfléchis qu’il tient régulièrement aujourd’hui. Ses propos étaient très tendancieux, glorifiant implicitement le satanisme, les drogues dures et la violence. Que certaines élites américaines lui aient collé une responsabilité dans le geste absurde des jeunes tueurs fous n’avait rien de bien étonnant sur le moment même. Les gens qui lisent mon texte aujourd’hui perdent souvent ce détail de vue.

- Autre article qui a fait bondir beaucoup de monde, celui consacré à la Star Academy belge. Tu y décris les téléspectateurs en ces mots : « un certain public un peu limité et qui n’y connaît rien en musique ». Revois-tu ta position à ce sujet aujourd’hui ?

- Non. Star Academy est un programme médiocre destiné à un public peu regardant.

- Tu en as remis une couche avec un article intitulé « Star Academy 3 : c’est pas encore fini ces singeries ? »

- Oui, c’est agaçant. Même sans suivre le programme on entend parler de Star Academy partout : au bureau, dans le train, dans la presse, etc. J’espère qu’ils ne feront pas comme Police Academy : 7 films, chacun plus mauvais que le précédent.

- Dans une brève intitulée « il y a encore des gens qui ne connaissent pas Radiohead », tu fais vraiment passer les gens sans culture musicale pour des abrutis finis.

- Ne pas connaître Radiohead, U2 ou Elvis Presley en 2003 revient à mes yeux à ignorer l’existence de noms aussi illustres que ceux de Baudelaire, Zola ou Balzac. C’est impardonnable.

- Encore plus fort, dans ton article sur les MTV Music Awards de l’an dernier, tu écrivais « MTV exploite un filon très rémunérateur : les jeunes (et moins jeunes) au Q.I. en dessous de 32. Mais les naïfs et les simples d’esprit ont aussi droit à leurs émissions de divertissement ». Tu n’as pas l’impression de quand même y aller un peu fort ?

- Non, car j’ai vu l’édition 2003 des Awards et c’était encore pire. Il n’y en a vraiment plus que pour le rap sur cette chaîne. Et quand ils parlent de rock, c’est de Linkin Park. Il faut vraiment être naïf ou simplet pour trouver un quelconque intérêt à ces cérémonies truquées. Nick Cave fut le plus malin en refusant d’aller y faire le guignol. Après 20 ans de carrière, on ne le nominait que grâce à un duo avec Kylie Minogue. Ca dit tout.

- En parlant de rap, l’article « un rappeur nous a écrit » t’a valu une correspondance plutôt musclée...

- Oui, et toujours aussi mal orthographiée. C’était vraiment risible. On m’a reproché d’avoir qualifié Snoop Doggy Dogg de bouffon, mais c’est tout ce qu’il est à mes yeux. J’aurais même du ajouter bouffon grotesque. Non mais tu as déjà vu ses vidéos ?

- Tu sembles avoir trouvé des adeptes de tes théories au sein de ta rédaction. Dans sa critique acerbe des Wampas, Nicolas Albin traite à son tour les rappeurs d’arriérés.

- C’est vrai qu’il n’y est pas allé de main morte, mais je ne peux pas lui donner tort. Il habite dans une région de France où pas mal de quartiers sont infestés de types à casquettes qui reproduisent dans la vie de tous les jours les comportements malsains que les rappeurs ont dans leurs clips. Jean-Pierre Chevènement les qualifiait de sauvageons, c’est vrai que c’est plus joli qu’arriérés.

- Paradoxalement, on t’a reproché d’aimer le dernier Madonna.

- Tout ça parce qu’il s’agit de Madonna... Si le prochain Limp Bizkit est génial, ou apporte quelque chose de neuf sur le plan technique, je n’hésiterai pas à le défendre avec la même ardeur. N’en déplaise aux intégristes du rock.

- Polémique, toujours polémique, "le clip le plus merdique de l’année" a fait un véritable carton en nombre de visites. Il s’agit actuellement de l’article le plus lu du site.

- Oui, nous avons été dans les premiers à parler de Tessa Martin. Ensuite des dizaines de forums ont fait circuler l’url et ça nous a effectivement ramené un monde fou. Les producteurs de ce single ont réussi à passionner des dizaines de milliers de personnes autour de leur produit, mais sans doute pas de la manière espérée.

- Parlons un peu de vraie musique. Quel est ton groupe préféré ?

- Question difficile. Il y a quelques temps, je t’aurais répondu Depeche Mode, dont je possède une centaine de CD. Aujourd’hui je dirais plutôt Radiohead. Je suis complètement sous le charme de tout ce qu’ils ont fait depuis "OK computer". "Kid A" est d’ailleurs mon album de chevet du moment.

- Tu as plutôt une réputation de curiste.

- L’un n’empêche pas l’autre. J’adore Cure, tout comme j’aime énormément Joy Division et Bowie. A vrai dire, je ne comprends pas les gens qui vénèrent exclusivement un artiste. Un peu d’ouverture d’esprit que diable !

- Il a beaucoup été question des festivals d’été sur Pop-Rock. Tu t’es baladé dans les backstages de Dour mais tu n’as pas publié de compte-rendu digne de ce nom. Pourquoi ?

- Tout d’abord il faut préciser que j’ai du quitter Dour avant la fin du festival pour raison de santé. Je ne m’inquiétais pas trop car je comptais sur deux amis qui restaient les quatre jours pour m’aider à rédiger un résumé complet et détaillé. Comme ils étaient défoncés du matin au soir, ils n’ont suivi presque aucun concert et je n’ai rien pu en tirer de bon. Sinon, je dirais que l’ambiance en backstage était excellente, et qu’à part quelques superstars complètement inaccessibles, la plupart des artistes étaient très sympas. Je garde un excellent souvenir de Miss Kittin & The Hacker, par exemple. Pour ce qui est du compte-rendu, je me ferai pardonner l’année prochaine. Promis.

- Le premier anniversaire fut synonyme de nouveau logo et également de nouveau nom : Pop-Rock.be devient Pop-Rock.com ! Pourquoi ce changement ?

- Nous souhaitions afficher une identité visuelle qui nous soit propre et qui corresponde plus à notre travail. Le premier logo avait été réalisé par un ami de Laurent Rieppi et nous n’avions pas vraiment participé à son élaboration. Il n’était pas mal, mais il a vécu. Pour ce qui est de l’adresse, nous possédons effectivement désormais deux noms de domaines. Je pense que le .com nous aidera à nous ouvrir plus grand encore les portes de l’international : principalement la France, la Suisse et le Québec.

- Difficile de ne pas évoquer cette première année d’existence de Pop-Rock sans aborder les conflits et les tensions avec d’autres sites musicaux. Quelle est ta version des faits ?

- Tout a commencé quand Jérôme Prévost et moi-même avons remarqué qu’un petit site wallon plagiait régulièrement nos articles. Le doute n’était pas permis, d’autant que ce même site s’était déjà fait remarquer par de pareilles pratiques au détriment d’un de nos partenaires, quelques mois plus tôt. Nous ne nous sommes pas fait prier pour le faire remarquer au webmaster, lequel a nié les évidences. Ensuite il y a eu quelques flèches échangées de part et d’autre, mais ça ne volait jamais bien haut. Ce site ne fait que proposer chaque jour les news du site NME.com, traduites au mot à mot et sans images. Je crois que les lecteurs ne vont plus tarder à sanctionner cette attitude.

- Ce site a pourtant eu un soutien médiatique, particulièrement en radio. Dans un de tes éditos, tu te plaignais d’un boycott des médias.

- Nos prises de positions ne nous attirent pas que des amis, je l’assume pleinement. Je n’ai pas du tout l’intention de faire des concessions pour plaire à qui que ce soit. C’est à prendre ou à laisser.


Marc Lenglet

« Monsieur Métal » ! Un rédacteur incroyablement prolifique. Très sûr de lui, il manie les superlatifs sans langue de bois et délivre les bonnes comme les mauvaises notes avec une conviction qui force le respect. Jamais à court d’arguments, Marc est un numéro 2 très précieux pour ce site. L’union fait la force !

- Carl Mardulier : Comment es-tu arrivé aux commandes d’Orange métallique, la rubrique hard&heavy de Pop-Rock ?

- Marc Lenglet : Un peu par hasard. Un ami commun, le célèbre Vince, m’a parlé du site, de la rubrique metal alors sans rédacteur, et a pris en main toutes les "modalités de candidature" sans que j’aie vraiment réfléchi à la question. Mais je me suis pris au jeu très rapidement...

- Une réelle cohésion semble lier les rédacteurs. Quand Jérôme Delvaux écrit texto dans une brève que « l’album d’Avril Lavigne est une merde », tu n’hésites pas à prendre ta plume pour répondre toi-même aux quelques lecteurs indignés. Vous êtes toujours d’accord sur tout ?

- Pas vraiment. La preuve, je déteste Radiohead ! Presque autant que Jérôme doit détester Guns n’Roses ou Kiss...Mais je ne pense pas que les rédacteurs s’opposeront un jour entre eux au sujet d’une Avril Lavigne ou d’une Britney Spears...

- Pop-Rock en sortie ça n’a pas l’air triste. Il paraît que lors de votre dernière virée au Rock Classic, à Bruxelles, tu t’es endormi sur la table et étalé par terre tandis que Jérôme essayait de faire passer deux ados irlandais pour des membres de Radiohead ?

- Tu me l’apprends plus ou moins, vu que mes souvenirs de cette nuit restent plutôt fragmentaires. Il me semblait pourtant que c’était moi qu’on avait essayé de faire passer pour une rockstar déchue auprès du chauffeur de taxi ayant eu la malchance d’assurer notre voyage de retour ?

- Ton article intitulé « Pop-Rock, pourquoi un site si méchant ? », rédigé en forme de lettre ouverte, a remis les pendules à l’heure en répondant point par point aux attaques les plus souvent formulées contre le site. Pour solde de tout compte ai-je envie de dire. Les réactions sont pourtant timides. Vos détracteurs seraient-ils déjà à court d’arguments ? A moins que tout le monde n’ai pas eu le courage de lire ce (très long) texte jusqu’au bout ?

- A mon avis, ceux qui ne supportent tout simplement pas l’approche belliqueuse et sans concessions du site sont restés sur leurs positions. J’ai voulu cet article prioritairement en réaction aux lecteurs qui nous faisaient de faux procès, et n’avaient apparement pas très bien compris la finalité et l’objectif réel du site : non pas la promotion tous azimuts des artistes à la mode, mais bien un point de vue critique et souvent cynique sur l’actualité de la scène rock.

- En réponse à une personne choquée par ta critique très négative de Silverchair, tu écris au sujet de leur dernier album que c’est « de la merde pure et simple ! ». Peux-tu comprendre que les lecteurs l’ayant apprécié se sentent insultés par un jugement de valeur aussi catégorique ?

- Je suppose que oui... Encore que cette logique m’échappe un peu. Je ne parviens pas à me faire à l’idée qu’on puisse se sentir insulté parce qu’on a lu quelque part une opinion qui va à l’encontre de ses valeurs personnelles. Si c’était le cas, je devrais me sentir insulté presque en permanence !

- Quand tu prends quelqu’un en grippe, il passe un sale quart d’heure. Ton article sur le dernier album de Meat Loaf prête à sourire. Tu as pris des cours pour casser les artistes de la sorte ?

- Non, je suis naturellement d’une méchanceté crasse, qui provient probablement de multiples traumatismes pré-nataux ou d’un problème glandulaire. Plus sérieusement, je dois être dépourvu du "firewall" mental qui empêche d’écrire les choses exactement comme on les pense.

- En traitant Linkin Park et Limp Bizkit de « groupes bidons pour ados », tu n’as pas peur de déjà passer pour un vieux con ? Surtout en révélant au grand jour ton admiration pour Manowar, Saxon et Scorpions ?

- Bof, comme disait le grand Georges, "Petit con de la dernière averse, vieux con des neiges d’antan, quand on est con, on est con". Je suis sans doute déjà un vieux con depuis plusieurs années, vu que je n’écoute pas ce qui est "in" et que je râle en permanence sur le nivellement par le bas de la musique et du reste. Les trois groupes dont tu parles, même s’ils sont indéniablement kitsch sur bien des points, sont toujours debouts près de 25 ans après leurs débuts. Je serais très curieux de voir où en seront les deux groupes bidons pré-cités au terme de la même période. L’avantage de groupes comme Saxon ou Manowar, c’est qu’ils n’ont jamais vraiment été à la mode et donc, peuvent traverser les époques et retrouver des fans à chaque génération. Regarde les groupes hard à la mode dans les années 80, qui se souvient encore de Warrant ou de Dokken ?

- A l’occasion de ton centième article, le rédac chef rappelait ton intérêt pour de nombreux artistes n’ayant pas grand-chose à voir avec le hard rock ou le métal. Jusqu’où vont tes goûts musicaux ?

- En rock et hormis le metal, j’écoute à peu près tout ce qui peut exister, de Bob Dylan à Human League en passant par les Smashing Pumpkins ou U2. Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, mes groupes favoris, à l’exception d’Iron Maiden, ne sont pas des groupes de metal... Hors rock, j’écoute les autres courants musicaux plutôt en dilettante. J’apprécie IAM, Cypress Hill ou le Wu-Tang Clan en rap, Aphex Twin en techno/electro, et quelques chanteurs noirs comme Marvin Gaye, mais ne me demande pas d’analyser leur musique en profondeur ! Je ne suis pas amateur de chanson française, à l’exception de Brassens, Brel, des vieux Renaud et de Thiéfaine. A signaler également, quelques goûts honteux comme Abba ou les Bee Gees. Reste le Jazz, où j’avoue honnêtement mon inculture presque totale, mais j’essaierai d’y remédier un jour ou l’autre.

- Quel est ton groupe préféré, tous genres confondus ?

- Aïe... La question piège par excellence ! J’adore Pink Floyd, Pixies, Iron Maiden, The Cure, The Beatles, etc. Néanmoins, si je devais choisir un groupe dont aucun album ne m’a jamais déçu, je choisirais sans hésiter les Doors.

- Et quel album emmènerais-tu sur une île déserte ?

- Ca dépend : si l’île est vraiment déserte et que je n’ai pas la moindre chance d’être secouru un jour, un vieux Cure ou "Closer" de Joy Division me permettrait d’en finir rapidement... A l’inverse, peut-être un petit Whitesnake pour communiquer avec les charmantes indigènes si d’aventure, j’en rencontrais.

- Que réponds-tu aux gens qui pensent que les rédacteurs de Pop-Rock considèrent les « non-initiés » à la cause rock, et en particulier indie et underground, comme des abrutis ?

- Que ce n’est pas trop grave d’écouter Linkin Park ou Limp Bizkit, tant qu’on n’écoute pas que ça. Par contre, ceux qui considèrent que ce que MTV leur montre est le meilleur de la musique et refusent catégoriquement d’aller fouiller un peu par eux-mêmes, sont effectivement des abrutis.


Jérôme Prévost

Encyclopédie vivante de la musique, Jérôme 2 distille son savoir avec parcimonie et sans fausse modestie. Sachez-le, ce n’est pas pour vous qu’écrit ce grand misanthrope. Pas pour les groupes non plus, d’ailleurs. Il écrit pour le seul plaisir d’écrire. Qui peut encore comprendre ça ?

- Carl Mardulier : Comment as-tu rejoint la rédaction de Pop-Rock ?

- Comme Jérôme en a parlé dans le compte-rendu du concert, nous avons fait connaissance en mars dernier lors de la prestation de Paradise Lost à Paris... Le guitariste Aaron Aedy était aux portes des loges pendant la première partie, et je me dirigeai vers lui pour lui faire signer leur dernier album, lorsqu’un type habillé en noir me demanda mon marqueur pour faire dédicacer son billet de concert. Je trouvai un peu ridicule de n’avoir que cela à faire signer, mais ce garçon était sympathique, en dehors de son accent belge manifeste. Nous avons discuté quelques minutes, et nous avons poursuivi à la sortie du concert. Après avoir découvert que nous avions certains goûts musicaux en commun, il m’a demandé mon prénom, et la réponse a fait beaucoup rire sa femme. Beaucoup de lecteurs doivent sans doute penser, d’ailleurs, que nous ne sommes qu’une seule et même personne. Une amie fan de Marilyn Manson m’a d’ailleurs accusé d’être coupable de l’article accusateur paru dans la Décharge... Jérôme m’a conseillé de prendre un pseudonyme si ça continuait.

- Tu sembles être de loin le plus modéré du triumvirat. A l’exception de l’article sur les lolitas, co-signé avec Jérôme Delvaux, tu n’as pas encore publié de texte vraiment polémique. Es-tu l’eau qui apaise le feu ?

- Je n’ai pas pour but de publier des articles polémiques, mais des articles critiques. De plus, je ne trouve aucun plaisir à écrire sur un album merdique. Si l’envie de casser un artiste honteux me démange, j’aurai plutôt recours à une brève, comme je l’ai fait sur Avril Lavigne, par exemple.

- Tu aurais suggéré "Le bon, la brute et le truand" comme titre de cet article. Puisqu’on se doute que tu te vois bien dans les traits de Clint Eastwood (le bon), à qui pensais-tu pour reprendre les rôles de Lee Van Cleef et Eli Wallach ?

- Il est vrai que quelques idées de titres me sont passées par la tête, dont celle-ci. Les gens peuvent cependant constater grâce à la photo ci-dessus que je n’ai rien en commun avec Clint. En l’occurrence, comparé à mes deux acolytes, j’aurais effectivement tendance à passer pour le bon. Jérôme est évidemment la brute, de par sa tendance naturelle à chercher la polémique. Quant à Marc, il est nécessairement le truand, devant recourir au téléchargement de MP3 pour pouvoir pondre les critiques d’albums daubesques comme celui de Meat Loaf. Rappelons que les maisons de disques ne nous envoient pas de CD... Je ne leur donnerai pas tort, d’ailleurs : certains serviraient de frisbee !

- Qu’un des trois administrateurs du site vive à Paris, permet à Pop-Rock d’avoir un encrage plus "francophone" que "belge", notamment gràce aux concerts que tu suis dans la ville lumière. Le site a-t-il selon toi autant de succès en France qu’en Belgique ?

- Je ne dirais pas "plus francophone que belge", mais "tant francophone que belge". Il est de toute façon assez rare que nous parlions de Jean-Jacques Goldman ou de Machiavel... Je ne m’intéresse pas aux querelles communautaires. Quant au succès du site, il vient d’un peu partout et je ne vais pas revendiquer un certain pourcentage de visites dû à mes compatriotes.

- Jérôme Delvaux dit de toi que tu n’es pas un rédacteur très prolifique mais que tu es indispensable à l’équilibre du site. Il semblerait que tu aies surtout un rôle important "en coulisses". Le rédac’ chef se repose beaucoup sur toi et sollicite souvent tes avis. Es-tu en fait le vrai patron de Pop-Rock ?

- Tu utilisais tout à l’heure le mot triumvirat, il sied tout à fait à la façon dont le site fonctionne. Ma nomination en tant que co-administrateur s’est faite assez naturellement. Nous avons la même idée de la direction à donner au site et nous échangeons quotidiennement des idées.

- Comment juges-tu les travaux de tes deux compères et des autres rédacteurs du site ? Marc Lenglet produit à une cadence épatante, parfois au détriment de la précision, tandis que Delvaux est hyper critique quant à son propre travail.

- Je n’ai pas grand-chose à dire sur les autres rédacteurs. Certains ont disparu après avoir montré un manque de motivation manifeste, y compris dans leurs articles. Les recrues récentes semblent très qualifiées. En ce qui concerne mes deux compères, je dois dire qu’ils ne cessent de m’étonner. Le volume de travail de Marc est impressionnant et son style est percutant. Pour autant, il serait caricatural de penser que le trait est gras, et donc peu précis. Marc adopte régulièrement la position de l’auditeur novice ; il prend le recul nécessaire pour rendre ses articles accessibles à tous, et ne s’embarrasse donc pas forcément de détails techniques. Quant à Jérôme, il a l’impression (assez justifiée dans l’ensemble) que le monde est plein d’imbéciles incultes, et il semble souvent découragé de ne pas pouvoir changer les choses. Si l’on ajoute cela au fait qu’il ait porté le site tout seul pendant de longs mois, on peut comprendre qu’il ne se sente pas tous les jours à la hauteur de la tâche. Il a bien tort de se sous-estimer, l’âme de Pop-Rock, c’est lui, et nos lecteurs lui expriment régulièrement leur fidélité.

- Avec tes références et des articles qui encensent Sepultura, Ministry ou Skinny Puppy on pouvait se montrer surpris de te voir le défendre ouvertement quand il était mis sur la sellette à la suite d’un article positif sur le dernier Madonna.

- Ce site marche au feeling. Pop-Rock, c’est la subjectivité à l’état pur : coups de coeur et coups de gueule. Quant à mes références musicales, elles sont loin de se limiter au metal et à l’électro-indus... J’écoute de tout, du moment que je sens une certaine qualité dans le travail de l’artiste. On peut ne pas aimer Madonna mais reconnaître le travail de producteur de Mirwais Ahmadza. On peut ne pas aimer Björk mais reconnaître le travail de producteur de Mark Bell. Si les artistes populaires s’entourent des "bonnes personnes", le résultat peut parfois être convaincant. Il serait regrettable de coller des étiquettes à Pop-Rock, alors que nous cherchons justement à n’en avoir aucune, sauf celle de l’indépendance.

- Penses-tu que parler de Iron Maiden, Saxon ou Def Leppard soit judicieux pour un site pop-rock ?

- Poserais-tu cette question s’il n’y avait pas le mot Pop dans le nom du site ? Ces groupes ont leur place sur le site. La seule question qui se pose est leur visibilité par rapport aux artistes plus contemporains dans l’esprit ; il est évident que la cadence de travail de Marc ne nous aide pas sur le sujet, mais il ne tient qu’à nous de compenser.

- Même si tu ne l’écris pas, penses-tu également que, par exemple, les fans de Star Academy sont limités, ou que les gens qui ne connaissent pas Radiohead sont des abrutis ?

- Si les fans de la Star Academy ne sont pas forcément limités intellectuellement, ils le sont culturellement, la chose est claire. La faute à qui ? On va blâmer la télé et la radio, évidemment, mais ce n’est pas si simple. On ne naît pas fan de Cure, on le devient. La culture musicale, on la bâtit soi-même. Combien de jeunes écoutent aujourd’hui Interpol et David Bowie, en ayant honte de leurs parents qui restent scotchés aux Dix Commandements et à Johnny Hallyday ? Un lecteur a posté sur notre forum "des groupes comme Siouxsie & The Banshees, j’ai l’impression que c’est des groupes dont je n’entendrai jamais parler, sinon ici...". Si cette personne a eu la curiosité d’écouter les artistes dont nous parlons et que cela l’a ouvert à d’autres horizons que ceux de TF1 et M6, notre démarche est justifiée.

- Que penses-tu des discordes entre les différents sites musicaux belges ?

- Tu sembles tenir à rouvrir un débat qui est pour moi clos. Si certains sites veulent continuer à publier des articles sans âme et des news mal recopiées de sites voisins et parfois truffées d’erreurs, tant pis pour eux et pour leurs lecteurs. "Chacun à sa place et les vaches seront bien gardées".

- Quel est ton groupe préféré, tous genres confondus ?

- Il n’en restera qu’un : The Cure. C’est celui auquel je reviens toujours. Question de racines... Je dois d’ailleurs remercier mon frère : en 1986, alors que j’avais dix ans et lui quinze, il a fait le bon choix entre Cure et Plastic Bertrand. C’était tout juste !

- Quel est ton meilleur souvenir de concert ?

- Le premier rappel de Cure au Zénith de Paris, le 25 avril 2000 : Cold, The Figurehead et Pornography. Le lendemain n’était pas mal non plus : All Cats are Grey, The Drowning Man, Faith.

- Quel album emporterais-tu sur une île déserte ?

- "Pornography", de Cure. J’ai écouté ce disque tous les jours pendant des années ; bien que le connaissant par coeur, il me semble impossible de pouvoir vivre sans. It doesn’t matter if we all die...



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Carl Mardulier





Il y a 6 contribution(s) au forum.

> Les incorruptibles
(1/4) 23 février 2004, par farfadet farfelu
> Les incorruptibles
(2/4) 18 décembre 2003, par Jérôme
> Les incorruptibles
(3/4) 10 octobre 2003, par www.depechemode.be
> Les incorruptibles
(4/4) 10 octobre 2003, par Carla




> Les incorruptibles

23 février 2004, par farfadet farfelu [retour au début des forums]

J ai bien l´impression que vos chroniqueurs, qui semblent se targuer d appartenir a une pseudo-intelligensia d´irréductibles incorruptibles, ne font rien d autre qu enfoncer des portes ouvertes. Je ne vois pas en quoi il est polémique de ne pas aimer Britney Spears, la star academy, ou linkin park (a vrai dire, je ne comprends meme pas qu on gaspille de l encre a le faire). Les critiques manquent souvent de finesse et d analyse, et les références avouées des rédacteurs ressemblent beaucoup a des lieux communs... Dire que radiohead est le meilleur groupe du monde : quelle originalité !

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> Les incorruptibles

18 décembre 2003, par Jérôme [retour au début des forums]

Félicitations pour vos critiques, qui ont le mérite de susciter des polémiques (parfois inutiles cela dit, le cas Manson notamment), de remettre à leur place des artistes prétentieux (je ne citerai pas de nom), limite démagogues (Damon et DelNaja )voire méprisables (Linkin P..), de nous faire découvrir de nouveaux groupes, et, surtout, de nous rappeler que la curiosité, la volonté d’apprendre restent des valeurs essentielles pour tout mélomane qui se respecte. Creuser, pour goûter à la sincérité et à l’originalité de nombreux artistes fondamentaux, méconnus aujourd’hui par les soi-disant "fans" de rock. Ben oui, le Velvet, les Stooges, le Dead ne risquent pas de faire l’objet d’un quelconque hommage dans le paysage télévisuel actuel, sursaturé de vous-savez-quoi. Bonne continuation.

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> Les incorruptibles

10 octobre 2003, par www.depechemode.be  [retour au début des forums]
Depeche Mode - le site belge -

Bonne continuation.

[Répondre à ce message]

> Les incorruptibles

10 octobre 2003, par Carla [retour au début des forums]

Bravo pour cette première année sur le net !
en espérant que votre franc-parler et vos critiques judicieuses remuent un peu les méninges rouillées et intoxiquées de notre misérable jeunesse ! ;-)

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    > Les incorruptibles

    30 avril 2012, par isoAdQkwM [retour au début des forums]


    Si jamais vous avez des fonds e9ve8nementiels qui ne sont pas pre9sents ici, merci de m’envoyer les imgaes ou de l’activer sur votre profil et de m’indiquer votre nom de Lady.Un grand merci.Je sais qu’il me manque au moins celui des vampires, de Pe2ques et des sorciers.

    [Répondre à ce message]