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L’été, ça craint.

mardi 14 juillet 2009, par Vincent Ouslati

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C’est l’été, le string dans les vagues et les mirettes dans le vague, époque bénie de la glande rémunérée et de l’inaction récompensée. Si pour nous, petits êtres de peu d’importance, ces quelques semaines loin du brouillard ne sont qu’un court intermède annuel, il y en a que ça fait terriblement flipper cette torpeur intenable. Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue pour mes idoles que sont les journalistes carterisés, ceux qui se bâfrent d’informations, se l’étalent sur le corps comme de l’anticuisson puissance 50. Je respecte cette fratrie, ces nobles guerriers qui luttent chaque jour contre leur tasse de déca pour nous offrir l’info crue, vraie, sans démenti possible et sans doutes aucuns.

Pour ces hérauts du quotidien, l’été dis-je est un enfer pavé de néant, un sombre tunnel de la désinformation où rien ne va plus passionner les foules que le dernier incendie de caravane à Palavas-les-Flots, où la mort par asphyxie d’un abruti durant un concours du plus gros mangeur de hamburgers.
Bref, l’été craint, et le reporter de terrain s’ennuie sec.

Mais depuis quelques années, il semble que la pause estivale devienne enfin un paradis pour nos amis informateurs de la plèbe. Les étés se suivent et se voient enfin garnis de la belle tranche d’information grasse qui leur faisaient affreusement défaut. Il y a enfin du sang sur le sable blanc, de l’hémoglobine sur les transats.

Et ce bel été 2009 est fabuleux à plusieurs gros titres, voyez un peu les mines à peine tristes de nos fringants reporters annonçant le crash d’un gros navion bourré ras le cockpit de passagers innocents, drame, horreur, carnage, survivant, espoirs, mères pleureuses, hommage mondial, tu la veux ma carcasse d’Airbus en gros plan ? Tu en veux encore de l’interview de parents de victimes, les parfaits là, ceux qui ne peuvent s’empêcher de chialer à chaque mot qui leur écorche la gueule, rhaa bordel, c’est terrible hein je dis pas, mais quel pied ! Mieux, cours aller voir des employés d’Airbus, c’est pas un peu leur faute aussi si leur production a fait plouf, attends de voir si ils licencient pas un mois plus tard, on pourra faire un dossier sur ces patrons méchants qui virent sans préavis, la crise c’est rien, vive le discrédit bordel !

Tant de spéculations, tant d’interrogations qu’on peut soulever sous le nez des autorités compétentes, tant de questions dont on va abreuver de pleines pages blanches avec de belles photos bien polémiques mais pas trop, on est journalistes, pas fossoyeurs hein, pas déconner avec nos professions de foi, où j’ai mis la mienne d’ailleurs, j’étais bourré, me rappelle plus.

Pensez donc, un zinc qui se rappelle que la pesanteur est un principe établi, mais en voilà un second, avec une survivante, tudieu, atroce, pardon, fabuleux ! Envoie l’équipe Gérard ! Avec deux crashs d’avions, un magazine quelconque peut avoir de quoi bouffer sereinement durant ces deux mois de disette. Mais cette année, c’est Byzance, parce qu’on a aussi une pandémie planétaire imparable, avec des chiffres qui augmentent, des masques sur la tronche, et de quoi faire passer la Grande Peste Noire et la Grippe Espagnole pour des petites épidémies de gastroentérite.

Quoi d’autre, des étudiants iraniens qui se font abattre sommairement, on a aussi un coup d’État au Honduras, mais il faut reconnaitre que tout le monde s’en branle quand même pas mal, à moins que le président ne soit exécuté, on pourra caser ça en fin de journal. En plus personne sait où ça se trouve, le Honduras...

Reprenons alors, des zincs qui s’écrasent, une pandémie mondiale, quelques brèves sud-américaines et désertiques, quelques urbaines aussi parce que ça plait toujours. Pas mal les gars, pas mal du tout non ?

Ouais mais attendez de voir, bande d’amateurs, parce qu’on vous a réservé la saga du siècle pour cet été 2009, non pas Farrah Fawcett, on s’en fout de la vioque, on va faire mieux, on va vous buter Michael Jackson !

Le King of Pop, rien que ça, On va lui donner une mort bien bizarre, aussi bizarre que sa vie, avec une famille de vampires, super la famille de vampires, avec le père Thénardier gros con, les dettes d’un demi-milliard de dollars, les salauds de docteurs qui lui filaient des merdes pharmaceutiques après lui avoir lavé le cerveau et blanchi la carcasse. Et puis quoi encore, il allait revenir sur scène, il allait faire son come back, et il est mort, paf kaput, tchao, 50 ans la star, walou les biftons de la tournée, bonjour le flouze de sa discographie qui de nouveau s’arrache dans les rayons, bonjour les hommages de stars, Grut ! des stars tristes, humaines, sincères et franches du collier de perles.

Bonjour les enfants de Michael, tout mignons, tout tristes, le papa a jamais voulu montrer leurs joues roses en public, il était quand même un peu con papa, ils sont si touchants quand ils pleurent, t’as vu comme la gamine aime sa tante Janet ? Ils ressemblent pas trop à leur père non ?

La mort d’une star peut remplir des mois de parutions, tout est si flou, ou tout feint de l’être, tout est si énorme, les chiffres de son compte bancaire, de ses succès, de ses bides, de ses dons (300 millions de dollars pour le cas de notre “Moonwalker”, pas mal pour un asocial), de ses dettes, de ses pensions alimentaires. Tout est disproportionné, c’est trop beau pour être vrai, Jackson a clamsé, il ne pouvait pas offrir meilleur spectacle au monde qui n’attendait sournoisement que cela. Quoi d’autre après le succès, s’être foutu de sa gueule décolorée, de ses poses de gosse qui ne grandit plus, de sa prétendue pédophilie (affaire close en 2005), de ses dépenses inconsidérées ?

Génie Michael Jackson ? Merci Quincy Jones tout de même, merci papa qui a rendu son enfance si puante qu’il s’en bouffera des souvenirs jusqu’à son dernier pas de danse. Non, un Michael Jackson qui meurt, ça vaut largement un pendu dans une cellule, largement des dizaines de noyés dans un avion, largement des centaines de milliers de cas de grippe porcine, c’en est presque honteux de mourir en même temps qu’une star. Ça se fait pas, c’est dégradant.



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Vincent Ouslati





Il y a 8 contribution(s) au forum.

L’été, ça craint.
(1/6) 10 octobre 2015, par johm
L’été, ça craint.
(2/6) 20 juillet 2009, par HB
L’été, ça craint.
(3/6) 19 juillet 2009, par Baron Goupil
L’été, ça craint.
(4/6) 16 juillet 2009, par Phil
L’été, ça craint.
(5/6) 14 juillet 2009
L’été, ça craint.
(6/6) 14 juillet 2009




L’été, ça craint.

10 octobre 2015, par johm [retour au début des forums]

bigg boss 9 online r bigg boss 9 season or bigg boss eviction today Thanks for share g

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L’été, ça craint.

20 juillet 2009, par HB [retour au début des forums]

Une qui savait faire danser, et qu’est morte comme l’autre-là, qu’a remouru si globalement, c’est Pina Bausch , disparue sans presque aucun bruit le 30 juin dernier. Trop stratosphérique la dame pour s’écraser au sol sur les pompes aux journaleux. Oui c’en est presque honteux de mourir en même temps qu’une star...

Sans transition signalons qu’Yvette Horner est toujours de ce monde, ce qui constitue vous avouerez une nouvelle des plus saugrenues.

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L’été, ça craint.

19 juillet 2009, par Baron Goupil [retour au début des forums]

Coosemans à peine démissioné que la qualité (littéraire) des éditos se fracasse les dents, le style, et les couilles.

Des semi-vannes de neuneu, des portes ouvertes enfoncées avec le faciès plié façon tragique, et beaucoup de mots, une éreintante file indienne de mots qui ne servent qu’à cacher ce qui se trouve derrière eux :

une feuille blanche.


So long and thanks for all the bouse.

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    L’été, ça craint.

    20 juillet 2009, par HB [retour au début des forums]


    Moi je trouve que la Noblesse empire et que le renard faisande.

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    L’été, ça craint.

    27 juillet 2009 [retour au début des forums]


    "Des semi-vannes de neuneu, des portes ouvertes enfoncées avec le faciès plié façon tragique, et beaucoup de mots, une éreintante file indienne de mots qui ne servent qu’à cacher ce qui se trouve derrière eux".

    Bon sang mais c’est bien sûr ! Il s’agit de la définition des verbiages sans lendemains de M Coosemans !

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L’été, ça craint.

16 juillet 2009, par Phil [retour au début des forums]

Un édito qui restera à la posterité.
Tout ceci est horriblement vrai.

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L’été, ça craint.

14 juillet 2009 [retour au début des forums]

10 /10, et reçu 5/5 ;)

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L’été, ça craint.

14 juillet 2009 [retour au début des forums]

"Génie Michael Jackson ? Merci Quincy Jones tout de même,"
Pouvons-nous reproduire le même raisonnement avec les Beatles. Cela ferait : "Génie les Beatles ? Merci George Martin tout de même,"
Ah oui ça marche aussi.. dingue !

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